‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 23 sur 88 · LA À RUE · texte numérisé non relu

LA À RUE

du détroit, pour espérer d'amener l'enfant avec moins de danger qu’en le retournant et en l'entraînant par les pieds.

1804. Quoiqu'il y ait moins à craindre de l'usage du forceps porté aussi loin, quand le bassin est bien conformé, que dans l'état contraire, puisqu'il y a plus d'espace pour l'appliquer et que les parties de la femme, ainsi que la tête de l'enfant , ne doivent pas en éprouver une pression aussi forte , il ne faut cependant päs s'en servir, parce qu'il est d'autant plus diflicile de bien saisir la tête, qu'elle est plus mobile sur le détroit du bassin. L’extracuüon de l'enfant par les pieds mérite alors la préférence, après les préparauons ordinaires , si l'état de la matrice en exige : celte méthode est plus facile pour la plupart des Praticiens, et plus sûre pour la femme, entre leurs mains, que l'usage du forceps.

1805. Si nous ne sommes bien fondés à préférer ce dernier qu'autant que le détroit supérieur est un peu résserré, 1l ne convient pas toutes les fois que ce détroit Fest au point que la tête ne puisse s y engager; SON extrème mauvaise conformation: admettant bien moins entore l'emploi de cet in-. strument, que sa bonne conformation. Dans ce dernier cas, nous ne le rejetons que parce quil nous paroît préférable de retourner l'enfant, et que son: apphcauon demandeunettenduedeconnoïssances que n ont pas la plipart de ceux qui s'adonnent a là profession d'Actoucheur:, ét qu'ils ne peuvent acquérir par la lecture : dans l'autre cas, 1l est absolument contre-ndiqué. « Il réussira trés-rare- » ment aûssi, a ditun Auteur moderne, si l'enfant:

» est mort; parce que la tête, n’ayant plus d’élasti- » cité, nofirira plus une résistance assez forte » pour conserver la position de l'instrument. (1) Mais il y auroit alors bien moins d'inconvéniens à s'en servir que quand l'enfant est vivant, si sa mort bien reconnue ne nous autorisoit pas à employer par préférence les crochets ou tout autre instru ment de cetie espèce. La tête de l'enfant, quoïque mort, peut présenter la même solidité que s'il étoit vivant, et conséquemment la même prise à l’instrument : elle n’est molle et sans élasticité qu'au tant que la putréfaction a déjà fait quelque progrès. La remarque du même auteur concernant la tuméfaction du cuir chevelu, qu'il regarde comme un obstacle à l'intromission des branches du forceps, mérite bien moins d'attention encore ; quel que soit le volume d'une pareille tumeur, elle ne s'Opposera jamais à la juste application de cet instru ment. Siquelque chose doit nous décider à recourir à ce moyen avant que la tuméfaction dont il s'agit. n'ait lieu, c’est qu'on ne sauroit l'employer de trop bonne heure, quand l'accouchement ne peut sopérer autrement. Si une tumeur de l’espéce dont parle M. Deleurye doit nous engager à le rejeter, c’est qu'elle dénote la mort de l'enfant ; et qu'on peut alors se servir du crochet. (Foyez $- r914 et la note du K. 1929.) |

1606. I] faut avoir grand soin dans tous les cas, Mais particulièrement dans celui où le peu de Jargeur du détroit supérieur oblige à recourir au forceps, d'en placer les branches de manière qu'on

L 22 , ren | (1) M. Deleurye.

La

Page 1