‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 21 sur 88 · A AR · texte numérisé non relu

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forceps à contre-sens de ce que nous l'avons conseillé, c’est-à-dire, à diriger la branche femelle vers le côté gauche du bassin, et la branche mäle du côté droit , de sorte que leur nouvelle courbure regarde le sacrum. Nous sommes fichés que les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'examiner cette méthode en détail, de même que celle que proposoit Smellie pour le même cas, afin d’en dévoiler les inconvéniens, et de mettre toutes les personnes qur s’'adonnent à l'art des Accouchemens en état de les apprécier.

GE CT I 0 N-, 1h

De la manière de se servir du F orceps dans la postition de la téte, où l’occiput répond au trou ovalaire gauche, et le front à la symphyse sacroiaque droite; dans celle où ce dernier est situé derrière le trou ovalaire gauche, et l'occiput visàvis la symphyse sacro-iliaque indiquée.

Troisème 1787. Nous avons fait remarquer, en traitant D de l'accouchement naturel, que c’étoit dans la ceps. premiére de ces deux positions que la tête des-

cendoit le plus ordinairement , et que l'occiput ne se tournoit vers l’arcade si pubis qu'autant qu'elle commencoit à s'engager dans le détroit inférieur. Quand la tête n’exécute pas ce mouvement de rotation et conserve sa premiére direction malgré les grands efforts qui tendent à l’expuiser, si l’on ne peut le lui faire décrire avec le doigt, 1l faut recourir au forceps. On doit en ro usage de même quand 1l survient des accidens qui ne permettent pas de livrer l'accou-

chement plus long-temps aux forces de la nature. Mais la manière de s’en servir doit être un peu différente de celle que nous venons de décrire. 1708. Ceux qui ne connoissent que cette preimiere méthode, en plaçant les deux branches de l'instrument sur …. côtés du bassin, saisissent alors la tête diagonalement, de la partie ae gauche de l’occiput à la parue moyenne et latérale droite du front, et l’entraînent ainsi, en propor uonnant Heure forces à l'étendue des obstacles qu'ils perpétuent quelquefois, puisqu'ils augmententenraison de ce qu’elle s'approche davantage du détroit inférieur, Selon la méthode générale de Levret , 11 falloit introduire la branche femelle du forceps sur le côté gauche du bassin et l’occiput de l'enfant, pour la faire passer de là vers le côté droit , en lui faisant parcourir, comme en cernant, plus de la demi-circonférence postérieure de cette cavité, et en ramenant en même temps la face sous le pubis. FoyezS. 1797. En comparant ces divers procédés avec celui que nous allons exposer, chacun en déduira les conséquences qu'il convient d'en tirer. 1789. Si on se rappelle des régles générales que nous avons établies concernant l’usage du forceps, on verra que la branche mâle doit être placée vers l'échancrure ischiatique gauche, dans le cas dont il s’agit, et la branche femelle sous le trou ovalaire droit, pour qu elles embrassent exactement les côtés de la tête. On conduit la premiére, de la main gauche , en tenant son extrémité externe d'abord très-élevée , etun peu moins inclinée vers l'aine droite que ie les DOSIHOnE précédentes. On dirige le bout de la cuiller à la faveur de . ques Lu

152 L'ART doigts de la main droite, ou d’un seul, introduits dans le vagin, vers le ligament sacro-ischiatique gauche, jusque dans l'onifice de la matrice si on . peut y atteindre. On l’insinue dans cette direction à la profondeur de quatre pouces ou environ, en lui faisant croiser un peu le devant du sacrum pour gagner la joue de l'enfant, dont la face regarde la symphyse sacro-iliaque droite. D'où l’on voit combien 1l faut être attentif à baisser l'extrémité qui est au dehors, et à l’incliner dans les mêmes proportions vers la cuisse gauche, de mamiére cependant que la pointe du pivot destiné à la joncuon des deux branches reste en dessus dans tous les temps, et légerement tournée vers l’aine gauche de la femme : car autrement la plus g Rare largeur de la cuiller ne sauroit embrasser exactement la convexité de la région pariétale.

De lama- 1700. On insinue la branche femelle avec le Door même soin vers le côté droit du bassin, mais plus branche. en devant, et de sorte qu'elle passe obliquement

derrière "es trou ovalaire et sous la cavité cotyloide. On la dirige d’ailleurs de manière qu’elle se joigne facilement avec la premiére.

Del'extrac- : 1791. On uent l'extrémité de cet instrument à LE . une hauteur moyenne au-dessus du plan horizon-

tal, et inchnée en même temps vers la cuisse gaux Ja pointe du pivot regardant obliquement laine de ce côté, comme nous lavons déjà recommandé, et tel qu'on peut l'observer sur la neuvième planche(r). On empoigne alors l'instrument

(1) On suppose toujours la femime couchée à plat, et les fesses relevées par un coussin, Autrement si la poitrine

des deux mains, savoir, de la gauche placée en dessus contre le pubis de la femme, et de l’autre à son extrémité. On serre la tête selon le besoin, et on la fait rouler dans le bassin de mamiére à ramener l’occiput sous l’arcade du pubis; mais pour la rouler ainsi, 1l faut relever l'extrémité des branches du forceps en lui faisant décrire un arc dont Ja convexité regarderoit la cuisse gauche, jusqu'à ce qu'elle soit revenue au point indiqué, $. 1780, et que la pointe du pivot soit exactement en dessus. Le plus souvent ce mouvement de rotauion se fait aisément : l’on n’y rencontre d’obstacles qu'autant que le sicrum de la femme est aplau, ou que la tête de l'enfant s’est tn peu renversée sur le dos, en s'engageant , et de sorte que le front se trouve trop bas relativement à l’occiput. Dans ce dernier cas, avant de s’efforcer de rouler la tête, 1l faut repousser le front autant qu'il convient, comme nous l'avons prescrit au $. 12095 (1). La tête se trouvant réduite à sa première posiuon , à l'égard du détroit inférieur , après ce mouvement de rotation, on achève de l’exiraire de la même manière que dans celle-ci.

1792. Il y a des cas où on ne peut pas absolument rouler la tête de cetie manière , et dans lesquels 1l seroït même dangereux , non de le tenter

étoit plus élevée que celles-ci , il faudroit tenir les branches du forceps beaucoup au-dessous du point assigné. La direction du canal du bassin le fait connoître de reste à l'opérateur,

(x) Il faut avoir la même attention dans toutes les positions diagonales de la tête, quand on éprouve quelques difficultés à la faire rouler sur son axe.

154 L'ART avec ménagement, mais de s’obsuiner à vouloir le faire en y employant beaucoup de force : ces cas sont excessivement rares, et nous ne les avons rencontrés au plus que sept à huit fois. Chez plusieurs de ces femmes, nous avons vu sortir Ja tête, après un travail bien nent dans une situation diagonale à l'égard du détroit inférieur; et chez les. autres nous l’avons extraite au moyen du forceps, dans une pareille position, après avoir essayé de la rouler et de ramener l’occiput sous le pubis. Ces cas, trés-rares, n’ont heu qu'autant que le sacrum est droit, aplati, et destitué de cette courbure qui donne à la parue moyenne du bassin plus de développement que n’en ont les détroits dans la direction de devant en arrière; ou bien lorsque le bassin a irop pen de Paér min en arriere, à Cause de la tres-grande cour ‘bure de ce même 0s. Quand on ne peut rouler ne tie pour amener l’occrput sous l'arcade du pubis, L faut donc l’extraire dans la position diagonale où elles à c trouve : comme elle éprouve ae plus de dons à franchir le deiroit inférieur, on agit plus lentement, et on y emploie plus de force.

2 a ae 1705. Si nous exposons de suite la position ou

cation du for- | OCC1put répond à à la jonction sacrohaque droite

ie et le front à la cavité cotyloïde gauche, ce n'est pas qu'elle soit la plus fréquente de toutes les

- situations diagonales dans lesquelic 5 la tête est sus-

ceptible de s'approcher du détroit mférieur , après celle dont nous venons de parler ; mais parce que ces deux positions sont exactement les mêmes, si on ne considère que le rapport des dimensions de la tête avec celles du bassin, et parce que le for-

ceps doit être placé de Ja même manière dans lun et l’autre cas. La plus grande longueur du crâne répond , en effet, au même diamètre oblique du bassin dans ces deux cas ; une oreille, au trou ovalaire droit, et l’autre à l’échancrure ischiatique gauche : c'est au-devant de celle-c1, et derritre celui-là qu'il faut insinuer les cuiilers pour saisir la tête convenablement.

1794. On placera done la branche mâle sur le De res côté gauche du bassin et un peu en arrière, et la a. Li branche femelle du côté droit et en devant, avec dans cette la précaution d'en tenir de même, après leur jone- sortes uon, l'extrémité qui est an- hioe: inclinée vers la cuisse gauche de la femme, comme nous le recommandons au $. 17Qt, mais nn peu moins élevée.

Avant de commencer à exiraire la tête, on ramenera le front sous le pubis, en lui faisant décrire environ un sixième de cercle, comme l’occiput le fait dans la position précédente ; et aprés ce mouvement de rotation, on agira de la manière mdiquée à l’occasion de la seconde position. (Foy. $. 1785).

1709. L’onne doit jaroais s'eflorcer, dans le cas

dontil s'agit, de conduire la face de l'enfant vers le sacrum, parce qu’elle ne pourroit y parvenir qu'en parcourant un grand üers de la circonférence intérieur du bassin , et que ce mouvement ne sauroit se faire sans que le cou de l'enfant n'é- - prouvät une torsion dangereuse, comme on se le persuadera facilement si l’on fit attention aux bornes que la nature a mises au mouvement de pivot dont la tête est suscepuble : la courbure du forceps, d’ailleurs, ne permettroit gncre de raie Ja tête à ce point.

Cinquième cas del'application du forceps, et de la manière d'extraire la tête.

156 PART Sec Tadorwint ET.

De la manière d'employer le Forceps, 1°. dans la position où l’occiput répond au trou ovalaire droit, et le front à l’échancrure sacro-ischiatique gauche ; 2°. dans celle où l'occiput est placé visà-vis cette échancrure, et le front derrière le trou ovalaire droit; 5°. lorsque le sommet de la téte est exactement situé en travers sur le détroit in— férieur. | ‘

1796. Quand les circonstances exigent qu'on ait recours au forceps, dans la position où l'occiput répond au trou ovalaire droit, 1l faut en insinuer la branche mâle obliquement RER: re le trou ovalaire gauche , en la tenant de la main gauche, et en la dirigeant de quelques doigts de la main droite, ou d’un seul, introduits vers cet endroit. À mesure qu’elle y pénètre, on baisse son extrémité externe qu'on tenoit d'abord trés-élevée et inclinée vers la cuisse droite, mais de manière que la pointe du pivot qui sert à sa Joncuon avec l’autre branche regarde toujours le pli de l’aine de ce côté. On plonge ensuite l’autre branche qu'on tent de la main droite, entre la tête de l'enfant et le Hgament

sacro-ischiatique droit de la mére, en la dirigeant au moyen d’un ou de plusieurs doigts de la main gauche. On la fait avancer en montant vers la symphyse sacro-iliaque ‘le ce côté, et en croisant un peu le devant du sacrum , observant de baisser, en proporuon de ce qu elle pénètre, le bout qui est au-dehors, jusqu'à ce que l'ouverture des-

tinée à recevoir le pivot de Ïa premiére branche le rencontre et le recoive librement. On les réunit alors et on les assujettit ; puis on saisit l'extrémité de cet instrument de la main gauche, plaçant la droite vers son mulieu pres les parties de la femme ; on fait rouler la tête dans le bassin de mamiére à ramener locciput sous l’arcade du pubis, pour lextraire comme dans le cas de la première posion. (Foyez $. 1765.)

1797. La méthode que propose Smellie, pour la Sentiment position qui nousoccupe,estonne peut plus com- a a pliquée. Celle que Levret recommandoit à ses disciples consiste à introduire d’abord Ja branche mâle du forceps vers le côté droit du bassin, sa nouvelle courbure étant tournée en dessous, pour la faire passer de là vers le côte gauche, en lib fai sant parcourir plus de la moiué de la circonférence intérieure de celte cavité, et en la tenant assez fortement appliquée contre la tête pour faire rouler celle-ci en même temps sur son axe, et ramener la face sous le pubis. [1 vouloit qu’on insinuât ensuite Ja seconde branche par où la première avoit pénétré, mais de sorte que son bord concave regardât de suite le pubis. Cette méthode, qui n’est praticable qu autant que la tête est libre dans le bassin, présente autant de, difficulté que la nôtre est simple et facile. Elle n’est pas, d’ailleurs , conforme aux principes de l'art, puisque la bes de l'enfant ne peut aller sous le pubis qu'en parcourant au moins un tiers de la circonférence 1 intérieure du bassin , tandis que l’occiput n’en est éloigné que d’un sixième au plus, et que la sorue de la tête est bien plus facile quand il s’y présente,

158 L'ART que dans le cas où c’est le front. Nous aurions dû faire la même observation à l’occasion de la posiüon où l’occiput répond au trou ovalaire gauche. (Voyez $. 1768.) “nero 1798. Le rapport des dimensions de la tête avec no édié du bassin , dans la position où le front répond nr au trou bvalaibe droit et l'occiput à l’échancrure traire la tête, 18Chiatique gauche, étant absolument le même que dans la précédente, il faut appliquer le forceps selon les mêmes principes » lorsque les circonstances en requiérent l'usage. On introduira donc Ja branche mâle sous le pubis gauche en montant obliquement derrière le trou ovalaire , et la branche femelle au-devantde la symphyse sacro- illaque droite, tenant toujours ieur extrémité , en forme de érbëhes ) inclinée vers la cuisse de ce dernier côté. On saisit ensuite cet instrament des deux mains disposées de la manière indiquée à la fin du . 1796: : on roule la tête dans le sens prescrit au même paragraphe, pour amener le front, et non pas l’occiput, sous l'arcade du pubis, et achever l'accouchement comme dans la position dont ilest mention au $. 1755,

Septièmeet 1700. Il est excessivement rare que la tête de de lapoliess l'enfant se présente exactement en travers sur le tion du for- détroit inférieur, de sorte qu'une oreille réponde ce directement à la symphyse du pubis, et l'autre au

milieu du sacrum. La meilleure mamière d'appliquer le forceps alors diffère d’ailleurs si peu de ce que nous venons d'exposer pour les positions diagonales, que nous aurions pu nous y borner sans laisser beaucoup à moissonner aprés nous. Ces po-

sitions transversa les ne peuvent être qu au nombre

DES ACCOUCHEMENS. 159 de deux : celle où l’occiput répond directementau côté gauche du bassin, et l’autre au côté droit. __ 1800. Pourse servirdu forceps, d’après lesprin- Le cipes que nous avons établis , il faut en introduire 1 Position la branche femelle directement sous le pubis, et transversale l'autre au-devant du sacrum, dans le premier de ed Fe ces deux cas, en tenant toujours leur extrémité côté gauche. inclinée vers la cuisse gauche de la femme. Quand elles sont bien placées, réunies et fixées, on saisit le bout de l'instrument de la main droite, et sa parue moyenne de la gauche ; on fait rouler la tête de manière à ramener l’occiput sousle pubis, et on l’'entraîne ensuite comme il à été prescrit à l’occasion de la position la plus favorable. (Foy. . 1782.)

1801. Dans la position transversale où l’occiput De ta marépond au côté droit du bassin, on introduit la Li" RS branche mâle directement sous le pubis, et la fe-locciput rémelle au-devant du sacrum, avec la précaution font Co d'incliner l'extrémité de lune et de l’autre vers la cuisse droite de la femme. Tenantensuitele milieu de l'instrument de la main droite, et son extrémité dé l’autre main, on ramène l’occiput sous l'arcade des os pubis comme dans la situation précédente , et on termine l'accouchement de la même manière. *

ARTICLE IIL.

e ‘ ? e De l'usage du Forceps, quand la tétede l'enfant est encore au-dessus du détroit supérieur.

| 1802. On compte peu d'Auteurs parmi ceux Des auteurs LE LE Ê . . qui ont proqui ont écrit sur les accouchemens, qui aient osé Je for-

proposé de faire usage du forceps quand la tête ceps, quand:

la tête est andessus du détroit supérieur.

de l'enfant est encore au-dessus du détroit supérieur, et y conserve toute sa mobilité. Levret n'en fait aucune mention; mais $mellie nous a laissé peu de chose à désirer à ce sujet, et c'est à jui, comme on l’a déjà vu au . 1646, que nous sommes redevables de l'idée de porter le forceps aussi loin. Nous regrettons que les Acçoucheurs français qu en ont parlé depuis n'aient pas suivi le sentier qu'il leur avoit tracé, au moins à l'égard de la plupart des positions dans lesquelles la tête peut alors se présenter. Smellie propose une méthode particulière pour chacune de ces posiuons, et les derniers n’en adoptent qu'une qu'ils appli- | quent indifféremment à tous les cas, soit qu’elle y convienne ou non. Cette méthode perce le nuage qui l'enveloppe dans un ouvrage des plus modernes ; où l’Auteur dit que personne avant Jui n’avoit employé le forceps lorsque la tête étoit au-dessus de lentrée du bassin (1) : nous la dévoilerons dans la suite. On ne doit pas confondre ces cas avec ceux où li tête se trouve enclavée dans le détroit supérieur, parce qu'ils en sont trés-différens. Ces dermiers feront le sujet d'un article particulier.

(1) Observation sur l’opération césarienne faite à Ia bgne blanche ; et sur l rt du forceps , la tête arrêtée au détroit supérieur. . M. Deleurye, 1770.

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