‹ L'art des accouchemensChapitre 24 sur 136 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

doit inspirer d'horreur à un ministre de santé. Prévenu, d’après la connoissance du bassin et le rapport de ses dimensions avec celles de fa tête de l'enfant, que l'accouchement ne sauroit se terminer sans de grandes difficultés, et souvent sans qu'il en coûte la vie à l’un des deux individus, il détourne d'abord la longueur du crâne de la direction du petit diamètre du détroit, en dirigeant l'occiput vers l’un des côtés, et il attend avec sécurité que la nature agisse et acheve son ouvrage. Arrive-t-il plus tard , et tes forces épuisées de la femme ne lui permettent-elles plus d'en attendre l'expulsion de l'enfant, il substitue le forceps à la main pour déplacer la tête, et souvent encore ilen fait l'extraction avec autant de facilité que d'avantage pour l'enfant et pour la mére. Des milliers d'observations n’ajouteroient rien à la force de ces vérités, tant elles portent leurs preuves en elles-mêmes.

Ce n’est pas uniquement dans cette circonstance qu'on peut remarquer que la force ne sauroit tenir lieu de principes et de méthode; la femme dont le bassin est des mieux conformés, et l'enfant des mieux situés sans être très gros, n'étant pas à l'abri des grandes difficultés dont nous venons de parler. Si elles proviennent alors d'une autre cause, elles n’en exigent pas moins de savoir, et peut-être même en demandent-elles davantage. Autant elles paroissent grandes à celui qui en ignore la cause, atitant elles le semblent peu aux yeux de celui qui en connait la source. Si Île premier exemple que nous avons choisi démontre victorieusement la supériorité

INTRODUCTION. XXI de celui qui sait parfaitement le rapport des dimensions de la tête du fœtus avec celles de l'entrée du bassin sur le praticien ordinaire; Île suivant, en établissant solidement la nécessité de bien connoître le mécanisme de l'expulsion de cette tête, la marche qu’elle doit suivre pour sortir, et les divers mouvemens qu’elle doit exécuter dans sa progression,'ne fera que confirmer ce jugement de plus en plus. Supposons que.la tête garde au détroit inférieur la situation diagonale dans laquelle elle vient de traverser le détroit supérieur, et qu’elle ne puisse le franchir; ou bien qu'en s’engageant dans le bassin, elle se soit renversée vers le dos de lenfant, comme on l’annonce au $ 688, et surtout aux $$ 1289 et suiv. Dans le premier de ces cas, beaucoup plus commun que celui que nous avons pris pour exemple à l'égard du détroit supérieur, et qui n’en est pas mieux connu pour cela, non seulement la téte ne peut être expulsée qu'avec la plus grande peine, si elle ne change point de position, mais il est encore impossible de l'extraire chez bien des femmes, si l’on n’opère pas préalablement ce déplacement (1). Les difficultés deviennent bien plus grandes encore dans le second cas, celui ou la tête est descendue en se renversant sur le dos de lenfant, parce qu’elle présente alors un bien plus grand diamètre de front, à l’intervalle que laissent entre elles les tubérosités is-

EEE SU

(1) Voyez la note du $ 1690, ce paragraphe lui-même et celni qui le suit.

Page 1