ART AGE EVE
De la rupture de la matrice et de celle du vagin, . , ’ . \ L considérees relativement à l Accouchement.
Delarup- 2258. L'enfant, pressé par l'acuon de la matrice, D s'en échappe toujours par l'endroit le plus foible et qui lui oppose le moins de résistance. S'il sort
le plus constamment par l'onifice, conformément
au vœu de la nature, quelquefois aussi, quoique très-rarement cependant, il s'ouvre une autre voie
à travers le ussu même de l’organe qui s'eflorce de
(1) Cette Observation s’est égarée sans doute, el ne s’est pas encore retrouvée dans les papiers de Pl eee Nous ne donnons ici que la note que nous en avons prise pendant la lecture.
l'expulser, et 1l passe dans la cavité abdominale, doùilne peut sorur, si l’art ne vient à son secours.
SECTION PREMIÈRE
Des causes et des principaux accidens de la ruplure de la matrice.
2250. La plupart des Auteurs qui ont traité de la rupture de la matrice, ne l'ont attribuée qu'aux mouvemens extraordinaires de l'enfant (1), sans faire attention que bien des femmes n’en avoient ressenti aucun à l'instant où elle s’étoit faite, et que chez d’autres elle n’avoit eu lieu qu'après la mort de cet enfant. Quelque force qu'on suppose à ces mouvemens, 1ls seront toujours incapables de produire cette rupture, si d'autres causes n’agissent en même temps ou ne l'ont préparée de loin, tandis que ces causes peuvent l’opérer sans le concours de ces mouvemens. Presque toujours l'enfant est passif à l'instant où la matrice se déchire , et ù 1l devient l'instrument de cette déchirure,iln agit pas autrement que ne le feroit un corps solide, inanimé, d’une surface anguleuse , et du même volume , sur lequel la matrice se contracteroit Hétaiebt, Les mouvemens extraordinaires qu'on a regardés comme la cause de cet accident, n'en ont été le plus souvent que la suite: ce n'ést pas dans la matrice que l'enfant s’est
(1) Delamotte, tome IT, page 1180, édition de 1765. Levret, Art des Éteavhemens: 3° édit. » $. 559 et su1v. Crantz, Commentarius de ruplo in partüs dolorib. . utero, 1790, et beaucoup d’autres Auteurs.
agité, comme on a pu le voir quelquefois, ou comine la femme a dit l'avoir ressenu , mais dans Ta cavité abdominale où 1l avoit pénétré à l’occasion de la rupture de ce viscère, Il étoit aisé de s’y tromper, parce que l'instant du passage de cet enfant dans l'abdomen, et celui de la rupture par où il y pénètre, sont, pour ainsi dire, indivisibles chez la plupart des femmes où elle à lieu, le même effort qui produit l’une, opérant l’autre.
2260. L'action violente et quelquefois convulsive de la matrice sur le corps de l'enfant, est presque toujours la seule cause de la rupture, et cette rupture est d'autant plus à craindre, que l’action dont il s'agit est secondée plus puissamment par celle des muscles qui forment l'enceinte de la cavité abdominale, qui pressent la matrice inégalement, qui ne peuvent agir partontimmédiatement sur sa surface et servir comme d’arc-boutant à chacun de ses points : car ces muscles agissent alors à peu près comme le feroit une autre puissance qui presseroit fortement le ventre, le dos de la femme étantappuyé contre un mur (1). C’est presque toujours au plus haut degré dela douleur ou de la con-
Lames |
(x) Nous développons ce mécanisme et la manière d'agir de toutes ces causes, dans un trèes-long Mémoire sur la rupture de la matrice et celle du vagin, que des circonstances particulières nous ont empèchés de publier jusqu’à ce moment, et dans lequel on trouvera, avec beaucoup d'observations, un corps de doctrine complet sur l’accident dont il s’agit, le plus formidable de tous Æeux qui puissent survenir dans le cours du travail de l'accouchement.
DES ACCOUCHEMENS. 491 iracuon de la matrice, et dans le moment où la femme presse le plusf fortementenen-bas pour en seconder l'effet, que s'opére la rupture. Il n’est cependaut pas nécessaire, pour l'opérer. chez quelques femmes, que ces puissances réunies agissent avec tout le degré de force dont elles sont susceptibles, puisque cet accident a eu heu en plusieurs cas dans un temps où le travail de l'accouchement étoit à peine commencé : 1l suffit que cette force soit supérieure à la résistance que lui oppose le point qui se déchire.
2261. Une matrice parfaitement saine peut se déchirer, eomme celle qui est affectée d’une maladie queleonque, qui en a précédemment affoibli le üssu. Si tous les points de sa surface , dans l’état ordinaire, sont constitués de manière qu'ils puissent supporter également, dans le commencement du travail, l'effort qui tend à expulser l'enfant, 1l n’en est pas toujours de même à la suite d’un travail trés-long , où il y a de grands obstacles à l'accou- chement; le tissu de ce viscère s’affoiblit alors nécessairement en quelque lieu , et s'use en quelque sorte, notamment aux androité qui répondent aux parues anguleuses de l'enfant, ou qui sont pressés par sa tête contre la marge di bassin; et tôt ou tard ces endroits se déchirent.
2262. En aucun cas, la rupture dont il s'agit ne peut se faire qu’elle n’ait été préparée de cette manière, Ou par d’autres causes qui sont toutes accintaies Tantôt c'est une tumeur qui afloiblit le ussu de la matrice, et le dispose à à se rompre; tantôt c'estune nlodie plus ou moins super ficielle, ou l'amincissement contre nature d’une de ses ré-
gions; d’autres fois ce sont les duretés et les callosités de son col, celles du vagin, la mauvaise conformation du bassin , les obstacles qui procèdent des parues externes mêmes, de la mauvaise situauon de l'enfant ou de celle de sa tête seulement : la mauvaise atuitude que prend la femme dans les efforts qu'elle fait, la direction vicieuse de ces mêmes efforts, lamanière dontelleles fait en poussant brusquement et comme par saccade, en se renversant les épaules en arrière et emsfaisint bomber le ventre, peuvent encore y donner lieu.
2203. Des causes extérieures peuvent également rompre la matrice sans le secours de toutes celles dont nous venons de parler, quel que soit le terme de la grossesse où elles agissent, pourvu cependant qu’elle approche de sa maturité. On en trouve des exemples à la suite d’une chute, d’une forte pression du ventre, et bien plus à l’occasion de l'application peu méthodique de la main, ou des instrumens destinés à opérer l'accouchement.
2264. La matrice peut également se déchirer sur la main qui opère avec le plus de soin et de méthode, et on doit s'étonner qu'elle ne le fasse pas plus souvent dans ces cas où elle est fortement contractée , resserrée sur le corps de l'enfant , et dans lesquels on n'est appelé pour opérer l'accouchement que plusieurs jours apres l’écoulement des eaux ; dans ces cas surtout qui exigent qu'on fasse la version de cet enfant et qu'on l'amène par les pieds.
2265. I] n'existe pas un seul point où la matrice ne puisse se déchirer; mais on remarque cependant que c'est le plus souvent vers ses côtés, vers
son fond et son col : ce qui n’est pas difficile à expliquer. Le lieu où se trouve implanté le placenta n'en est pas plus à couvert que les autres : Ja rupture s'étant faite en quelques cas à l'endroit même que sembloit fortifier cette masse spongieuse, ou bien une tumeur squirrheuse à large base. Cette rupture ne suit pas constamment la même direcuon, et ne présente pas plus constamment le même aspect. Quelquefois elle se fait en long, d’autres fois en travers, okliquement, ousousune forme semi-lunaire.Tantôt les bordsen sont égaux, ctelle ne présente que l'aspect d’une simple crevasse, ou d’ure plaie faite par instrument tranchant, et tantôt 1lssontinégaux, comme hachés, et elle CASTRES une plaie contuse.
2266. On doit distinguer ces deux espèces de MERE déjà si différentes l’une de autre, et qui sont de véritables déchirures, des die qui ont lieu quelquefois à la se d'un travail long et pénible dans lequel la nature n'a pu se délivrer par la voie ordinaire, ou n’a pu le faire sans de grands obstacles, à cause ide la mauvaise conformation du bassin, ou bien apres une per cussion'exlérieure qui apr BRAS l'accouchement de quelque temps, parce qu al y a toujours dans ces dernières, avec la soluion de conun uité, une perte de dahetré 6e plus ou moins grande, et souvent affection gangreneuse. Ces dernières penvent affecter toutes les régions de lamatriceindistinctement, maison les observe bien plus souvent dansla partie inférieure prèssoninsertion au vagin que partoutatlleurs, quand elles sont la suite des efforts mêmes de l’accouchement. 22067. Dans cesderniers cas, les points de la ma-
trice qui répondent aux parues les plus dures et les plus saillantes de l'enfant, ceux surtout qui sont ie sh > ; long-temps froissés, comprimés par la tête qui s'appuie sur la marge du bassin, ou s'y engage péniblement, perdent de leur épaisseur , et s’affoiblissent, s’usent en quelque sorte, et se détruisent, ou bien 1ls s’enflamment, se gangrènent et s'ulcérent. Comme l’action de la tête n’est plus forte en aucun endroit que vers le pubis et l'angle sacro-vertébral, c’est aussi à la partie antérieure et inférieure de Îa matrice, à sa partie postérieure et inférieure que ces ulcérations se remarquent presque toujours ; et il n'est pas rare d'en trouver de semblables au vagin, au col de la vessie, el au rectum, ou que ces parlies soient ulcérées sans que, la matrice le soit dans toute son épaisseur , vis-à-vis ces mêmes points.
2268.Tantôt, etle plus souventmême, ces ulcéralions gangreneuses comprennent toute J'épaisseur de la substance de la matrice et le péritoine qui larecouvre; tantôt le péritoine, plus ou moins altéré, reste entier, et la substance seule de la matrice s'est usée, détruite : ce qui donne lieu à des phénoméenes un peu différens , sans que le sort de la femme en soit plus assuré.
2269. Lorsque le péritomne s’est ulcéré comme le ussu de la matrice, quelques-unesdes parties du fœtus peuvent pénétrer dans la cavité abdominale; il peut y passer tout entier, ét avec lui son placenta et le sang, qui s'échappe des vaisseaux dila cérés, comme à la suite de la rupture on de la simple déchirure : mais lorsque le péritoine, qui s’unit faiblement à la matrice dans le voisinage de
son Col, s’est conservé, c’est sous lui, dans son tissu cellulaire , que se forment les épanchemens et que se logent les parties de l'enfant qui s'échappent de la matrice même. Plusieurs fois on y à trouvé Ja tête, et dans un cas de cette espèce , nous avons vu le bord de la plaie gangreneuse de la matrice à plus de six pouces au-dessus du rebord du bassin.
2270. Les ulcérations, qui sont la suite d’une percussion extérieure, se remarquent bien plus souvent à la partie antérieure et supérieure que partout ailleurs, et sont rarement aussi fâcheuses : presque toujours elles ont moins d’étendue. Les points qui ont été froissés , contus , s’enflamment avant de s’ulcérer ; ils contractent des adhérences avec les parties voisines qui ont partagé l'effort avec eux, qui s'enflamment et s’altérent en même temps : de sorte qu'on ne voit presque jamais alors s'établir de communication entre la cavité de la matrice et celle de l'abdomen ; que ce qui est contenu dans l’une ne peut pénétrer dans l'autre, à ‘moins que les adhérences dont nous venons de parler ne viennent à se détruire, ou que d’autres parties ne se déchirent ou ne s’altérent.
2271. Toute la portion de la matrice qui a été froissée, contuse, et qui s’est enflammée, ne se detruit pas toujours en entier, lors même qu'il s'y établit une suppuration. On a vu cetie portion s'exfolier en quelque sorte, se détacher comme le fait une escare gangreneuse, et entraîner avec elle, au moment de l'accouchement et de l’extraction du placenta, une anse d’intestin qui y avoit contracté des adhérences : la seule des pariles Circonvoisines qui,y en eût contracté, depuis
Rupture du Vaptu,
496 RAM T la percussion qui avoit donné lieu à l'accident. ( Voyez la note du . 2305. )
2272. Quand ces adhérences se forment entre Ja matrice et le péritoine qui répond aux muscles abdominaux, le fœlus peut être reJeté ou.extrait par portions ouenenter, s1l survient des abcès , si ces par ues s’altèrent, comme nous en avons éLé témoins (1 1), et la vie “e la femme n'en être que plus ou moins menacée. Il n’en est pas de même, et le danger est beaucoup plus grand, lorsque ces adhérences ont lieu entre la matrice et les intesuns, et que ceux-ci viennent à s’altérer, surtout si 4 grossesse est avancée.
2273 Le vagin peut se déchirer et s’ulcérer comme Ja matrice même. On l'a vu se fendre en long dans sa partie postérieure , lors du passage d'une très-grosse tête, relativement à sa dilatabilité, et l'intestin rectum se déchirer avec lui ; mais bien plus souvent on l’a trouvé déchire transversalement prés son insertion au col de la matrice , ou bien usé, ulcéré, détruit en cet endroit et Far les environs, à la suite des fortes pressions de la tête du fœtus et de son trop long séjour dans le bassin.
2274. Parmi les déchirures transversales qu’on a observées à sa parue supérieure , près le col de la matrice, les unes sembloient n'avoir eu d’autres causes que ds efforts mêmes de l'accouchement, et les autres provenoient évidemment des manœu vres , le plus souvent mal dirigées, qu'on avoit PA pour opérer celui-ci.
(a) VOPEZ ST 2023 NN :
DES ACCOUCHEMENS. 497 2275. Toutes cesruptures ne pénètrent pas dans l'abdomen ; quelquefois le pérloine Qui est au dessus de la déchirure reste entier » Se détache des Parties Circonvoisines , se soulève comme on l'a vu $. 2269, forme une sorte de plancher qui s’outient les intestins , et qui empéche le sang qui provient de la rupture de s'épancher dans le yentre# - | 2270. On a vu le fœtus passer de la matrice dans le bas-ventre, par ces ruptures transversales du vagin , et quelquefois seulement une ou plusieurs de ces parties, comme à la suite de celles du col de la matrice même, ou bien se loger sous le plancher du péritoine dont on vient de parler. On à remarqué aussi que la tête qui occupoit le fond du bassin à l’instant où le vagin s’est déchiré, y avoit conservé sa position , quoique le tronc eût ensuite pénétré dans l'abdomen (1)3 mais ce qui est bien plus ordinaire dans tous ces cas, c’est l'issue des intestins à travers la crevasse’ soit avant j soit après la sortie de l’enfant de la matrice, qu'il ait passé de celle-ci dans l'abdomen, ou qu’on en ait fait l'extraction.
2277.Ona confondu souventen Opérant l’accouchement, ou en touchant la femme seulement, ces ruptures transversales du vagin avec celles du col de Ja matrice qui se font au-dessus de l'insertion de ce canal membraneux » parce que le siége des unes n'est pas éloigné de celui des autres, parce qu'elles ont presque toutes la même forme, et
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(1) Nous rapportons des exemples de tous ces faits dans le Mémoire inédit annoncé au $. 2260