‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 27 sur 88 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

e 9 De la manière d'employer le Forceps uand la | 2) PS » q téte s est enclavée dans le détroit supérieur, en présentant le vertex.

1831. Jusqu'ici nous n’avons parlé de l'usage du forceps que pour des cas où la tête de l’enfant étoit hbre dans l’excavation du bassin, ou au-dessus du détroit supérieur, il est temps de nous occuper de ceux où elle est enclavée dans ce détroit. Quoiqne l’état où elle se trouve alors diffère peu de celui où elle est encore au - dessus du bassin y Quant à l'application de l'instrument, nous avons cru qu'il Étoit à propos d'en faire deux articles séparés , pour exposer ces cas avec plus de clarté.

1832. Nous rappellerons ici que la tête de l’enfant peut s’enclaver, selon sa longueur , ou selon son épaisseur, entre le pubis et le sacrum, et qu'elle doit être alors dans l’une des quatre positions désignées dans l’article précédent,

SECTION PREMIÈRE

De la manière d'employer le F orceps , quand la téte est enclavée, selon sa longueur , entre le pubis et le sacrum , supérieurement.

‘1833. La tête enclavée selon sa longueur P'é- Premier et

A 1) : A 7 second cas sente tantôt l'occiput, et tantôt le front contre le

pubis ; ce qui constitue deux positions essentielle- ment. Tome II. M

ment différentes, quoique les nrèmes en appa= rence , surtout si on ne le considère que du côté du rapport des dimensions de cette tête avec celle du bassin , et du manuel de l'opération nécessaire pour terminer l'accouchement. Dans l'une et l'autre, en effet, le diamètre longitudinal du crâne est parallèle au petit diamètre de l'entrée du bassin ; et c’est l’occiput ainsi que le front qui sont en contact avec la partie antérieure et la parte postérieure de cette cavité, tandis que les côtés sont hibres.

1834. Pour que la tête s’enclave dans cette direction, le peut diamètre du détroit supérieur doit avoir une étendue telle qu’elle pourroit le traverser sans de grandes difficultés dans une position transversale : ce qui nous indique la route que nous devons lui faire suivre avec l'instrument

our parvenir à l’extraire.

Delama- 1855. Il faut placer les branches du forceps sur mère d'opé-Jes côtés de la tête et du bassin, avec les précautions énoncées dans la deuxième section de l’ar-

ticle précédent, $. 1808 et suivans; si ce n'est

qu'on doit les enfoncer d'environ un pouce et

demi de moins, et en tenir l'extrémité des bran-

ches un peu moins en en-bas et en arrière , lorsqu’elles sont appliquées, que nous ne l'avons pres-

crit aux $. 1800 et 1812, etc. On ne doit jamais s’efforcer d'entraîner la tête dans l’une ni lautre

de ces deux positions, parce qu’en la pressant des

côtés, au moyen du forceps, loin de diminuer sa longueur de l’occiput au front, on ne fait qu'augmenter la force de ses points de contact avec le sacrum et le pubis, muluplier ses frottemens, et

rendre sa descente plus difficile et plus laborieuse, tant pour l’enfant que pour l& mère. Il faut lui donner d’abord une situation transversale, afin de placer son petit diamètre dans la direction du plus peut du détroit supérieur. Pour opérer ce déplacement avec moins de difficulié, on désenclavera la tête en la faisant remonter au - dessus du point où elle estenclavée ; non pasen la repoussant directement avec le forceps, mais en l'ébranlant un peu, en portant alternativement et plusieurs fois de suite l’extrémité de l'instrument vers l’une et l’autre cuisse de la femme, de la même manière qu’on ébranle un clou qu’on veut arracher avec la tenaille ; ce qui s'exécute aisé ment (1). On se persuadera de la possibilité de faire remonter la tête et de la désenclaver en lébranlant de cette façon, si l'on serappelle la forme qu'elle prend en s’enclavant, et que sa base ou sa plus grande largeur est encore au-dessus des deux points de contact qui la retiennent et l’empêchent de descendre; et de plus, qu’on la repousse d’un lieu plus étroit dans un plus large. (Foy. S. 1 716.)

1856. Quand on a désénclavé la tête, en l’agitant ainsi et en la faisant remonter, on détourne l'occiput ou le front de dessus la symphyse du pubis, selon que c’est l’un on l’autre qui s’y présente, et on le dirige vers le côté gauche par préférence. On l’entraîne dans cette nouvelle position jusqu’au fond du bassin , et dès le moment où elle ÿ est parvenue, on ramène sous l'arcade du

(1) L'expérience nous a confirmé plusieurs fois la vérité de toutes les propositions que contient ce paragraphe.

pubis la même partie qui se présentoit au commencement et au-dessus de la symphyse ; puis on achève l'accouchement à l'ordinaire. Il faut observer dans les divers temps de l'opération tout ce qui est prescrit au paragraphe 1809 et suivans , jusqu’au 1816 inclusivement.

SEcTion ll.

De la manière d'employer le Forceps, quand la tête est enclavée transversalement dans le détroit supérieur.

Troisième 1837. Cette espèce d'enclavement ne peut avoir done lieu qu'autant que le détroit supérieur n’a pas trois vement. pouces et demi de peut diamètre, à moins que la

tête ne soit beaucoup plus volumineuse qu'elle n’a coutumede l'être, puisqu'elle ne présente ordinairement que cette épaisseur, et quelle ne s'arrête et ne s’enclave qu’après s'être réduite dans le sens où elle éprouve le plus de frottemens. Quand elle est fixée de cette manitre, 1l faut essayer de la repousser avec la main, comme le conseilloit Smellie , afin de conduire les branches du forceps dans le même ordre, et selon les mêmes directions, que nous l'avons prescrit dans la troisième section de l’arucle précédent. Si l’on ne pouvoit parvenir à la faire rétrograder , on appliqueroit le forceps sur les côtés du bassin, en plaçant une branche sur la face et l’autre sur l’occiput, avec la précaution de les insinuer à la même hauteur ; car autrement la jonction ne pourroits’en faire (1).

(1)M.Deleurye recommande dans sa nouvelle méthode

. Mais il nous paroït hors de vraisemblance qu'l se présente jamais de ces cas où l’on ne pourra repousser la tête qui est fixée et enclayée dans le détroit supérieur, puisque la plus grande épaisseur qu'elle conserve alors est toujours au-dessus de cé détroit. ( Foyez $. 1716 et 1885.) Il ne faut pas confondre ce cas avec celui qui fait le sujet du {. suivant,

1836. En admettant qu'il soit impossible de repousser [a tête qui est fortement serrée par ses côtés contre le pubis et le sacrum, ce seroit donc le seul cas où la méthode que nous avons combattue au &. 1821 mériteroit la préférence sur celle qui est décrite au $. 1823 et suivans , même celui où elle seroit indiquée exclusivement. Si elle n'est pas alors exempte d’inconvéniens, elle n’a pas tous ceux que nous lui avons atiribués dans les positions transversales de la tête au-dessus du bassin; la nature ayant opéré, avant l'application du forceps, presque toute la réduction que la tête devoit subir selon son épaisseur pour traverser le

de porter le forceps au-dessus du détroit supérieur, de laisser plus de longueur & la branche qui doit étre placée sur l’occiput, etc. Voyez. 706 de cet auteur. Il auroit dû indiquer la manière de joindre alors les deux parties de l'instrument et de les fixer. Le forceps à axe ambulant lui auroit été d’un grand secours; s’il exécutoit ce qu'il conseilloit : c’est dans les mêmes vues que Levret l’'avoit autrefois proposé , et que M. Coutouly y a fait de grands changemens que nous ne saurions approuver, parce qu’en compliquant singulièrement cet instrument, il en a rendu l'application plus difficile, sans le rendre plus utile.

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