‹ L'art des accouchemens (volume 4)Chapitre 4 sur 36 · ART · texte numérisé non relu

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nullement selon sa longueur. Prise du Front à l'occiput , elle perdit un demi-pouce , mais son épaisseur resta la même.

i633. La sixième, qui étoit de l'épaisseur de trois pouces seulement , fut réduite de quatre lignes et demie, et ne s'alongea en aucune manière. Pressée clans la direction du front à l'occiput , elle se réduisit de huit lignes , et son épaisseur en devint plus grande d'une seule. Dans ce degré de réduction, la région de la fontanelle antérieure est devenue très-saillante, et une ouverture de six lignes faite avec le bistouri , donna issue à l'instant à une portion de cerveau de la grosseur d'un œuf de poule.

i654. Une septième tête , de l'épaisseur de trois pouces et un quart , n'a été comprimée que de trois lignes : et une huitième de trois pouces huit lignes, n'a pu l'être que de trois et demi (1).

1 635. On peut conclure d'après ces expériences, i°. que la réduction qu'éprouve la tête de l'enfant entre les serres du forceps , est différente à quelques égards, selon que les os du crâne présentent plus ou moins de solidité au terme de la naissance , et que les sutures, ainsi que les fontanelles , sont plus ou moins serrées ; i°. que cette réduction ne sauroit être, en aucun cas , aussi grande que des

(1) H n'est peut-être pas inutile de faire observer, que nous avions pris les dimensions de toutes ces têtes avant l'expérience , au moyen d'un compas d'épaisseur; et que nous avions marqué avec de l'encre les points où portaient les brandies de cet instrument , afin de les mesurer de nouveau entre ces mêmes points , dans l'état de la plus grande réduction que nous pourrions obtenir.

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Accoucheurs 1 ont annoncée, et qu'elle ira difficilement et bien rarement au-delà de quatre à. cinq lignes , lorsque l'instrument agira sur les côtés de la tête ; 3°. qu'on ne doit jamais évaluer son étendue, d'après l'écartement des branches de l'instrument , a l'extrémité opposée à celle des serres , et le degré de rapprochement qu'on leur fait éprouver avant d'extraire la tête , ni d'après les forces qu'on emploie pour les rapprocher ainsi ; 4-° enfin , que les diamètres qui croisent celui suivant lequel on comprime la tête , loin de s'augmenter dans les mêmes propositions que celui-ci diminue , ne s'augmentent pas même pour l'ordinaire d'un quart de ligne , et en deviennent quelquefois plus petits.

i636. On objectera peut-être qu'une tête plus volumineuse que celle des enfans dont nous venons de parler et que nous avions prise au hazard parmi beaucoup d'autres , éprouvera une plus grande réduction que nous ne l'avons obtenue dans nos expériences , si l'on emploie assez, de force pour rapprocher l'une contre l'autre les branches du forceps , alors plus écartées à l'extrémité qui leur sert de poignée. La réduction seroit plus graïade en effet, si la tête plus volumineuse était en même temps plus molle : mais par cela même qu'elle seroit plus considérable, elle n'en deviendroit que plus dangereuse pour l'enfant ; puisqu'elle ne peut avoir lieu, en aucun cas, que la capacité du crâne n'en soit diminuée à-peu-près. de la même étendue. A moins que l'enfant ne soit hydrocéphale, si la tête est plus grosse que celle des enfans qui on»t servi à nos expériences, elle sera généralement aussi plus solide , et bien moins,

susceptible d'être comprimée. Une tête de quatre pouces deux lignes d'une protubérance pariétale à l'autre (il en existe peu de plus grosses au terme de la naissance), n'a pu être réduite que de deux lignes , et la force qu'on y a mise a été si grande , que l'instrument s'en est déformé . et ouvert d'un pouce à l'extrémité des cuillers.

1637. Les partisans du forceps, et nous sommes de ce nombre , pourront objecter également que le cercle osseux que décrit le bassin vicié à travers lequel on s'efforce de faire passer la tête engagée entre les serres de l'instrument , doit agir sur ses mêmes serres , comme l'anneau qu'on fait avancer sur le corps de certaines tenailles pour rapprocher les mâchoires et fixer davantage ce qu'elles embrassent , puisque le forceps ainsi disposé forme une espèce d'ellipse dont le ventre est au-dessus de ce cercle osseux. L'on ne peut disconvenir de la force de cette objection : il est bien certain que la résistance du cercle osseux dont il s'agit produirait sur le forceps le même effet que l'anneau sur les branches de la tenaille et en rapprocheroit les serres , si le diamètre de la tête déjà comprimée surpassait encore celui du bassin , si l'on employait assez de forces pour lui faire franchir ce canal, Mais comme la pression que l'instrument exerce alors sur les parties de la femme , interposées entre le dos des cuillers et les os du bassin , est égale à celle qu'en éprouve la tête même de l'enfant sur laquelle onagit, quellessuites fâcheuses n'en doit-on pas attendre? Toutes les fois que la main ne peut réduire convenablement le diamètre de la tête au moyen du forceps ? dans le cas de

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disproportion, cet instrument cesse d'être recommandable.

i638. S'il paroît impossible de déterminer le degré de réduction qu'éprouve la tête entre les serres de l'instrument, d'après l'écartement que laissent entr'elles les branches de ce dernier, à l'extrémité qui leur sert de poignée , et le rapprochement qu'on leur fait éprouver pour les mettre en contact, parce que cette réduction est subordonnée , comme on vient de le dire , à la solidité des os du crâne , à l'état des sutures et des fontanelles , à la manière dont la tête est prise par l'instrument, à la longueur des branches de celui-ci, à sa trempe plus ou moins forte, etc. il n'est pas moins impossible de fixer le terme au-delà duquel on ne sauroit porter cette réduction sans donner atteinte à la vie de l'enfant, ce qui seroit bien plus important à savoir ; car ses effets relativement à cet enfant , sont également différens selon ces mêmes circonstances et beaucoup d'autres encore qui peuvent naître de la durée des efforts du travail auquel il a été exposé avant l'application de l'instrument. Ce qui nous paroît hors de doute , c'est qu'une réduction d'une étendue donnée , lorsqu'elle se fait naturellement , est moins fâcheuse qu'une pareille réduction qu'on obtiendrait avec le forceps , parce qu'elle s'opère par des gradations infinies, au lieu que la dernière se fait beaucoup plus vîte , malgré toute la lenteur avec laquelle l'Accoucheur puisse agir.

1639. Quelques Praticiens sont dans l'opinion qu'on peut la porter , avec le forceps , bien au-delà de ce que no,us l'avons fait dans nos expériences , et assurent qu'elle peut aller non-seulement à six

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lignes , mais encore à un pouce , et même à un pouce et un quart, sans être très-fâcheuse pour l'enfant. Ces Praticiens nous paroissent également dans l'erreur sur ces deux points : nous pensons que s'il existait un instrument avec lequel on pût comprimer la tête de l'étendue d'un pouce, il faudrait le jeter comme devant être un instrument meurtrier. Si la réduction de la tête devoit être portée à ce point pour donner la mort à l'enfant, jamais on ne seroit endroit d'attribuer cet accident au forceps; car il n'en est pas qui puisse la réduire autant, quelle qu'en soit la trempe et la forme. En supposant qu'il y en eût un, il ne saurait être recommandable pour le cas où l'enfant est vivant : le but de l'art n'étant pas moins de le conserver que de l'extraire du sein de sa mère.

1640. Pour assurer qu'on a comprimé la tête de l'enfant jusqu'à tel ou tel point sans lui donner la mort, il faudrait qu'on en eût mesuré le diamètre dans le sens où le forceps a été appliqué , avant de la comprimer ; et qu'on l'eût fait de nouveau après la sortie de la tête , dans l'état de réduction où elle étoit entre les serres de cet instrument : ce que personne n'a fait , et ne fera sans doute. L'échelle de graduation que quelques-uns ont fait adapter aux branches du forceps à dessein de faire connoître l'étendue de cette réduction , ne serviroit au plus qu'à marquer le degré d'écartement et de rapprochement de ces branches. L'on ne doit accorder aucune confiance à tout ce qu'on a publié sur ce point, parce que l'on n'a que des données générales, et des plus incertaines.

1 64 1 • En comparantledegré d'écartement qu'ont

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présenté les branches du forceps dans toutes nos expériences , à celui que nous avons observé dans le cours de notre pratique , toutes les fois que nous avons placé cet instrument sur les côtés de la tête; les forces que nous avons employées dans l'un et l'autre cas , pour rapprocher ces mêmes branches et les mettre en contact , nous pouvons assurer que la réduction peut aller de deux à quatre lignes sans donner atteinte à la vie de l'enfant : mais il n'est pas aisé de déterminer de combien elle peut être portée au-delà sans que la mort en soit la suite.

1642. Ces réflexions paraîtront d'un très-grand prix aux personnes qui se sont déclarées ouvertement contre l'usage du forceps , et qui se sont fait un devoir de le proscrire, sous le vain prétexte de défendre la cause de l'humanité : car , selon leurs principes , le forceps ajoutant nécessairement l'épaisseur de ses deux branches qui est de trois lignes, à celle de la tête du fœtus, il faut une réduction de trois lignes de la part de cette tête, pour compenser cette addition ; et cette réduction , qu'on ne saurait regarder comme exempte de toutes espèces d'inconvéniens , est alors en pure perte pour l'accouchement, puisque l'épaisseur de la tête ainsi réduite, y compris celle de l'instrument, reste la même relativement au diamètre du bassin. Ce raisonnement seroit en effet sans réplique , si l'on ne comprimoit réellement la tête de l'enfant que de trois lignes ^ si la plus grande épaisseur des cuillers répondoit exactement aux protubérances pariétales , si ces protubérances ne s'engageoient pas elles-mêmes dans la fenêtre de ces cuillers au point souvent de se trouver à fleur de la surface externe

des jumelles, et si le plus grand diamètre du ventre de l'ellipse que décrit l'instrument ainsi chargé de la tête, correspondent exactement au petit diamètre du bassin : mais les choses se passent autrement que ne l'ont annoncé les détracteurs du forceps. , surtout à l'égard de quelques-uns de ces points, quand l'instrument est dirigé par une main habile. i643. Si le forceps conduit le plus sagement et le plus méthodiquement possible , n'est pas sans inconvéniens pour l'enfant , lorsqu'il existe un défaut de proportion entre sa tête et le bassin de sa mère , à plus forte raison quand cet instrument se trouve entre les mains de ceux qui , oubliant cet axiome , sat citb si sat bene , imaginent que leur gloire et leur succès dépendent de la promptitude avec laquelle ils opèrent; car au lieu d'une victime, souvent ils en comptent deux, le forceps dirigé sur de pareils principes n'étant pas moins contraire à la mère qu'à l'enfant.

i644- Les avantages de cet instrument ne sont

tages qu'on jamais plus évidens que dans le cas où il ne s'agit peut retirer qUe d'aiouter ou de suppléer aux forces de la

du iorcGPS ,

mère; ainsi que dans celui où l'on n'est sollicité

à opérer l'accouchement que par rapport aux accidens qui en compliquent le travail, tels que l'hémorrhagie , les faiblesses , les convulsions , la sortie du cordon , etc. Mais nous ne sommes pas toujours assez heureux pour n'avoir à l'employer que dans de semblables circonstances ; et malgré le danger qui semble attaché à son usage en d'autres cas , nous nous croyons obligé d'y avoir recours pour éviter des opérations dont le succès seroit encore plus douteux.

DES ACCOUCHKMENS. 2 7

l6A5. Quand le bassin de la mère n'offre que trois 9as 0l1

. . >-. . .. , j.1 v son action est

pouces moins quelques lignes de petit diamètre , mortelle pour l'on ne doit pas se promettre d'amener l'enfant l'enfant, vivant, au moyen du forceps; et l'usage en est même dangereux lorsque ce diamètre n'a que trois pouces. En ne considérant cet instrument que comme une ressource pour terminer l'accouchement, abstraction faite de ^'atteinte fâcheuse qu'il peut donner à la vie de l'enfant , et aux parties de ïa mère , il faudroit encore mettre des bornes à son usage; car il ne convient en aucune manière lorsque la défectuosité du bassin est telle qu'elle ne laisse pas deux pouces six à huit ligues d'ouverture. Alors, de quelque manière qu'on l'applique, il faut compter bien moins sur la réduction qu'il opérera , que sur l'avantage qu'il procurera , comme moyen de tirer sur la tête de l'enfant et de seconder ainsi les efforts qui tendront à l'expulser.

i6A6. La plupart des Auteurs ne l'ont employé Cas °ù ses

, • i ,a„ i i> r '*• -i. j î Auteurs lem.

qu autant que la tête de 1 entant etoit descendue ployèrent. dans le fond du bassin, ou qu'elle s'y trouvoit engagée au moins d'un tiers , et même de la moitié de sa longueur. Smellie paroît le premier qui se soit écarté de cette règle , et qui en ait fait usage dans îe cas où la tête étoit encore au-dessus du détroit supérieur. Ce fut même spécialement poiu* ces sortes de cas qu'il fit construire un second forceps plus long que celui dont il se servoit d'abord , et qu'il y ajouta une nouvelle courbure semblable à celle du forceps de Levret. Smellie a connu non-seulement la possibilité de le porter aussi loin , mais encore qu'il étoit plus facile de

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l'appliquer alors, que quand la tête est engagée transversalement dans le détroit supérieur et fortement serrée entre le pubis et le sacrum; puisqu'il recommande delà repousser entièrement audessus du rebord du bassin , pour conduire ensuite plus facilement les branches de l'instrument sur les oreilles de l'enfant.

1647. Smellie a su de même apprécier les avantages et les inconvéniens qu'il pouvoit y avoir d'aller saisir la tête au-dessus du bassin avec son nouveau forceps. Ayant remarqué que les derniers Femportoient souvent de beaucoup sur les premiers , il résolut de ne pas le conseiller ouvertement et de ne pas faire connoître , même à ses disciples, tout le parti qu'on pouvoit en tirer; crainte, disoit-il , de les rendre trop entreprenans.

1648. Celui d'entre nous qui fait honneur à Roederer de l'idée d'aller saisir avec le forceps courbe, une tête parfaitement libre sur l'entrée du bassin, n'avoit sans doute pas lu les ouvrages de Smellie , qui sont antérieurs à ce que ce dernier nous a transmis sur l'art des accouchemens : il y auroit vu non-seulement ce que nous venons de rapporter, mais de plus qu5un nommé Pudecomb avoit extrait heureusement avec le forceps , dès l'année 174^, un enfant dont la tête étoit encore au-dessus du détroit supérieur. Le fait rapporté par Roederer (1) ne peut en outre lui être attribué; car on voit clairement dans son observation qu'il n'en est que 1 éditeur.

(1) Opuscula medica. Goettingct , 1763, pag. 206 y Obs. 1.

DES A.CCOUCHEME1YS. 2 g

1649- M. Deleurje n'est pas le premier Accoucheur français qui ait porté le forceps aussi loin \ ni qui ait recommandé de le faire , comme il l'a publié (1) : car il n'en dit rien dans la première édition de son ouvrage qui parut en .1770 , tandis que Solajrès (2) qui le recommandoit dans ses cours particuliers de l'année 1 769, a mis lui-même ce précepte en pratique en présence de plusieurs de ses élèves, en 1770. J'ai employé cet instrument, au moins vingt fois depuis, en dépareilles circonstances ; mais le succès n'en a pas toujours été le même pour l'enfant , et ne pouvoit l'être à la vérité, parce que je n'y ai eu recours , en quelques cas, qu'après sa mort. Il paroît que M. Coutoulj, qui avoit également suivi les leçons de Solajrès, n'a pas porté l'usage du forceps aussi loin que d'après les principes de cet Accoucheur.

i65o. L'utilité du forceps ne se borne pas aux seuls cas où le sommet de la tête se présente à l'orifice de la matrice ; on emploie également cet instrument en d'autres circonstances, comme dans celle où la face de l'enfant s'avance en premier, celle où la tête est retenue après la sortie du corps, tel qu'on le voit quelquefois dans les accouchemens où l'on amène l'enfant par les pieds. C'est encore dans les ouvrages de Smellie qu'on trouve les pre-

(1) Nous ne savons pas en quelle année il a appliqué le forceps sur la tête au détroit supérieur, pour la première fois.

(2) Solajrès , mort en 1772, a professé l'art des Accouchemens à Paris , depuis 1769 jusqu'en 1771 inclusivement.

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mières traces de l'usage du forceps dans ce dernier cas. Cet Auteur est tant estimé, que nous aimons à croire que c'est par oubli, et non dans le dessein d'en affoiblir le mérite, qu'un de nos confrères a publié qu'il n'avoit fait qu'indiquer cet instrument pour ces sortes de cas, et n'avoit pas décrit la manière de s'en servir (i). Nous détaillerons dans la suite les circonstances où il peut être très-utile de se servir du forceps, et la manière de l'employer dans chacune d'elles.

ARTICLE IL

Du Levier , vulgairement appelé le Roonhuisen.

1 65 1 . Le levier dont on se sert encore quelquefois utilement dans la pratique des accouchemens , n'a presque rien conservé de la forme qu'il avoit reçue de Roonhuisen, son premier Auteur, et en a, pour ainsi dire, emprunté une nouvelle de chaque main qui l'a employé.

i65a. Ce n'étoit, dans le principe, qu'une lame

d'acier, bien trempée, longue de onze pouces ou

environ, large d'un seul, et de l'épaisseur d'une

Forme date- ligne et demie. Elle étoit droite dans sa partie

vier de Roon- movenne, et recourbée légèrement vers ses extré-

huisen. . Jf , ' ., , , , P. . , .

mites dans I étendue de trois pouces et demi ou à-peu-près ; ces courbures n'étant estimées qu'à un huitième de pouce de profondeur. Des emplâtres épais , soit de diapalrne ou autre, garnissoient le revers de sa partie moyenne ainsi que le bout

{ï) M. Deleurye.

DES ACCOUCHEMEIVS. 3l

de chaque courbure , et le tout éîait recouvert d'une peau de chien , mince et fort douce, artistement cousue, dans les vues de modérer la pression qu'il devait exercer dans l'opération , tant sur la tête de l'enfant que sur les parties de la mère, qui lui servoient de point d'appui. L'épaisseur du levier ainsi recouvert étoit en quelques endroits de trois huitièmes de pouce. ( 1 ). .

i653. Le levier que les Français ont substitué Francais, à celui-ci, ressemble assez bien à l'une des branches du forceps de Palfin, si ce n'est qu'il est plus étroit et plus alongé, et que sa courbure est bordée intérieurement d'un filet semblable à celui qui règne autour des cuillers du forceps courbe de Levret. Pour le rendre plus utile, il faudrait le courber davantage , et lui donner la moitié de sa largeur de plus , comme quelquesuns l'ont déjà proposé et fait exécuter ( i ).

(i) Toutes ces proportions sont rapportées d'après la traduction de la Dissertation de Visclier et Van-de-Pott , qui est insérée à la fin des Œuvres de Smellîe , et celles que lui assigne Camper paroissent les mêmes. Nous n'avons pu les vérifier sur la dissertation originale que nous avons sous les yeux , parce que nous n'entendons pas la langue hollandaise : mais nous assurons que la planche qui représente le levier, dans cette dernière , a servi de copie à toutes les autres. M. Herbiniaux assure que le traducteur de cette Dissertation s'est trompé sur ce qui regarde l'épaisseur des extrémités du levier , qui n'est au plus que d'une ligne et demie , au lieu de trois huitièmes de pouce. Voyez Herb. , nouv. édit. , t. I , pag. 46 ,

(2) Goubellj , M. P., en 1772. C'est sans doute par erreur que l'Accoucheur de Bruxelles, dont nous venons

32 l'aut

i654- Les Hollandais avoient fait un très-grand usage de cet instrument avant qu'il fût connu parmi nous. C'étoit un secret dans la famille de Roonhuisen , qu'on n'obtenait qu'à force d'argent , et ce ne fut qu'après la mort de Bruyn , l'un de ses co-possesseurs , que deux médecins , de Vischer et Van-de-Poll , qui l'achetèrent environ 5ooo livres de France , le rendirent public et firent connoître la manière dont on s'en servoit , malgré la condition expresse à laquelle ils avoient souscrit de ne pas divulguer ce fameux secret.

Méthode de i655. Roonliuiseii et ses partisans ne l'appîi- Roonhmsen. qUOjenl ^ue ^ans le cas , disoient-ils , oit la tête de l'enfant étoit enclavée , et dans cette espèce d'enclavement surtout où le front étoit si serré contre le sacrum et l'occiput contre le pubis, que la tête ne pouvait être poussée au-dehors par les efforts de la nature , quoiqu'il ne s'en fallût ordinairement que de la longueur d'un pouce : ce qui se présentoit sans doute plus fréquemment en Hollande et dans ce temps que parmi nous et aujourd'hui, puisqu'un seul Accoucheur de la ville d'Amsterdam ( de Bruyn, mort en i y 5 3 ), assnroit qu'il avoit délivré huit cents femmes avec cet instrument dans l'espace de quarante-deux ans(i).

de parler , nous reproche de lui donner deux pouces de largeur, qui est cependant celle de son levier fenêtre : nous le préviendrons qu'en augmentant de la moitié de sa largeur un instrument, qui n'a que onze lignes, on n'en fait pas un de deux pouces , mais de seize à dix-sept lignes seulement.

(î) Ce grand nombre d'accouchemens opérés par de

1 656. Si l'on nous a taxé d'avoir altéré la doctrine des premiers partisans du levier , de celui même qui passe pour en être l'auteur , on n'en soupçonnera sûrement pas le Docteur Camper qui devoit être très-versé dans la langue hollandaise, puisque c'étoit la sienne même. Voici comment il traduit le passage de la Dissertation de Vischer et Van-de-Poll , sur ce qui concerne le cas pour lequel on avait recours au levier, du temps de Bruyn. « L'enfant étant naturellement placé dans » la matrice, présente la tête, dit il; mais elle ne » peut être poussée par les forces de la nature, » quoiqu'il ne s'en faille ordinairemeut pas plus » que la longueur d'un pouce , lorsqu'elle est dans » ces circonstances et qu'elle reste enclavée dans » le bassin , s'arrêtant sur le bord des os pubis, et » que l'on est persuadé que la nature ne peut la » faire avancer davantage : c'est alors quecetins- » trument doit être employé ». Ailleurs : « La tête » étant descendue dans le bassin , reste avec l'oc- » ciput contre ou sur le bord supérieur des os

Bruyn , ne prouve rien si ce n'est l'abus qu'un seul homme a fait de ce nouvel instrument. Ces occasions fréquentes de remployer pourroîent faire douter du savoir de Bruyn. Un Praticien qui assureroit avoir rencontré autant de tètes enclavées dans le même espace de temps , soit à Paris ou à Londres , villes bien plus grandes qu'Amsterdam , y fût il seul en possession de l'exercice de l'Art des Accouchemens , ne mériteroit pas plus de confiance ; quoique Camper estime que le nombre en doit être porté à deux cent cinquante , dans le cours de chaque année commune , dans la ville de Paris. ( Voyez la Dissertation de ce Médecin sur le levier de Roonhuisen , Mém. de V Académie de Chirurgie , tom. V. )

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