CHAPITRE VY
DES ACCOUCHEMENS OU L'ENFANT PRÉSENTE A L'ORIFICE DE LA MATRICE LES DIFFÉRENTES RÉGIONS DE SA SURFACE POSTÉRIEURE.
Des aceou- | 409- Ces accouchemens se rencontrent un peu chemeus où plus souvent que ceux où l'enfant présente une l'enfant pré- des régions de sa surface antérieure. On a vu ciae pr “A devant quelle attitudesingulière et génante il desurface posté- voit prendre pour présenter la face, le cou, la Re poitrine ou le bas-ventre, et quel devoit être l’en-
chainement des causes nécessaires pour produire cet effet. Il n’en est pas de même des accouchemens dont nous allons faire l’exposé; des causes trés simples, telles que l'obliquité de la matrice, et une plus grande quantité d'eau qu’à l'ordinaire, peuvent y donner lieu ; parce que l'enfant, sans perdre la forme ovoïde sous laquelle il est naturellement replié dans le sein de sa mère, peut offrir à l’orifice de la matrice la région occipitale, le derriere du cou , le dos et les lombes. Pronostic 1410. Le même danger n'accompagne pas non général de ces plus ces deux ordres d’accouchemens. Ceux dont LR nous allons parler sont moins fâcheux, toutes choses égales d'ailleurs, pour la mère et pour l’enfant. Ils offrent d’ailleurs bien moins de difficultés que les premiers.
ARTICLE PREMIER
Des accouchemens dans lesquels l'enfant presente la
region occipitale à l’orifice de la matrice.
SECTION PREMIÈRE
Des causes, des signes caractéristiques de ces accouchemens, et des -
indications qu’ils nous offrent.
1411. La présence de la région occipitale à Accouchel’orifice de la matrice, ou sur l’entrée du bassin, mens où l'enparoît n'avoir d'autres causes que la déviation de cire l'axe longitudinal de l'enfant relativement à celui cipitale. du bassin : ce qui peut dépendre de lobliquité même de la matrice, ou de la grande quantité d’eau qu’elle renferme, comme on l'annonce au $ 1400.
1412. Une tumeur ronde etsolide, sur laquelle on distingue la fontanelle postérieure, la suture lambdoïde et Les espaces membraneux quisontau bas de chacune de ses branches, caractérise la région occipitale, ,
1413. Cetterégion peutseprésenterdans quatre Des diversituations différentes. Dans la première, le som -ses manières met de la tête est appuyé contre la saillie du sa- enr crum, et le derriere du cou sur le rebord des os ra “ pubis, de sorte que le dos répond à la partie antérieure de la matrice.
1414. Dansla seconde position, lesommet dela tête est au-dessus des os pubis, le derrière du cou
618 L'ART sur la base du sacrum , et le dos de l’enfant contre la partie postérieure de la matrice.
1415. Dans la troisième position, le derrière du cou est appuyé sur le bord inférieur de la fosse iliaque droite, le sommet de la tête répond au côté gauche, le dos de l'enfant à la partie latérale
droite de la matrice, et la poitrine à la partie latérale gauche.
1416. On remarque le contraire dans la quatrièeme position, quant au rapport de toutes ces parties avec le bassin, le sommet de la tête répondant au côté droit de cette cavité, et le derrière du cou, ainsi que le dos de l'enfant, au côté gauche. Ces deux dernières positions sont plus ordipaires que les autres.
Des indie 1417. Ces accouchemens diffèrent peu de ceux tions que pré- où l'enfant présente le sommet de la tête, et ils a 1 pois n'exigent pas toujoursles secoursde l’art. Souvent tions. a tête se réduit comine d’elle’même à sa situation
naturelle, à mesure que le travail augmente, parce que la direction de l’axe de la matrice et de celui de l'enfant peut changer dans le cours de ce travail, soit à cause de la situation que garde la femme,ou dela contraction même de la matrice aprés Pécoulement des eaux. Quand ce changement ne s'opère pas de cette manière, on recommande à la femme de se coucher sur le côté opposé à celui de la déviation de la matrice , ou , ce qui est absolument la même chose, sur le côté où répond le sommet de la tête, et lorsque cette précaution ne suffit pas encore, on introduit une main pour ramener cette partie de la tête au milieu du bassin.
1418.0n doitsecomporterdifféremmentquand le travail de l'accouchement est compliqué de quelques uns des accidens dont il a été fait mention dans l’un des articles précédens, et que nous avons regardés commeautant de causes qui le rendent contre nature où dangereux, soit pour la mère, soit pour enfant; il faut alors retourner ce dernier et l'amener par les pieds, à moins qu'on ve juge plus expédient de Fextraire au moyen du forceps (1).
SECTION II
De la manière d'opérer les diverses espèces d’accouchemens où l'enfant
présente la région occipitale.
1419. Dans la première de ces espèces d’accouchemens, qui est très rare, on doit faire coucher la femme horizontalement sur le dos, aussitôt
De la première espèce d’accouchement où la
- qu’on a bien reconnu la position de l'enfant, afin révion occi-
de diminuer Pobliquité antérieure de la matrice, et d’obliger, à ce moyen, le sommet de la tête qui est appuyé contre Ja saillie du sacrum, à venir se placer au milieu du bassin. Quand l’on ne peut obtenir ce déplacement de cette maniere, on l’opère différemment : on introduit une main à l'entrée de la matrice, en montant le long du sacrum, Jusqu'à cequeles doigts puissent accrocher en quelque sorte le haut de la tête et l’entrainer
1) Vovez Particle des cas qui exigent l'usage du forceps j q 5 £ PS»
part. IV,
pitale se présente,
convenablement, ayant soin de tourner en même temps la région occipitale vers l’une ou l’autre cavité cotyloïde dela femme. Après cela on abandonne l'accouchement aux soins de la naturé.
De la m- 1/20. Lorsque des circonstances accidentelles mére de re- exigent qu'on retourne l'enfant et qu'on l'amène ne par les pieds, on porte la main un peu plus loin, cas, mais toujours dans la même direction; on déplace la tête en lui faisant décrire un mouvement de pivot assez étendu pour que l'occiputregarde l'une ou l’autre fosse iliaque ; savoir, celle du côté droit quand on opère de la main droite, et vice versd. À mesure que la main pénètre plus Avant," On tourne le tronc de l’enfant dans le même sens, et l’on opère du reste en observant tout ce qui a été prescrit pour la troisième position du sommet de la tête. (foyez $ 1326.) Secondees. 1421. L'on ne doit rien espérer des efforts de la pêce d’accou- nature dans la seconde espèce d'accouchement où
A e la région occipitale se présente, pour peu que le
cipitale se bassin de la femme soit resserré parce que la tête
présente. del’enfant ne peutdescendre, que la facene vienne en dessus comme dans la sixième position du sommet, et qu'il est toujours extrémement difficile alors, même en s’y prenant de très bonne heure et dans le moment je plus favorable, dela diriger de manière que l’'occiput se présente sous l'arcade du pubis, dans les derniers temps : c'est pourquoi nous pensons qu'il vaut mieux retourner l'enfant et l'amener par les pieds, que d'exposer la femme à des efforts non seulement toujours douloureux et fatigans , mais encore le plus souvent infructueux. |
1429. On insinue la main dans la matrice vers l’un des côtés de la tête qu’on écarte de l’entrée du bassin ; on tourne l’occiput vers la fosse iliaque droite de la femme, si l’on se sert de la main droite, et vers fa gauche quand on emploie la main
gauche ; et l’on opère d’ailleurs de la même mane que pour la sixième pres du vertex.
( FoyezS 1333.)
1423. Le sonimet de la tête étant foiblement Troisième retenu sur le côté gauche du bassin dans la troi- — sième espece d’ de nee | où la région occi-çù l'enfant pitale se présente, peut venir comme de lui-même présente la se placer au détroit supérieur, si la femme reste os 2e couchée pendant quelque tempssur lecôtégauche.
Lorsque cette pr écaution,aussi simplequ' exempte
de douleurs, ne suffit pas pour opérer ce déplacement avantageux, l’accoucheur introduit sa
main droite vers dl fosse iliaque gauche, en mon-
tant au-delà du sommet de la tête de lenfant, pour la ramener à sa situation naturelle, et abandonner ensuite l'accouchement aux soins de la nature.
1424. Lorsque des circonstances particulières De la maexigentqu'on termine cet accouchement sans dé- AM a lai, il faut retourner l'enfant et l’amener par les fant, lorsque pieds. On introduit encore la main droite dans la cette posidirection indiquée au paragraphe précédent; on pause he écarte la tête de l'entrée du bassin , en la pous-
sant sur la fosse iliaque droite; et l’on va chercher les pieds en parcourant le côté droit de l'enfant, comme nous l’avons recommandé en traitant de la seconde position du vertex. {Voyez $ 1312 suivans.)
Quatrième espèce d'accouchement où la région occipitale se présente.
1425. Si l'on ne se propose que de ramener la tête à sa situation naturelle, dans la quatrième espèce d'accouchement où se présente la région occipitale, pourabandonnerensuite l'expulsion de l'enfant aux soins de la nature, il faut d’abord faire coucher la femme sur le côté droit, afin de diminuer l’obliquité dela matrice et forcer le sommet de la tête à se rapprocher de l’entrée du bassin ; et quand cette précaution ne suffit pas, on avance la main gauche jusqu’au bas de la fosse ilaque droite, pour accrocher la tête et la réduire à la position assignée.
1426. On se sert également de cette main lorsqu'il s’agit de retourner l'enfant, On l’insinue dans la même direction et en montant vers la partie latérale droite de la matrice , afin d’écarter la tête de l’entrée du bassin, et de la pousser sur la fosse iliaque gauche, comme à l’occasion de la première position du vertex : on opère d’ailleurs de la manière qui a été décrite aux $$ 1317 et suivans.
ARTICLE IL
Des accouchemens dans lesquels l’enfant presente le
derrière du cou, vulgairement appelé la nuque.
SECTION PREMIÈRE
De leurs causes, de leurs signes, de leurs différences, et des
indications générales qu’ils nous offrent.
1427. Cette position contre nature peut être l'effet du concours des causes assignées au S 1 409, ou de l’une d’elles seulement, | 1428. On reconnoit aisément au toucher la Caractères partie postérieure du cou, quand les eaux sont de la région écoulées. Les signes qui la caractérisent sont les HAE tubercules épineux des vertébres cervicales, tou- cou. jours d'autant plus sensibles au tact que la tête est fléchie davantage sur la poitrineet que la matrice embrasse l’enfant plus étroitement ; les angles de la mâchoire inférieure, et le bord supérieur des omoplates.Cette région peut se présenterà l'entrée Des posidu bassin de différentes manières; et ces diverses TE positions constituent autant d'espèces d'accou- Tr chemens. | gion.
1429. Dans la première, la situation de lenfant est telle que l’occiput se trouve appuyé sur le rebord des os pubis, etle dos au-dessus dela base du sacrum.
1430. Dans la deuxième, l’occiput est sur un
des côtés de la saillie du sacrum, le dos sur le pubis, et au-dessous de la partie antérieure de la matrice.
1191. Dans la troisième, la longueur du cou est placée transversalement sur l'entrée du bassin, de sorte que l'occiput se trouve au bas de la fosse iliaque gauche, et le dos sur la fosse iliaque droite,
1432. Dans la quatrième , le cou se présente également en travers; mais de maniere que l’occipuf est sur le bas de la fosse iliaque droite, et le dos sur la gauche, Ces deux dernieres positions se rencontrent plus souvent que les premières.
î Indications 1433. L'accouchement ne peut s’opérer sans le que présen- secours de l’art dans aucun de ces cas, si ce n’est RES se peut-être en quelques circonstancesextrêmement Hode. rares,oule sommet dela tête revientencorecomme de lui-même se placer au centre du bassin,moyennant la position qu’on fait prendre à la femme : ainsi qu'on l’a remarqué. à l’occasion des accouchemens où la région occipitale se présente.
1434. La première indication que prescrivent ces diverses positions de l'enfant semble consister à ramener la tête à sa situation ordinaire, toutes les fois qu’on trouve assez de ressources dans les forces de la femme pour opérer l'accouchement; excepté le cas de la premiere espèce, comme on le verra daus la section suivante. Mais cette indication qui paroiît, en effet, la plus naturelle, offre tant de difficultés dans l'exécution , lorsqu'il y a longtemps que les eaux sont évacuées, qu'il vaut mieux aller chercher les pieds, que d’insister à
vouloir ramener la tête. Cette méthode est d’ailleurs contre-iudiquée chez les femmes où des cir-
constances accidentelles exigent qu'on termine l'accouchement sans délai.
SECTION JI
De la manière d’opérer les diverses espèces d’aecouchemens où l'enfant
présente le derrière du cou,
1435. Si l'on fait attention aux difficultés qu'on pmière doit éprouver à ramener le sommet de la tête au espèce d'accentre du bassin, lorsque le derrière du cou se ee présente dans la première position, surtout quand ae % les eaux sont écoulées depuis quelque temps, et à derrière du détourner la face de dessus le pubis, de manière à °°%ce qu'elle se porte vers le sacruimn, dans la suite du travail, on verra qu’il est plus sage alors de retourner l'enfant et de l’amener par les pieds, que de fatiguer la mère par des tentatives inutiles qui ne feroient que rendre ce dernier parti plus difficile à exécuter.
1436. L'on peut à son gré, dans cette espèce d'accouchement, se servir de la main droite ou de la gauche. Lorsqu'on opère de la première , on linsinue dans un état moyen entre la pronation et la supination vers le côté gauche de la matrice, jusqu’à ce qu'elle soit parvenue sur l'épaule droite de l'enfant. Dans ce moment on s'efforce de faire rouler un tant soit peu le tronc de celui-ci sur son axe et d'en tourner le dos vers le côté droit de la femme. Ensuite on va chercher les pieds avec les précautions ordinaires, et on les entraîne successivement dans le vagin, en commençant par le
droit. Lorsqu'ils sont descendus l’un et l'autre, on tire uniquement sur le pied gauche, pendant quelque temps, afin d'achever de tourner la poitrine de l'enfant vers le côté gauche de la femme, et de favoriser la flexion du tronc en devant : ce qui se conçoit très clairement d’après la démonstration. On agit ensuite également sur les deux pieds, et, à mesure que l'enfant descend, on continue de diriger la poitrine et la face vers la jonction sacroiliaque droite pour extraire la tête comme on le remarque à l'occasion de la première position des pieds.
1437. Si l’on opéroit de la main gauche, il faudroit le faire selon les mêmes principes, mais en l’insinuant vers le côté droit de la matrice, et en tournant le dos de l'enfant du côté gauche de ce viscère , pour prendre d’abord le pied gauche, et ensuite le droit, Alors on tire presque uniquement sur ce dernier, après avoir amené l’un et l'autre dans le vagin, afin de diriger la poitrine et la face vers la jonction sacro-iliaque gauche, et faire venir la tète comme dans la deuxième position des pieds.
Seconde 1438. Dans la seconde espèce d'accouchement, espèce d’ac- où le derriere du cou se présente, on pourroit esa sayer de ramener la tête à sa situation naturelle, présente le Si le travail n’étoit compliqué d'aucun accident; derrière du mais cen’est passans peine qu’on obtiendra ce dé- La placement, même à l'instant de l'écoulement des eaux, et l'expérience nous porte à croire qu'il seroit encore plus à propos d’aller chercher les pieds. Si cependant on vouloit le tenter, il fau-
droit se conduire de la manière suivante,
1439. La femme étant couchée sur le dos et au bout de son lit, comme on l'indique au $ 1144, on introduit la main droite en suivant la partie postérieure de la matrice, jusqu’à ce que les doigts embrassent assez exactement le dessus de la tête pour l’entrainer à l'entrée du bassin , en observant de tourner l’occiput en même temps vers la cavité cotyloïde gauche, et d'exercer une pression convenable de l’autre main sur le ventre de la femme, pourdiminuer un peu l’obliquité antérieure de la matrice.
1440. Lorsqu'ilest nécessaire de retourner l’enfant et de l'extraire par les pieds , on introduit la main droite sur l’occiput en dirigeant les doigts obliquement sur le côté droit de Ja tête, pour l’écarter de la colonne lombaire de la mère, et la porter au-dessus des os pubis, de manière que l'oreille réponde ensuite à la main qui opere. On continue d'avancer cette main en suivant le même côté de l'enfant, pendant que de l’autre on incline un peu le fond de la matrice vers le côté droit, Quand on est parvenu aux pieds, onles dégage et l’on tire dessus dans l’ordre indiqué à l’occasion de la première position. Si on éprouve ensuite quelque difficulté à les amener entièrement au-dehors, on éloigne la tête du détroit supérieur et en la poussant vers la fosse iliaque droite.
1441. Lorsqu'on opère de la main gauche, on l'introduit de même sous l’occiput; mais, de là, on dirige les doigts sur le côté gauche de la tête pour la soulever au-dessus du pubis, comme dans le cas précédent, et aller prendre les pieds, en suivant ce même côté de l'enfant, etc.
Troisième 14/42. Quand on a reconnu latroisième position espèce d'ac- (le la partie postérieure du cou avant l'écoulement couchement es eaux, il est à propos de faire coucher la femme où l'enfant ) Pr présente le sur le côté gauche jusqu'au moment où ce fluide derrière du vient à s’écouler, parce que la tête de l'enfant, au ie: moyen de cette seule précaution , peut revenir à
sa situation naturelle. Autrement, on introduira la main droite dans le sein de la femme en montant vers la fosse iliaque gauche , jusqu’à ce que les doigts soient parvenus assez loin surlesommet de cette tête pour l’entrainer à l'entrée du bassin; pendant qu'on exercera de l’autre main une pression assez forte sur le ventre de la femme pour inclinerle fond de la matrice vers le côté gauche. 1443. Toutes les fois qu’on éprouve de grandes difficultés à ramener la tête à sa situation naturelle, ou que des circonstances étrangères à la mauvaise position dont il s’agit exigent qu’on termine l’accouchement sans rien attendre des forces de la mère, il faut aller chercher les pieds et retourner l'enfant. On introduit alors la main droite vers le lieu où est le sommet, comme dans le cas précédent , mais en même temps un peu en dessous et vers la tempe droite, pour écarter la tête de la partie postérieure du bassin, la porter au-dessus des os pubis, et la pousser autant qu’on le peut vers le devant de la fosse iliaque droite. Après cela, on va prendre les pieds, en suivant le côté droit de l'enfant; on entraine d’abord celui de ce côté, et ensuite le gauche, Quand ils sont à l'entrée du vagin ,on tire presque uniquement sur le dernier, et on a la précaution de repousser la tête de nouveau, si l’on éprouve en-
core quelque difficulté à les faire descendre. Du reste, on acheve l'accouchement comme nous Pavons recommandé à l’occasion des différentes espèces ou le vertex se présente.
14/44. La quatrième espèce d'accouchement où le derrière du cou se présente offre les mêmes indications que la précédente; mais, soit qu’on se propose de ramener la tête à sa position naturelle, ou de retourner l'enfant pour l’extraire par les pieds, il faut opérer de la main gauche. Pour remplir la première de ces deux indications, on lintroduit au-dessus de la fosse iliaque droite, et on entraine le sommet de Ja tête à l'entrée du bassin, pendant que de la main droite placée sur le ventre de la femme, on change la direction de la matrice et on en incline légèrement le fond vers le côté droit.
1445. Lorsqu'on veut retourner l'enfant, on introduit encore la main gauche dans la même direction, mais en la passant un peu au-dessous de la tête, pour la soulever du côté des os pubis, et la porter sur le devant de la fosse iliaque gauche. Puis on va chercher les pieds, en suivant le
Quatrième espèce d’ac- couchement où le derrière du cou se présente.
côté gauche de l'enfant, et on les dégage avec les.
précautions indiquées précédemment. À mesure qu'on s'efforce de les faire descendre, si l’on y rencontre des difficultés, on repousse la tête de plus en plus vers le haut de la fosse iliaque gauche.
ARTICLE IIT
Des accouchemens dans lesquels l’enfant nresente le dos q P
a L ‘orifice de lu matrice.
SECTION PREMIÈRE
De leurs causes , de leurs signes, de leurs différences, et des indications
qu'ils offrent.
Accouche- 1446. Ces acconuchemens se rencontrent un on Res peu plus souvent que ceux où l'enfant présente fant présente A Nuque, quoiqu'ils paroissent dépendre des le dos. mêmes causes : Ce qui vient sans doute de ce que
le dos est plus arrondi que le derriere du cou, et plus propre à s'adapter à l'entrée du bassin.
Caractères 14/7. On reconnoit facilement cette région de auxquels on l'enfant au toucher, quand les eaux sont écoulées. a Elle offre une tumeur assez large et inégale, sur
laquelle on distingue les tubercules épineux des vertèbres, quoique très petits au terme de la naissance, les côtes, le bord postérieur et l'angle inférieur des omoplates. l
Des posi- 14/48. Le dos peut se placer de quatre manieres tions du dos différentes à l’entiée du bassin. Dans la première de lenfant à + 44 l'égard du POSItion , le derrière du cou est sur le rebord des bassin de la OS pubis, et la région des lombes au-dessus du M a sacrum. ,
1449. Dans la deuxième, ce sont les lombes de l'enfant qui sont au-dessus des os pubis, et la nuque ou le derrière du cou est sur le rebord postérieur du bassin.
1450. Dans la troisième, le dos est placé transversalement, de manière que la tête et le derrière du cou se trouvent sur le bas de la fosse iliaque gauche, et les lombes sur la droite. |
1451. La quatrième position offre le contraire
de la précédente; la tête de l'enfant étant sur le
bas de la fosse iliaque droite, et les lombes sur la fosse iliaque gauche. Ces deux positions transversales sont plus ordinaires que les autres.
1452. Les accouchemens où le dos se présente nous offrent les mêmes indications que ceux qui font le sujet de l'article précédent. Le rapport des dimensions du corps de l'enfant avec celles du bassin de la mère est toujours tel, que l’accouche-
LA
Des indi-
cations
que
nous présen-
tent ces verses tons.
ment ne peut se faire qu'on w’ait ramené préala-
blement la tête ou les pieds an passage. Mais les accoucheurs sont encore partagés sur le parti qui est alors le plus avantageux : les uns proposent de ramener la tête, et les autres, avec bien plus de raison, veulent qu’on retourne l'enfant. Quand on fait attention à l'éloignement de la première, à la forme irrégulière de l'enfant replié sur lui-même, et à la maniere dont il est enveloppé par la matrice plus ou moins contractée après l'écoulement des eanx, l’on entrevoit tant de difficultés à rappeler la tête à sa situation naturelle, qu'on ne peut s'empêcher de regarder la méthode proposée par les derniers comme la seule et unique qui soit praticable. Il faut donc retourner l'enfant, et l’exee par les pieds, toutesJes fois qu'il présente e dos. |
diposi-
SECTION II
De la manière d'opérer les accouchemens où l'enfant présente le dos.
Première 1493. Quand on admettroit la possibilité de espèce d'ac- ramener la tête de l'enfant à sa situation natucouchement V , ; :
où l'enfant réelle, dans les cas où il présente le dos, il faudroit présente le en excepter celui qui est indiqué au $ 1448, et 4 qui constitue la première espèce des accouche-
mens dont il s’agit: car toutes les tentatives qu’on feroit alors pour y parvenir, seroient certainement inutiles, et même nuisibles. Aucune autre méthode que celle d'extraire l'enfant par les pieds ne convient dans ce cas.
1454. La manière la plus simple d'y procéder au moment de l'écoulement des eaux de l’amnios, est d'insinuer la main dans un état de supination, en suivant la partie postérieure de la matrice, les lombes et les fesses de l'enfant, jusqu’à ce qu’on puisse bien saisir les pieds appliqués sur ces dernières, et les entraîner dans le vagin, pendant qu'on appuiera légèrement de l’autre main sur le ventre de la femme, à l'endroit où répond la tête, dans la vue de la pousser en arrière et en haut, et de favoriser la descente des extrémités sur lesquelles on agit.
1455. Ce procédé, toujours facile à exécuter quand on opère à l'instant de lévacuation des eaux, parce que l'enfant jouit encore d’une grande mobilité dans la matrice, peut offrir tant de difficultés lorsque ce fluide est écoulé depuis longtempset l'enfant étroitementserré de toutes parts,
qu'’ilvautmieuxseconduiredela manieresuivante. 1456. On introduit alors la main droite, si on le juge plus convenable, vers le côté gauche de la matrice, en la tenant dans un état moyen entre la pronation et la supination, jusqu'à ce qu’elle soit parvenue sur la hanche de l'enfant; et dans ce moment on en écarte les fesses, de la colonne lombaire de la mère, en les poussant vers le côté droit, tandis que de l’autre main appliquée extérieurement sur le ventre, on incline le lieu où se trouve la tête vers le côté gauche, pour donner à cet enfant une situation diagonale relativement à l'entrée du bassin. On dégage ensuite les pieds, comme dans l’'accouchementde la première espèce où le derrière du cou se présente, en observantde tirer avec plus de forcesur le pied gauchedesqu'ils sont parvenus l’un et l’autre à l'entrée du vagin, afin de favoriser la flexion antérieure de l'enfant, et de faire décrire aux lombes un léger mouvement de torsion nécessaire à la descente des fesses. On pourroit aussi se servir de la main gauche, dans ce même cas; mais il faudroit lintroduire vers l’autre côté de l'enfant, et sous la partie latérale droite de la matrice, etc. 3 1457. Dans la seconde espèce d'accouchement où le dos se présente, on doit se comporter de la même maniere que pour la seconde de la partie postérieure du cou, excepté qu'il ne faut pas es-
sayer de ramener la tête à sa bonne position. E
( Voyez S 1439 et le suivant.) p ? N ?
1458. Lorsqu'on opère au moment de l'ouverture de la poche des eaux, dans la troisième espèce d'accouchement où le dos se présente, on peut se
Seconde et troisième espèces d’accouchement où l'enfant présente le
servir avec le même avantage de la main droite ou de la main gauche, mais en allant un peu différemment. Quand on préfère la dernière, il faut linsinuer vers la fosse iliaque droite de la femme pour accrocher les pieds de l’enfant qui y répondent, et les entrainer; pendant qu’on exercera de l’autre main une pression assez forte sur le côté gauche du ventre, dans la vue de pousser la tête qui répond à ce point, en en-haut et vers le côté opposé. Si lon emploie la main droite, on l'insinue d'abord au-dessous de l'enfant, en le soulevant un peu, et en dirigeant le dos au-dessus des os pubis; ensnite on avance les doigts vers la hanche droite de cet enfant, et on dégage les pieds successivement jusqu’à l'entrée du vagin. On tire presque uniquement sur le pied gauche, dans ce dernier temps, afin de favoriser la version du tronc et les mouvemens nécessaires à la descente des fesses ; après cela, on agit également sur les deux, et l’on se conduit comme dans tous les cas où l’on a été chligé de retourner l'enfant. Ce dernier procédé est le seul qui convienne, lorsque les eaux sont écoulées depuis longtemps, parce que c'est celui qui présente le moins de difficulté et le plus d'avantage. | Quatrième 1459. La quatrième espèce d'accouchement où espèce d'ac- Je dos se présente paroïitra la même que la pré- PA É e cédente, si l'on ne considère que le rapport des présente le dimensions de l'enfant avec celles du bassin de dos. la mere; elle offre aussi les mêmes indications, et on peut lopérer de la main droite ou de la main gauche, selon les circonstances.
1460. Lorsqu'on y procède au moment de l’ou-
verture de la poche des eaux, on peut insinuer la main droite vers le côté gauche dela matrice, jus-
u’au-dessus de la fosse iliaque où sont les pieds de l'enfant, pour les accrocher du bout des doigts et les entrainer, pendant quede l’autre main placée sur le côté droit du ventre , on inclinera le fond de la matrice vers le côté opposé.
1461. Dans ce même cas, on peut également aller chercher les pieds avec la main gauche; mais c'esten l'introduisant au-dessous du corps de l'enfant qu’on écartera de la colonne lombaire de la femme, et en dirigeant les doigts vers la hanche gauche, qu’on y parviendra, On dégagera d’abord le pied gauche, et ensuite le droit, sur lequel on tirera presque uniquement dans le premier moment, pour favoriser la flexion du tronc , nécessaire à la descente des fesses. Après cela on se conduira comme dans les autres cas.
1462. Ce dernier procédé est celui qui convient exclusivement quand lenfant est étroitement serré dans la matrice, les eaux étant évacuées depuis plusieurs heures : ce qui n’est que trop ordinaire lorsque nous sommes appelés en second pour terminer de pareils accouchemens.
1463. Dans toutes ces mauvaises positions de l'enfant, comme dans celles où il présente Îe derrière du cou, les lombes , etc., plusieurs acconcheurs conseillent de refouler la partie inférieure du tronc vers le fond de la matrice, pour ramener la tête à sa situation naturelle; ou bien, de repousser celle-ci en en-haut pour rapprocher les pieds de l’orifice, en y faisant passer successivement toutes les régions comprises entre celle qui
se présente et celle qu’on veut y ramener. Mais cette maniere d'opérer ne peut être que le fruit d'une mauvaise spéculation ; et en admettant qu'elle soit praticable, ce ne seroit tout au plus que dans le moment de l'ouverture de la poche deseaux ;encoreoffrira-t-elle toujours de grandes difficultés, et sera-t-elle bien plus fatigante pour la femme que celle que nous venons de prescrire.
ARTICLE IV
Des accouchemens dans lesquels l'enfant presente la région lombaire.
SECTION PREMIÈRE
De leurs causes, de leurs signes, de leurs différences, et de leurs
indications relativement à la manière d'opérer.
Accouche. 1464. La région lombaire se présente aussi ment où l'en- Souvent à l’orifice de la matrice que la région du fant présente dos , et ces deux ordres d’accouchemens paroisles lombes. ) 4
sent l'effet des mêmes causes : il est difficile au moins cle leur en assigner de particulières. |
Caractères 1469. Quand les eaux sont écoulées, et les lomde la région bes de l'enfant un peu pressées par l'action de la lombaire. matrice sur l'entrée du bassin, on les reconnoît
sans beaucoup de peine. On distingue au milieu de l’espèce de tumeur qu'elles forment, une rangée de tubercules assez saillans, les fausses côtes d'une part, et les angles postérieurs des os des iles de l’autre part.
Positions 1466. Dans la premiere espèce d'accouchement
où cette région se présente, le dos de l'enfant est deslombes de au-dessus du pubis de la mère, et les fesses sont Le en arrière au-dessus du sacrum. : es
1467. Dans la deuxième espèce, les fesses et les
ieds de l'enfant sont situés au-dessus du pubis,
contré la partie antérieure de la matrice ; le dos et la tête, sur la partie postérieure de ce viscère,
1468. Dans la troisième, le dos est sur la fosse iliaque gauche, les fesses et les pieds sont sur la droite.
1469. Dans la quatrième, c’est sur cette dernière fosse iliaque que sont appuyés le dos et la tête , les fesses et les pieds étant sur la gauche.
1/70. I’accouchement ne peuts’opérer sans les Imdications . secoursde l’art, lorsque cesont les lombes de l’en- 4e Re fant qui se présentent à l'orifice de la matrice, à ae moins que cette région ne s'éloigne comme d’elle- tions. même au moment de l'ouverture de la poche des eaux, et que les fesses ne viennent se placer à l'entrée du bassin, comme nous l'avons observé plusieurs fois. Quand ce changement ne s'opère pas spontanément, il faut aller prendre les pieds. Nousnous persuadons que personnene proposera une autre méthode, d'aprèsles difficultésque nous avons fait entrevoir à ramener la tête à sa situation naturelle, dans le cas où le dos, et même la nuque, se présentent. Maisquelques accoucheurs préféreront peut-être, comme nous l'avons entendu recommander , d'amener seulement les fesses de l'enfant au détroit supérieur pour en livrer ensuite l'expulsion aux efforts de la mère : cette méthode paroïtra même foudée, si lonne fait attention qu'au grand nombre de femmes qui
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se sont délivrées, pour ainsi dire seules, dans le cas où l'enfant se présentoit naturellement de cette manière. Ces mêmes accoucheurs ne tarderont pas à se départir de leur opinion, pour peu qu'ils réfléchissent , 1° à combien de douleurs ils exposeroient la femme en se bornant à ramener les fesses à l’entrée du bassin; 9° qu'il est plus difficile, dans le cas dont il s’agit, d'amener ces parties et de leur donner une situation favorable, que de saisir les pieds et de les faire descendre ; 3° que la sortie de l'enfant est toujours bien plus facile et moins douloureuse quand ces derniers se présentent, que lorsque ce sont les fesses, etc., etc., etc. (1).
SECTION Il.
De la manière d'opérer les accouchemens où l'enfant présente les
lombes.
1471. La manière d'opérer chacune de ces différentes espèces d’accouchemens est, à peu de chose près, la même que celle qui a été prescrite pour chaque position du dos.
De la ma 1472. Dans la première espèce, on insinue la nière d’opé- main dans un état de supination jusqu’au-dessus rer dans lu sacrum de la mère, pour saisir les pieds de premiere po- ,, A ; sition des l'enfant et les entrainer, pendant que de l’autre lombes. |
(1) On ne doit pas inférer de ce paragraphe que nous sommes dans l'opinion qu’il faille aller chercher les pieds de l'enfant toutes les fois qu’il présente les fesses, On a dû remarquer dans le cours de cet ouvrage quel est notre sentiment à ce sujet.
main on appuie plus ou moins sur le ventre de la femme, dans la vue de diminuer lobliquité antérieure de la matrice. (7’oyez $S 1454 et suivans.)
1473, Lorsque les lombes se présentent dans pe la mala seconde position, si l’on opère au moment de nière d'opél'ouverture de la poche des eaux, on repousse le es M dos de l’enfant en arrière, en insinuant la main sition des à peu près comme dans le premier cas, afin de lombes. rapprocher de lentrée du bassin, et de saisir plus facilement les pieds qui sont au-dessus du pubis. Autrement, si les eaux sont écoulées depuis quelque temps, il faut aller chercher ces mêmes extrémités , en se conduisant comme nous l'avons recommandé pour la seconde position du dos.
(Foyez $ 1457.)
1474. Dans la troisième, on ira chercher les De la ma. pieds en introduisantla main gancheau-dessus de 4e 1 la fosse iliaque droite de la mére; et dans la qua- ième et trième espece, en insinuant la main droite vers le la quatrième côté gauche du bassin. Du reste, on se comportera pions des comme dans la troisieme etla quatrième position du dos. (oyez $$ 1458 et suivans.)