H ne faut le laisser que le moins de temps
Des ligatures qu'on fait au cordon.
De l'utilité et des inconvéntens de ces ligatures.
possible sous ces couvertures , parce qu'il ne peut yrespirer, quoiqu "on ue un peu,qu'un air humide, toujours trop raréfié, et le plus souvent infecté des matières animales qui proviennent des excrémens et des urines que la femme a rendus involontairement dans les derniers momens du travail ; bien différent de cet air pur et tempéré qui convient si fort à la délicatesse de ses organes et à son état d'anxiété.
841. L'usage de faire deux ligatu res au cordon avant de le couper paroit aussi ancien que l'art même. La crainte d’une hémorragie dangereuse, en voyant couler quelques gouties de sang des vaisseaux divisés , plutôt que cette hémorragie même, semble y ur donné lieu ; et l’on nesauroit encore s'élever aujourd hui contre cet usage, sans s'exposer à être taxé d’ignorance et d'impéritie, tant il a été respecté dans tous les temps.
8/42. Ces ligatures ne paroissent cependant pas essentiellement nécessaires dans l’ordre naturel, et elles ne le sont pas-en effet, puisque les vaisseaux du cordon coupé à quelques pouces de lom-
3 bilic, ne versent tout au plus de part et d'autre
qu’une demi-once ou une once de sang, et souvent moins et que ce fluide s'arrête ensuite 46 lui-même. Ces ligatures ne paroissent pas seulement inutiles das le premier moment, elles peuvent même devenir nuisibles en plusieurs Cir-
constances,
843. Celle qui se fait sur la portion du cordon . qui reste à l'ombilic est toujours nuisible aux enfants pléthoriques, dont la naissance plusou moins laborieuse a donné lieu à des embarras sanguins
DES ACCOUCHEMENS. 909 dans les principaux viscères , et bien plus encore à ceux qui naissent dans un état d’apoplexie, ayant la face livide, gonflée et présentant partout des marques d’un engorgement profond; car elle ne manque pas d'assurer leur perte, en s’opposant à l'évacuation qu'il est st important alors de pro-
curer par le cordon. (Foyez $ 560 et suivans.) 8/44. Mais cette méme ligature, dangereuse
Du temps
dans les circonstances énoncées, et toujours inu- où il faat lier
tile d'ailleurs dans le premier moment, peut devenir très nécessaire par la suite, puisqu'on à vu des enfans périr d’hémorragie par le cordon ombilical (1), dont la ligature avoit été mal faite, et d’autres considérablementaffoiblis par cette pente; les uns le jour même, les autres le lendemain, le surlendemain de leur naissance , et même plus tard. Si le sang peut reprendre son cours vers les vaisseaux ombilicaux , quoiqu'il ait cessé d’y passer depuis quelques instans, mème quelques heures et plus, et que rien ne puisse affranchir l'enfant de toutes les causes qui le déterminent à reprendre son ancienne route, comme on ne
(1) Si on en trouve peu d’exemples dans les auteurs, c’est qu'on ne s’est pas donné la peine de les recueillir tonus Mauriceau en cite un, observ. 143 , supplément de ses observations : l'enfant étoit né depuis une heure seulement. Le Journal de Médecine, rédigé par M. Sédillot, en offre deux autres : chez l’un des enfans, ou s’apercut de l’hémorragie au bout de douze heures; et chez l’autre elle n'eut lieu que
le cordon.
deux jours après la chute du cordon, et le onzième de la nais=
sance de l’enfant. { Voyez le Recueil Périodique de la Société
de médecine, tom, V, pag. 345 , ettom. XXII, pag. 153.) L 24
370 L'ART De ia ma- peut en douter d'après ces tristes exemples, il et ler fant done lier le cordon et le lier avec soin. le cordon. ns (Foyez $ 567 et suivans.) 845. Pour bien faire cette ligature, on réunit d’abord cinq ou six brins de fil de moyenne gros- | seur; on en fait sur le cordon un circulaire, qu'on arrête par le nœnd simple; ensuite un deuxieme et troisième tour fixés par deux nœuds, en observant que cette ligature soit assez serrée pour ré- | sister, au besoin, à l'impulsion du sang. Quand | le cordon est gras, infiltré, et comme œdémateux dans le lieu où on doit le lier , il vaut mieux faire À deux ligatures, à cinq ou six lignes de distance, { qu'une seule; parce que la première, quoique très serrée en apparence dans les premiers instans, n'oblitère pas toujours les vaisseaux, et peut se trouver assez lâche, lorsquele tissu cellulaire du cordon vient à s’affaisser, pour permettreau sang de passer librement dessous , si quelque cause le détermine de nouveau vers cet endroit.
Précautions 846. Quelques accoucheurs, avant de lier le recomman- cordon, recommandent d’en exprimer le peu de
| | l dées avant la : We .
H} ligature du SAN£ qu il contient , ainsi que cette humeur Jau- | |
cordon. nâtre et muqueuse qui en infiltre le tissu cellu-
Jaire : précaution que bien des personnes exigent
encore, parce qu'on leur a fait croire que le germe
de plusieurs maladies, tel que celui de la petite
| vérole, des gales laiteuses, du tétanos même, se
À trouvoit dans cette humeur, ou provenoit de la
corruption du peu de sang qu'on retiroit ainsi des vaisseaux ombilicaux. |