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Au défaut du lait de la mère, on donne

DES ACCOUCHEMENS. 887 celui d'une autre femme, Quoique le lait des animaux réussisse le plus souvent assez mal, surtout dans les grandes villes, où l’on peut difficilement s’en procurer de bon, on est cependant obligé quelquefois d'y avoir recours pen: dant plusieurs jours. On donne alors celui de vache, affoibli avec partie égale d'eau commune, ou une décoction d'orge. On a préféré jusqu'ici Je lait de chèvre à ce dernier, lorsque des circonstances particulières ne permettoient pas de donner de nourrice à l'enfant, soit parce qu’on l'a cru plus analogue à celui de la femme, soit parce que la chèvre se prête volontiers à la succion de l'enfant, et s'y accoutume sans peine. Mais le lait des animaux ne réussit pas des mieux, quelles que soient les précautions qu’on prenne pour l'administrer (1). |

889. Il ne convient pas mieux d'habituer l’enfant à ne téter qu'à certaines heures du jour, que de le présenter au sein toutes les fois qu'il s'éveille ou qu’il crie. Il fant allaiter quand il a faim; et avec un peu de soin, la nourrice pourra distinguer les cris excités par ce besoin, d'avec ceux que font pousser la douleur ou la gêne.

886. La nourrice ne devroit donner le sein à son enfant que quelque temps après ses repas, Si ce n'est dans le cas où l'on chercheroit à rendre son lait médicamenteux : alors elle laissera moins

(1) Nous sommes entré dans de plus grands détails sur la nourriture des enfans, dans un ouvrage publié en faveur des sages-femmes; on peut le consulter depuis la page 299 jusqu'à celle 305 inclusivement , troisième édition.

Du temps où il faut allaiter l’enfant,

Des inconvéniens de la

bouillie ordi- £

naire, et de celle qu’on peut y substituer apres quelques mois.

388 : L'ART d'intervalle, et ne mettra que £elui qu'on Jui prescrira. Celle qui a souffert longtemps la faim, doit prendre quelque peu d’alimens un quart d'heure avant de donner à téter. Elle ne doit Jamais le faire dans un état d'ivresse, ou de violente passion, dans l'effet d’un purgatif, ni immédiatement après s'être livrée à l'acte du mariage.

887. La bouillie, dont l’usage paroïit encore si généralement adopté, ne convient Jamais à l’enfant dans le premier temps de sa naissance. C'est avec raison qu'on la regarde comme le plus pernicieux de tous les alimens qu'on puisse lui donner alors; et l'exemple d’un grand nombre d’enfans qui ont eu la force de la digérer, ne doit pas rassurer contre ses mauvaises qualités, surtout quand on la prépare avec aussi peu de soin quele font la plupart des nourrices. On diminue la viscosité de la bouillie et on la rend un peu plus facile à digérer en faisant cuire auparavant la farine avec laquelle on la prépare; et il vaudroit peut-être mieux faire germer le grain, et le préparer comme celui que les brasseurs emploient à la confection de la bière. On préfère avec raison, depuis quelques années , la fécule de pomme dë terre à la farine de ÉFSRRE

888. Une panade bien faite et bien légère seroit préférable à la bouillie, si on trouvait aisément partout d'assez bon pain pour la faire , et si on se donnoit la peine de la bien faire; mais on nedoit commencer à donner de ces alimens que lorsque le lait de la nourrice ne suffit plus. On lui donne, dans la suite, un peu plus souventde cette panade où de bouillie, pour préparer l'enfant au sevrage.

889. Quoiqu'il paroisse très conforme au vœu Du temps de la nature dene sevrer l’enfant qu'après l’érup- Ni tion de ses vingt premières dents, on ne laisse pas de le faire, en général, beaucoup plus tôt, soit parce que le jait vient à manquer, soit par d’autres motifs. Un grand nombre de ces enfans,sevrés prématurément, auroient été fort heureux de retrouver ensuite le lait de leur nourrice, parce qu'ils étoient devenus languissans pendant le travail de leurs dernières dents , et qu'ils ne pouvoient digérer aucune espèce d’alimens. Or doit sevrer le plus tard possible, si on le fait avant l’éruption de toutes les dents de lait, et choisir pour le faire le moment où la bouche sera le moins échauffée par le travail de la dentition.

899. De toutes les choses qu’on est dans usage Des choses de prescrire aux femmes pour leur procurer plus 4 [RENE de lait, lorsqu'il vient à diminuer, rien ne réussit Aube Su mieux que celui de vache, pur, ou coupé avec Ja nourrice. décoction d'orge, malgré le préjugé où elles sont que le lait chasse le lait.

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