‹ L'art des accouchemensChapitre 59 sur 136 · Les plus apparentes sont les nymphes · texte numérisé non relu

Les plus apparentes sont les nymphes

Des grandes lèvres.

Des nym-

souvent dans les jeunes filles, et surtout au mo- phes,

ment de la naissance , elles débordent un peu les grandes lèvres. Elles ressemblent, par leur forme, leur grandeur et leur couleur, aux crêtes qu’on remarque sous le gosier de certaines poules. Elles sont étroites et rapprochées vers leur origine, mais elles s’élargissent et s’éloignent en se portant

en arrière, de sorte qu’elles représentent assez bien , quant à cet écartement, les jambes d'un compas médiocrement ouvert. L’ âge et les accouchemens y apportent les mêmes changemens que dans les gr: andes lèvres , leur structüre étant à peu près la même. Elles se “relâchent , s'allongent et deviennent pendantes chez ane femmes, au point qu’elles exéedent de beaucoup les grandes levres ; le frottement qu'elles éprouvent alors les durcit ÉREA ulcère; ce qui a déterminé plus d’une fois à en faire l’excision. Si leur principal usage est de diriger les urines en en bas au moment ou la femme s’en débarrasse, on ne peut leur refuser celui de fournir aussi à augmentation de l'entrée du vagin dans l'instant de l'accouchement, puisqu'on les voit alors disparoitre, en partie ou en entier.

144. On aperçoit au-dessus des nymphes un repli un peu plus que semi-lunaire , formé par la membrane interne des grandes lèvres, et qui sert comme de prépuce à un tubercule qui s’en dégage de lui-même sur la femme vivante, pour peu qu'on l'irrite en le cherchant. Ce tubercule se nomme vulgairement clitoris, quoiqu'il ne soit que l'extrémité de celui-ci. Il est d’une sensibilité si exquise qu'on le regarde généralement comme le siége des plaisirs vénériens. Quelquefois la chirurgie a cru devoir le retrancher à des enfans consumés par le marasme , et prêts à succomber aux évacuations excitées par l'irritation mécanique et continuelle de cette partie: ainsi que chez des femmes plus âgées, mais pour des causes différentes. La portion du clitoris qui est apparente

Du clitoris.

a peu de longueur et de volume, si ce n’est dans quelques femmes , où elle égale le bout du petit doigt, le pouce et même la verge de l'homme. Ce corps prend naissance du bord antérieur de la “branche de l'un et l’autre os pubis, par deux racines ou jambes connues sous le nom de corps caverneux. Ceux-ci sont à peu près cylindriques et recouverts dans presque toute leur longueur par l'extrémité des muscles érecteurs ou ischiocaverneux qui appartiennent au clitoris ;etils se

joignent et se réunissent au-devant du bord in-

férieur dela symphyse du pubis, pour former le corps dontil s'agit. Le clitoris paroît attaché à la partieantérieure decettesymphyse par une espèce de ligament qu'on nomme suspenseur, et il a des vaisseaux de toute espèce. Etant caverneux et jouissant de la plus grande sensibilité, il se gonfle et se roidit dès qu’on le touche légèrement.

145. En écartant les nymphes on découvre le méat urinaire. Cette ouverture , plus longue que large, est entourée d’un bourrelet aux environs duquelseremarquent plusieurs petiteslacunesqui versent dans cet endroit l'humeur filtrée par les glandes auxquelles elles répondent. Le canal de l’urètre , dont cette ouverture forme l'extrémité, est plus court chez la femme que dans l’homme. Si la structure en est peu différente d’ailleurs, il n'en est pas de même de sa direction, quiéprouve encore quelque changement pendant la grossesse.

146. Long d’un pouce ou environ, mais plus large que chez l’homme, ce canal monte obliquement sous la symphyse du pubis et de devant en arrière pour aller à la vessie, Vers les derniers

Du méat urinaire.

temps de la grossesse, il s'élève presque perpendiculairement derrière cette symphyse, à laquelle il devient parallèle ; et quelquefois même il se recourbe au-dessus des os pubis, la vessie y étant alors déjetée par la matrice; ce qui fait qu'on ne peut aussi aisément pénétrer dans cette poche et en évacuer l’urine, lorsque le cas le requiert, si l’on ne se sert pas d’une sonde plus courbe que celle qu’on emploie communément chez la femme. Le canal de l’urètre ne peut éprouver ce changement de direction qu'il ne s’allonge plus ou moins et ne se rétrécisse un peu, que son orificeexterne ne paroisse plus enfoncé et comme déplacé. Quelquefois, dans lés derniers temps de la grossesse, il se trouve au bas de la partie antérieure du vagin même, et en quelque sorte derrière le bord inférieur de la symphyse du pubis. Les suites d’un accouchement laborieux, et même de celui qui s’est fait naturellement, changent tellement le rapport de toutes ces parties chez cer-

taines femmes, que le méat urinaire ne paroiït que

De l’orifice du vagin.

dans l’endroit indiqué; et comme il n’est pasabsolument rare que les urines coulent involontaireiment pendant quelques jours et même plus, des accoucheurs peu instruits ont pris cette ouverture pour une fistule urinaire,

147. Au-dessus du méat urinaire se voit l’entrée du vagin. Cette ouverture, naturellement plus étroite chez les vierges que chez les femmes, est bordée dans celles-ci de plusieurs petites crêtes nommées caroncules myrtiformes, et dans celleslà d’une espèce de croissant membraneux, connu sous le nom d’hymen : 6n regarde cètte membrane

DES ACCOUCHEMENS. 91 comme le sceau de là virginité, quoiqu’elle n'en soit souvent qu'un témoignage bien équivoque.

148. L'hymen n'est pas un être imaginaire, comme quelques uns lont pensé: si cette membrane n'existe pas chez toutes les jeunes personnes , du moins la rencontre-t-on chez la plupart; mais sa figure n'est pas constante. Le plus souvent ellé ressemble à un croissant dont la convexité regarde le bas de la vulve, et quelquefois l’un des côtés de celle-ci; dans quelques femmes elle forme une espèce d’anneau, et en d’autres elle ferme tout-à-fait l'entrée du vagin. On l’a vue, à cause de sa dureté et de son épaisseur, mettre obstacle à l'union conjugale, et même à l'accouchement, chez des femmes qui avoient conçu malgré l’impossibilité de cette union intime : ce qui a obligé de l’inciser. Quand l’hymen ferme complétement

l'entrée du vagin, presque toujours la femme

n'en est instruite qu'au temps de la puberté. Le sang des règles né pouvant alors s’écouler, s’accumule dans ce canal, et le développe aïnsi que la matrice , ce qui donne lieu à des accidens, qui ne cessent qu'après la division de l’hymen , et qui ont plus d’une fois fait soupçonner de grossesse les femmes que cette conformation rendoit inhabiles à la génération : les exemples en sont trop multipliés dans les auteurs pour en rapporter de nouveaux.

Page 1