PAR M. J.-J, LEROUX
de: PROFESSEUR DE CLINIQUE INTERNE.
MESSIEURS, ù Le Es"
La mort vient de frapper M. Jean-Louis ASC âgé de soixante trois ans et demi, né à Heilly, canton de Corby , département de la Somme, membre des ci-devant Collège et Académie de Chirurgie , professeur d'accouche-
. mens à la Faculté de Médecine de Paris , professeur de l’hos-
pice dela Maternité, et membre d'un grand nombre de S0= | ciétés savantes, n nationales et étrangères. LE” En vous entretenant de M. Baudelocque , je raconterai des ; faits, et son éloge sera tracé. ; k “Levrét étoit dans la tombe , on avoit perdu Smellie : Europe entière étoit privée de ses deux plus célèbres aCCoucheurs. Solayrès paroit; il étonne par sa manière d’enseigner les accouchemens, il brille par son génie; mais, conne, + Bichat, il n'est que montré au monde savant. .. Consolons= * ; nous de sa perte: Baudelocque , son élève et plus encore son ami , s’est pénétré de ses principes, à médité sa doctrine, a saisi ‘le secret de son art. Baudelocque étoit dès lors l intime
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ami de Desault ; il étudioit avec lui : ils ouvroient ensemble, avee un succès prodigienx, cette carrière où Desault s'est tant illustré. # |
Baudelocque eût pu briller dans l’enseignement de l’anatomie , il eût pu prétendre à une grande réputation dans la pratique: de la chirurgie; mais il réunit ces deux parties si essentielles de l’art de guérir, pour les appliquer aux accouchemens. | |
Il est un exemple frappant de ce que peut un homme qui concentre sur un seul point de la science tout son savoir, tous ses moyens, toute son expérience; qui en fait l'unique objet de son ambition, qui lui sacrifie tous ses gouts, qui lui consacre sa vie entière : oui, M. Baudelocque, dans son lit de mort, s'occupoit encore d’un grand ouvrage, fruit d'observations recueillies pendant quarante années. Ses amis ne trouvoient point de plus sûr moyen de le retirer du délire singulier qui s’est manifesté pendant sa dernière maladie, que de fixer ses idées sur un art qu’il avoit exercé avec tant de gloire.
En effet, Messieurs, quel homme a rendu plus de services à ses concitoyens, a versé plus de bienfaits sur l’humanité entière? S'il n’eût été qu'un habile acconcheur, ceux qui le connoissoient lui paieroient un tribut de reconnoissance; mais que penser de celui qui s’est livré à l’enseignement pendant plus de quarante ans; qui a joui jusqu’à son dernier jour de la réputation du plus savant professeur ; qui a procuré des élèves instruits à toutes les villes de l’empire, à tous les pays de l'Europe? Les étrangers afflüoient à ses cours, les souyerains entrétenoient à Paris des pensionnaires poursuivre les leçons de M. Baudelocque. Que penser de celui qui a pris tant de soins pour former des sagesfemmes , pour les renvoyer dans les campagnes exercer de vrais talens, d'autant plus précieux qu’ils favorisent la population, qu'ils contribuent à conserver la vie aux mères et aux enfans , trop longtemps victimes de l'ignorance et de la maladresse? Que penser de l’auteur des Principes des Accouchemens, espèce de catéchisme par demandes et réponses, dont il y a eu trois éditions; du traité intitulé : L'Art des Accouchemens, dont la quatrième édition a paru il y apeu d'années ; de l’auteur de tant de mémoires, de tant de dis=