Tome II
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.1673. Tous les partisans du levier, avant le docteur Camper , regardoient l'occiput comme le lieu sur lequel on devoit l'appliquer, celui qui étoit le plus propre à lui donner une prise avantageuse , celui où l'on pouvoit agir le plus fortement sans nuire à l'enfant, et vers lequel on devoit diriger les puissances de l'art pour seconder celles de la nature : ce qui s'accorde assez avec la connoissance que nous avons de la stucture du crâne, du mécanisme de l'accouchement , et de celui de l'enclavement pour lequel cet instrument a été proposé. Comme ces praticiens étoient dans l'opinion que l'occiput répondoit le plus souvent au pubis, c'étoit aussi sous celui-ci qu'ils insinuoient le levier, ou qu'ils le ramenoient après l'avoir fait pénétrer vers un autre lieu du bassin. Camper , à la gloire duquel le titre de savant Accoucheur ne sauroit rien ajouter, après avoir démontré l'impossibilité de le placer sur l'occiput, dans le cas d'enclavement de l'espèce connue des Boonhuisen y s'est efforcé de prouver encore qu'il ne sauroit y rester quand on y parviendroit, et que son extrémité devoit alors se porter auprès du menton , en passant à coté du col. Le même zèle qui nous a porté à discuter la doctrine de ce Médecin sur ce qui concerne ce point de l'art des accouchemens , nous fait une loi d'examiner celle de Titsingh et de M. Herbiniaux , avec laquelle elle a quelque rapport. Si ce n'est pas sur la mâchoire inférieure, près le menton, que ces Accoucheurs dirigent l'extrémité de la spatule , comme le dit Camper à l'égard de Titsingh, c'est au moins sur l'apophyse mastoïde qui ne s'en trouve pas fort éloignée, ou bien
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dans son voisinage , puisque l'angle de Ja mâchoire est bien près de cette apophyse. En supposant que ces deux méthodes ne se ressemblent pas , le désaveu (i)que fait Titsingh de celle que lui attribue Camper, ne mériteroit quelque considération qu'autant qu'il pourroit contribuer aux progrès de l'art; que la méthode que Titsingh y substitue seroit plus d'accord avec les principes de cet art, et avec la connoissance môme que ce praticien paroît avoir eue du mécanisme de l'accouchement. 1694. Titsingh établit d'abord pour certain que la tête de l'enfant descend toujours un peu naturellement de travers dans le bassin , une des tempes le long et contre le sacrum, et l'autre sous le corps de l'os pubis ; qu'en descendant ainsi plus avant et plus bas dans la cavité formée par le coccix, elle se redresse doucement, la face se tournant alors en arrière vers le rectum, et l'occiput en avant dessous le pubis ; qu'enfin elle vient présenter à la vulve cette partie qu'on nomme vulgairement la Couronne. Il est également certain, dit-il, que la face se trouve obliquement en arrière , lorsque la tête reste enclavée ; et c'est dans cette position où il se la représente pour l'exposition de sa manière d'employer le levier. Nous ne formerons aucune objection contre le sentiment de Titsingh, sur ce dernier point , étant déjà parfaitement d'accord avec lui sur le premier ; nous conviendrons que la tête de l'enfant peut s'arrêter à une hauteur
(1) Voyez la lettre de Titsingh , insérée dans l'ouvrage de M. Herbiniaux.
quelconque dans la position qu'il assigne. Il décrit trop bien la marche qu'elle suit dans l'accouchement ordinaire, pour qu'on ne s'attende pas à lui voir réunir tous ses efforts pour la lui imprimer dans le cas dont il s'agit , et favoriser jusqu'aux plus petits des mouvemens qui composent cette marche , puisque c'est en cela seul que consiste l'art. Le lieu où porte son levier seroit celui où il faudrait le diriger, quand la tête est fixée transversalement dans le détroit supérieur , s'il pouvoit y pénétrer , si la plus grande épaisseur de cette tête avoit déjà franchi l'espace le plus resserré de ce détroit , et s'il ne s'agissoit que de la faire descendre complètement dans l'excavation du bassin : car il agiroit alors perpendiculairement à l'obstacle qui la retient , et de manière à le surmonter avec le moins de force possible. Mais qu'on se souvienne qu'il s'agit bien moins, dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici de l'usage du levier, de faire faire ce premier pas à la tête de l'enfant , que de l'extraire entièrement ; alors on verra combien le procédé de Titsingh est peu d'accord avec ses connoissances sur le mécanisme de l'accouchement ; et chacun se croira bien fondé à demander comment, avec le levier placé sous le pubis de la femme et sur l'apophyse mastoïde de l'enfant, il pourra ramener la tête à cette marche naturelle, si bien observée et si bien décrite par ce praticien même. Titsingh paroît avoir réservé à M. Herbiniaux la gloire de nous en instruire (i).
167 5. Si les personnalités et les injures de toutes
(1) Voyez sa lettre déjà citée.
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«spèees que ce dernier substitue partout aux principes, au raisonnement, à la démonstration et aux preuves , pouvoient en tenir lieu , il eût sans doute surpassé l'attente du modeste Titsingh, et forcé tous ceux qu'il regarde comme les détracteurs du levier, à ne voir dans cet instrument que le chef-d'œuvre de nos inventions; puisqu'il pourroit remplacer le forceps dans tous les cas, et procurer de grands avantages en d'autres où celuici n'esl point applicable. Malgré le sentiment dont on ne peut se défendre à la lecture de l'ouvrage de M. Herbiniaux (i) , nous nous croyons obligé d'en parler, dans la crainte que notre silence ne soit regardé, par cet Auteur même, comme un aveu de l'excellence de sa doctrine. Si la discussion que nous nous permettrons sur quelques points de cette doctrine, ne le détrompe pas, et ne lui dévoile pas son ignorance sur tout ce qui concerne l'art qu'il dégrade, et qu'il exerce néan* moins avec une sorte de vogue, elle le rendra peutêtre plus circonspect à T'avenir, dans le jugement qu'il pourroit encore hasarder sur les Auteurs qui semblent mériter quelques égards, au moins par la droiture de leurs sentimens; et elle retiendra les jeunes Praticiens qui pourroient le prendre pour guide.
(i) M. Herbiniaux seroit bien plus digne encore de ce sentiment , si l'ignorance où il est de la langue française ne sembloit l'excuser d'avoir mis son nom à la tête d'un ouvrage dont il n'a pu être le rédacteur. Nous nous persuadons que quelqu'un , jaloux de sa réputation , et plus instruit que lui dans cette langue , ne lui aura prêté sa
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1676. Nous avons remarqué que de Bruyn, et plusieurs autres, convenoient qu'il étoit impossible que le bout du levier, placé sous le pubis, ne portât pas, en quelques cas qu'ils croyoient extrêmement rares, sur l'un des cotés de la tête, aux environs de l'oreille ; et avec quelle douceur et quels ménagemens ils en usoient, quand ilsavoient lieu de le soupçonner sur ce point. Loin de chercher à l'éviter, comme ces Praticiens, M. Herbiniaux met foute son industrie à le rencontrer; c'est sur l'apophyse mastoïde , très- voisine de l'oreille , qu'il dirige son levier ; il regarde cette apophyse comme le seul endroit où il puisse trouver une prise avantageuse; et une contusion plus ou moins forte lui a souvent démontré, après l'issue de la tête, qu'il ne l'avoit pas cherché vainement. Nous n'eussions oas décrié cet instrument, dit-il, si nous l'avions dirigé comme lui, et surtout si les corrections qu'il y a faites nous a voient été connues : car il convient que le levier de Roonhuisen étoit défectueux, peu propre au plus grand nombre des cas, et que son Auteur ne le conduisoit pas de la manière la plus avantageuse. Ce jugement, qui auroit dû rendre M. Herbiniaux plus avare des épithètes outrageantes qu'il prodigue à ceux qui ont écrit contre cet instrument avant la publication de son ouvrage , n'est qu'un nouveau
piume que pour affaiblir ou lui enlever l'estime de ses concitoyens. Nous invitons ceux qui se croiroient en droit de nous reprocher le peu de ménagement que nous avons pour cet Auteur, de lire son ouvrage, et de le juger avec plus de modération , s'ils le peuvent.
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trait d'ignorance on de méchanceté , puisque ces auteurs ne se sont élevés que contre le levier de Roonhuisen et sa méthode. D'ailleurs , M. Herbiniaux n'a presque rien changé à ce levier; car il faut compter pour rien l'espèce d'anneau qu'il a ajouté au bas de chaque courbure, et qu'il destine à recevoir un ruban , dont l'utilité se réduit à zéro, aux yeux de l'homme instruit. C'est cependant cet anneau et ce ruban, dont on peut voir l'usage dans l'auteur même, qui transforment le levier entre les mains du chirurgien de Bruxelles , en un instrument nouveau ; qui le convertissent, au besoin, en un levier du troisième genre, ou qui réunissent, au gré de l'opérateur, la puissance de ce dernier à celle du levier du premier genre, et qui le rendent applicable à tant de cas, pour lesquels nous l'avons jugé inutile (i). Il ne sera
(i) Nous avons obtenu cet instrument de M. Herbiniaux même , par un Chirurgien de Gand. Nous n'ignorons pas que celui qu'il emploie journellement en est un peu différent ; qu'il est d'argent battu , et composé de plusieurs pièces ; que les spatules dont les courbures sont calquées sur celles du premier , se montent â volonté sur un manche de même métal et d'une forme cylindrique , qui n'est pas lui-même sans utilité , puisqu'il constitue au besoin un corps de seringue très-propre , dit ce Chirurgien , à ondoyer l'enfant avant l'opération. Comme le succès de son application ne sauroit dépendre de cette espèce de luxe , nous ne ferons acception de l'un plutôt que de l'autre. M. Herbiniaux observe que le levier que nous avons obtenu de Bruxelles ayant été jait par un coutelier maladroit , est très-mal fait ; ce qui peut être : mais qu'importe cette imperfection
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donc plus question du levier et de la méthode dïs Roonhuisen , mais du levier et de la méthode de M. Herbiniaux , dans tout ce que nous dirons : peut-être ne seroit-il pas hors de notre sujet de parler aussi du fauteuil et du petit lit du même auteur, puisqu'il semble leur accorder un peu de part à ses grands succès. -
1677. Nous ne suivrons pas M. Herbiniaux dans la route obscure qu'il s'est frayée, crainte d'y égarer le lecteur avec lui : nous nous attacherons seulement à ses premiers pas , et il suffira de les faire connoître pour éclairer le reste de sa marche. Notre intention d'ailleurs n'a pas été d'improuver complètement le levier, mais de dévoiler son insuffisance dans plusieurs des cas pour lesquels on l'avoit spécialement recommandé, puisque nous en indiquerons quelques-uns dans la suite où il peut être utile. Nous examinerons surtout celui que choisit M. Herbiniaux pour l'exposition du premier manuel , ou du manuel général de son levier; tant, parce qu'il nous paroît celui des Roonhuisiens , que parce que c'est à ce cas même qu'il s'efforce de ramener tous les autres. Nous avouerons cependant que la position de la tête , que nous rapportons ici à celle pour laquelle les Roonhuisiens faisoient spécialement usage de levier, n'est pas aussi clairement exprimée par M. Herbiniaux ope par ceux-ci ; c'est un défaut trop commun , d'ailleurs , dans son ouvrage, pour s'attacher
qui ne change rien ni à la forme ni aux dimensions de l'instrument ? (Voyez Herb. , deuxième édition, tom. II „ pag. 275 , réfut. 27.)
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à le relever, et ce n'est qu'à la faveur d'une pareille obscurité qu'il s'échappe partout. Voici le titre de la section où cette position est énoncée : « i°. Manuel , ou Manuel général de mon levier, » dans la position de la tête où la face répond à » l'un ou l'autre des côtés de l'os sacrum, et » l'occiput à l'arcade du pubis ». Si M. Herbiniaux entendoit par ces mots Arcade du pubis , cette large échancrure qui est au-dessous de la symphyse, comme l'entendent tous les Accoucheurs, nous pensons qu'il conviendroit qu'une tête placée de cette manière seroit bien mal conformée, ou celle qui la verroit ainsi placée, bien mal organisée : mais il semble que l'Accoucheur de Bruxelles exprime , par ces mots , le cintre que forme en dedans du bassin le corps des deux os pubis; et c'est en effet ce qu'il a entendu (i).
1678. Lorsqu'il est. bien certain que la tête est tournée de façon que la face est en arrière (nous nous servirons partout de ses expressions) (a)r il passe deux doigts de la main gauche dans le vagin, sous l'arcade du pubis, et Le bord de l'orifice de la matrice , s'il est encore assez bas , pour servir de conducteur au levier. Il introduit sa spatule à petite courbure (3) et bien huilée , de
(1) Voyez l'Auteur , nouvelle édition , tom. II , pag. 278 , réfut. 29.
(2) Voyez l'Auteur , pag. 38g , §. £20 1 421 1 422 ■> 4.23 , 4.24.
(3) La condition énoncée , et la préférence que M. Herbiniaux donne à sa spatule à petite courbure , prouvent qu'il suppose la tête dans le fond du bassin ;
bas en haut, et dans une direction oblique de derrière en devant , en l'avançant sur la tête de l'enfant, le long de la symphyse du pubis, ou un peu à coté, jusqu'à ce que son extrémité soit parvenue vers la base de l'occiput. Il lève alors le manche de sou levier, ou il ramène son extrémité inférieure de derrière en devant , en le faisant agir en bascule sur son point d'appui , par des petits mouvemens en bonds ou en saccades; tournant obliquement à droite ou à gauche le bout de la spatule vers le côté où se trouve l'apophyse mastoïde (i), afin de chercher le point de résistance du levier vers la base de cette apophyse (2). Lorsqu'il croit être arrivé au point qu'il cherche, il fait une épreuve d'attraction sur la tête (3), tenant d'une main le manche élevé pour que l'instrument agisse en bascule sur son point d'appui , tandis qu'il tire de l'autre main sur le cordon en dirigeant cet effort vers l'anus de la femme (4). Au moyen de cette épreuve
car il n'emploie cette spatule que dans ce cas. ( Vojez §. 120 de son ouvrage.)
(1) Les Roonhuisiens alloient aussi en tâtonnant pour trouver le chemin le plus libre. Celui qui a bien reconnu la position de la tête ne tâtonne pas ; il connoît le but où il doit aller , et il y va droit : ce tâtonnage prouve qu'on ne sait pas ce que l'on fait.
(2) Il n'y a pas d'étudiant qui ne sache que l'apophyse mastoïde n'existe pas chez le fœtus , ou qu'elle n'est pas assez saillante pour que le bout de la spatule puisse s'y accrocher.
(3) Cette épreuve d'attraction annonce encore qu'on ne sait ce que l'on fait.
(4) Le point d'appui de l'instrument est spécialement
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d'attraction, M. Herbiniaux trouve dans son levier une résistance qui continue , dit-il , à la première douleur, et qui se soutient à chaque fois qu'on opère dans les douleurs suivantes, si l'extrémité de la spatule a passé l'apophyse mastoïde. Quand il ne sent pas cette résistance, il porte son instrument du côté où il a trouvé le plus de solidité , et il cherche jusqu'à ce qu'il tienne bien comme il faut. Cet Accoucheur observe que les petits mouvemens en saccades qu'il fait avec le manche du levier, et l'attraction qu'il exerce sur la spatule au moyen du cordon, suffisent pour diriger la face de l'enfant plus de coté et vers celui où elle étoit déjà inclinée (i), à moins que la tête ne fût extrêmement serrée de toutes parts entre les os du bassin , ce qu'il croit ne devoir jamais arriver : de sorte qu'après ces premières manœuvres, continue-t-il, l'apophyse mastoïde qu'on a saisie se trouve sous la symphyse du pubis, et n'est plus du tout difficile à bien tenir avec
contre le bord inférieur de la symphyse du pubis , et le cordon est celui dont nous avons parlé au §. 1660. Une cordelette , contournée sur l'une des extrémités du levier de Roonhuisen , et qu'on y voit encore gravée , semble en avoir donné la première idée. L'usage qu'en fait M. Herbiniaux , est celui que Levret , dont il devroit se glorifier d'avoir été élève , présumoit qu'en faisaient les Roonhuisiens .
(O C'est un grand défaut, qui prouveroit seul que M. Herbiniaux agit sans méthode ; car il n'y a pas de méthode à mal faire : rieu ne dénote davantage l'ignorance où l'on est touchant le mécanisme de l'accouchemeat.
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l'extrémité de la spatule; et le levier, qui parlà reprend une ligne directe avec le corps de la femme, en acquiert un degré de force plus considérable pour l'extraction de la tête (i).
1 67g. Avant de passer à la manière dont M. Herbiniaux procède à l'extraction de la tête, nous nous arrêterons un instant sur ce premier point de son manuel, quoiqu'il ne semble pas d'une bien grande importance, puisqu'il ne s agit que de l'application de l'instrument. Nous ne lui objecterons pas l'impossibilité d'introduire son levier sous le pubis, dans le cas énoncé, comme nous l'avons fait à l'occasion de la méthode de Roonhuisen : il a prévenu nos objections à cet égard , en se déclarant d'une opinion contraire à celle de tous les Accoucheurs sur le véritable enclavement, et en s'en formant une qui pût s'accorder avec sa manière d'agir. Selon ce chirurgien, les mots enclavé et engagé sont synonymes (2) : il regarde comme enclavées toutes têtes qui se sont introduites dans le bassin , quel que soit le degré de compression qu'elles y éprouvent , ou la mobilité qu'elles y conservent. La tête qui est complètement enclavée est celle dont le casque a déjà franchi le détroit supérieur; la tête qui n'est enclavée qu'incomplètement, celle qui n'est descendue qu'en partie, etc. Avec de pareils principes, point d'obstacles à l'introduction du levier, et l'usage de
(1) On verra ci-après que ce degré de force est superflu , puisqu'on n'eu exerce aucune avec le levier pour 1 extraction proprement dite de la tête.
(1) Voyez l'Auteur, pag. 207 et suiv.
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cet instrument peut être porté très-îoin. Si le mot engagé et le mot enclavé sont synonymes, les Accoucheurs ne les ont certainement pas employés dans la même acception, mais pour exprimer deux états différens , quoique la tête fût engagée dans l'un et l'autre. Si la tête, qui est véritablement enclavée, est engagée dans le bassin , puisque son enclavement ne sauroit avoir lieu sans cela , celle qui est engagée n'est pas toujours enclavée. Toutes celles qui franchissent le canal du bassin , quelle que soit la rapidité ou la lenteur de leur marche, s'y engagent ; mais celles qui s'y enclavent ne le traversent pas , si l'art ne vient pas au secours de la nature. Le nombre de celles-ci est très-petit , et le nombre de celles-là si grand, qu'on ne peut établir aucun rapport entre elles. Une tête enclavée est immobile, et retenue au moins par deux points de sa surface , qui sont diamétralement opposés ; elle ne peut tourner sur son axe. Voyez Enclavement , §. 1724* Celle que M. Herbiniaux se propose d'ex* traire avec son levier, quoique très-engagée, est mobile, et roule aisément dans le bassin : c'est de cette grande mobilité même que naît le défaut le plus essentiel de la partie du manuel que nous avons déjà exposée, puisque sans elle on ne pourroit tourner la face de l'enfant de côté , et ramener l'apophyse mastoïde sous le pubis , au moyen des petites saccades et du tâtonnage, qui paroissent nécessaires pour bien placer le levier. Il faut ignorer jusqu'aux premières lois de l'accouchement, jusqu'aux notions qu'en ont les élèves les moins instruits, pour trouver un avantage dans ce changement de direction de la tête, lorsqu'il ne lui reste
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à franchir que le détroit inférieur, et craindre bien peu de se montrer en contradiction avec soi-même. M. Herbiniaux conviendra bientôt que cette position transversale qu'il fait prendre à la tête, en insinuant et en plaçant son levier, n'est pas celle qui lui convient pour traverser le détroit dont il s'agit (i) -, quoiqu'il s'efforce d'insinuer dans un autre lieu qu'elle est la meilleure (a). Si des faits pouvoient quelque chose de plus que le raisonnement sur l'homme aveuglé par la prévention, nous n'en manquerions pas pour démontrer au Chirurgien de Bruxelles . que le plus grand obstacle qui se présente, en bien des cas, à la sortie de la tête, ne vient que de cette position transversale, et que cet obstacle même peut avoir lieu dans le bassin le mieux conformé : nous ne serions embarrassés que dans le choix de ces faits , que nous puiserions jusque dans l'ouvrage de M. Herbiniaux. Bientôt nous allons voir la nature aux prises avec lui, déployer toutes ses forces pour rétablir la tête dans sa position primitive et porter l'occiput sous le pubis, malgré la résistance que lui oppose ce Chirurgien, en doublant la puissance de son levier, qu'il fait agir alors comme levier du premier genre, et comme levier du troisième genre tout à la fois. C'est de sa manière de procéder à l'extraction de la tête, que doivent sortir ces traits de lumière.
1680. Il faut attendre, dit-il, pour extraire la tête, que l'action du levier soit secondée par les contractions expulsives de la matrice; c'est pour-
(i) "Voyez l'Auteur, §. 3o8 , 3og , 428.
(a) Voyez M. Herbiniaux , pag. 378 , à la fin du §. /toS.
quoi il attend qu'il vienne une petite douleur , et qu'aussitôt qu'il en est averti , il commence à vaciller son levier (i) sur son point d'appui (2) en continuant aussi long-temps que dure cette douleur. Pour achever l'extraction , il lève d'une main le manche du levier par des petits mouvemens en bonds ; il redouble en même temps le mouvement d'attraction au moyen du cordon qu'il tient de l'autre main, et par-là, continue-t-ii , il attire le levier vers le bas, ainsi que la tête. Les douleurs de la femme , qui n'étoient pas expulsives auparavant , le deviennent tellement dès qu'on commence à opérer de cette manière , que les forces de la matrice augmentent du double , et même du triple , ajoute-t-il; ce qui l'engage à leur confier l'expulsion de la tête , quand elle est entièrement parvenue dans le bassin , à moins que des causes imprévues ne l'obligent de l'extraire précipitamment (3).
1681. Nous n'abuserons pas de la patience du lecteur en lui démontrant ici que M. Herbiniaux n'a rien fait encore, ou presque rien fait pour l'extraction de la tête , et qu'il ne fera rien de plus, si des circonstances imprévues ne l'obligent à continuer , puisqu'il est dans l'usage d'en confier l'expulsion aux soins de la nature , dans la crainte de
(1) Il est alors placé sur l'apophyse mastoïde qui répocd à la symphyse du pubis.
(2) Ce point d'appui est au bord inférieur de la symphyse du pubis.
(3) Ce paragraphe ne contient , pour ainsi dire , que les expressions de l'Auteur. Voyez son ouvrage , pag. 392 , §. .{a5 , 4a5 et 4-2J-
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déchirer la fourchette , en faisant passer à la fois cette tête et l'instrument à travers la vulve. S'il en abandonne l'expulsion aux efforts naturels de l'accouchement , aussitôt qu'elle est entièrement descendue dans le petit bassin , il n'en fait donc pas l'extraction ; s'il cesse d'agir avec le levier quand la tête est parvenue à ce point , qu'a-t-il donc fait avec cet instrument? N'occupoit-elle pas l'excavation du petit bassin avant qu'il ne fût appliqué? Si M. Herbiniaux ne peut disconvenir qu'elle n'y fût engagée (îj , pourquoi tous ces petits mouvemens en bonds , ces petits mouvemens de bascule de la part du levier sur son point d'appui ? Pourquoi redoubler celui d'attraction au moyen du cordon attaché à la spatule , et réunir , dans un cas aussi simple , la puissance du levier du troisième genre à celle du levier du premier genre? En supposant que la tête fût un peu moins avancée que nous ne l'accordons à M. Herbiniaux, et qu'elle ne fût pas encore complètement dans le fond du bassin, il n'en seroit pas moins démontré que ce Chirurgien n'auroit rien fait pour son extraction. Il convient, i.° qu'elle roule aisément sous la spatule du levier, et que les petits mouvemens en bonds et en saccades qu'il fait en cherchant l'apophyse mastoïde, suffisent d'ordinaire pour tourner la face de côté ; et c'est en cela même que nous avons déjà trouvé sa méthode défectueuse; i.° que l'action du levier augmente du double , et même du triple , les forces expultrices de la matrice, etc. Or, comment concevoir qu'une
(i) Voyez les notes du §. 1678.
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tète aussi peu serrée dans le détroit supérieur s'y arrêtera, quel que soit îétat des forces qui tendent à la pousser en avant, puisqu'elle doit passer d'un lieu étroit dans un plus large? Si les forces augmentées par la présence du levier suffisent pour son expulsion, après ce premier pas qui la porte dans !e fond du bassin, pourquoi ne lui feroient-elles pas faire ce même pas? Nous sommes pleinement persuadés que le levier y a peu de part, et qu'il n'est entre les mains de son auteur qu'un moyen d'agacer la matrice et de l'inviter à se contracter avec plus d'énergie ; comme nous l'agaçonsquelquefois du bout du doigt porté sous le bord de l'orifice , et en frottant légèrement, d'une main placée sur le ventre de ia femme. Le Chirurgien de Bruxelles convient que cette augmentation de forces expultricessuitde près l'application de son levier, et qu'il leur confie l'expulsion de la tête, à moins que des circonstances imprévues ne l'en détournent. Quand ces circonstances se présentent, que fait-il?
1682, Si elles obligeoient d'achever précipitamment l'extraction de la tête , on pourroit , dit-il , , s'en tenir à l'ancienne méthode, en évitant toutefois de déchirer la fourchette. Quoique cette ancienne méthode soit déjà connue et discutée, nous la retracerons, puisque M. Herbiniaux , qui nous a taxé d'imposture sur tout ce qui y a rapport , juge à propos de la trouver bonne, il faut, selon lui , retirer d'une main le levier par le haut de la vulve , autant qu'il est possible , sans. laisser échapper sa prise : ce qui se fait en appuyant la paume de l'autre main contre l'anus et le périnée de la femme, afin d'élever l'occiput vers l'échancrure