‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 32 sur 88 · ARTICLE. VIE · texte numérisé non relu

ARTICLE. VIE

De l'usage du Forceps, pour extraire la téie, dans les Accouchemens contre nature où le tronc de l'enfant est entièrement sorti.

I 869. Personne n'ignore le danger auquel l'enfant est ex posé dans les accouchemens où l’on est

Des avan-

tages du forceos,quandle

oblicé de lextraire par les pieds, surtout quand tronc del'en- P P , q

le bassin est un peu resserré relativement au volume de la tête. Sa mort est presque toujours inévitable dans ce dermer cas, soit qu'on exerce de grands efforts sur le tronc à dessein d'extraire la tête, soit qu'on prenne le parti d'en abandonner l'expulsion aux soins de Îa nature, après avoir dégagé les pieds, comme quelques-uns l'ont trop généralement recommandé. Dans le prenner cas, l'enfant est victime des extensions forcées de la colonne épinière, du üraillement de la moelle qu’elle renferme , et de la luxation de quelquesunes des vertèbres cervicales, ou de la tête même : dans l’autre cas, sa mort au contraire dépend uniquement de la compression qu'éprouvent le cordon ombilical et la poitrine, en traversant l'espèce de filière que forme le bassin , où ces parties séjournent plus ou moins de temps; et peutêtre aussi, dans la suite, de la compression des vaisseaux jugulaires, le bord de lorifice de la matrice et l'entrée de la vulve se resserrant sur Île col, et agissant à la manière d’une ligature.

fant est sorti.

Des Auteurs qui ont employé le forceps dans ce Cas.

200 L'ART 1870. L'art tend donc une main bien peu secou-

rable à l'enfant, dans cette malheureuse circonstance; el de toutes ses ressources, la plus assurée ne le garantit pas toujours du danger pressant qui

le menace. Smellie a plusieurs fois appliqué le forceps avec succès en pareil cas, etnous avons marché sur ses traces en de semblables occasions, mais trèspeu d’Accoucheurs l'ont imité comme nous ; du

moins n'en trouve-t-on pas de preuves dans leurs ouvrages, si ce n'est dans celui de M. Deleurye.

Ce dernier ne connoissoit pas vraisemblablement

l'ouvrage de Smellie, surtout sa XX XV° Table et

son explication (1), puisqu'il assure que ce n’est qu'à force d’études et de réflexions qu'il a obtenu

quelques succes du forceps dans ces sortes d’accou-

chemens ; Smellie se bornant, dit-il, à en pres-

crire l'usage, et ne décrivant pas la manière de s’en

servir (2), quoiqu'il soit si clair et si précis sur

ce point, que nous renverrions à son ouvrage ,

si la méthode qu'il décrit convenoit à tous les cas

où la tête peut être retenue après la sorue du

tronc. Cette méthode n'étant applicable qu'aux

positions dans lesquelles la longueur de la base du

crâne est selon le: diamètre antéro-postérteur du. bassin, soit que l’occiput réponde au pubis ou an

sacrum , elle ne sauroit mériter la préférence sur celle que nous décrirons pour les situations transversales, bien plus fréquentes que ne le sont ces

PR * Le Per Tate SAR PE LEE RU RES TER PA AAA PS (1) Smellie, tome IV, page 65, pl. XXXV, traduction françoise. | (2) Traité d’Accouchemens, par M. Deleurie, nouvelle édition, 6. 598 et 800.

dr ANT A ii]

premières, si on considere la tête retenue au détroit supérieur.

1871. L'obligation de conserver la vie à l'enfant ue n’est pas le seul mouf qui doive nous dé terminer secourir à cet à faire usage du forceps dans les accouchemens instrument. dont 1l s’agit; 1} faut encore l'employer apr >s sa mort pour en éviter la détroncation ; c’est-à-dire l’arrachement du tronc et sa séparation d'avec la tête. On doit même le préférer alors d'autant plus volontiers qu’on. a plus de raison de craindre cet accident; non pas qu'il soit redoutable pour l'enfant, puisqu'il est déjà mort, mais parce qu'il est plus facile d'extraire la tête quand elle est encore hée au tronc que lorsqu' elle en est séparée.

1872. Cen'est pas toujours au détroit supérieur que la tête est forcée de s'arrêter dans les accouchemens contre nature où l’on tire l'enfant par les pieds ; quelquefois l’obstacle qui la reuientne vient que du détroit inférieur , et la circonstance n’en est que bien plus Re Ne al apphcauon du forceps. Si le lieu du bassin où la tête se trouve arrêtée apporte quelques légères différences dans la maniere d’ employer cet instrument , Sa position relativement à ce même lieu en exige de bien plus essentielles, comme on le verra ci-apres.

202 ER CT SECTION PREMIÈRE

De la manière d'employer le Forceps , quand la téte est retenue par sa base dans la position où l'occiput répond au pubis, et la face au sacrum ; et dans celle où l'occiput est contre ce dernier et la face vers le pubis.

Premiercas 1873. Dans le premier de ces cas, aprés avoir de l'applica- d pige ’ I b = ] F f: 4 a à ] , onde for: à es bras de l'enfant el 1es avoir ENvEIOPpes

ceps , D: du même linge dont le tronc estentouré, on relève

la sortie du

Fe le tout convenablement vers le ventre de ne ' et on le fait soutenir par un aide. On insinue les branches de l'instrument surles côtés du bassin (1), avec les mêmes soins et de la même maniere : que dans la premiére position du sommet de la tête, ayant égard seulement à la hauteur à Jaquelle la base du crâne est arrêtée , pour les enfoncer plus ou moins et en een de même l'extrémité externe. Lorsque ces deux branches sont réunies et fixées, on opère l’extracuon de la tête, en lui faisant déerire une marche différente, “hs le lieu du bassin qu’elle occupe, et les détroits qu'elle doit franchir.

1074. Quand elle ne s’est arrêtée qu'au détroit

inférieur, on ure de la main droite sur l'extrémité du forceps. en [a relevant insensiblement à mesure que la face se dégage vers le bas de la vulve, jusqu'à ce que 1 ons soit au- dehors, pendant qu’on soutient le périnée, de l’autre main, pour prévenir sa rupture.

(1) Voyez la treizième planche.

1875. Lorsque la tête est encore au-dessus du bassin , on porte les branches du forceps plus avant que dans le cas précédent, et on en tient lextrémité beaucoup plus bas. On saisit ensuite celle-ci de la main droite, et le milieu de l'instrument de la gauche ; on déplace la tête et on lui donne une situation presque transversale relauvement au détroit supérieur, en tournant, de préférence , l'occiput vers le côté gauche du bassin , comme on le voit sur la quatorzième planche. Si la tête étoit engagée et serrée dans le détroit, il faudroit, avant de la rouler ainsi, l’ébranler un peu et la repousser de quelques lignes , en portant alternauvement l'extrémité du forceps vers Pune et l'autre cuisse de la femme, comme on le remarque au $. 1835. En roulant la tête et en lui donnant la position transversale qui est indiquée, 11 faut baisser de plus en plus le bout de l'instrument et le porter un peu vers la cuisse gauche de la femme, C’est également dans cette direction qu'il faut tirer pour l’eniraîner dans l'excavation du bassin ; mais aussitôt qu’elle y est parvenue, on Îa fait rouler denouveau pour ramener l’occiput derrière la symphyse du pubis, et continuer de l'extraire, comme il est prescrit au . précédent ; c’est-à-dire, en relevant insensiblement l'extrémité du forceps et en tirant à SOL. | |

1876. La personne qui soutient le corps de l’enfant, qui est au-dehors, doit lui faire suivre tous les mouvemens qu’on imprime à la tête. Pendant que l’Acconcheur tourne l'occiput vers le côté gauche du bassin, on doit incliner le dos vers l'aine gauche de Ja femme, et le remettre en des-

204 LE? ART sus comme 1l étoit auparavant, dans le moment où l’on ramène cetie même région occipitale derrière la symphyse du pubis. Ces précautions sont également nécessaires dans les positions que nous allons décrire. à Second cas 1877. Lorsque la tête arrêtée par sa base pré- Gr Die sente l’occiput au sacrum et la face au pubis, au ne a heu de relever le tronc de l'enfant vers le ventre 1700 de la mère, comme on le voit au Ç. 1875, il faut le porter en arrière et vers l’une des cuisses de la femme en tournant un peu le dos vers cette cuisse, où un aide le soutiendra entouré d’un | linge dont on aura enveloppé également les bras. On introduira les branches du forceps, comme dans la position précédente, mais au-dessus et audevant du corps de l'enfant, en les conduisant du bout de quelques doigts, jusqu'au-delà des côtés de la mâchoire inférieure. On en tiendra l’extrémité un peu plus haut que dans le premier cas, si la tête occupe le fond du bassin ; et le plus bas possible, sans nuire à l’enfant, lorsqu'elle est arrêtée au détroit supérieur (1). Après avoir placé cet instrument convenablement, on procède: à l'extraction de la tête, de la manière suivante. Dela ma- 1878. Quand elle est encore au détroit supé-

nière d’ex- 3 à % a 2] ALR " sl = re Fe areas, rieur, On l'ébranle un peu, pour la faire remonter

(1) Quand la tête est aussi éloignée, si l’on éprouve trop de difficulté à introduire les branches du forceps audessus du corps, par rapport à l’impossibilité où l’on est alors de baisser l’extrémite de l'instrument autant qu'on le fait dans la position précédente, il faut essayer de le porter en dessous, en tenant l'enfant élevé du côté du

d'abord et détourner ensuite la face plus aisément de derriére le pubis ; ce qui n'est pas dificile, lorsqu'on a la précauuon, pendant qu’on la détourne ainsi, de baisser davantage l'extrémité de l'instrument et de l'incliner un peu vers la cuisse du côté où on dirige la face ; ce que nous faisons de préférence vers le côté gauche. Ayant placé le plus grand diamètre de la base du crâne selon le plus grand du détroit supérieur, on doit tirer sur l'instrument, dans une direction qui tendroit à passer obliquement sous la cuisse gauche de la femme , pour entraîner la tête dans l’excavation du bassin, où on lui fait exécuter aussitôt un autre mouvement de rotation, par lequel on ramène la face sous le pubis. S'il faut baisser l’extrémité de l'instrument et l'incliner vers une des cuisses de la femme en même temps qu'on change la position de la tête à l'égard du détroit supérieur, :] faut la relever et la ramener vis-à-vis le pubis, lorsque dans le dernier temps on ramène la face sous celui-ci.

1879. Pour achever l'extraction de la tête, des qu'on l’a réduite à la position dont 1l s’agit respectivement au détroit inférieur , on üent le forceps de la main droite seulement placée à son extrémité, et on applique la gauche contre le péri-

qq

ventre de la mère. Mais il en résultera des inconvéniens pour faire suivre à la tête la marche prescrite au (. 1979; inconvéniens qu’on ne préviendra qu'en retirant linstrument quand la tête sera descendue dans le bassin , et en le remettant comme dans la position transversale que nous décrirons apres celle-ci.

née de la femme, et au-dessous du cou de l'enfant qu'on soutient alors du bord radial de l'index ; de maniere que ce soit sur ce doigt que se passe le centre du mouvement que la tête doit décrire en se dégageant, et non pas sur la commissure de la vulve ou la fourchette. On üre à soi de la preimièére main , en relevant insensiblement les branches de l’instrument et en les portant alternativement vers l’une et l’autre cuisse de la femme, Jusqu'à ce que toutes les parties de la face et du verlex se soient dégagées successivement de dessous le pubis : car c’est en suivant cette marche, que la tête doit sortir dans la position où elle est ; pour n'offrir que ses plus petits diamètres à ceux du bassin, conime nous l’avons fait observer en traitant du mécanisme de l'accouchement nature}, dans lequel les pieds présentent les orteils en dessus.

1680. Si la tête n'étoit retenue que par le détroit inférieur à l'instant où l’on est obligé de recourir au forceps, la circonstance n’en seroit que plus avantageuse, lant pour ce qui regarde lie uon des branches de cet instrument que pour l'ex= traction de la tête même, et il faudroit se com porter quant à l’un et à l’autre point comme on 'a prescrit aux $. 18737 et 1879. L'on ne doit essayer de tourner la face vers le sacrum , dans le cas qui fait le sujet de ces mêmes paragraphes, qu'avec les plus grands ménagemens.

SEC T:rOo.N: LI.

De la manière d'employer le Forceps, quand la téte est retenue dans une situation transversale , après la sortie du tronc.

1881. C’est ordinairement dans cette direcuion Troisième ue la base du crâne s'arrête au détroit supérieur ae quand l'enfant vient par les pieds; et cet accident eationduforest à craindre toutes les fois que la distance du EPhouie qu pubis à l'angle sacro-vertébral se trouve au-dessous tronc. de trois pouces et demi d’étendue. La position de la tête , quoique transversale , n'est cependant pas toujours exactement la même; car l'occiput répond quelquefois au côté gauche du bassin, et d’autres fois au côté droit : ce qu'il n’est pas inutile de remarquer pour l'application du forceps courbe, puisque les branches n’en doivent pas être placées de la même manière, dans l’un et l’autre cas. Il ne suflit pas de les diriger sur les côtés de la tête à une hauteur convenable, 1l faut encore les disposer de facon que leur bord concave regarde l'occiput, afin qu'on puisse ramener celur-e1 sous le pubis dans le derniermoment.Ceseroiticilelieu de retracer ce que nous avons dit des À ee qu'il y auroit de placer une branche de cet instru ment sur la face, et l’autre sur l’occiput, comme cela arriveroit si l’on suivoit la méthode de Smellie et de M. Deleühie; mais nous renverrons à l’'arucle où nous traitons des positions transversales du sommet de la tête à l'égard du détroit supérieur.

1882. Nous ne dissimulerons cependant pas que

De la ma-

nière d'opé-

rer

dans le

200 L'ART le procédé de ces Auteurs, peu conforme aux préceptes de l'Art, est plus facile à exécuter que celui que nous y substutuerons, quant à l'application même du forceps : mais ce foible avantage ne sauroit nous déterminer à le préférer, parce qu'il est bien moins sûr pour l'enfant. Puisqu'il convient de placer les branches du forceps sur les côtés de la tête, et qu'on ne le fait jamais plus aisément que quänd elles peuvent être introduites en même temps vers les côtés du bassin , l’Accoucheur s’épargneroit quelques difficultés , s’il pouvoit, de la main seule , après avoir abaïssé les bras de l'enfant, changer la position de la tête et la réduire à la prenuère de celles que nous avons décrites ; c’est-àdire, s’il pouvoit tourner la face vers le sacrum : mais le plus souvent et même presque toujours, 1] tenteroit vainement ce déplacement, On se conduira donc de la manière suivante.

1003. Quand locciput répond au côté gauche du bassin , on incline d’abord le tronc et les bras

oisièmecas. de l'enfant, entourés d’un même linge, vers la

cuisse de ce côté, où un aide les soutient pendant qu'on applique le forceps. On introduit, en premier la branche femelle vers le côté droit du bassin , en dirigeant son extrémité au moyen de quelques doigts de la main gauche jusqu’au-delà du menton de l'enfant et un peu sur la Joue droite, pour qu'elle ne s'arrête pas sous la mâchoire, qu'elle ne s'engage pas dans la bouche, ou ne rencontre pas le nez dans son trajet.MOn plonge cet instrument, dans la même direction, à la hauteur du front de l'enfant; ensuite en le poussant du bout des doigts qui lui ont servi de guide et qu’on

place

DES ACCOUCHEMENS. 300 place alors sur son bord postérieur ou convexe, on le fait passer sur le milieu de la face et sur la tempe gauche pour le conduire sous le pubis, pendant qu'on baisse de l’autre main , mais insensiblement, son extrémité externe, et qu’on tourné directement à l'horizon le bout du crochet qui la iermine, comme on le remarque à l’occasion de l'une des positions transversales du sommet de la tête, ( Voyez. 1825.)

1084. On insinue l'autre branche au-devant du Sacrumr, et à la même hauteur que la premiere, ainsi qu’on l’observe sur la quatorzième planche et au $. 1826. Après cela, on les réunit et on les assujettit convenablement. On tire d’abord le plus en en-bas possible, jusqu’à ce que la tête ait franchi le détroit supérieur, en observant, à mesure qu'elle descend., d’incliner un peu l'extrémité du {orceps vers la cuisse gauche de la femme. Mais aussitôt qu’elle est parvenue dans le fond du bassin, on ramène l’occiput sous le pubis en rele- vant le bout de l'instrument et en le portant visà-vis la symphyse, pour continuer d'opérer comme dans la première position.

1885. On place le forceps de la même manière De la madans la situation transversale de la base du crâne 7°, dep LL où le derrière de la tête répond au côté droit du quetrième bassin , aveccette différence seulement que labranche mâle soit sous Ia symphyse du pubis, et la branche femelle au-devant du sacram. On insinue d'abord la première vers le côté gauche du bassin, où se trouve la face. Après l'avoir plongée à la hauteur convenable pour que son extrémité embrasse le front, on la conduit sous la symphyse, en

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