Tome II
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« pubis ; ce qui est probablement l'unique cause <c de l'empêchement .... ( Voyez la Dissertation de Camper, déjà citée.)
160^. Si la position de la tête et la nature de l'obstacle qui en empêchoit la sortie , dans le cas où les auteurs du levier se servoient de cet instrument , ne sont pas exposées aussi elairementdans la Dissertation qui est insérée à la fin des Œuvres de Smellie , que dans celle du Docteur Camper, dans notre §. 1 655, on ne peut s'empêcher de croire que Vischer et Van-de-Poll les ont regardées comme telles , d'après la description même qu'ils ont donnée du manuel de l'opération , comme nous le remarquerons dans les notes ci-après. En supposant la tête de l'enfant dans l'excavation du bassin, comme nous venons de le faire, l'occiput contre le pubis , c'est la considérer d'ailleurs sous le point de vue le plus favorable à l'application du levier. Si nous démontrons qu'il ne peut en opérer l'extraction dans ce cas , il sera démontré surabondamment qu'on ne saurait en tirer meilleur parti dans celui où la tête est encore au-dessus du détroit supérieur : cas infiniment plus rare que le premier, quoique celui-ci le soit tellement , qu'un Accoucheur instruit et de bonne-foi, quelque employé qu'il ait été , n'oserait assurer l'avoir trouvé une seule fois dans le cours de chaque année.
i658. Dans la persuasion où ils étoient que la tête de l'enfant se présentait de la manière indiquée au §. i655 , et que le levier ne devoit agir que sur l'oecinut , les auteurs de cet instrument l'intro- ■duisoifent vers le sacrum de la mère , et assez loin pour que sa courbure embrassât le front de l'en-
fant; d'où ils le ramenoient sur l'occiput situé derrière le pubis , en passant par le côté du bassin où ils trouvaient le moins d'obstacles , et en allant en tâtonnant. Titsingh , l'un des co-possesseurs du levier, alors encore secret, l'insinuoit cependant directement sur le derrière delà tête, d'après le texte de Camper (1) ; et quelques autres le portoientvers l'un des côtés du bassin, entre l'ischium et la tempe de l'enfant : mais ils opéraient du reste de la même manière et selon les mêmes principes. Quand l'instrument étoit parvenu sous le pubis , ils en relevoient l'extrémité qui étoit au dehors , vers le ventre de la femme , et en tirant un peu , pour forcer l'occiput de descendre et de se dégager ; le milieu de l'instrument , appuyé contre le bord inférieur de la symphyse du pubis , rouloit alors sur ce point comme sur le centre de son mouvement.
1659. Pour dispenser ceux qui ont lu l'ouvrage de M. Herbiniaux (2) et qui ne seroient pas plus instruits que lui , de nous demander aussi dans quelle source nous avons puisé la connoissance de la méthode de Roonhuisen ; et nous justifier en même temps des imputations injurieuses qu'il s'est permises contre nous, nous donnons l'extrait de ce qui est inséré à la fin des OEuvres de Smellie ;
(1) Voyez Camper , Dissert, déjà citée , et le désaveu de Titsingh dans une lettre adressée à M. Herbiniaux , Chirurgien de Bruxelles , et insérée dans l'ouvrage de ce dernier sur les Àccouchemens laborieux , pag. tu.
(2) Cet ouvrage, imprimé à Bruxelles en 1782 , a pour titre : Traité sur divers Accouchemens laborieux , et sur les polypes de la matrice.
et nous nous étayerons d'ailleurs de l'autorité de Camper. « L'Accoucheur , dit le traducteur de la » Dissertation de P isçher et Van-de-Poll , porte » l'index de la main gauche dans le vagin du coté » de l'anus , jusqu'au sinciput nu de l'enfant , dont » le visage, dans ce cas , est tourné vers l'anus (i).
» De la main droite il prend l'instrument le
» glisse le long de l'index de îa main gauche contre » le sinciput nu de l'enfant , jusque dans l'orifice » de la matrice , au cas qu'il soit encore aussi bas , » ce qui , n'étant presque pas possible , arrive » fort rarement, parce qu'il s'est ordinairement » déjà retiré derrière la tête (2).... Quand linstru- » ment est ainsi couché avec sa partie concave » contre le sinciput de l'enfant...., l'Accoucheur » tourne son instrument tantôt à droite , tantôt à » gauche , vers le côté de la tête , en cherchant » de quel côté il y a le plus de jour pour cet ins- » trument , qui doit entourer pour ainsi dire la ca- » lotte... Quand, à force de tâtonner, on a avancé » l'instrumentai! point qu'il ait atteint l'occiput , » alors en levant doucement le bout du dehors, » on le porte si avant que l'occiput est couché » dans sa concavité (3). Plus cette concavité est » couchée fermement contre la tête , mieux elle
(1) Ceci ne prouve-t-il pas que nous étions fondé à donner à la tête la position énoncée au §. i655.
(2) Il est également démontré par ceci , que les Roonhuisiens supposoient la tête dans le fond du bassin.
("3) Personne ne doutera , d'après cet exposé , que l'intention des partisans du levier ne fût de l'appliquer sur l'occiput.
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» s'ajuste , plus la délivrance est prompte et fa» » elle.... Pour l'opérer , l'accoucheur lève le de- » hors de l'instrument lentement et uniformé- » ment , sans choc, ni bonds , en tirant en même » temps, et en pressant un peu.... Par ce mou- » vement , il faut que le bout concave qui entoure » la tête soit nécessairement pressé vers le bas du » bassin.... En continuant ainsi à lever en dehors » et à déprimer en dedans , une partie du mor- » ceau droit entre les deux courbures, presse » contre la marche et le dedans de l'union des os » pubis , comme sur son point d'appui.... Quel- » quefois , pour parvenir à faire sortir la tête , il » faut faire monter l'instrument si haut, que le » bout qui reste au-dehors approche tout contre « le ventre de la femme ». ( Voyez la Dissertation même à la fin du tome IV de Smellie ; et Camper, au lieu déjà cité(i).
1 660. Si cette méthode , malgré tant d'autorités, Notre JUSC"
, / • ii u ? r> 7 ' ment sur cet-
n est pas véritablement celle de Roonliuisen , du te méthode. moins a-t-elle été publiée comme telle ; et c'est d'après elle que nous argumenterons contre le levier, dans l'espèce d'enclavement pour laquelle on l'a spécialement recommandé. En ^examinant dans tous ses points , on cessera d'être étonné du grand nombre de femmes accouchées par de Bruyn, au moyen du levier ; l'on ne pourra s'empêcher
(1) D'après cet extrait , croira-t-on , avec M. Herbiniaux , que nous n'avons cherché qu'à tromper grossièrement le public dans tout ce que nous avons dit de la méthode de Roonhuisen , et que nous ne sommes qu'un vil imposteur.
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d'avouer que la plupart se seroient délivrées naturellement , et qu'on auroit pu accoucher les autres plus méthodiquement et avec moins de peine.
1661. Si l'on a constamment opéré avec le levier de la manière indiquée, l'on n'a pas rencontré une seule tête qui fût véritablement enclavée , dans le nombre des femmes qui ont été soumises à l'application de cet instrument : elle n'étoit qu'arrêtée au passage chez toutes ces femmes ; et le plus souvent encore sa marche n'étoit suspendue que par une cause très-simple. Le véritable enclavement, de l'espèce décrite par Roonhuisen , ou ses partisans, ne permet pas de porter le plus petit instrument entre le front de l'enfant et le sacrum de la mère, ni entre l'occiput et le pubis ; parce que toutes ces parties sont alors dans un contact très-serré (1). C'est cependant un levier large d'un pouce, et de l'épaisseur de quatre lignes au moins , d'après les autorités ci-dessus (2) , que Roonhuisen et ses partisans disent avoir insinué entre ces mêmes parties , et placé sous le pubis ; les uns après lui avoir fait parcourir plus de la moitié de la circonférence intérieure du bassin ; et les autres , le quart seulement , ou bien en le conduisant de suite dans ce-
(1) Voyez l'article qui traite de l'enclavement.
(2; Le levier de Roonhuisen , garni de peau et d'ern— p'âtre , étoit de trois-huitièmes de pouce d'épaisseur , c'est-à-dire , quatre lignes et demie , selon îa traduction qui est à la fin de Smellie , tara. IV. En admettant avec M. Herbiniaux que cette épaisseur ne fût que dune ligne et demie , l'impossibilité de faire pénétrer cet instrument , dans les lieux indiqués , n'en paroîtra pas moins démontrée.
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lieu même. Ne lui accordèrent- on que le quart de l'épaisseur dont il s'agit, on sera également forcé de convenir que la tête n'étoit pas véritablement, enclavée lorsqu'il a pu pénétrer au-dessous du pubis, ou y revenir, quelque soit le lieu où on l'eût introduit. Il est vrai que tous les Auteurs ne donnent pas la même idée de l'enclavement : mais quelle, que soit l'opinion qu'en aient eue lesÂoonhuisen , on ne leur supposera jamais celle qu'a osé publier le Chirurgien de Bruxelles, pour faire valoir son grand savoir dans l'art de manier le levier. (Voyez l'auteur même , pag. 204 et suiv. )
1662. Non- seulement la méthode que nous. Cette méexaminons est défectueuse en cela même que ttodeesteon-
iv i-A 1 ' 1 il- \ traire a 1 în-
1 instrument doit être place dans les lieux ou se t^ntion delà trouvent les points de contact qui constituent l'en- natuleclavement et sans lesquels il ne sauroit essentiellement pas exister , mais elle le paroîtra bien plus encore , si on compare la direction qu'on imprime alors à la tête , avec celle que la nature la détermine à suivre dans le temps du travail , où il ne lui reste à franchir que le détruit inférieur : car on verra de combien elle tend à détourner la tête de cette marche salutaire , la seule qui soit parfaitement d'accord avec le rapport des parties , et que leurs dimensions respectives puissent permettre dans ces sortes de cas. L'instrument appliqué sur l'occiput et dirigé comme on vient de le dire , pousse et déprime la têle en arrière et vers la partie basse du bassin ; maintient le menton appuyé contre la poitrine de l'enfant , et la forceroit de sortir dans cet état, en lui faisant exercer presque tous ses efforts vers l'anus de la femme, si on continuoit
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d'agir dans ce sens ; aussi , de l'aveu même des partisans du levier, le périnée courroit-il alors les plus grands risques de se déchirer dans toute son étendue. La tête de l'enfant suit une marche bien différente dans l'accouchement qui s'opère par les seuls efforts de la nature; et Roonhuisen , ainsi que quelques-uns de ses sectateurs , nous paroissentbien moins excusables d'avoir dédaigné la prendre pour guide, que ceux qui n'ont qu'une simple routine dans notre art, parce qu'elle ne leur étoit pas entièrement inconnue , comme à ces derniers : nous ne pouvons retracer cette marche plus à propos que dans ce moment. Dans l'accouchement naturel , l'occiput commence à s'engager sous l'arcade du pubis dès l'instant qu'il s'est placé vis-àvis , et ne tarde pas à paroître à la vulve. La tête étant pressée , pour ainsi dire , entièrement de derrière en-devant eu égard au bassin , quoique la direction des forces expultrices soit absolument la même que dans le commencement du travail (i), le menton quitte dès ce moment le haut de la poitrine , et s'en écarte d'autant plus que l'occiput
(i) C'est le plan incliné que forment en commun la partie inférieure du sacrum , le coccix et le périnée distendu , qui détermine la tête à suivre cette direction contraire à celle des premiers temps du travail , quoique les forces expultrices soient encore dirigées de la même manière et qu'elles agissent constamment selon l'axe de la matrice et celui du détroit supérieur , parce que ces forces , en suivant cette ligne , ne sauroient tomber sur le même point de la tête , dans tous les temps de sa marche, à cause des déplacemens qu'elle éprouve successivement à mesure qu'elle s'avance.
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s'engage davantage dans les parties extérieures. Celui-ci ne fait que rouler alors sur le bord inférieur de la symphyse du pubis comme autour d'un axe; pendant que le menton décrit, au-devant du sacrum, une ligne courbe dont la longueur est proportionnée à celle de cet os, du coccix et du périnée très-distendu. {Voyez, le Mécanisme des différentes espèces d'Accouchemens naturels. )
i663. En imprimant à la tête de l'enfant , comme nous l'avons annoncé, une direction aussi différente de celle-ci , et aussi contraire à l'intention de la nature , si le levier a suffi pour la dégager du bassin dans tous les cas cités par de Bruyn et autres, rie devons-nous pas en conclure qu'elle étoit alors non-seulement d'un volume médiocre relativement à la largeur du détroit inférieur , mais encore que la force a tenu lieu de principes à ceux qui ont employé cet instrument? Les parties de la mère et la tête de l'enfant, ont souvent offert les preuves les plus convaincantes de ce que nous avançons sur ce point , et personne n'en sauroit douter aujourd'hui.
1664. Il n'est pas moins démontré d'ailleurs que le levier n'a pu suffire dans tous les cas pour extraire la tête et nous en citerons des exemples ciaprès ; et l'on seroit peut-être également fondé à soutenir qu'on n'a opéré l'extraction d'aucune par ce moyen , même dans ces circonstances où la tête ainsi que les parties de la femme , ont montré des marques évidentes des grands efforts qu'on avoit faits dans cette vue. Ceux qui comptent le plus de succès dans ce genre , pourroient bien ne mériter que des reproches au lieu de toutes ces
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louanges que l'ignorance leur a souvent prodiguées. Si la forme des courbures du. levier, ses rapports avec la convexité de la tête clans la progression de celle-ci , sa manière d'agir, soit comme levier du premier ou du troisième genre , etc. ne suffisoient pas pour autoriser ces présomptions, elles paroîtroient encore assez fondées d'après le langage même des partisans de cet instrument. Il n'est, en effet, aucun de ces Praticiens qui n'ait recommandé de ne mettre le levier en action que dans le temps où la nature s'efforçoit d'expulser la tête, qui n'ait fondé son plus grand espoir sur ces efforts naturels , et qui ne soit convenu , qu'ils acquerraient alors plus de véhémence; qui n'ait conseillé de leur confier l'expulsion de la tête, dès qu'elle s'approche, de la vulve ; de relever le plus haut possible vers le ventre de la femme , le bout du levier qui est au-clehors, et de laisser cet instrument comme en repos (i). Or, que peut opérer le levier dans ce rapport avec la tête , et dans cet état de repos? Ne pourroit-on pas dire, qu'il sera plus nuisible qu'utile , et qu'il ne fera qu'ajouter de nouveaux obstacles à ceux qui nuisent déjà à la sortie de la tête , s'il en existe quelques-uns.
Opinion de i665. Levret > bien long-temps avant nous, cernant le°le- s'étoit efforcé de faire connoître que la tête de i'enyier. faut n'étoit point enclavée dans le cas où l'on a
(i) Voyez l'extrait de la Dissertation de Vischer et Van-de-Poll ; Smellie , tome IV; M. Herbiniaux , le plus grand défenseur qu'ait eu de nos jours le levier de Roonhuisen.
réussi à l'extraire par la méthode de Roonhuisen , et que le levier ne convcnoit nullement dans l'enclavement de l'espèce assignée par ceux qui obtinrent en premier la connoissance de cet instrument : mais peu d'accord avec ses principes, il règne, à cet égard, tant d'obscurité dans ses écrits, qu'on y entrevoit à peine la vérité qu'il veut y dévoiler. Cet Auteur, estimable d'ailleurs, ayant parlé de l'insuffisance du levier dans l'enclavement , lui accorde des avantages en d'autres circonstances , où ses partisans, dit-il, n'ont jamais pensé à l'employer; et convient, après tout, qu'ils ont dû faire souvent, sans qu'ils s'en apperçussent , ce qu'il a lui-même exécuté avec connoissance de cause. On jugera, parle passage suivant, de quelle utilité seroit le levier, si on en restreignoit l'usage aux seuls cas énoncés par Levret.
1666. Il arrive quelquefois des changemens si considérables dans la marche mécanique du travail de l'accouchement , dit ce célèbre Auteur , que la suture sagittale venant à rencontrer l'épine de l'un ou l'autre os ischium , pourra s'y enfoncer. Si elle s'y renfonce, ajoute-t-il, ce qui est presque immanquable, la tête de l'enfant se fixera pour lors obliquement dans le petit bassin qu'elle remplira entièrement , parce que le menton a quitté la poitrine. Si l'on ne peut reconnoître ce cas de bonne heure, continue-t-il encore, et empêcher que l'épine de l'os ischium ne s'engage dans la suture sagittale, le doigt ne pouvant plus atteindre à l'obstacle , ou le vaincre , on peut y substituer le levier de Roonhuisen, qui réussira très-bien, ou l'une des branches du forceps, comme il s'en étoit
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servi long-temps avant qu'il ne connût ce levier , et comme il a continué de le faire depuis dans tous ces cas qui , selon Levret , sont très-communs, mais fort mal connus (1). Us sont fort mal connus en effet, et ils doivent l'être, s'il faut admettre l'enfoncement de l'épine ischiatique dans la suture sagittale; car nous mettons en fait qu'on ne pourroit en citer un seul exemple • et il est impossible que cela se fasse r comme le dit ce savant Accoucheur, même en aucun cas de mauvaise conformation du bassin. Mais ne jugeons pas trop sévèrement cet auteur d'après quelques expressions qui ont pu lui échapper , et ne voyons, dans ces sortes de cas , que celui qu'il décrit si clairement dans l'une de ses observations (a), et dans la position où il représente ici la tête de l'enfant , que celle que nous avons exposée nous-même au §. 1288 et suivans , et convenons avec lui , que c'est un des cas où le levier peut être le plus utilement employé, quoiqu'il soit très-rarenïent indispensable.
Opinion de 1667. Camper, plus indulgent que nous , ne riitFlite'da "«F- °"oute Pas °!ue 'a Mîte de l'enfant n'ait été enclavée vieret la ma- dans tous les accoucheniens opérés par de Brujn> s'en est^rvi avec ^e levier de Roonhuisen ; il s'efforce seulement de prouver que cet Accoucheur et ceux qui étoient alors en possession de ce levier , ne l'ont pas souvent appliqué sur l'occiput conformément à leur intention ,mais presque toujours sur l'angle
(t) Suite des observations sur la cause de plusieurs Accouchemens laborieux , quatrième édition , page 292 et suiv.
(2) Levret , le même ouvrage , page 4 i Observ. 2.
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de la mâchoire inférieure , ou sur l'un des côtés de la tête , comme il s'en est convaincu , dit-il , par sa propre expérience, et comme lui ont paru le dénoter les marques rouges qu'il a quelquefois observées sur ces parties , dans des cas où d'autres s'ctoient servi de l'instrument. Mais ces marques rouges prouvent-elles bien réellement ce que Camper prétend établir à ce sujet? elles feroient présumer au plus que la tête de l'enfant étoit située en travers dans ces cas particuliers , comme on le voit presque toujours quand elle s'arrête au milieu du bassin ; et que les partisans du levier n'ont alors agi sur l'un de ses côtés , que parce qu'ils ne connoissoient qu'une manière d'employer cet instrument et qu'ils se persuadoient qu'il devoit être place constamment sous le pubis , où, selon eux, l'occiput se trouvoit presque toujours : car ils n'ont pas méconnu ces positions transversales. Ils étoient dans l'opinion , il est vrai , qu'elles se rencontroient rarement . et que le plus souvent encore on ne pouvoit les distinguer avant d'opérer : aussi recommandoient-ils d'agir avec précautions, et de bien modérer la pression que le bout du levier exerçoit sur la tête , quand on avoit lieu de présumer que celle-ci étoit située de coté , crainte de blesser l'oreille, la joue ou l'œil, etc.
1668. L'assertion hasardée de Camper ne paroît pasavoir de base plus solide que celle qu'il déduit de l'impossibilité de porter le levier sur l'occiput , fortement serré contre le pubis quand la tête est enclavée. S'il pouvoit y pénétrer au point que sa courbure embrassât bien la convexité de cette région , nous ne voyons pas comment il s'en détour-
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neroit dès l'instant qu'on ferai t effort pour en élever le bout extérieur, et il seroit même difficile de concevoir qu'il pût quitter ce lieu. En accordant à de Brujn qu'il eût désenclavé huit cents têtes avec cet instrument ? Camper se réservoit d'en tirer une conséquence favorable à son opinion : c'est que de Bruyn ne pouvant alors agir sur l'occiput, a dû le faire sur un autre endroit de la tête; c'est-à-dire, sur l'un de ses côtés, à une distance plus ou moins grande du menton. Plusieurs partisans du levier ont été convaincus, dit-il, de tout ce qu'il avance à ce sujet, en le voyant opérer sur un cadavre , dans le temps où. il étoit professeur à Amsterdam : il compte Titsingk parmi ceux qui lui avouèrent que l'instrument devoit être placé comme il le démontroit. Nous avons déjà annoncé le désaveu de ce dernier, et nous dirons deux mots de sa méthode dans la suite.
1669. Camper en s'élevant contre la méthode de Roonhuisen , ne s'en déclare pas moins ouvertement en faveur du levier ; mais il veut qu'on l'emploie d'une autre manière. « Introduisez, dit- »il, toute la cavité de l'instrument, soit le long » du front, de la tempe ou de l'occiput , dans la » matrice avec la main droite, jusqu'à ce que » vous sentiez que la cavité réponde à la con- » vexité de la tête , alors il passera l'oreille et se » posera à côté du col , et le bout vers le menton » de l'enfant plus ou moins, selon la grandeur de » la tête : levez alors l'autre bout , puis appliquez » la main gauche vers le milieu de la spatule, a déprimant ainsi , et tirant la tête en même temps
n en en-bas.... elle sera délivrée daus un instant ».
1670. On sera frappé de l'opposition de Camper Notre °Pi
{ . A -i3 !-.i •. mon sur la
avec lui même, si Ion compare ce quii prescrit méthode de ici avec ce qu'il combat en parlant de la méthode Camper. de ceux qui empioyoient le levier avant lui; puisque après avoir nié la possibilité de le placer sur l'occiput, qui est, dit-il, comme fortement collé contre le pubis dans le cas d'enclavement , il recommande de l'introduire dans ce même endroit, ou le long du front, qui n'est pas moins fortement pressé contre le sacrum. Ce premier point de sa méthode se réfute par sa doctrine même sur l'enclavement ; doctrine que nous tenons pour vraie et des mieux fondée sur l'observation.
1671. En supposant que la tête de l'enfant n'eût pas été réellement enclavée dans les cas où Camper a fait usage du levier, comme nous avons démontré, même d'après lui , qu'elle ne l'étoit pas dans ceux énoncés pardeBriyn, cette nouvelle manière de diriger l'instrument n'en paroîtroit pas moins défectueuse, et l'on n'en concevroit pas mieux la possibilité. Quel que soit le volume de la tête respectivement à la capacité du bassin, comment se persuader, en effet, que le bout du levier, introduit à plat sous le pubis où répond l'occiput , puisse passer à côté du col, et aller s'appuyer vers le menton ? Comment le conduire sur ce même point, en le faisant monter le long de la tempe, même le long du front qui occupe alors îe bas de la courbure du sacrum ? Pour qu'il puisse se porter au-delà de l'angle de la mâchoire inférieure vers le menton , et que la courbure de la spatule embrasse exactement la convexité de la tête, Tins-
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trument doit être placé de champ sur l'un des côtés du bassin , et un peu obliquement de bas en haut et de devant en arrière ; il doit s'appuyer par l'un de ses bords contre le sommet de l'arcade du pubis, qui lui sert comme de point d'appui pendant l'extraction de la tête , et agir seulement de l'extrémité de son autre bord sur la base de la mâchoire auprès du lieu qui est désigné. Ce n'est pas ainsi que le représente Camper : c'est la largeur du corps de l'instrument, et non le bord, qui s'appuie contre la marge inférieure de la symphyse du pubis. Or , dans ce rapport , la concavité de la spatule ne peut embrasser que la région de la tête qui est derrière cette symphyse , et son extrémité ne sauroit être auprès du menton qu'autant que l'une des régions temporales se trouveroit sous cette symphyse : il n'est personne qui ne convienne de ces vérités , tant elles sont à la portée de tout le monde.
1672. Si la méthode de Camper était praticable, elle ne seroit préférable à celle de Roonhuisen que dans un seul point : ce ne seroit que par rapport à la direction que l'instrument feroit suivre à la tête de l'enfant dans son passage à travers le détroit inférieur et le sinus des parties extérieures. Agissant comme levier du premier genre , son extrémité appuyée sur la base de la mâchoire près le menton, entraînant celui-ci dans le cercle qu'elle doit décrire (1), il favpriseroit les efforts de la
(1) L'action du levier du premier genre est telle, que chacune de ses extrémités décrit un arc, à contre-sens
nature, qui ne tendent qu'à lui imprimer cette direction. Voyez §. 683 et §. 1662 : mais pour que les efforts de l'art et ceux de la nature même agissant ainsi de concert, soient salutaires et opèrent la sortie de la tête , il est indispensable qu'elle soit assez avancée dans le bassin pour que l'occiput réponde en plein à l'arcade du pubis , et puisse s'y engager en s'élevant à l'extérieur vers le mont de Vénus, tandis que le menton parcourra , au-devant du sacrum , la ligne courbe déjà connue. Sans cette condition, qui ne sauroit avoir lieu dans l'enclavement de l'espèce prise pour exemple, d'après tous les partisans du levier, cette marche de la tête , qui est la seule naturelle , ne peut s'effectuer. Agir du bout du levier auprès du menton , et s'efforcer de le faire descendre avant que l'occiput ne puisse s'engager sous l'arcade du pubis , ce seroit agir contre les principes de l'art, méconnoître le mécanisme de l'enclavement, ce en quoi la tête s'est déviée de sa marche ordinaire pour s'enclaver, et ne pas faire une meilleure application de la théorie des leviers.
l'une de l'autre. Supposez le levier placé sous la symphyse du pubis , dont le bord inférieur doit lui servir de point d'appui , et mettez-le en action , comme le recommandent ses partisans , en relevant l'extrémité qui est audehors vers le ventre de la femme , vous lui ferez décrire un arc dont la convexité regardera l'anus , et la concavité le devant du pubis , tandis que l'extrémité cachée en décrira un autre dont la concavité sera en en-bas , et la convexité vers le détroit abdominal , et ensuite le devant du sacrum : ce seroit , selon ce dernier , que le bout du levier appliqué près le menton l'entraîneroit.