‹ L'art des accouchemens (volume 3)Chapitre 39 sur 62 · ET RE D · texte numérisé non relu

ET RE D

(x) Nous doutons qu'il ait existé de ces tumeurs aqueuses assez considérables pour mettre de grands obstacles à l'accouchement , comme 1l s’en est trouvé au bas du tronc , et qu’on eût été obligé de les ouvrir dans la vue de taie 1 l’expulsion ou l'extraction de l’enfant : mais dans tous ces cas une simple ponction faite avec un trocart ; la pointe des ciseaux Qu d’un couteau ordinaire , suffit pour évacuer les eaux.

De lhydro+ céphale,

236 L'ART siége de lépanchement; ne considérant cette maladie que relativement aux obstacles qu'elle peut mettre à l'accouchement, 1930. Tous les enfans hydrocéphales ne sont : EE pas dans l’impossibilité de naître naturellement ; à Paccouche- parce que l’épanchement n’est pas toujours assez Ent considérable pour s’y opposer. Souvent l’aceouchement n’en devient qu'un peu plus long et plus pénible ; la tête, qui ne contient que peu d’eau, étant assez souple, s’accommode insensiblement à la filière que lui offre le bassin, quoique bien conformé, et le traverse enfin. Mais il n’en est pas de même quand la collection est telle qu’elle écarte les parois du crâne et en augmente le volume au point que la tête égale ou surpasse la grosseur de celle d’un adulte ; l'accouchement Simes de CS alors impossible sans les secours de l'art, l'hydrocé 1931. Il est facile de reconnoître cette maladie plale. à l’état des sutures et des fontanelles : celles-ci surpassent quelquefois la largeur du creux de la main , et celles-là l’étendue d’un travers de doigt et même de deux. Les os du crâne sont en outre beaucoup plus minces et plus souples que dans l'état naturel, surtout vers leurs bords. La tête, qui est molle, se durcit pendant la douleur, comme le fait la poche des eaux avant qu’elle ne soit ouverte, et se détend après cet instant. Ces signes sont tellement apparens au toucher , qu’ils ne peuvent être méconnus, même des jeunes Praticiens. 1932. L'hydropisie du crâne portée au point d’en augmenter ainsi le volume (1), est une mala-

(x) Dans un cas de cette espèce , quatre pintes d’eau ,

die si dangereuse pour lenfant, qu'aucun Praticien, je pense, ne proposera lopération césarienne pour le retirer vivant du sein de sa mère ) car ce séroit trop exposer celle-ci, pour un enfant qu’elle auroit la douleur de voir expirer au moment de sa naissance, ou peu de temps après. Il vaut bien mieux der ON ré eaux , en plongeant la pointe des ciseaux, celle d’un his touri , d’un trocart, ou d’un couteau ordinaire, dans le trajet d’une suture, ou sur une fontanelle. Souvent cette ponction suffit pour mettre la femme dans Île cas d'accoucher seule , comme le prouve le fait suivant.

1933. Une infortunée qui depuis deux jours se livrait vainement aux efforts de l’accouchement , accusant sa Sage-femme d'ignorance, en fit appeler une autre , de qui elle reçut en effet des secours plus efficaces. Trouvant à l'orifice de la matrice une tumeur molle et flasque, qui se durcissoit pendant la douleur, se persuadant que les membranes étoient encore entières, que la femme en travail n'avoit rendu que des fausses eaux, cette seconde Sage-femme essaya , mais inutilement , d'ouvrir cette poche avec le doigt , y plongea Hehité la pointe de ses ciseaux , et donna issue, par ce moyen, aux eaux qu elle regardoit comme celles de l’amnios ; après quoi la tête de l’enfant s’engagea, mais sous une forme tellement extraordinaire , qu’elle fut elle-même déconcertée , et fit demander un Accoucheur, qui n ‘eut qu’à dissuader les parens de

Observation,

mesure de Paris , versées dans le crâne de l'enfant, ne le remplissoient encore que très-imparfaitement.

De Ia gros-

l'enfant, de l’idée affligeante qu'ils éprouvoient d’avoir, disoient-ils, engendré un monstre; la femme venant d’accoucher d’un enfant hydrocéphale , dont je conserve le squelette.

1934. L'enfant hydrocéphale ne présente pas toujours la tête, et, à moins qu'elle ne se trouve dans le voisinage de lorifice, quelquefois on est obligé de le retourner et de Pamener par les pieds. Ce n’est alors qu'après la sortie du tronc qu’on reconnoît la maladie, ou du moins que ie volume de la tête, augmenté par les eaux, met obstacle à l'accouchement : car les choses se passent à l’ordinaire , jusqu’à ce qu’elle soit descendue sur le détroit s'ipérieur. Quand elle ne peut le franchir, il convient de l'ouvrir comme dans le premier cas : mais on le fait alors er plongeant linstrument vers les fontanelles qui sont au bas de la suture lambdoïde, ou dans le trou occipital mème, derrière la première vertèbre cervicale.

1935. Dans un cas de cette espèce, ne se doutant pas encore que l'enfant füt hydrocéphale à Pinstant où lon se permit de faire les premiers efforts pour extraire la tête, après l’abaissement des bras, on vit l’eau épanchée dans le crâne s’infiltrer dans toute l’habitude du corps avec une promptüitude remarquable. Plus de quarante Elèves témoins de ce fait, observèrent, comme nous, les progrès rapides de cette infiltration, qui commença par le col, et s'étendit jusqu'aux pieds. L'enfant étoit mort, et le crâne, après la sortie de la tête, nous parut avoir contenu au moins une pinte de fluide, mesure de Paris.

1936. Une simple ponction, dans le cas d’hydro-

céphale, suffit pour évacuer les eaux, et ramener Ar CRU la tête au volume qui convient à sa sortie : mais tête respectiil n’en est pas de même quand le défaut de pro- A portion qui s'oppose à l'accouchement, dépend de la mauvaise conformation du bassin. Indépendamment de ce qu’une semblable ponction ne sauroit préparer une issue au cerveau, c’est qu'une tête solide et bien constituée ne peut s’affaisser sur elle-même comme celle qui est hydrocéphale. Si l'indication qui naît du défaut d'amplitude du bassin dans l’un de ces cas, est la même que dans celui où le volume accidentel de la tête rend laccouchement impossible; si cette indication consiste également à diminuer la grosseur de la tête, on doit y procéder bien différemment. Toutes espèces d’instrumens , pourvu qu’ils soient aigus, conviennent pour ouvrir le crâne dans le cas d’hydrocéphale, et il faut d’ailleurs peu de dextérité pour s'en bien servir : mais on en a imaginé un grand nombre, soit pour démembrer la tête, soit pour l'exiraire, dans l’autre cas, et leur applicaou exige beaucoup de soin. | 1037. La plupart de ces instrumens, connus sous le nom de tire-tête, tel que celui de Maurtceau, celui de Levret, soit à bascule ou à trois

branches (1), le tire-tête à double croix d’un Chirurgien de Toulouse, etc. etc. ne pouvant

es es om ce arr

(x) La mécanique de cet instrument est assez simple ; mas quoique très-ingénieux il n’en est pas plus utile. Le Médecin qui a pablié que l’énorme complication de ceite machine en faisoit tout le merveilleux, ne le connoissoit sûrement pas.

diminuer suffisamment ie volume de la tête, ne conviennent pas mieux que le crochet ordinaire, dans le cas où le bassin est très-difforme. Le crochet est même préférable, mais lPon ne doit s’en servir qu'après avoir préliminairement satisfait à l'indication que présente le vice du bassin, c’est-à-dire qu'on n’ait ouvert le crâne pour le vider et donner lieu à son affaissement (f). Bien des Praticiens l’emploient cependant pour préparer cette issue au cerveau, quoiqu'ils n’agissent qu'en déchirant les os, de sorte qu'il en résulte des pointes et des aspérités qui peuvent nuire autant aux doigts de l'Accoucheur qu'aux parties de la femme. [/on peut se conduire différemment et d’une manière plus sûre.

1938. Mauriceause servoit d’une espèce de lance pour ouvrir le crâne de lenfant; Smellie proposoit des ciseaux fort longs, dont le tranchant, fait à la me, étoit du côté qui forme le dos des ciseaux ordinaires : cet instrument est préférable à ious les autres. Deventer avant Smellie, recommandoit de le faire avec un couteau de table, dont il entouroit la lame, dans presque toute sa longueur, d’une bandelette de linge fin. Il faut convenir que le choix d’un instrument propre à cet effet n’est pas difficile. Lorsqu'on ne peut se procurer le perce-crâne de Selle, si linstrument qu’on trouve sous la main est très-pointu et bien tranchant, outre la bandelette dont l’entouroit Deventer, il faut adapter à sa pointe une petite

(rx) L'on ne sauroït trop répéter que la mort seule de l'enfant peut autoriser à prendre ce parti.

boule de cire, pour introduire plus sûrement et sans se blesser, jusque sur la tête de l’enfant.

1939. Autant qu'il est possible, il faut ouvrir lé en crâne dans l’endroit des sutures, et surtout de la je crâne , 2 sayittale. Une incision cruciale ou augulaire, fa- je A Rnnipre voriseroit plus sûrement l’affaissement des pièces DFE osseuses qui forment cette cavité, qu'une simple incision , et seroit par conséquent préférable ; mais il n’est pas aisé de la faire de cette manière. La tête n’est jamais disposée plus favorablement pour cette opération, que quand elle présente le sommet ; et l'opération est d'autant plus facile, qu’elle est plus engagée et plus serrée entre les os du bassin.

1940. On dirige l'instrument à la faveur de quelques doigts qu'on a préliminairement conduits dans le vagin; on le plonge dans le crâne, après en avoir détaché la petite boule de cire au moyen de l'extrémité de l’un de ces mêmes doigts; et on incise ensuite dans une étendue convenable, en tirant et poussant alternativement de la main qui en tient le manche, comme si lon scioit, sans dégager entièrement à chaque trait la pointe de l'instrument de l’intérieur du crâne. On prend d'ailleurs les précautions nécessaires pour ne pas se blesser, de mème que pour préserver les parties de la femme du tranchant (1). Le crâne étant suffisamment ouvert, on en retire linstrument et l'on y plonge plusieurs doigts pour évacuer le cerveau. On presse ensuite la tête, de la même main,

te

(1) Les ciseaux de Smellie , appelés perce-crâne , font cette Incision d'un seul trait , et dispensent de tous les soins.

Tone If. 10

pour l’affaisser; et on l’entraine, soit avec les doigts. nonoui en dedans, ou le ÉLoie appliqué sur l’occiput.

Da lieu où . 1941..Si on avoit entrepris d'amener lenfant il ET TUE par les pieds, dans les cas où le bassin n’a pas quand l'en assez de. largeur pour le passage de la tête, il ne Par faudroit ouvrir le crâne avec le même soin. Mais

comme l’on ne peut alors porter l’instrament dans le trajet de la suture sagittale, on incise au milieu du front, sur l’une des branches de la suture coronale, ou dans la direction de la suture lambdoïide; on tâche de faire une section angulaire, au moyen de laquelle on abaisse et on renverse aisément le sommet de loccipital ou de l’une des deux parties du coronal, ou bien on les enfonce en-dedans , pour préparer une issue plus libre au cerveau. En se conduisant ainsi, on s épargne beaucoup de difficultés, et on prévient souvent la détroncation de l'enfant.

1942. Toutes les fois qu’on a vidé le crâne de l’enfant, il est à propos de faire des injections d’eau tiède dans la matrice, après avoir délivré la femme, pour entrainer les débris du cerveau, qui pourroient ètre retenus dans ce viscère ou dans le vagin : mais elles ne sont nécessaires que dans le premier moment.

De la rétention de la téte de l'enfant dans le sein de la femme après l'arrachement du tronc, et de celle du tronc après l’arrachement de la téte.

1943. Il arrive quelquefois dans les accouchemens contre nature où l'enfant vient par les pieds 9 qu ‘on arrache où qu'on sépare le tronc d'avec la tête, et que celle-ci reste daris le sein de la femme. Si Pnhtère instruit peut toujours: s’épargner le désagrément d’un pareil événement, il ne peut également se flatter de ne jamais être appelé après que d’autres auront exercé de semblables manœuvres, et auront donné lieu à cette déironcation.

1944. On prévient l’arrachement du tronc de l’enfant , soit en dirigeant sa tête convenablement, soit en apéliquant le forceps , ou en ouvrant le crâne pour donner lieu à son ‘affaissément: cet accident étant la suite de l’omission de l’une ou de plusieurs de ces trois choses.

1945. La mauvaise conformation du bassin n’est pas toujours la cause éloignée de cet accident, comme on le pense communément. La tête de l'enfant peut s'arrêter à l’un ou l'autre détroit, quoiqu'ils soient assez larges pour lui donner passage si elle étoit bien dirigée: L'observation a er prêté son appui à cette vérité ; puisqu' en bien des cas il n’a fallu que déplacer lé tête séparée du tronc pour procurer à la femme l’avantage de s'en délivrer seule, ou d’en être délivrée sans autre secours que celui de la main. Quoique

De l’arrachement du tronc.

Causes qui peuvent y donner lieu.

24} L'ART dirigée convenablement, la tête n’est cependant pas constamment à l’abri d’être séparée du tronc, si l’Accoucheur ne connoît d’autres règles pour l’entraîner que celle de tirer sur ce dernier ; surtout s’il se fait aider par des maïns peu exercées, ou des personnes étrangères à l’art, comme on le voit dans quelques-unes des observations de De la Motte. Quelquefois ses dimensions surpassent tellement celles du bassin, qu’elle ne peut en aucune manière le traverser; surtout si les os sont assez solides et les sutures assez serrées, pour qu’elle ne puisse s’affaisser etsemouler à cette espèce de filière. 1946. La putréfaction excessive de l’enfant est encore une des causes prédisposantes à sa détroncation , pour peu que le bassin de la mère soit resserré : mais dans tous les cas, ce sont les efforts peu ménagés que l’Accoucheur exerce sur le trone, qui en sont les causes immédiates ou efficientes. 1947. Tous les Accoucheurs n’ont pas regardé cet accident comme une chose ficheuse, et qui méritât beaucoup d'attention ; puisque quelquesuns au contraire y ont donné lieu dans lespoir d’y trouver des avantages. Smellie, qui connoissoit mieux que personne de son temps, les difficultés et les ressources de notre Art, conseilloit de trancher le col de l’enfant au moyen du bistouri , ou des ciseaux , afin d’écarter le tronc , de faire ensuite rouler la tête sur le détroit du bassin, d'y ramener le vertex et d'ouvrir plus facilement le crâne (1). Cette conduite ne peut paroître repréhensible qu'à ceux qui feignent d'ignorer que la

(x) Voyez Smellie , trad. française ; tom. 1, pag. 383.

DES ACCOUCHÈMENS. 245

mort du fœtus précède toujours l'instant de son décollement, et qu'il faut bien moins d'efforts pour le priver de la vie, que pour en arracher le tronc et le séparer de la tête.

1948. Tous n’ont pas considéré non plus cet événement sous le même point de vue curatif ; les uns ayant pensé qu'on ne pouvoit trop promptement extraire :a tête après sa séparation du tronc, et les autres qu'on devoit en abandonner constamment l’expulsion aux efforts de la nature : mais l'erreur paroît avoir été le partage de ceux-ci et de ceux-là. La conduite qu’il faut tenir doit être chfférente selon la nature des circonstances. Il n’y auroit pas moins d'inconvéniens à commettre l'expulsion de la tête aux soins de la nature indistinctement dans tous les cas, s’il en est où on doive le faire, qu’à procéder sans délai à son extraction. À combien d’écueils , par exemple, n’exposeroit-on pas la femme, en abandonnant ainsi l’expulsion d’une tête enclavée et fixée selon sa longueur dans le détroit supérieur ; et bien plus encore celle dont le volume surpasse tellement la largeur de ce détoit, qu'elle n’a pu s’y engager quoique dirigée de la manière la plus favorable, et tirée par des forces suffisantes pour en séparer le tronc ? Comment la nature pourra-t-elle s’en délivrer, chez une femme excédée de lassitude et épuisée par les efforts qui ont précédé la détroncation de l'enfant ? Nous connoissons les ressources de la nature, diront sans doute les partisans de l'opinion que nous combattons; la putréfaction viendra à son secours , elle emploiera ce moyen pour relâcher l’union des os du crâne, pour la détruire même et les séparer ;

2/6 L'ARF | après quoi elle s’en délivrera-en détail, comme on l’a observé chez plusieurs femmes, si la tête affaiét sée: ou ämollie ne peut encore traverser le bassin. Mais il seroit peu convenable de prendre de semblables exemples pour règles, dans le cas dont il s’agit : car pour une femme qui a échappé à tous les dangers qui naissent de la putréfaction et du long séjour de la tête, et dont on a eu le som de nous transmettre Phistoire, un grand nombre d’autres, victimes de l’ignorance ou de la crédulité des personnes en qui elles avoient placé leur confiance, ont été enseveiies avec Îles tristes débris de leurs enfans.

nus “ue na- 1940. Il seroit permis, tout au plus, d’abandon-

ou ner l’expulsion de la tête aux efforts de la nature,

santes. dans le cas où ses dimensions sont assez inférieures à celles du bassin pour qu’elle le traverse aisément, si on pouvoit en avoir la certitude. Mais comme on ne peut connoître ce rapport favorable qu’en portant une main dans le sein de la femme, si ce n'est à l’occasion d’un accouchement au terme de sept à huit mois, chez celle dont le bassin est bien conformé, pourquoi ne la délivreroit-on pas, puisqu'on peut alors le faire avec une main seule et sans beaucoup de difficultés? La nature trouvé bien plus d’obstacle à expulser une tête séparée du tronc, toutes choses étant d’ailleurs égales, quand elle n’est pas profondément engagée dans le bassin, qu'à se délivrer de celle qui y est encore attachée; parce que, roulant en quelque sorte sur le détroit supérieur, elle y prend une situation différente selon l'espèce de frottement qu'elle éprouve, et bien rarement celle qui seroit la plus favorable à

sa sortie. L'on ne devroit donc pas se dispenser d'introduire üne main dans le sein de la femme, soit pour s'assurer du volume de la tête qui y est retenue, soit pour la diriger convenahiement dans les différens temps de sa sortie, si on l'abandonnoit aux efforts de la nature. Nous sommes en outre dans opinion qu'il faut constamment épargner à la femme ce travail douloureux, souvent fort long, et quelquefois dangereux, et qu'on doit extraire la tête.

1950. Quand son volume n’exeède pas l'étendue des ouvertures du bassin, sa séparation du tronc n'ayant d’autres causes que les efforts mal com-

binés qu’on a exercés sur celui-ci, la main suffit

pour en faire l'extraction. On examine d’abord'si la plus grande longueur du crâne est placée selon le plus grand diamètre du détroit supérieur , et on la dirige ainsi quand ce rapport n’existe pas. On accroche ensuite la tête au moyen de deux doigts qu'on insinue dans la bouche, et du pouce placé audessous du menton, ou sur la partie postérieure du col dont il reste presque toujours une portion. On tire à soi et selon l’axe du bassin, jusqu’à ce que la tête ait franchi le détroit supérieur, pendant

que la femme pousse fortement en en-bas. Quand

elle est descendue dans l’excavation du bassin,

on tourne la face en dessous, et l’on continue de

üurer sur la mâchoire inférieure, mais en relevant

un peu la main pour amener le menton à la.

vulve , et la dégager entièrement. Si la mächoire inférieure avoit été arrachée , 1l faudroit se servir

d'un crochet, qu’on implanteroit alors sur le haut

du front. Foyez $. 1924.

De la manière d’opérer dans ce cas,

re Lu 1931. Si la nature trouve encore quelque res-

sort de l’art. Source en elle ; si elle peut, à la rigueur, se délivrer seule dans le cas dont nous venons de parler, il n’en est pas de même dans celui où il existe un défaut de proportion considérable entre les dimensions de la tête et celles du bassin. La femme alors n’a véritablement de ressources certaines que dans les secours de l’art et l'application des instrumens. On l’exposcroit à une mort presque inévitable, si on abandonnoit l'expulsion de la tête aux soins de la nature, puisqu'elle ne peut s’en délivrer que par l'effet de la putréfaction , et que celle-ci est une source féconde d’accidens. Ce cas est donc évidemment du ressort de l’art ; il nous offre les mêmes indications que si la tête étoit encore attachée au tronc; mais il est plus

Moyens difficile de les bien remplir.

dont on a ten- : Dee

té Papplica- 1992. Diverses sortes d’instrumens ont été pro-

tion dans tous posés pour extraire la tête de l'enfant après l’arra-

D chement du tronc, et l’on s’est à peine occupé des moyens de prévenir cette détroncation : ce qui auroit été cependant bien plus facile. Les uns ont conseillé l'usage des crochets, et d’autres celui du lacs appliqué sur la tri Anne: inférieure. Ceux-ci ont inventé des tire-tête particuliers, des espèces de bourses ou de frondes, et ceux-là n’ont recommandé que lapplication du forceps. Si ces divers moyens ont réussi quelquefois , le défaut de proportion qui existoit entre les dimensions du bassin et celles de la tête , étoit sans doute de bien peu de chose , puisqu'aucun d'eux, si ce n’est le forceps, ne tend directement à diminuer la grosseur de cette dernière. L'affaissement que produit le for-

DES ACCOUCHEMENS. 249 ceps est d’ailleurs, comme on le sait, très-borné ; et l'application , dans le cas dont il s’agit, en est si difficile, qu'on doit craindre de le porter vingt fois inutilement, avant de saisir la tète comme :il convient, à moins qu’elle ne soit déjà dans l’excavation du bassin. Nous ne croyons même cét instrument recommandable, qu’autant qu’elle est parvenue dans ce lieu, ou qu’elle est fortement engagée selon sa longueur , et queses dimensions surpassent de peu de chose celles des détroits. Il est absolument nécessaire d'ouvrir le crâne et d’en évacuer le cerveau, toutes les fois qu’elle est entièrement audessus du bassin, et que son volume, relativement à cette cavité, est tel qu’elle ne peut s’y engager.

1993. Quelques praticiens, d’après Celse , ont prescrit de faire comprimer le ventre de la pour fixer la tête sur l’entrée du bassin, pendant qu'on ouvriroit le crane; d’autres ont conseillé, dans les mêmes vues, d'appliquer un lacs sur la mâchoire inférieure, ou de placer un crochet sur toute autre partie. Ces derniers instrumens nous paroissent iautiles, et la compression du ventre dangereuse. L’accoucheur peut y suppléer parfaitement, de la main qu'il introduira dans la matrice pour diriger les instrumens destinés à ouvrir le crâne. Il commencera d'abord par amener le sommet de ia tête au détroit supérieur, dans une situation transversale, et il la fixera dans cet état en recourbant les doigts au-dessus de la base du crâne, l'extrémité du pouce étant appliquée sur la fontauelle antérieure. Il conduira ensuite le long de la face palmaire de ce même doigt, l'instrument qu’il tiendra de l’autre main, et il en dirigera la pointe,

De la maniéred’ouvrir GA d'extraire la tête séparée du tronc.

De la séparation de la tête d'avec le tronc.

armée ou non d’une petite boule de cire, sur Île trajet de la suture où elle doit pénétrer, pour ouvrir la tête, comme 1l est dit au $. 1940. Après en avoir retiré cet instrument, il plongera plusieurs doigts dans le crâne pour en faire sortir le cerveau, et 1l affaissera cette boîte osseuse, pour l’entraîner avec ces mêmes doigts ; ou bien à leur défaut, au moyen d’un crochet placé convenablement sur locciput ou sur le front.

1924. Si cette opération est absolument nécessaire dans le cas où la grosseur de la tête est telle que ses dimensions surpassent de beaucoup celles du bassin, et s’il est plus à propos dans tous les autres, d'extraire la tête, que de confier à la nature le soin de s’en délivrer , souvent lon est obligé de temporiser et de satisfaire préalablement aux indications pressantes que nous offre l’état inflammatoire de la matrice, celui de son col, etc. etc.

1955. Si le tronc peut se séparer de la tête dans les accouchemens contre nature où l’on amène l'enfant par les pieds, on peut de même , dans

.- ceux où la tète se présente la première , a séparer

du tronc, et Jaisser ce dernier dans Île sein de la femme. L’oublhi de quelques-uns des principes fondamentaux de Part, la putréfaction de l'enfant, et le volume surnaturel du tronc, soit qu'il provienne de sa conformation monstrueuse ou d’un épanchement considérable d’eau dans l’une de ses capacités, sont autant de causes qui disposent à cet accident

1996. Il est toujours bien plus facile d'extraire le tronc après l’arrachement de la tête, que de délivrer la femme de celle-ci quand le tronc en x

été arraché. Quelquelois il suffit de changer la direction des épaules , pour l’entrainer facilement, soit au moyen des lacs ou des crochels mousses pla cés sous les aisselles, ou bien à la faveur d’un crochet ordinaire implanté sur le haut de la poitrine où du dos : il paroït que Levret n’avoit d’abord proposé son crochet à gaine que pour ce cas. Quand les épaules sont encore au-dessus du détroit supérieur, on peut dégager les bras de l'enfant et appliquer des lacs sur les poignets, dans les vues de tirer d’une main pour extraire le tronc, pendant que de l’autre introdaite dans lé vagin, on maintiendra la portion du col, s’il en reste assez, dans la direction de ces mêmes extrémités. Quelquefois au lieu de dégager les bras, il vaudroit mieux retourner le tronc et l’extraire par les pieds.

SECTION IV

De plusieurs autres cas dl faut employer des

insirumens tranchans sur l'enfant.

1097. Lorsque la poitrine, ou le bas-ventre, contient assez d’eau pour rendre les premiers efforts de l’art infructueux , il faut donner issue au fluide épanché, en ouvrant la cavité qui le

renferme , soit au moyen d’un crochet ou de tout.

autre instrument propre à cet effet. Il faut au contraire démembrer le tronc quand sa conformation monstrueuse $ oppose ASS a sortie, comme on le remarquera aux $$. suivars.

1998. L’hydr opisie de poitrine et celle du basventre sont excessivement rares chez le fœtus, et

De l bydro-

pisie de poi-

tine et du il est bien plus rare encore de voir cette hydro-

à ct pisie portée au point de rendre l’accouchement impossible sans les secours de l'art. Elle ne trouble presque jamais Fordre naturel de cette fonction, quoiqu’on trouve dans presque tous les auteurs des préceptes relatifs à la manière de l’opérer dans ces sortes de cas.

Se A 1959. Il est extrêmement difficile de s'assurer

ue s'assurer 5 . . n

de l'existence de l'existence de cette maladie, quand l'enfant

d'une bydro- vient en présentant la tête. Si loi est en droit de

pile. présumer qu’il est hydropique , lorsque cette partie, quoique d’un volume médiocre, cesse d'avancer malgré les efforts de la femme, on ne le reconnoît évidemment qu'en introduisant la main jusque sur le siége de l’épanchement ; ce qui n'est pas facile alors , parce que la tête, qui remplit le passage, s'oppose à ces recherches, surtout quand c'est un hydrothorax. Il n’en est pas tout-à-fait de même dans le cas où l’enfant présente les pieds ; comme ils sont à Due. 15h que les difficultés commencent à se manifester, on peut insinuer la main le long des cuisses pour juger de la nature de l’obstacle. L’ascite se reconnoît au volume, à la tension du ventre, et à la fluctuation ; et l’hy- NE de poitrine à la grande surface de celle-

, et à l’écartement des côtes.

Indications 1960. Etant bien reconnue ; l'indication rela- Dhs nor tive à l'accouchement consiste à donner issue aux de l'enfant, €aux, en ouvrant le bas-ventre ou la poitrine. Le

pharyngotome, des ciseaux fort alongés, la pointe du crochet, un couteau ordinaire, et surtout celui que quelques-uns ont proposé pour ouvrir le cräne, sont également propres à remplir les vues de lAc-

éoucheur. Levret préféroit dans le cas d’ascite, de déchirer les tégumens du ventre avec le doigt , à l'endroit de l’anneau ombilical : mais on réussit bien plus difficilement par ce procédé , qu’au moyen des instrumens indiqués.

1961. Une très-petite incision suffit, et l’on ne doit en faire une plus grande qu’autant qu’on a la certitude de la mort de l'enfant. Le lieu où on doit la faire est indifférent, dans ce dernier cas; et ce n’est que quand l'enfant est vivant, qu’on doit préférer celui d'élection pour la paracentèse ordinaire. Dans l’hydrothorax on plonge l'instrument dans l'intervalle des côtes ; on place ensuite deux doigts écartés sur les côtes de l’incision , pour comprimer la poitrine et le bas-ventre, et favoriser l'écoulement des eaux, qui pourroient encore , sans cette précaution, trouver quelques obstacles à leur issue ; parce que les parties voisines, contre lesquelles s’applique immédiatement la surface de l'enfant, peuvent boucher l'ouverture.

1962. Les vices de conformation que l'enfant peut offrir en naissant, sont en très-grand nombre: mais ils ne méritent pas tous également le nom de monstruosités , et n'apportent pas les mêmes obstacles à l’accouchement. Ceux qui consistent dans le défaut de certaines parties essentielles, comme la tête ou l’un des membres , sembleroient -plutôt devoir le favoriser que le rendre plus difficile : mais il n'en est pas de même des conformations extraordinaires où l’on remarque plusieurs têtes entées sur un même tronc; deux troncs attachés à la même tête, on dans lesquelles les jumeaux sont unis, soit par les tégumens seulement, soit

Des monstruosités de l’enfant.

par d’autres parties, de sorte qu'ils paroissent ne former qu’un tout, comme il s’en est rencontré quelquefois.

19063. Ii n'est pas de notre obiet de rechercher la cause de ces phénomènes surprenans :

nous laisserons aux Physiciens plus éclairés que nous , à décider s'ils dépendent du trouble de l'imagination de la mère, ou s'ils proviennent de toute autre cause, pour nous occuper de ce qu'ils présentent de relatif à l'accouchement.

a Les 1964.Si l'accouchement a pu s’opérer quelquefois en pareil cas. par les seuls efforts de la nature malgré une conformation aussi singulière et aussi monstrueuse (1), ces exemples loin de nous éclairer sur les règles qu'il faudroit suivre en pareils cas, ne font que

(x) En 1763 , une femme de la ville d'Amiens accoucha très-naturellement et sans autre secours. que. ceux d'une Sage-femme voisine , d’un enfant vivant qui avoit deux têtes, deux troncs, et six ou sept extrémités tant supérieures qu'inférieures. Chaque tête étoit à peu près d’un volume naturel , et le corps du second enfant paroissoit assis sur le bras gauche du premier. Nous ferons remarquer en faveur de l’opinion de ceux qui attribuent ces effets à la force de l'imagination de la mère , que cette femme avoit passé presque tout le temps de sa grossesse aux pieds d’une Vierge située dans uñ des cimetières de la ville , sacrifiant toutes ses affaires domestiques à l’amour qu’elle avoit conçu pour cette statue , en devenant grosse. Trois autres enfans d’une conformation assez semblable , sont nés tout aussi naturellement dans le temps où nous :nous cccupions de la première édition de cet ouvrage ; l’un à Paris , l’autre dans un village voisin , et le troisième en Bretagne.

jeter plus d'incertitude sur le parti que nous devons prendre : ce sont des circonstances où l’ignorant semble triompher, tandis que l’homme instruit n'ose rien proposer. Si l'observation , d’un côté, nous apprend que des femmes se sont trouvées assez heureusement constituées pour se délivrer seuies d’un enfant qui avoit deux têtes ou deux troncs, de l’autre, elle nous avertit également que les secours de Part ont été quelquefois nécessaires , et même indispensables (1).

1905. L'on ne peut reconnoître ces sortes de Des moyens monstruosités qu'en portant une main dans la ma- . np trice ; encore doit-il être difficile de distinguer truosités , au juste ce qu'elles sont, par rapport à la ma- eo: Ru nière dont j’enfant est replié sur lui-même, et à Re : la confusion dans laquelle tous ses membres se présentent aux doigts.

1966. Il est impossible que les deux têtes d’un enfant ainsi conformé s'engagent en même temps, quand elles se présentent eo premier lieu ; soit que l’accouchement s'opère naturellement ou non, l’une d'elles se renverse toujours sur le tronc , tandis que l’autre descend. La même chose arrive à ‘égard des extrémités inférieures lorsqu'on amène l'enfant par les pieds, à moins qu’on n'ait

(x) Quelques papiers publics ont fait mention , dans le temps où l’on s’occupoit le plus de la section du pubis , d’une opération césarienne pratiquée récemment alors et avec succès par M. Zimmermann, Chirurgien-Major du régiment de Sterburi , pour délivrer la comtesse de Cherey d’un enfant qui avoit trois têtes. Nous ne garantissons pas la vérité de ce fait.

Indications que présentent ces softes de monstruosités.

soin de les dégager toutes : mais l’on ne peut empêcher les deux têtes, dans cette dernière circonstance, de se présenter et de s'engager ensemble ; ce qui doit rendre leur sortie extrêmement difficile. Dans tous les cas, le bassin de la mère doit être excessivement grand, pour qu'elle puisse accoucher par la voie nn terulie , Sans qu'on mutile l’enfant.

1967. Il seroit bien essentiel qu’on püût distinguer de bonne heure les cas de cette espèce où la nature peut se passer des secours de l’art, de ceux où ces mêmes secours sont indispensables ; afir de ne pas l’exposer à de vains efforts dans ces derniers , et de la laisser agir dans les autres. Mais il n’est pas moins difficile de reconnoître alors les bornes de son pouvoir, que de fixer le choix de la méthode qu'il convient d'employer quand elle ne peut opérer l’accouchement.

1968. Lorsqu'on réfléchit sur la difficulté de démembrer dans le sein de la femme, un enfant aussi mal conformé et aussi monstrueux que ceux dont il s’agit, indépendamment du danger qui peut en résulter pour la femme même, lon est fort en peine de décider si une pareille conduite est préférable à l'opération césarienne. Est-il permis d’ailleurs de suivre ce parti quand l'enfant est vivant ? Pour être monstrueusement conformé, n’a-t-il aucun droit à la vie? et les lois nous autorisentelles à l'en priver, pour épargner à sa mère une opération qui ne nous paroît, pour elle, ni plus douloureuse , ni plus dangereuse que celle par laquelle on prétendroit mettre ses jaurs à couvert ? Si nous connoissions l’histoire de toutes les femmes

DES ACCOUCHEMENS. 27 qui ont été soumises à l'opération césarienne, et de celles dont on à démembré les enfans avec les crochets ou autres instrumens de cette espèce, peut être Y remarquerlions-nous que la mort, dans un pareilnombre , en a moins épargné de ces dernières que des autres. Mais chacun n’a compté que ses succès, et paroît avoir jeté le voile sur le reste.

1960. Si l’on avoit quelque certitude de la mort de l’enfant ainsi conformé, et si l’on entrevoyait clairement la possibilité d en séparer les parties excédentes sans nuire dangereusement à la mère, il faudroit néanmoins préférer cette ressource à l’opération césarienne. Il faudroit encore y avoir recours si deux jumeaux, quoique vivans, n'étoient unis que par une portion de leurs tégumens : à moins que ce ne füt par le haut dela tête seulement, comme on en voit dans les tables d’Ambroise Päré; parce qu'on peut alors {es extraire du seim de leur mère, sans les séparer, et pratiquer cette opération plus sûrement après leur naissance.

1970. On doit compter parmi les monstruosités de l'enfant, relativement à l’accouchement, les tumeurs volumineuses qu'il apporte quelquefois en naissant. J’en ai vu un dont les dimensions surpassoient de beaucoup celles de la tête du fœtus à terme; ayant cinq pouces de longueur , et quatre pouces d'épaisseur en tout sens. Elle étoit placée au bas du tronc, et pendoit entre les cuisses. Sa nature étoit fongueuse et stéatomateuse : sa surface garnie d'un très-grand nombre de veines, présentoit le même aspect que la surface du cerveau recouvert de la pie-mère , tant la peau en étoitdeve-

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