‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 75 sur 88 · Tome II. T · texte numérisé non relu

Tome II. T

qu’au moment où elles se font, au moment où on les reconnoît, le museau de tanche est effacé et ne présente qu'une sorte de bourrelet qui a peu d'épaisseur. Si le danger qui accompagne les unes | peut paroître un peu moins grand que celui des | autres , relativement à l'accouchement, elles présentent toutes les mêmes indications , à quelques légères modifications prés. ‘+ Fu 2278. Le danger qui résulte de toutes ces rupnb tures , mais surtout de celles de la matrice, est en trie. général fâcheux, quoique subordonné cependant à leur espèce, à la cause qui les a produites, et à leur complication. Celles de la matrice sont plus dangereuses que celles du vagin; celles qui sont la suite des frottemens, des contusions dont on a parlé au . 2267 , le sont bien davantage encore que ces simples crevasses ou déchirures qui font le sujet des $. 2261 et suivans; celles qui sont suivies du passage de l'enfant dans l'abdomen, plus que celles après lesquelles il n’a éprouvé aucun déplacement, etc.

2270. Celles quise font par érosion, toujours précédées ou suivies de gangrène, n'arrivent, comme on l’adit au $. 2267, qu'après un long travail qui a porté le trouble dans toute l’économie, et affectent un organe qui étoit déjà dans un état de maladie : ; tandis que cet organe est parfaitement sain au moment où il se déchire brusquement, et qu'aucune fonction alors n’a encore été altérée. L'une est une plaie simple, l'autre une plaie très-Compliquée dés le moment où elle existe ; celle-ci est dangereuse par sa nature même, la prenuére ne le devient qu’accidentellement, et ses suites ficheuses

dépendent bien moins de la lésion de la matrice en elle-même, que de ses complications plus ou moins tardives.

2280. Il est excessivement rare que toutes ces ruptures , et les dernières surtout qui affectent le plus souvent le corps ou le fond de la matrice, ne soient pas suivies du passage de l’enfant dans l'abdomen : tantôt il y pénètre en entier , et tantôt ilne s'échappe de ce côté qu'un des membres, un bras ou une jambe, une main ou un pied seulement ; la moitié du tronc avec les membres abdominaux, le tronc tout entier ou la tête seule; quelquefois aussi aucune partie ne s'engage dans la plaie de la matrice, quoiqu'elle soit assez grande, parce qu'elle répond à une plus grande surface encore de l'enfant, comme au dos.

2281. L'arrière-faix peut suivre l'enfant dans l'abdomen , y être entraîné par cet enfant ou jeté par l’acuon de la matrice : quelquefois il reste dans ce viscère, ou bien il en est expulsé par la voie naturelle,

2282. Des flots de sang se précipitent aussi dans l'abdomen , soit avec le fœtus et l’'arrière-faix, soit sans eux, et y forment un épanchement toujours trés-fâcheux s'il n’est pas essentiellement mortel : les eaux de lamnios s'y joignent en quelques cas.

22683. Chez quelques femmes la matrice s’évacne subitement de tout ce qu’elle contient au moment de sa rupture , en le poussant dans l'abdomen , et chez d’autres elle le fait lentement. Dans le premier cas, l'instant de Ja rupture et celui où l'enfant tombe dans la cavité abdominale, paroiïssent indivisibles ; dans le second , ils sont assez distincts

pour qu'on puisse bien les observer, et suivre Îa marche de l'évacuation de la matrice. |

2284. Le passage de l'enfant, celui de larrièrefaix, et l'épanchement du sang dans la cavité abdominale , ne sont pas les seules complications qui s'annoncent dés les premiers momens de la rupture de la matrice : les intestins qui flottent audessus, pressés par l'enfantméme ou par les muscles abdominaux , s'insinuent quelquefois à travers Ja crevasse jusque dans la cavité même de cet organe et s’y étranglent comme dans une hernie ordinaire, si on ne les réduit promptement, et pendant que cetie crevasse conserve à peu pres Loule son étendue, parce qu'elle se resserre et diminue dans les mêmes proportions que la matrice se contracte sur elle-même et diminue de volume; et la femme quieüt peut-être échappéaux suites de larupturede la matrice, meurt dans les accidens d'une hernie étranglée, comme on le voit dans une observation communiquée à l’Académie de Chirurgie, par notre collège M. Percy, d'après son pére (4).

2285. La crainte d’être taxé d'impéritie en annoncant la rupture de la matrice à l'instant où elle s'est faite, ou bien dès qu’on l’a reconnue, semble avoir détourné les Accoucheurs qui en ont été témoins, de l'emploi des moyens de conserver la mère et l'enfant, bien plas que ne l’a fait la persuasion où ils étoient que cet accident est essentielle-

de

(1) On ne reconnut cette hernie qu’à l'ouverture du cadavre ; la plaie dans laquelle elle étoit étranglée etoit à peine sensible, quoiqu’elle eût été prodigieusement large avant la contraction de la matrice , au rapport de l'Auteur.

DES ACCOUCHEMENS. 561 ment mortel. Levret , qui avoit jugé conime beaucoup d'autres que la gastrotomie étoit la seule ressource qu'on püt tenter en quelques-uns de ces cas, sembloit douter qu’on la fitun Jour. « La mére et l'enfant sont perdus sans ressource, dit-il, quand la matrice se déchire avant l'accouchement ; il n°v auroit de moyen de sauver l’un et l’autre que la section de l'abdomen pratiquée sur le cham p:mais quel seroit, ajoute-t1}, l’Accouchenr assez décidé pour la faire assez promptement, et quels parens auroient assez de fermeté pour permettre qu'on y procédât sans délai ? » Si de nombreuses observations attestent la vérité du pronostic de Levret, et la nécessité de l'opération qu'il n’osoit recommander ouvertement, quelques-unes nous apprennent aussi qu'elle peut être faite avec succés, qu’il s'est rencontré des Chirurgiens assez dégagés de leur intérêt personnel pour la proposer sur-lechamp, et des femmes assez courageuses pour S'y soumettre sans retard. (Le

Paule 1-0. AN Et 1.

Des sisnes de la rupture de la matrice.

2280. La plupart des causes prédisposantes-de Signes de la rupture de la matrice nous étant le plus sonvent j° mue inconnues pendant le cours du travail, et cette rupture n'ayant pas lieu dans tous les cas où les plus apparentes rendent l'accouchement 1In pOSSIble sans le secours de l’art, il paroît extrêmement difficile d’assigner les signes qui annoncent qu’elle est réellement à craindre, et conséquemment d'en établir le traitement prophylactique.

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