Quoique très indifférente sous cerapport
cette précaution est bonne quand le cordon est
tres gros et infiltré. Dans ce dernier cas on y fait même de légères mouchetures avec la pointe des ciseaux, en évitant les vaisseaux , pour en exprimer le plus qu'on le peut de cette humeur visqueuse et glaireuse qui le rend aussi gros. Le cordon s’en détache plus vite; la fonte putride qu'il éprouve toujours auparavant endommage moins la peau des environs de l’ombilic, y produit moins de rougeur, d’ulcération érysipélateuse qui retardent la cicatrice, LÉ
848. L'usage est delier le cordon à deux pouces ne penou environ de lombilic ; il faut s’y conformer, droit où l'on parce que le vulgaire croit que celui-ci est plus ru le enfoncé ou plus saillant, selon que la ligature a été faite plus près ou plus loin du ventre, et que l'enfant en est plus ou moins exposé à la hernie ombilicale ,quoiquel'accoucheurdoive en penser bien différemment. Le cordon nesedétache jamais à l'endroit où il est lié, mais toujours dans le lieu du cercle où se borne l’épiderme, ou la peau de l'enfant , sans qu'on puisse en donner une explication bien claire et bien satisfaisante. La cicatrice de l'ombilic est plus saillante ou plus enfoncée , selon que ces tégumens s’avancent plus ou moins sur le cordon. La disposition à la hernie est étrangère à toutes ces causes; elle tient à la foiblesse naturelle de l'anneau , et plus encore au peu de soin qu'on apporte à soutenir ce point dans les premiers mois de la naissance.
849. La ligature qui a pour but de s’opposer à Delaligatul'écoulement du sang de la mère par la veine om- LE bilicale, n’est pas seulement inutile, comme on du cordon
l’a déjà dit : en s’opposant au dégorgement du pla- qui reste au PP CS FE placenta.
centa , elle peut, en quelques cas, rendre la déhivrance un peu plus difficile. Comme elle n’est essentiellement nécessaire dans aucun, On ne doit pas la faire ; c'est la pratique que nous avons toujours suivie et enseignée ; et Sellie en avoit reconnu et annoncé tous Îles avantages longtemps auparavant. Cette ligature ne seroit pas mieux indiquée quand on verroit le sang couler de la veine ombilicale , ainsi qu’on l’a dit lavoir vu chez les femmes qui en ont perdu plusieurs pintes par cette voie, et comme nous l'avons observé plusieurs fois sans qu'il s’en soit cependant écoulé autant (1). En s’opposant à l'écoulement du sang par la veine ombilicale , la ligature peut donner lieu à l'engorgement de tout le système du placenta, au gonflement extraordinaire de cette masse, et à son détachement de la matrice; conséquemment à une perte dont l'intensité sera proportionnée à l’inertie où est alors ce viscère, Cette inertie qui existe toujours quand il découle autant de sang de la veine ombilicale, présente une indication bien différente de celle de lier le bout du cordon qui répond au placenta : il faut, en pareil cas, faire contracter la matrice, dissiper l’engourdissement de ses fibres , et l'hémorragie s'arrête sans ligature , ainsi que la perte s’arrête apres la délivrance, à mesure que la matrice se resserre sur elle-mème. L'expérience nous a démontré plus d'une fois la vérité de cette assertion, et Fa mise dans la plus grande évidence aux yeux de nos élèves.
(1) Voyez 564 et la note indiquée à ce $.
SECTION II
Des secours qu’on doit donner à l'enfant qui naït dans un éta
morbifique.
850. Plusieurs enfans naissent dans un état d’a- pes soins poplexie; d’autres dans un état d’asphyxie ou de . pre mort apparente, et quelques uns viennent si (ER bles qu’on ose à peine se flatter de les ranimer. espèce d'apo-
851. La section du cordon, à cause du dégor- plexie.
gement qu’elle procure , est le secours le plus efficace qu’on puisse donner à ceux qui naissent dans un état d’apoplexie ou d'engorgement tel que la face est tuméfiée, livide et comme plombée ; et il ne seroit pas moins dangereux pour ces enfans de laisser le cordon entier que de le lier. ( Voyez $ 560 et suivans.)
852. Les forces vitales sont quelquefois tellementaffoiblies dans cessortes de cas,qu'on obtient à peine quelques gouttes de sang de la section du cordon ombilical ; ce qui ne sauroit suffire , si on n’en exprime pas davantage, en pressant mollement etalternativement le ventre. Souvent même ce n’est qu’en plongeant le corps de l'enfant, jusqu’à la hauteur des aisselles, dans un bain plus que tiède, et animé par quelque liqueur spiritueuse, comme le vin ou l’eau-de vie, qu’on obtient le dégorgement nécessaire pour dissiper la surcharge des vaisseaux du cerveau , et faire disparoitre la tuméfaction et la lividité de la face.
853. On réveille par ce moyen lirritabilité du cœur prête à s’éteindre, on excite ses contrac
tions, on les anime au point de voir bientôt reparoître ses pulsations, celles des artères du cordon même et des carotides, quoiqu’elles fussent cessées depuis quelques minutes ; et le sang qui tomboit goutte à goutte des artères ombilicales dans le vase où on baigne l'enfant , ne tarde pas à sortir par jets, et à s’élancer au-delà du bord de ce vase. Nous avons observé tous ces effets sur des enfans quiétoient nés dans l’état de suffocation la plus complète, et qu’on avoit déjà abandonnés comme morts, apres quelques instans de soins infructueux. L'un de ces enfans ne donnoit encore, une demi-heure après sa naissance, que des signes de vie trésincertains, et n’en manifesta de positifs qu'après plus d'une heure. On ne peut,en effet, regarder comme tels les oscillations excitées par la chaleur et l’activité du bain (1).
854. On tient la tête de ces enfatis exposée à un air libre et tempéré, au-dessus du vase dans léquel le corps est plongé, et de manière que la vapeur qui s’en élève n’augmente pas la rougeur de la face, soit qu’on les mette dans le bain que nous venons de prescrire, ou non, selün qu'on le
juge à propos ; on retire de leur bouche les glaires qui la remplissent assez souvent (2), et l’on
(1) Nous avons sur cet objet des observations intéressantes qui ne sauroient trouver place ici, à cause des bornes que nous nous sommes prescrites, Dans tous ces cas, le sang qui découle d’abord du cordon est extrêmement noir, et il ne se colore et ne devient rouge qu'à mesure que les signes positifs de la vie se manifestent,
(2) Cette précaution est souvent une des plus importantes
établit chez eux une sorte de respiration artificielle, en soufflant à plusieurs reprises dans la bouche pendant qu'on pince un peu le nez , et en comprimant ensuite la poitrine autant de fois, mais avec précaution. On irrite la membrane è pituitaire avec la barbe d’une plume; on approche du nez un peu d'alcali volatil; on frotte les régions temporales , celles de l’épine et du cœur avec des linges trempés dans une liqueur spiritueuse quelconque, lorsque ces enfans sont
hors du bain.
855. Ces derniers secours doivent être bien. Soins qu'il moins épargnés encore aux enfans qui naissent RS LS pâles et décolorés , qui ont les membres flasques, quand il naît et qui paroissent dans cet état moyen entre la vie qu Na et la mort, connu sous le nom d’asphyxie , qu'à LR ceux dont on vient de parler.
856. Les frictions sèches faites avec des linges chauds dans toute l'étendue de lépine, l’insufflation de fumée de carte dans l’anus, ne doivent pas” être négligées. Le passage réitéré et accéléré, mais léger, d'une brosse un peu rude, tant sur la plante des pieds que sur la paume des mains et le long du dos, est peut-être ce qu'il y a de plus efficace pour réveiller le principe de la vie chez ces sortes d’enfans. On peut aussi très utilement faire couler. dans la bouche une où deux gouttes d’alcali volatil, mélées à une petite cuillerée d’eau. Au défaut
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et des plus efficaces. Lorsque le doigt ne suffit pas pour retirer ces glaires de la bouche, on y introduit fort avant, et dans le pharynx mêrhe , la barbe d’une plume, autour de laquelle on les ramasse; on les roule en quelque sorte pour les extraire,
376 L'ART d’alcali, on leur met sous le nez de l’ognon ou de lPail écrasé.
857. Desenfans à qui l’on avoit administré quelques uns de ces soins avec trop d'économie, ou peut-être qui n’en avoient été privés que parce qu'on les croyoit morts, ont été retirés vivans plusieurs heures après, de dessous les linges oùils étoient déjà en quelque sorte ensevelis (1): ce qui fait croire qu’on auroit pu en sauver un grand nombre d’autres, en s’occupant plus sérieusement de leur conservation.
Des précau- 858. On pense généralement qu'il est essentiel] re Fur: de tenir ces enfans pendant quelque temps auenvers les en Prés de leur mère, sans couper le cordon ombilifans qui sont Ca] ; de même que ceux qui naissent dans un excès Le de foiblesse si considérable, qu’il y a peu d'espoir
de les conserver. Cette précaution n’est pas seulement inutile à l’égard des enfans qui sont entierement asphyxiés, et chez lesquels on ne découvre si aucun signe de vie; mais elle peut encore devenir nuisible à ces enfans. Le passage du sang des vaisseaux de la matrice dans ceux du placenta, et vice versä, ne se faisant plus alors, et la circulation étant éteinte dans le cordon, ces enfans ne peuvent être revivifiés par leur mere, comme quelques uns l'ont pensé. Elle ne peut leur communiquer qu'un peu de chaleur, qu'ilesthien plus facile et plus sûr de leur procurer d’ailleurs ; et
(1) Nous aurions encore à rapporter ici quelques faits de cette espèce, dont nous avons été témoin ; et d’autres, peut-être plus extraordinaires, qui nous ont été communiqués ainsi qu’à l’Académie de chirurgie.
‘dans l’attente de ce vain avantage, on les prive de secours plus réels et plus efficaces, qu'on ne peut administrer qu'après les avoir éloignés de la mere.
859. Dés qu'il n’y a plus de pulsations dans les artères du cordon, il faut en faire la section; et Ja ligature devient inutile dans ce premier moment, puisqu'il n’y coule plus de sang. Après avoir retiré
‘l'enfant de dessous les couvertures, on le tient chaudement , et on lui donne les soins indiqués au $852 et suivans. On ne doit conserver ce cordon entier qu’autantqu'ily aencore quelque mouvement dans les artères; que l'enfant n’est que foible , et respire à peine. On peut aussi, lorsqu'on a éloigné cet enfant de sa mere, le baigner dans l’eau tiède, mélée avec du vin; mais on ne doit jamais le plonger dans l’eau-de-vie pure, dans des vins spiritueux, etc. Des enfans plus forts ont manqué d’être victimes de la trop grande crédulité de leurs parens au sujet de pareils bains: les uns y ontéprouvé, sous nos yeux,de vives menaces de convulsions ; les autres en ont été retirésavec Ja face tuméfiée et livide, et comme dans un état d'apoplexie;etl’un d’entreeux, dès le jour même, fut couvert dans toute l'habitude du corps de petites taches rouges semblables à des morsures de puces, dont la plupart s’ulcérèrent dès le lendemain : il a vécu huit jours dans cet état.
860. À la suite des accouchemens naturels qui pes tumeurs ont été difficiles et longs, soit à cause du peu de sanguines à largeur des détroits du bassin, ou de la résistance ‘x sé Fa des parties molles, les enfans apportent quelque- . fois au sommet de la tête, et le plus souvent un
peu en arrière, une tumeur plus ou moins volumineuse, et pour l'ordinaire assez pâteuse; le crâne même se trouve plus allongé, ou bien il « éprouvé d’autres changemens qui le font paroître difforme; les os sont déprimés dans certains endroits, ou il sont fracturés, et il y a enfoncement des pièces : ce qui demande de nouveaux secours.
861. Quand la tumeur du cuir chevelu n’est simplement qu'œdémateuse, elle se dissipe très aisément et en peu de temps; il suffit de l'étuver plusieurs fois avec du vin, de l’eau marinée, ou une infusion vulnéraire. Cette tumeur se résout plus difficilement, lorsqu'elle est sanguine, et surtout quand le sang, comme je l'ai remarqué plusieurs fois, est épanché sous le péricrane , ou sous les tégumens.Onesttoujours obligé d'ouvrir cette derniére espèce de tumeur : si les suites en sont simples quand le sang n’est épanché que sous les tégumens communs, iln'enest pas constamment de même lorsque ces tumeurs ont leur siége sur le crâne même, et que les os se trouvent à découvert après l’incision : ce cas est le plus ordinaire.
862. Le public se persuade encore que l’accoucheur doit pétrir la tête de l'enfant pour lui rendre sa forme naturelle, lorsqu'elle paroït lavoir perdue dans l'accouchement, et bien des matrones sont dans la même opinion. Quoique de pareilles pressions méthodiquement faites n'aient rien de bien dangereux pour l'enfant, nous pensons qu'il vaut mieux les proscrire et ne rien faire, parce que la tête reprend d'elle-même sa conformation naturelle. Ge n’est que quandily a