Tome II
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1694» M. Herbiniamc entreprend d'abord de démontrer que la position dans laquelle nous représentons la tète au détroit supérieur, ne peut pas avoir lieu; ensuite, que notre manière d'opérer est dangereuse; enfin, qu'elle est impraticable. Les raisons sur lesquelles il établit la première de ses propositions, sont les mêmes qui nous ont déterminé à publier que la position qui fait le sujet de cette discussion devoit être extrêmement rare; et l'expérience, en nous le confirmant, nous a prouvé qu'elle n'étoit pas impossible. Nous l'avons observé cinq ou six fois jusqu'à ce moment; et dans tous ces cas, la tête à peine engagée d'un tiers de sa hauteur dans le détroit supérieur , s'y est arrêtée et fixée de manière qu'un travail soutenu pendant plus de trente-six à quarante heures chez Tune des femmes, et près de vingt heures chez une autre, n'a pu l'ébranler et la pousser en avant d'un seule ligue en sus. Si la tête ne se présentoit jamais sur le détroit, comme nous l'avons exprimé planche X , elle ne s'engageroit jamais dans la direction ou nous l'avons trouvée; c'est un fait que personne n'osera contester, si ce n'est M. Herbiniaux qui semble ignorer la forme que donnent à ce détroit les deux muscles psoas spécialement , et qui n'a pas une connoissance plus exacte du rapport de cette forme . avec celle de la tête du fœtus.
■1695. Il trouve notre méthode défectueuse, en ce que nous courons le risque d'appliquer une des branches du forceps sur la face , et l'autre sur l'occiput, comme nous reprochons, dit-il, à' M. Deleane de le faire; soit parce que la face a pu se jpûrfcep d'elle-même sur l'un des côtés de la saillie
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du sacrum , soit parce que la première branche de l'instrument , en pressant sur la tête, lorsqu'on l'insinue , lui a fait prendre cette direction. Si M. Herbiniaux n'a d'autre crainte , qu'il se ras* sure; qu'il procède méthodiquement à l'introduction des branches du forceps , et il évitera l'écueil qu'il fait entrevoir. La position dont il s'agit est celle où nous sommes le plus assurés de porter le forceps avec la précision que nous recommandons. Notre méthode est défectueuse encore , dit-il , en ce que nous conduisons la face de l'enfant dans la courhure du sacrum , après avoir entraîné la tête dans le fond du bassin ; qu'elle nepeuty être portée, selon M. Herbiniaux , qu'en parcourant un grand tiers de la circonférence intérieure de cette cavité, et que ce mouvement ne sauroit se faire de notre aveu même, sans que le col n'en éprouvât une torsion dangereuse et même mortelle. Il est aisé de démontrer que ce Chirurgien n'est pas meilleur géomètre que meilleur accoucheur et qu'Anatomiste. Où est le grand tiers de cercle que nous faisons parcourir ici à la face de l'enfant, ce mouvement qui pourroit donner lieu à cette torsion du coî , dangereuse et même mortelle ? Placée d'abord au-dessus de l'angle sacro- vertébral contre lequel le front se trouve appuyé, la face en se portant vers l'une des fosses iliaques ne décrit au plus qu'un quart de cercle , et un sixième même, si nous nous bornons à la porter au-dessus de la symphyse sacro-iliaque , comme nous le faisons en effet quand le détroit supérieur n'est pas très-resserré (?) :
(i) Nous lui accordons alors au moins trois pouces et un quart. (F'ojez^. 1807.)
-ce qui n'imprime au col qu'une très-légère torsion , puisqu'elle ne sauroit aller au-delà du quart de cercle que parcourt la face , et qu'elle se borne le plus souvent à un sixième. Cette torsion du col ne paroîtra dangereuse encore qu'à M. Herbiniaux , qui ne fait pas attention qu'elle a lieu chez l'adulte même, dont le cou est bien moins souple que chez le fœtus, toutes les fois qu'il tourne la face vers l'une des épaules, et qu'elle existe également chez lui, sans qu'il en éprouve un tiraillement incommode dans les muscles et les ligamens de cette partie. En dirigeant la face dans la courbure du sacrum lorsque la tête est parvenue dans le fond du bassin , elle ne décrit pas une plus grande portion de cercle que celle qu'elle a parcourue en se détournant de l'angie sacro-vertébral , et le fait en sens contraire ; de sorte que bien loin d'imprimer alors un nouveau degré de torsion au col ? nous effaçons celle que nous lui avions imprimée dans le premier temps. Si nous recommandons en quelques cas de ne pas mettre la face de l'enfant en dessous , par rapport à la grande et dangereuse torsion qu'en éprouveroit le col, ce n'est pas dans celui dont il s'agit, comme l'insinue mal-adroitement M. Herbiniaux ; c'est spécialement lorsque la face même répond à la symphyse du pubis, et quelquefois lorsqu'elle est derrière l'une des cavités cotyloïdes ; c'est dans les positions qui font le sujet du second manuel de notre critique, et dans lesquelles il ne craint pas de tourner la face de côté , puis en arrière. Il mérite donc bien plus que nous le reproche qu'il nous fait à cet égard.
1696. M. Herbiniaux se seroit gratuitement exposé à cette discussion peu honorable pour lui , si
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îa méthode dont il a si mal démontré le danger, étoit controuvée, si elle étoit chimérique, comme il le dit , si nous ne l'avions jamais exécutée ni sur le cadavre, ni sur la femme vivante; en un mot, s'il parvenoit à prouver, comme il se flatte de le faire, qu'elle est impraticable. Les preuves sur lesquelles il la juge telle , se déduisent spécialement des dimensions du forceps, chargé de la tête de i'enfant, comparées à celles du détroit supérieur. Les serres d'un forceps bien fait, dit-il, ne laissent entre elles, à leur extrémité, qu'une distance de quatre lignes, et le ventre de cet instrument est de deux pouces huit lignes (]). Un corps de deux pouces de diamètre , posé entre l'extrémité de ces serres, continue-t-il , donnera à ce ventre trois pouces dix lignes ; un corps de deux pouces et demi , quatre pouces deux lignes ; et un de trois pouces, qui est la mesure de l'épaisseur de la tête d'un enfant à terme, au-dessous des apophyses mastoïdes , le portera a quatre pouces huit lignes. En accordant ce diamètre au ventre de l'ellipse que forme l'instrument chargé d'une tête de l'épaisseur de trois pouces au-dessous des apophyses mastoïdes, et de trois pouces et demi d'une protubérance pariétale à l'autre, notre méthode est évidemment impraticable, même chez les femmes de la plus grande
(i) les preuves de M. Herbiniaux auroient acquis sans doute un degré de force de plus , s'il eût été prévenu que la distance que laissent entre elles , à leur extrémité , les serres de notre forceps d'adoption , n'est pas de deux lignes ; carie ventre de cet instrument doit en devenir pltfs grand encore par i interpositiou du corps dont on va parlert
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taille et des mieux conformées ; puisque le petit diamètre du détroit supérieur, au-dessus duquel se trouve le ventre de l'instrument , ne va jamais audelà de quatre pouces et demi , selon M. Herbiniaux, et que nous le supposons au plus de trois pouces et un quart à trois pouces et demi , dans les cas pour lesquels nous la recommandons. Mais qu'arriveroit-il si la largeur ou le diamètre du ventre du forceps appliqué méthodiquement et selon les principes de l'art , au lieu de s'augmenter, comme le dit M. Herbiniaux , au point de s'élever jusqu'à quatre pouces huit lignes , par l'interposition d'une tête de trois pouces et demi d'épaisseur , ne s'augmentoit réellement que de l'épaisseur des cuillers de ce même instrument ? si ces cuillers , au lieu d'être écartées de la grande convexité des côtés de la tête, de l'étendue de sept lignes comme cela paroît, d'après les expériences de M. Herbiniaux y l'embrassoient exactement, comme on le remarque , d'après nous , sur la figure II de la troisième planche de cet Auteur : ce qui a positivement lieu ? Il arriveroit, sans doute , ce qui est également vrai, que notre méthode seroit praticable même dans le cas où le bassin n'auroit que trois pouces neuf lignes de petit diamètre dans son entrée ; puisque l'épaisseur des deux cuillers du forceps n'est que de trois lignes , et celle de la tête de l'enfant de trois pouces et demi. Si l'on nous accorde maintenant que cette tête est susceptible de réduction (i)que
(i) M. Herbiniaux ne peut nier qu'elle ne le soit; autrement comment parviendroit-ii à lui faire franchir un détroit resserré , au moyen de son levier t
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la forme de ses cotés et la concavité des cuillers du forceps sont telles , que les protubérances pariataies s'engagent entre les jumelles de celles-ci au point de paraître, pour ainsi dire , extérieurement à fleur de l'instrument (i); si Ion se rappelle en même temps que nous dirigeons constamment le plus grand diamètre du ventre de l'ellipse que décrit cet instrument, chargé de la tête, à-peuprès suivant l'un des diamètres obliques du détroit supérieur ; on sera forcé de convenir que notre méthode , si bien démontrée impraticable par M. Herbiniaux, est praticable, non-seulement dans le cas où le petit diamètre de ce détroit a trois pouces neuf lignes , mais encore lorsqu'il n'est que de trois pouces et demi , même trois pouces et un quart et au-dessous.
1697. Ce n'est pas seulement d'après l'excédent du diamètre du ventre de l'ellipse que décrit le forceps chargé de la tête de l'enfant , sur le petit diamètre du détroit supérieur , que M. Herbiniaux rejette notre méthode et la regarde comme impraticable; il s'étaie de plus, de ce que la direction du canal du bassin , et la vulve même, ne permettent pas d'incline#assez en arrière l'extrémité des branches de l'instrument , pour donner à la tête la position qui nous paraît nécessaire à son passage à travers le détroitc Gela peut être vrai à l'égard de quelques conformations vicieuses du bassin, qui sont excessivement rares ; puisqu'il y auroit en même temps altération dans la forme des deux
(ï) Voyez notre §. 164.3,
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détroits , et changement de direction dans tout le canal : aussi ne faisons-nous pas de cette méthode une méthode banale et applicable à tous les cas. Que fera M. Herbiniaux , armé de son levier, dans ces cas d'exception? Parviendra-t-il à l'insinuer sous le pubis et la ligne blanche , comme il le prescrit dans son sixième manuel , bien plus impraticable alors que notre méthode; puisqu'il doit incliner bien davantage en arrière et en bas l'extrémité de son levier , pour que l'autre bout puisse faire le premier pas sur la tête de l'enfant, que nous y inclinons les branches du forceps.
1 698. Parce que le forceps a été appliqué infructueusement par M. Herbiniaux , dans le cas qui fait le sujet de cette longue et dernière discussion sur le levier, en conclura-t-on , avec ce Chirurgien , qu'il ne peut l'être utilement par d'autres? Ce manque de succès de sa part dénote bien moins l'insuffisance de l'instrument, que l'incapacité de celui qui n'a su en tirer meilleur parti. Quoique la manière d'agir de M. Deleurie , qu'on a suivie dans le cas dont il s'agit, soit peu méthodique, elle exige cependant une certaine connoissance du rapport de la forme de l'instrument avec celle du bassin de la femme et de la tête de l'enfant , que n'a pas M. Herbiniaux , comme le prouve clairement chaque article de son ouvrage. A plus forte raison lui refuserons-nous celle qui conduit à l'application heureuse du forceps, selon notre méthode. Il demande des faits à l'appui des principes sur lesquels nous établissons cette méthode : mais que pourront des faits , toujours faciles à controuver dans une ville aussi immense que Paris, pour ceiui
qui n'est pas disposé à les admettre? Nous eu citerions cependant, si les bornes de notre ouvrage le permettoient ; et parmi les plus authentiques que nous rapporterions , nous prendrions plaisir à en exposer un duquel nous ne donnerions pour garants qu'une Sage-femme et son mari , soldat invalide et sexagénaire, qui a employé quelques années de sa retraite à l'étude de nos meilleurs Auteurs, et qui les possédoit bien mieux que notre Critique.
1699. Entraîné par la force de la vérité qu'il n'ose toujours méconnoître, M. Herbiiiiaux y revient quelquefois comme malgré lui, car après s'être efforcé de prouver que la position de la tête, pour laquelle uous recommandons l'a méthode qu'il regarde comme impraticable, ne peut avoir lieu, il finit par l'admettre, avec cette modification cependant, qu'en supposant la face vers l'une des parties latérales de l'angle sacro-vertébral , il place l'occiput vers la ligne blanche. Que fait-il dans ce cas ? Il passe premièrement la main entière dans le vagin, pour s'assurer de la position de la tête , et surtout de quel côté la face est tournée, quoiqu'il lui paroisse indifférent qu'elle le soit plus ou moins vers la gauche ou vers la droite, pourvu qu'elle ne se trouve pas vers la ligne blanche où il doit porter sa spatule : cas qui n'est peut-être, dit-il, jamais arrivé (1). Quand elle se trouve dans une position contre nature , et c'est sans doute celle dont il rejette en quelque sorte la possibilité qu'il appelle ainsi, il la ramène à la naturelle, au moyen des
(O Ce cas fait cependant te sujet de sa neuvième Observation, comme on peut le voir.
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doigts, avant de transporter la femme dans son lit (i). Après cela, il place cette femme sur son fauteuil (2), et s'assied devant elle sur une chaise basse (3). Assis aussi bas , il introduit ses doigts assez loin sur la tête de l'enfant, pour la fixer et pour servir de conducteur au levier (4). Il se sert d'abord de la branche fenêtrée de son instrument ; parce qu'elle est moins sujette à glisser à côté de la tête (5). Il la porte de bas en haut et d'arrière en avant, sous la ligne blanche et sur le côté de
(i.) Dans quelle attitude est-elle donc pendant ces premières recherches ? est-elle debout ou assise?
(2) Ce fauteuil est celui que M. Herbiniaux fait porter presque partout. Pourquoi ce double transport si subit de la femme , et ne pas l'avoir mise de suite sur ce fauteuil ? M. Herbiniaux croit-il que la tête de l'enfant , aussi mobile qu'il la dépeint , conservera pendant ces déplacemens successifs , la position naturelle à laquelle il vient de la réduire? Il faut être bien étranger à la science des accouchemens pour se le persuader.
(3) Cette chaise doit être bien basse : car le fauteuil n'est élevé que d'un pied et demi.
(4) Quoiqu'il ne dise pas que ce soit sous le pubis qu'il porte les doigts, ou le sent de reste, puisque c'est sous la ligne blanche qu'il insinue le levier, le long de la paume de la main et de ces mêmes doigts. On conviendra que l'attitude où il est vis-à-vis de la femme assise , ne seroit pas commode pour tout autre que lui ; mais il est extraordinaire en tout.
(5) Le levier monté de sa branche fenêtrée et de sa spatule à grande courbure , doit avoir au moins quinze pouces de long , puisque chacune des trois parties qui le composent alors est au moins de cinq pouces.
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la tête , jusqu'à ce que sa courbure embrasse la rondeur de celle-ci, et qu'il en sente l'extrémité fixée vers l'apophyse mastoïde ou le côté de la protubérance occipitale. Il le fait agir légèrement alors sur son point d'appui (i), en tirant fortement en même temps sur le cordon , vers l'anus de la femme, mais toujours pendant la douleur; et par cette suite d'opérations, dit-il (2), les douleurs redoublent d'activité , et la tête s'engage de plus en plus (3). Bientôt ce premier levier, ne pouvant plus être de la même utilité, il y substitue la spatule à petite courbure , pour faire l'extraction de la têie comme dans le cas du premier manuel. {Voy. M. Herbiniaux, VIe Manuel , p. 409 et suiv.) 1 700. Ceux qui compareront ce procédé avec celui que nous venons de dégager des entraves qu'y avait mises M. Herbiniaux , y trouveront tous les défauts que cet Accoucheur reproche à celui-ci , et n'y découvriront aucun de ses avantages. Les notes auxquelles il a déjà donné lieu, aideront à fixer le degré de confiance qu'on doit y ajouter, et nous n'en porterions pas autrement notre juge-
(1) Le levier porté aussi profondément dans le lieu indiqué , doit avoir pour point d'appui toute la longueur de la symphyse du pubis : ce qui rend ses mouvemens de bascule bien difficiles au moins.
(2) Assez longue , puisque le manuel a duré une demiheure chez la femme qui fait le sujet de la huitième Observation de M. Herbiniaux.
(3) Ce sont ces douleurs qui expulsent la tête , et non le levier qui en opère l'extraction , comme on l'a dit déjà Lant de fois.
ment si nous n'écrivions que pour des gens instruits. La position de la tête est également favorable à l'application du forceps, toutes les fois qu'elle présente son plus grand diamètre de front au plus petit du détroit supérieur, et qu'elle ne peut s'y engager, soit que l'occiput réponde au pubis ou au sacrum ; et nous ne sommes pas moins assurés de le placer avec toute la précision que nous désirons dans i'un de ces cas comme dans l'autre. Il n'en est pas de même pour l'application du levier qui doit aller à l'apophyse mastoïde, ou sur le coté de la protubérance occipitale , puisque M. Herbiniaux craint de l'employer quand la face est sous ia ligne blanche; position, dit-il, qui n'arrive jamais , quoiqu'elle fasse cependant le sujet de sa neuvième observation. Comme la position qui est favorable à la juste application du forceps ne l'est pas de même au passage de la tête à travers le détroit supérieur, c'est avec cet instrument que nous la changeons ; et cela se fait sans peine , et avec aussi peu de danger pour l'enfant, que peu de douleur pour la femme. Un seul doigt introduit dans" le vagin suffît non-seulement pour la recherche de la position de la tête , et la bien faire reconnortre, mais encore le plus souvent pour diriger les branches de l'instrument, quoique nous recommandions d'en introduire plusieurs pour leur servir de guide. M. Herbiniaux porte toute la main pour faire ces mêmes recherches, et pour changer la position de la tête quand elle ne lui paroît favorable, ni à l'application 'du levier, ni à sa descente; et ce préliminaire fatiguant et douloureux se fait avant que la femme ne soit dans l'attitude
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convenable pour l'accoucher , même avant le moment où elle doit être accouchée, puisqu'on la porte ensuite dans son lit, d'où on la retire, à la vérité, presque aussitôt pour la placer sur le fauteuil de l'Accoucheur et la soumettre une seconde fois aux douleurs inséparables de l'introduction de la main et de l'instrument. Nous donnons à la femme une position aussi commode pour elle qu'avantageuse à la chose et peu gênante pour nous , puisqu'elle est .placée sur un lit fort élevé, de manière que les fesses en débordent l'extrémité. M. Herbiniaux la fait asseoir au contraire sur un fauteuil dont le siège n'est élevé que d'un pied et demi , et s'assied lui-même sur une chaise beaucoup plus basse , pour manœuvrer avec un instrument qui a au moins quinze pouces de long et dont l'extrémité, comme la main peut-être qui le dirige, ne doit être qu'à trois pouces du plancher de la chambre, quand il commence à l'introduire. Les branches du forceps pénètrent aisément à la profondeur requise sur les côtés de la tête, parce que nous les portons versiez côtés du bassin(i);tandis que le levier, en coulant le long de la paume de la main et des doigts qui lui servent de conducteurs, ne doit monter que difficilement derrière le pubis sur l'une des régions temporales, et sous la ligne blanche où M. Herbiniaux dit avoir ramené cette région. Nous ne craignons pas que les frottemens toujours légers qu'éprouve la première branche du forceps en montant sur le côté de la tête,
(i) Voyez §. 1809 et suivans.
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la déplace et lui donne une autre position, soit en l'éloignant seulement du détroit supérieur, soit en la déjetant sur l'une des fosses iliaques ; et l'on conçoit clairement que les quatre doigts de M. Herbiniaax ne peuvent pénétrer entre elle et le pubis de la femme, sans la déjeter ainsi , et rendre l'application du levier plus incertaine : car il ne sauroit la fixer par l'une de ses surfaces plates, contre la saillie du sacrum sans la déplacer, comme il le dit, et comme il le représente, fig. III de sa planche IIIe. Nous en opérons véritablement l'extraction, et sans l'aide des forces expultrices de la femme; au lieu que M. Herbiniaux fonde tout son espoir sur ces mêmes forces, qui ne sauroient toujours se ranimer au point qu'il l'annonce, et que sans elles le levier n'auroit jamais eu de succès entre ses mains. Si nous imprimons au col de l'enfant une légère torsion , en détournant le front ou l'occiput de dessus l'angle sacro-vertébral , nous effaçons cette torsion , en le reportant dans la courbure du sacrum, ou en le ramenant sous le pubis, dès que la tête a franchi le détroit supérieur, selon la position qui avoit lieu sur ce détroit. M. Herbiniaux ne se conduit pas de même, puisque dans l'un et l'autre de ces deux cas, il semble ramener l'occiput vers léchancrure formée par la branche des os pubis. S'il ne fait parcourir à la face qu'une très-petite portion de cercle, et s'il n'imprime qu'une très-légère torsion au col, dans celui de ces cas où le front répond primitivement à l'une des parties latérales de la saillie du sacrum, il lui en fait décrire une équivalente à la moitié de la circonférence intérieure du bassin, et fait éprou-
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ver une torsion égale au col, lorsqu'elle est située sous la ligne blanche , comme dans le cas qui fait le sujet de sa IX. e Observation. Enfin , quelques minutes suffisent pour exécuter notre méthode , quand le bassin n'est pas trop défectueux , tandis que le procédé de M. Herbiniaux a duré une demi-heure chez la femme qui fait le sujet de sa YIII.e Observation.
1 701. Ce parallèle ne regarde que le cas où nous supposons le petit diamètre du détroit supérieur au moins de trois pouces et un quart à trois pouces et demi : il étoit plus grand chez la femme qui fait le sujet de la VIII. e Observation de M. Herbiniaux. Voyons quelle sera la plus avantageuse des deux méthodes, et quel est celui des deux instrumens qui paroîtra préférable dans le cas où ce même détroit est plus resserré. Admettons seulement que l'excédent de l'épaisseur de la tête -, sur le petit diamètre de ce détroit , soit de trois ligues. Pour l'entraîner à travers ce détroit , il faut nécessairement la réduire sur elle-même de la quantité de cet excédent, puisqu'elle ne pourra descendre sans cela. On sait comment le forceps opère cette réduction ; ses deux branches étant placées sur les côtés du crâne, et vis-à-vis l'une de l'autre, bornent leur action à le comprimer dans ce sens : mais comment le levier pourra-t-il l'opérer? Appliqué sur l'un des côtés de la tête seulement , si elle n'est fortement appuyée de l'autre côté contre la surface interne du bassin , elle ne pourra nullement en être comprimée , ni diminuée d'épaisseur ; Faction de l'instrument se bornera à la déplacer et à la pousser vers l'endroit où elle trouvera le moins de
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résistance. M. Herbiniaux dit positivement qu'il la fixe sur l'une ou l'autre de ses faces plates , au moyen des doigts qui servent de conducteurs à la branche fenêtrée de son levier : quoiqu'il n'ajoute pas que ce soit contre la saillie que forment la dernière vertèbre lombaire et la base du sacrum , on le devine aisément : s'il la fixe ainsi , le levier agit donc alors à la manière du forceps , et peut réduire la tête comme le fait ce dernier. Mais indépendamment de ce que l'une des surfaces plates de la tête ne peut toucher alors la saillie dont il est question , c'est que M. Herbiniaux retire les doigts qui servent en même temps à la fixer et à diriger sa spatule, avant que celle-ci ne puisse les remplacer à cet égard : voilà donc la tête sans point d'appui, au moins dans ce dernier temps de l'introduction du levier , mobile conséquemment comme auparavant, et sujette à prendre une autre position que celle où on l'avoit d'abord réduite , selon la direction des frottemens et la pression que la spatule exercera sur l'un de ses côtés, en montant vers le lieu cle sa destination. Si l'on fait attention à la direction inclinée du détroit supérieur, à sa figure, à la rondeur que la tête de l'enfant offre de toutes parts, et à l'espèce de pavillon eu d'évasement que forme le grand bassin , on sera frappé de ces vérités importantes; l'on verra que la région temDorale de l'enfant, la seule de la surface de la tête qui soit assez aplatie pour s'accommoder un peu à l'angle sacro-vertébral , ne saurcit y répondre quand le sommet se présente transversalement sur le détroit , surtout si celui-ci est un peu resserré : quoique M. Herbiniaux l'ait ainsi exprimé
sur la troisième figure de sa troisième planche ; et qu'elle se trouve alors bien au-dessus de l'angle dont il s'agit. Si elle y correspondoit, la perpendiculaire de la tête tomberoit à-peu-près sur le milieu delà symphyse du pubis et croiseroit de beaucoup l'axe du détroit supérieur , selon lequel elle doit descendre ; ce qui seroit un des grands inconvéniens du procédé de ce Chirurgien. Le levier placé selon les principes établis , et mis en action , ne peut qu'éloigner la tête en suivant un des plans inclinés que lui offre de tous cotés l'espèce de pavillon que forme le grand bassin ; et ne parviendra jamais à la faire passer de ce lieu plus large dans le détroit qui est plus resserré , ni conséquemment à l'amener dans la cavité du petit bassin. Pour îa faire descendre dans cette dernière, plus large ellemême que le détroit, il faudroit que l'équateur de la tête, que nous prendrons ici d'une bosse pariétale à l'autre , fût engagé entre les deux points qui mettent obstacle à sa progression ; ou bien , ce qui est la même chose, qu'une des protubérances pariétales fût au-dessous de l'angle sacro-vertébral, comme on le remarque figure III, planche III de M. Herbiniaux. En vain cet Auteur citera-t-il des faits, et surtout celui de sa neuvième observation ; il ne subjuguera que l'ignorance, et ne sauroit persuader aux gens même médiocrement éclairés , qu'il auroit obtenu de son levier le succès qu'il lui attribue, si le bassin n'avoit eu que deux pouces six à neuf lignes de petit diamètre, et si la tête de l'enfant n'y eût été engagée au point que le représente la figure dont nous venons de parler , et sur laquelle on remarque qu'une des protubérances Tome II. 7
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pariétales est de beaucoup au-dessous de l'angle sacro-vertébral. En lui accordant, en pareils cas, qu'il puisse accélérer la descente de la tête dans l'excavation du bassin, nous ne saurions lui accorder qu'il en fait l'extraction.
1702. N'ayant parlé dans ce long article sur le levier, que de l'usage qu'en ont fait quelques Chirurgiens étrangers, on pourroit croire qu'il a été entièrement inconnu des François, ou qu'ils l'ont rejeté d'un commun accord. Si l'on ne trouve aucun Auteur parmi nous qui lui ait donné la préférence sur le forceps , aucun Accoucheur instruit qui l'ait employé aussi fréquemment que l'ont fait les premiers, nous ne le cédons cependant en rien à cet égard aux Hollandais : car un Chirurgien de Lille en Flandres se flattoit déjà , en 1774? d'avoir délivré environ mille à douze cents femmes avec une sorte de spatule , dans l'espace de vingt années ; et un autre de Douai , alors presque octogénaire, M. Rigodeaux , qui s'en étoit servi dès l'année 1739 , écrivoit à l'Académie royale de chirurgie, qu'en très-peu de temps il en a voit accouché un très-grand nombre par le même moyen (1). Ce n'est pas contre l'utilité du levier, mais contre l'abus qu'on en a fait, que nous nous sommes élevés : notre intention, dans toutes les discussions où nous sommes entrés, n'a pas été de le proscrire, mais de faire voir qu'on l'avoit employé sans principes, et presque toujours en des circonstances où l'on
(1) Voyez Mémoires de l'Académie de Chirurgie, lome T.
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pouvoit s'en passer, où le doigt méthodiquement dirigé pouvoit suffire, où les forces mêmes de la nature n'avoient besoin d'aucun aide. Ses succès ne se sont autant multipliés que parce que ces circonstances heureuses le rendoient mutile, et que le moment de son application s'est trouvé le plus souvent celui où l'accouchement alloit se terminer, sa présence ne pouvant y mettre d'assez grands obstacles. Le forceps auroit eu bien plus de droit à la grande réputation que quelques-uns ont voulu donner au levier , si l'abus en eût été porté aussi loin que celui de ce dernier.