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servi long-temps avant qu l ne connûüt ce levier, et comme 1l a continué de le faire depuis dans tous ces cas qui, selon Levret, sont très-communs, mais fort mal connus (1). Ils sont fort mal connus en effet, et ils doivent l'être, s’1l faut admettre l'enfoncement de l’épineischiatique dans la suture sagittale; carnous mettonsen fait qu'on ne pourroit en citer un seul exemple ; et 1l est impossible que cela se fasse, comme le dit ce savant Accoucheur ; même en aucun cas de mauvaise conformation du bassin. Mais ne jugeons pas trop sévèrement cet auteur d'après quelques expressions qui ont pu lui échapper, et ne voyons, dans ces sortes de cas, que celui qu'il décrit si clairement dans l’une de ses observations (2), et dans la position où 1leprésente 1c1 la tête de l'enfant, que celle que nous avons exposée nous-même aux $. 1288 et sulvans, et convenons avec lui, que c'est un des cas où le levier peut être le plus utilement employé, quoi=. qu'il soit trés-rarement indispensable. :
1667. Camper, plus indulgent que nous, ne doute pas que la tête de F efint n'ait été enclavée dans tous les accouchemens opérés par de Bruyn; avec le levier de Roonhuisen; 1l s'efforce seulement de prouver que cet Accoucheur et ceux qui étoient alors en possession de ce levier, ne ont pas souvent appliqué sur l'occiput conformément à leur intention , mais presque toujours sur l'angle
(1) Suite des Observations sur la cause de plusieurs Accouchemens laborieux , quatrième édition , page 292 et Suiv.
(2) Levret, le même ouvrage, page 4, Observ. 2.
DES ACCOUCHEMENS. 45 de la mâchoire inférieure, ou sur l’un des côtés de la tête, comme il s’en est convaincu, dit-il, par sa propre expérience, et comme lui ont paru le dénoter les marques rouges qu La quelquefois observées sur ces parties, dans des cas où d’autres s’étoient servis de l'instrument, Mais ces marques rouges prouvent-elles bien réellement ce que Camper prétend établir à ce suje et? Elles feroient présumer au plus que la tête de F enfant étoit située en travers dans ces cas particuliers, comme on le voit presque toujours quand elle s'arrête au nulieu du bassin, et que les par üsans du levier n’ont alors agl sur l’un de ses CÔtés, que parce qu ils ne connoissoient qu ’une maniere d’ employer cet instrument et qu'ils se persuadoient qu'il devoit être placé constamment sous le pubis, où, selon eux, l'occiput se trouvoit presque toujours : car ils n’ont pas méconnu ces positions tr: ‘ansversales. Ils étoient dans l'opinion, il est vrai, qu’elles se rencontroient rarement , et que le plus souvent encore on ne pouvoit les distinguer avant d'opérer : aussi recommandoient-1ls d'agir avec précaution, et de bien modérer la pression que le bout du levier exercoit sur la tête, quand on avoit lieu de présumer que celle-ci Frot située de côté, crainte de blesser l'oreille, la joue ou l'œil, etc. |
1668. L’assertion hasardée de Camper ne paroîit asavoirdebase plussolide que celle qu'il déduit de otibee de porter le levier sur l'occiput , fortement serre contre le pubis quand la tête est enclavée. S'il pouvoit y pénétrer au point que sa courbure embrassât bien la convexité de cette région, nous ne voyons pas comment il s’en détour-
neroit dés Finstant qu'on feroit effort pour en élever le bout extérieur , et 11 seroit même difficile de concevoir qu'il pût quitter ce lieu. En accordant à de Bruyn qu'il eût désenclavé huit cents têtes avec cet instrument, Camper se réservoit d'en urer une conséquence favorable à son opinion : c'est que de Bruyn, ne pouvant alors agir sur l’occiput , a dù le faire sur un autre endroit de ia tête; c'est-à-dire, sur l’un de ses côtés, à une distance plus ou moins grande du menton.
Plusieurs partisans du levier ont été convaincus, dit-il, de tout ce qu'il avance à ce sujet, en le voy ant opérer sur un cadavre, dans le temps où 1} étoit professeur à Amsterdam : 1] compte Titsingh parmi ceux qui lui avouerent que l'instrument devoit être placé comme il le démontroit.
Nous avons déjà annoncé le désaveu de ce dernier, et nous dirons deux mots de sa méthode dans la suite.
. 1660. Camper, en s’élevant contre la méthode de Roonhuisen, ne s’en déclare pas moins ouvértement en fiveut du levier; mais 1l veut qu’on l'emploie d’une autre manière. « Introduisez, dit- » 1}, toute la cavité de l'instrument, soit le long » du front, de la tempe on de l'occiput, dans la » matrice avec la main droite, jusqu’à ce que » vous sentiez que la cavité réponde à à la con- » vexilé de la tête, alors 1l passera l'oreille et se » posera à CÔté du cou, et le bout vers le menton » de l'enfant plus ou moins, selon la grandeur de » la tête : levez alors l'autre bout, puis appliquez » la main gauche vers le milieu de la spatule, » déprimant ainsi, ettirant la tête en même temps
DES ACCOUCHEMENS. 47 » en en-bas….. elle sera délivrée dans un instant ».
10670. On sera frappé de l'opposition de Camper Notre opiavec ra si l’on compare ce qu'il prescrit nipode & ici avec ce qu 1l MA ne en parlant de la méthode Camper. de ceux qui employoient le levier avant lui ; puisque, après avoir nié la possibilité de le placer sur l'occiput, qui est, dit-1l, comme fortement collé contre le pubis dans le casd’enclavement, 1l recoimmande de l’introdure dans ce même endroit, ou le long du front, qui n’est pas moins fortement pressé contre le sacrum. Ce premier point de sa méthode se réfute par sa doctrine même sur l’enclavement ; doctrine que nous tenons pour vraie et des mieux fondées sur l’observauon.
1671. En supposant que la tête de l’enfant n’eût pas été réellement enclavée dans les cas où Camper a fait usage du levier, comme nous avons démontré, même d’après lui, qu’elle ne létoit pas dans ceux énoncés par de Bruyn, cetie nouvelle maniére de diriger l'instrument n'en paroïtroit pas moins défectueuse, et l’on n’en concevroit pas mieux la possibilité. Quel que soit le volume de la tête respectivement à la capacité du bassin, comment se persuader, en effet , que le bout du levier , iniro= duit à plat sous le pubis où répond l'occiput, puisse passer à or du cou, et aller s'appuyer vers le menton ? Coimnment le conduire sur ce même point, en le faisant monter le long de la tempe, même le long du front qui occupe alors le bas de la courbure du sacrum ? Pour qu 71] puisse se porter au-delà de l'angle de la mâchoire inférieure vers le menton, e” que la courbure de Ja spatule embrasse HEURE la convexité de la tête, lin-
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strument doit être placé de champ sur l'un des côtés du bassin, et un peu obliquement de bas en haut et de devant en‘arrière; il doit s'appuyer par l'un de ses bords contre le sommet de arcade du pubis, qui lui sert comme de point d’ appui pendant l’extracuon de la tête, et agir seulement de l'extrémité de son autre ét sur la base de la mâchoire auprès du lieu quiest désigné. Cenest pas ainsi que le représente Camper : c'est la largeur du corps de l'instrument, etnon le bord, qui s'appuie contre la marge inférieure de la symphyse du pubis. Or, dans ce rapport, la concavité de Ja spatule ne peut embrasser que la région de la tête qui est derriere cette symphyse, ei son extrémité ne sauroit être auprès du menton qu'autant que l'une des régions temporales se trouveroit sous cette symphyse : 1l n’est personne qui ne con-— vienne de ces vérités, tant elles sont à la portée de tout le monde.
1672. S1 la méthode de Camper étoit praucable, elle ne seroit préférable à celle de Roonhuisen que dans un seul point : ce ne seroit que par rapport à la direction que l'instrument feroit suivre à la tête de l'enfant dans son passage à travers le détroit inférieur et le sinus des parues extérieures. Agissant comme levier du premier genre, son extrémité appuyée sur la base de la mâchoire pres le menton, entraînant celui-c1 dans le cercle qu'elle doit décrire (1), 1l favoriseroit les efforts de la
(x) L'action du levier du premier genre est telle, que chacune de ses extrémités décrit un arc, à contresdelis nature,
1Ss ACCOUCHÉMENS. 49 nature, qui ne tendent qu'à lui iniprimer cette direcuon. (Foyez $: 685 et. 1{,62) : mais pour que les eflorts de l’art et ceux de la nature même, agissant ainsi dé concert, soient salutaires et opérent la sortie de la tête, 11 est indispensable qu'elle soit assez avancée dans le bassin pour que l occiput réponde en plein à larcade du pabis, et puisse s'y engager en s'élevant à l'extériéenr vers le mont de Vénus, 1 tandis que Île menton parcourra, au-devant du sacrum, la ligne courbe déjà connue. Sans cette condition, qui ne sauroit avoir lieu dans l'enclavement cs l'espèce prise pour exemple, d’ après tous les partisans du levier, cette marche de la tête, qui est la seule naturelle, ne peut $ SAM Agir du bout du levier auprès du menton, et s’efforcer de le faire descendre, avant que l bar ne puisse s'engager sous Ps cade du pubis, ce seroit agir contre les principés de l’art, mécounoître lé mécanisme de l'énclavement, ce en quoi la tête s'est déviée de sa niarehe dédinsére pour s'enclater, et né pas faire une meilleure applicauon de la théorie des leviers.
l’une de l’autre. Supposez le levier placé sous la symphyse du pubis, dont le bord.inférieur doit lui servir de point d’ appui, et mettez-le en action , comme le recommandent ses partisans : en relevant l'extrémité qui est audehors vers le ventre de la femme, vous lui ferez décrire un arc dont la convexité regarderä l'anus, et la concavité le devant du pubis, tandis que l'extrémité. cachée en décrira un autre dont la concavité sera en en-bas. et la convexité vers le détroit abdominal, et ensuite Île dévant du sacrum : ce seroit, selon ce derhier , que le bout du levier appliqué prés le menton lentraîneroit.