‹ L'art des accouchemens (volume 5)Chapitre 79 sur 88 · L°AR JA · texte numérisé non relu

L°AR JA

qu’elle étoit encore enceinte; et elle Fétoit en effet, puisque les mouvemens de l'enfant se firent sentir distinctement trois semaines OU uz mois après cette époque; la femme n'ayant recu de nouveau les embrassemens de son mari que le 9 février, et que le6 juillet suivant elle accoucha d’une seconde fille bien portante , et qui paroïssoit parfaitement à terme : c’est-à-dire, cent soixante-huit jours aprés la naissance de la prennère. L’accouchement eut alors ses suites ordinaires, et la mère put transmettre au second enfant le lait que la nature lui avoit refusé pour le premier. Ces deux enfans vivoient encore en 1782. M. Desgranges n'a rien négligé de tout ce qui pouvoit donner à ce fait la plus grande authenticité.

2322. MM. Laudun et Bret, Médecins à Arles, ont communiqué séparément à la Société de Médecine de Paris, ün fait de la même espéce, et semblable au précédent, dans presque tous ses détails. La femme qui en est le sujet accoucha le 1 s novembre 1706, d'une fille bien portante qu’on Jugea du terme de neuf mois; les lochies disparurent dés le quatrième jour; 11 n’y eut point de lait au sein, quelque chose que fit cette femme pour alaiter son enfant ; un mois et demi après elle ressentit de nouveaux mouvemens qui Ini firent croire quelle avoit pu redevenir grosse le quatrième jour de ses couches, parce que son mari s’en éLoit approché à cette époque; mais elle accoucha le rt avril 1797, d’une autre fille qui parut parfaitement à terme, cinq mois juste après la naissance de la première : les mamelles bientôtaprès se remplirent de lait, et cette femme put en nourrir ses

DES ACCOUCHEÈEMENS. 5925 deux enfans pendant quelque temps, l’aînée n'ayant pas de nourrice. ( Voyez Recueil périodique de la Société de Médecine, rédigé par M. Sédillot , août r797.) |

2323. Si l'on ne peut assurer positivement que les jumeaux dont les enveloppes n’ont rien de commun entre elles soient le produit d’une même conception, au moins la chosé paroît-elle hors de doute à l'égard de ceux qui sont renfermés dans les mêmes membranes, et qui n'ont qu'un même placenta et un même chorion : à moins qu'on ne prétende que Ja sur-conception s’est faite dans les premières heures, dans le premier jour , etc. ; ce qui seroit encore trés-difficile à expliquer.

SECTION PREMIÉRE

Des signes de La grossesse composée de plusieurs enfans.

2324. Le volume extraordinaire de la matrice, à un terme quelconque de la grossesse, la division du ventre en deux tumeurs plus ou moins apparentes dans les derniers mois, l'infiltrauon des extrémités inférieures dès le troisième ou le quatrième , et les mouvemens que la femme dit ressenur dans plusieurs endroits en même temps, ne sont que des signes on ne peut plus incertains de la présence de plusieurs enfans. [l n’en est aucun que nous n’ayons observé chez des femmes qui n'étoient grosses que d’un seul enfant, tandis que souvent nous n’avons rien remarqué de semblable sur celles qui l’étoient véritablement de

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deux. Nous né disconviendrons cependant pas que la réunion de ces signes ne donne quelquefois de fortes présomptions de l'existence dés jumeaux; mais le toucher seul peut dissiper nos doutes, et encore n'est-ce que dans les derniers mois de la grossesse.

2325. Quand le développement de la matriceest assez grand pour faire soupçonner la présence de deux enfans, s’il n’en existe qu'un, il est toujour S trés-mobile, parce qu l se trouve flots au milieu d’une grande quantité d’eau ; on l’agite facilement au moyen du doigt inerte dans le vagin, et son ballottement n’est jamais plus méfifeste que dans cette occasion. Lorsqu 1] yena deux, ce mouvement au contraire est à peine sensible ; of distingue aisément que cehu de ces enfans qu'on veut agiter par le toucher, n’est environné que d’un peu de fluide, et qu'il est embarrassé par un autre corps solide ; si on applique une main sur le ventre de la ose dans l’un de ces instans où les parois de la matrice sont souples, et comme d’étendues, on peut reconnoître ces enfans aussi clairement qu’on distingue en d’autres cas les pieds, les genoux, ou le bras de celui qui est seul.

2526. La certitude des signes de l'existence de plusieurs enfans semble augmenter en raison du temps auquel.cette connoisance devient plus 1mportante. S'ils sont incertains dans les premiers - mois de la grossesse , il est assez indifférent alors de savoir s1 la femme est grosse de plusieurs én- {ans où d’un séul ; mais Es n'en est pas tout-à-fait de même au moment de l'acconchement, car de cette connoissance dépend quelquefois le salut de

ces enfans et celui de leur mère, comme on le remarquera ci-après, S'il est permis de douter de leur existence avant cette époque, l’on ne peut au moins méconnoître celle du second après la sortie du premier. Le ventre reste alors fort gros, la matrice paroît à peine diminuée, la femme ressent encore des mouvemens, ethbientôtelleesten proie à de nouvelles douleurs , qui ne cessent qu'après la sortie de ce second enfant. Si quelques-unes ont été assez heureuses pour s’en délivrer promptement , d'autres ne l'ont fait que le lendemain, le surlendemain, et même beaucoup plus tard; ou bien on ne les en a délivrées qu’à ces époques, soit qu'elles manquassent de force pour l’expulser, soit que cet enfant se présentät mal. Loin de prodiguer des louanges aux Accoucheurs qui avoient aidé quelques-unes de ces femmes dans leur premier travail, et d'admirer leur prudence, comme l’a fait plus d’une fois le publicignorant, qui a cru ce délai nécessaire à la perfection du second enfant, nous

pensons que ces Accoucheursne pouvoient donner

de plus fortes preuves d'ignorance ou d’inatten— üon, et que le succès qui à suivi leur conduite ne peut les en excuser aux yeux des gens 1nstruits.

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Des indications que présentent les jumeaux relativement à l'accouchement.

2527. Quoique la grossesse soit formée de plusieurs enfans , l'accouchement peut s’opérer aussi naturellement que s'il n’en existoit qu'un seul,

pourvu qu'ils se présentent successivement et dans une situation convenable à l’orifice de la matrice. On remarque seulement que l'expulsion du premier se fait assez souvent avec un peu plus de difficulté que dans l'accouchement ordinaire : ce quivient, sans doute, de ce que la matricene l’embrasse pas également de toutes parts, et ne peut agir immédiatement sur lui que d'un seul côté ; car chaque jumeau est en général plus peut que l'enfant qui constitue seul la grossesse (1).

2528. Quand le premier de ces enfans se présente bien, si sa tête s'engage en suivant la direction ordinaire à la position où elle se trouve, 1l faut en abandonner l'expulsion aux efforts de la nature. On se conduit de même à l'égard du second, s'il vient se placer aussi avantageusement à l’orifice de la matrice, et si la mère conserve assez de force pour s’en délivrer seule, ou à l’aide des soins qu'on a coutume de lui donner dans l’accouchement naturel; mais lorsqu'il se présente mal, 1] faut en aller chercher les pieds et les amener au dehors. S'il convient d'y procéder avant que la matrice ne se soit fortement contractée sur elle-même, 1l n’est pas moins avantageux d'attendre que ce viscère s'efforce de l'expulser, pour continuer de l’extraire : car 1l pourroit y avoir du danger à vider la matrice subitement et sans qu’elle y contribuät par

(x) Nous avons cependant vu des jumeaux dont le plus petit surpassoit la grosseur moyenne des enfans à terme, sa tête ayant {rois pouces huit lignes de diamètre transversal : et dans un autre cas ils pesoient ensemble pres d &ix-huit livres.

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son action; comme nous l'avons fait cohnoître dans un autre lieu. |

2329. Les jumeaux ne se présentent pas toujours, .. 1 aussi favorablement, et quelquefois l'issue du DRÉRE ae ne mier ne peut s'opérer sans les secours de Part, en quoiqu'il se trouve placé comme il convient et pres E que son volume soit médiocre relativement au fans. bassin de la mère. Cet effet nous semble dépendre de ce que la matrice ne peut presser cet enfant également de toutes parts, et que les forces expultrices se partagent sur lun et l’autre Jumeau ; de sorte que celui dont il s'agit n’est soumis qu'à l’impulsion de la plus petite partie : comme dans le Cas, par exemple, où le second est situé en travers. (Voyez. 2337.) re,

2350. Parmi les positions que les jumeaux peuvept prendre, tant respectivement à eux-mêmes qu'à l'égard de l'orifice de la matrice, nous n’exposerons ici que les principales , et celles qui sont | les plus ordinaires, parce qu'elles suffiront pour Pintelligence de ce que les autres exigent : Ja plupart échapperoient d’ailleurs à notre attention , si nous entreprenions de les faire connoître toutes , tant elles peuvent être variées. | |

2531. Chaque jumeau peut présenter la tête à l'entrée du bassin , mais d’une manicre différente, Ja face de l’un se trouvant en dessus » en dessous, ou de côté, en même temps que celle de l’antreest tournée en sebs contraire, Si ces enfans sont placés quelquefois parallèlement à côté l'un de l’autre, d'autres fois ils se croisent obliquement: de sorte que la tête de celui dont le tronc occupe le côté droit de la matrice est appuyé sur le bas de la

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