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Le cours des urines se rétablit prompte

DES AGCOUCHEMENS. 135

ment dans le premier cas, si on repousse la matrice dans le bassin, et si on la soutient avec le doigt. Ce secours ne serait pas même nécessaire en bien des circonstances, si la femme se couchoit sur le dos et tenoit les fesses fort élevées toutes les fois qu’elle sent le besoin d’uriner. C'est par ce moyen que quelques unes, d’après le conseil des

gens de l'art ou instruites par leur propre expé—

rience, préviennent la rétention d'urine de l'espèce dont il s'agit, ety remédient lorsqu'elles en sont affectées. | |

249. L'on ne peut la prévenir et y remédier aussi aisément dans l’autre cas. Pour qu'elle cesse, il faut que le corps de la matrice s'éleve vers le milieu du ventre, et se développe au point de ne pouvoir redescendre dans la cavité du bassin, ce qui n’a généralement lieu qu'après le cinquième mois de la grossesse, et quelquefois plus tard. En attendant ce moment, on favorise la sortie des urines en écartant le corps de la matrice du canal dé lurètre et du col de la vessie, au moyen d’un doigt introduit assez haut derrière et un peu sur le côté de la symphyse du pubis, ou bien on les évacue par le moyen de la sonde toutes les fois que la circonstance l'exige.

250. La mobilité que là matrice conserve au milieu du bassin dans les premiers temps de la grossesse, malgré son augmentation de volume, et l’inclinaison qu’elle prend en s y précipitantun peu, l'expose à une autre espèce de déplacement, moinsconnu(1}etplusraréquele prolapsus , mais Rp RÉ AGP SIN 2er 2 AE a SE SE

(1) Quelques auteurs en ont cépendant recueilli des exem-

Dela rétroversion etlde l’anté-version de la matrice.

dont les suites jusqu'ici en ont paru bien plus fâcheuses. Dans cette nouvelle espèce de déplacement, la matrice semble couchée selon sa longueur entre le pubis et le sacrum, mais de maniere que son fond reste tantôt un peu plus élevé que son orifice, et tantôt se trouve beaucoup plus bas, ou paroît sur la même ligne, ce qui établit autant de degrés utiles à observer dans la pratique.

291. Les accoucheurs qui ont faitmentionde ce déplacement de la matrice avant le docteur Gui/laume Hunter l'ont désigné sous le nom de renversement; et Levret, pour le distinguer de celui qui se fait quelquefois après l'accouchement, et dans lequel la matrice se retourne sur elle-même à la manière d’une bourse, l’appeloit Renversement transversal (1). Les noms de Rétro-version et

ples ; mais ces faits isolés n’avoient fixé l’attention d’aucun praticien d’une. manière spéciale avant M. des Granges, chirurgien gradué du Collége de Lyon, qui les a rassemblés pour en former un corps de doctrine, Son Mémoire sur la rétro-version et l’anté-version de la matrice, couronné en 1785 par l’Académie de chirurgie, ne laisse rien à désirer sur ce sujet, et sera sans doute imprimé parmi ceux de cette illustre Académie, On y verra que ce sont les observations du docteur Hunter qui ont le plus contribué à réveiller notre attention sur ce genre de déplacement; que M. als, qui procura à ce médecin an-— glois l’occasion‘de l’observer pour la première fois, en avoit puisé la connoiïissance dans les leçons de Grégoire, chirurgien de Paris, et que ce fut M. Chopart, au retour d’un voyage de Londres, qui fit connoître à l’Académie les observations de ces médecins étrangers.

(1) Voyez Journal de médecine , tom. XF, pag. 279.

d’Anté- version, sans donner une idée plus exacte de cette espèce de déplacement, ont été employés, depuis l’accoucheur anglois que nous venons de citer, par tous ceux qui ont communiqué des observations sur ce point . et ce sera sous ces dénominations que nous en parlerons.

2592. La rétro-version est le déplacement dans lequel le fond de la matrice s’est tourné vers le sacrum, et l’orifice vers le pubis : l’antéversion, celui où le fond s’est porté derrière le pubis, et lorifice au-devant du sacrum. [une et l’autre peuvent être plus où moins com-.

plètes ; mais il semble cependant, d’après la structure et le rapport des parties, autant que d’après l'observation même, que l’anté-version ne peut devenir aussi considérable que la rétroversion : elle est d’ailleurs plus rare et moins fâcheuse.

253. La matrice peut se renverser et secoucher de l’une ou l’autre manière, hors le temps de grossesse, et pendant les trois ou quatre premiers mois.de celle-ci. Après ce temps, son volume est généralementtel, qu’un pareil déplacement paroît impossible, la longueur de la matrice surpassant alors, dans la plupart des femmes, la largeur du bassin, prise du pubis au sacrum. Une des observations de Smelli annonceroit cependant que ce renversement peut avoir lieu plus tard, s'il l’a véritablement remarqué chez la femme qui en fait le sujet, puisqu'elle étoit grosse du terme de cinq mois (1).

(1) SMELLIE, trad. franç., tom, II, pag. 150, Observ. IT.

25/. Ce renversement peut s’opérer lentement, subitement, et les causes déterminantes n’en sont pas alors absoliment lesmêmes. Dansle premier cas on en observe les progrès dejour en jour, ou de semaine en semaine, et il ne parvient qu'insensiblement à son plus haut degré(1); dans le second, il devient complet en moins d’une

“heure, ét souvent en un seul instant (2).

255. Lorsqu'il se fait lentement, il paroïît dépendre de. la pression légère, mais continue, des viscères flottans sur le fond de la matrice,

. et pressant sur sa partie antérieure et sur sa partie postérieure , selon l'espèce d’obliquité qu’elle

Observation.

a prise; de sorte que cette pression donne lieu

(5) Nous avons fait observer cette marche lenté dü renver-

sement de la matrice aux élèves qui suivoient nos leconis vérs la fin de l’année 1775 : il ne fut complet qu'après trois où quatre semaines; et à cette époque seulement, la femme se trouva contrainte de se soumettre à la nécessité d’en faire la réduction. .

(2) La rétro-version de la matrice se fit complétement en un instant chez madame de ***, le lundi de Pâques 1784 ; et il ÿ eut, dès ce moment ; impossibilité d'évaeuer une seule goutte d'urine, Appelé une heure après, je trouvai cette femme dans l'attitude que prend celle qui est à l’instant d’accoucher. Elle se livroit involontairement aux plus grands efforts , et elle y étoit excitée aütanñit par là présence d’un corps qui paroissoit à l'entrée du vagin , dilatée de la largeur d’un petit écu , que par le besoin d’uriner, Ce corps étoit la partie postérieure de la matrice , dont le fond se trouvoit appuyé sur le coccix, et l’o= rifice très élevé du côté du pubis. J’en fis la réduction sur-lechamp, et le calme se rétablit. Cette femme, grosse de trois mois, étoit depuis cinq à six semaines dans le cas énoncé aux $$ 247 et 248. Elle n’accoucha qu’au terme ordinaire,

DES ACCOUCHEMENS. 139 tantôt à l’anté-version et tantôt à la rétro-version. C'est aussi par le même mécanisme que s’opérent subitément l’une et l’autre espèce de ce renversement ; mais il faut alors une impulsion plus forté, et cette impulsion ne peut étre donnée que par l'aétiôh dés muscles qui forment l'enceinte du bäs-ventre, où par des agens éxtérieurs. On a vu la matrice se renveliser de cette maniére à l'occasion des efforts du vomissement , de ceux qu'on exerce pour aller à la garde-robe, même pour ürinér; ét souvent aussi ce renversément à été déterminé par une chute, un coup, ou.

une forté compression sur le bas-ventre (1).

Quelques uns des accidens produits par ce déplacement viénnent bientôt ajouter à sés premières causes, et ne le rendent que plus considérable dans la suite, comme nous le remarquerons au 261.

256. La gravitédes accidens qui proviennent de la rétro-version où de l’añté-version de la matrice dépend bien plus du volüme de ce viscère, res-

(1) M. Chopart, notre confrère, nous à communiqué un exemple d’anté-version de matrice chez une femme grosse de deux mois, qui ne sembloit avoir eu d'autre cause que les efforts du vomissement. La rétro-version a paru à la suite d’une grande frayeur chez l’une des femmes qui font le sujet des observatiôns de Hunter; M. des Granges a attribué la première à une forte pression exercée sur le véntre par ün chaudron rempli de linge mouillé. Chez la femme dont nous venons de parler dans une des notes précédentes , la rétro-version n’a été déterminée que par des efforts pour uriner pendant qu'on repoussoit, au moyen du doigt, Le col dé la matrice qui étoit audehors, comime on l’avoit fait cent fois depuis cinq à six semaines.

pectivement àla capacité du bassin, que de l’étendue du déplacement qu'il a éprouvé. Lorsqu'une matrice saine et en parfaite vacuité se renverse dans un bassin de grandeur naturelle, soit que son fond se tourne vers le sacrum ou versle pubis, la femme n’en ressent qu'une pesanteur incommode sur le fondement, des tiraillemens douloureux dans les aines, le devant des cuisses et les lombes, et une sorte d'épreintes, tant au col de la vessie que du côté du rectum, qui excitent fréquemment le besoin d’uriner ou d'aller à la selle. Ces symptômes s’'augmentent et s'aggravent dans la proportion des efforts qu’on fait pour surmonter les obstacles qui nuisent alors à l'évacuation des urines et des matières stercorales. Si le jet des premières s'établit avec peine, il se soutient difficilement, et paroït souvent entrecoupé.

257. Ces accidens sont plus marqués dès l’instant du renversement de la matrice, toutes choses étant égales d’ailleurs du côté de l'étendue de ce déplacement, quand elle est engorgée et tuméfiée , ou lorsque son volume est augmenté par la grossesse, parce qu’elle agit plus fortement sur les parties circonvoisines, et s’en trouve éllemême plus à la gène. Si les tiraillemens douloureux dont on vient de parler ne sont pas plus incommodes dans ce dernier cas que dans le premier, la pesanteur sur le fondement et sur le col de la vessie est plus grande, les épreintes vésicales et'intestinales sont plus fortes ; la difficulté de rendre les urines et d’aller à la garde-robe est plus considérable; et selon que la matrice est alors plus ou moins volumineuse, relative-

DES ACCOUCHEMENS. 141 ment à la capacité du bassin, il y a réterition complète ou incomplète d'urine, et constipation

absolue.

__ 258.Lesaccidens parviennent à ce dernier point en très peu de temps, et il s’y en joint promptement de nouveaux, lorsque la matrice ne se renverse, AUSSI brusquement et aussi complétement, que dans le cours du troisième au quatrième mois de la grossesse, parce que sa longueur, prise du fond à l’orifice, surpassant alors de quelque chose la distance du pubis au sacrum, elle comprime fortement le col de la vessie, le canal de l’uretre et l'intestin rectum, dès l'instant de son déplacement, et se trouve elle-même comme enclavée d'une manière génante dans la cavité du bassin. Autant la marche des accidens est rapide dans ce cas, autant elle peut être lente dans celui où le renversement se fait graduellement, et surtout à un terme de grossesse moins avancé. Supposons-le complet et avant le deuxième mois.

259. Les accidens se borneront d’abord à ce qui a été exposé au $ 256, parce que la matrice est encore peu volumineuse à ce terme; mais comme elle continue de se développer malgré son déplacement, et que chaque jour elle a besoin d’un plus grand espace, bientôt elle comprime plus fortement le col de la vessie et le rectum, qui s'en trouvent affaissés au point de ne plus permettre ni l'issue des urines ni la sortie des matières stercorales les plus liquides. Il peut arriver même, en pareilles circonstances, que la sonde ne puisse plus pénétrer dans la vessie, et qu'il soit également impossible d'administrer des lavemens,

260. La matrice, déjà camme enclavée au milieu du bassin, quand les accidens sont parvenus a ce point, s’y enclave bien plus fortement encore dans la suite, si l’on n’en fait pas promptement la réduction. Continuant de se développer, parce que le produit de la conception qu’elle renferme continue de s’accroitre, et ne pouvant le faire selon l’ordre que suit ce développement dans l’état ordinaire de grossesse, elle se moule en quelque sorte à la cavité du bassin, en s'étendant vers les endroits qui lui opposent moins de résistance. Son augmentation de volume dans ce dernier temps ne dépend plus uniquement du développement du produit de la conception; il provient aussi de la tuméfaction de sa propre substance, quis engorge et s'enflamme, ce qui amene de nouveaux accidens. Comme l'espace qu'elle accupe alors, qu’elle remplit complétement, et dans lequel elle est comprimée et comme emhoitée, est plus grand que le détroit supérieur, sa réduction en devient tres difficile et même impossible (1).

261. La rétention d’urineet la constipation, que nous n'avons regardées jusqu'ici que comme les accidens de la rétro-version de la matrice, en deviennent bientôt comme autant de nouvelles

(1) Dans l’une des observations du docteur Hunter, insérées dans les tam. IV et V des Medicals observ. de Londres, on remarque que l’on ne put faire la réductoin de la matrice, et qu’à l’ouverture du cadavre, on la trouva tellement enclavée de toutes parts dans le bassin, qu’on ne put l’en dégager qu'après avoir coupé la symphyse des pubis, et écarté ces os considérablemeni, |

causesquiagissentconcurremmentaveclesautres, de manière à la rendre plus considérable encore, et à s'opposer plus fortement à la réduction. La vessienepeutsedévelopper gran dementet s'élever dans la cavité du ventre, qu’elle ne ramène en devant le col de la matrice, qu’elle ne l'entraine vers le haut du pubis , et qu’elle n’agisse d’ailleurs sur le corps de ce viscère déjà renversé vers le sacrum, au moins avec une force égale au poids des urines qu’elle contient, et qui peut aller audela de dix à douze livres en certains cas. Les matières stercorales, retenues et accumulées dans le haut du rectum, au-dessus du point ou cet intestin est affaissé par le fond de la matrice, agissent de même, et portent cette partie de plus en plus bas. Ajoutez à cela l'impulsion que ces matières reçoivent à chaque instant de l’action intestinale , et les efforts, souvent involontaires, que la femme exerce, soit pour uriner, soit pour aller à la garde-robe.

262. Ces causes n’agissent pas aussi défavorablement dans le cas d’anté-version , et elles sembleroient plutôt concourir à ramener la matrice dans sa position naturelle, qu’à l'en éloigner davantage , d’après ce qu’en vient de dire au paragraphe précédent. |

263. Quoique les accidens énoncés soient autant de symptômes de la rétro-version et de l'antéversion de la matrice, ils nesuffisent cependant pas pour en établir le diagnostic, parce qu'ils sont communs à d’autres espèces de déplacemens, et qu'il n’en est aucun qui ne puisse dépendre d'une autre cause, Ce n'est que par le toucher qu'on

peut reconnoitre sûrement ces déplacemens, et juger de l'étendue de lune et l’autre espèce. Le doigt rencontre, à peu de distance de l'entrée du vagin, un corps assez solide sous forme de tumeur, qui remplit la cavité du bassin; c’est celui de la matrice, qui offre au toucher sa surface antérieure ou la postérieure, mais toujours recouverte du vagin, selon qu'elle se trouve dans un état d’anté-version ou de rétro-version.

Dans-celle-ci, le fond est appuyé contre le sacrum, et l’orifice retiré vers le haut du pubis ; dans celle-là , l’orifice est en arrière, vers le sacrum, et c'est le fond qui déprime le col de la vessie. Dans l’un et l’autre cas, sion portele doigt dans l'anus, à une hauteur plus ou moins grande, on y rencontre une tumeur formée par le fond ou par le col de la matrice, qui déprime l’intestin ; et la sonde introduite dans la vessie, lorsqu'elle peut y pénétrer, y fait remarquer la même chose (1). i

26/4. Si la situation du côl de la matrice , ou le rapport de l’orifice à tel ou tel point de la surface

(1) On a pris quelquefois la tumeur dont il s’agit pour une maladie de l'intestin, et d’autres fois pour une pierre chatonnée , ou pour une tumeur squirrheuse des parois de la vessie. Levret ne connut , dit-il, l'espèce de déplacement que nous appelons anté-version de la matrice, qu'a l'ouverture d’une femme morte à la suite de l'opération de la taille, faite dans le dessein de la délivrer d’une pierre qu’on croyoit chatonnée, ( Voyez les remarques de ce célèbre accoucheur sur les déplacemens de la matrice : Journal de médecine, tom. XL,

pag. 269.)

et

DES ACCOUCHEMENS. 149 interne du bassin, détermine l'espèce de déplacement qui a lieu, il ne faut pas toujours juger de l'étendue de ce déplacement par la hauteur de cet orifice, et le plus ou le moins de difficulté qu’on éprouve à y atteindre. Quelquefois il est trés accessible au toucher, quoique le renversement soit aussi grand qu'il puisse le devenir; ce qui tient à Ce que le col de la matrice se recourbe alors à la maniere du bec d'une cornue : conime nous l'avons remarqué, soit dans le cas de rétro-version même, soit dans celui d’obliquité { f’oyez $ 290 ).

265. Le pronostic de la rétro-version et de l’anté-version de la matrice est plus ou moins fâcheux selon l'étendue de ces déplacemens, leur ancienneté, l'incarcération plus ou moins étroite de la matrice dans la cavité du bassin, et la somme des accidens auxquels cet état a donné lieu. Celui de l’anté-version est en général, et toutes choses égales d’ailleurs, moins grave que celui de la rétro-version. |

266. L’indication essentielle dans tous ces cas est de replacer la matrice dans sa position naturelle, et de la maintenir en cet état. Si l’on rencontre peu d'obstacles à cette réduction lorsque le déplacement est récent et la matrice peu volumineuse encore, il s'en présente de grands, et quelquefois d'insurmontables, quand il existe depuis plusieurs semaines, plusieurs joursmême, surtout s1 la matrice estvolumineuse, étroitement enclavée et commeétranglée au milieu du bassin (1).

(1) Voyez dans les Wedicals observ. de la Société de Londres le fait déjà cité, Le 10

140 L'ART Si l'indication consiste essentiellement à replacer la matrice, comnre on vient de le dire, les accidens qui proviennent de son renversement en offrent quelquefois de plus pressantes, et exigent des secours qui préparent ou facilitent la réduction , et sans lesquels on ne pourroit en certains cas lobtenir.

267. On commencera, dans ces sortes de cas, par évacuer les urines, s'il est possible d’y parvenir, soit en insinuant un doigt le long et à côté de la symphyse du pubis, pour écarter convenablement le corps de la matrice du col de la vessie et de lurètre (1), soit en introduisant une sonde dans la vessie. On évacuera également les matières stercorales, si les lave-

(1) Ce fut de cette maniere que Je fis uriner pendant une dizaine de jours , et plusieurs fois chaque jour, dans le cours dé mars 1787, une dame étrangère, grosse de trois mois ou environ, dont la matrice étoit brusquement tombée dans un état de rétro version complète, ne pouvant réduire ce viscère surle-champ à cause des accidens , et espérant y trouver plus de facilité après avoir combattu ceux-ci. Ce ne fut qu’au dixième jour que je me déterminai à vaincre les obstacles, en y employant une force convenable , ne rencontrant plus alors la même facilité à faire couler les urines, et les difficultés devenant plus grandes chaque fois. Pour ne pas fatiguer la matrice par la pression immédiate des doigts , je commencçai par insinuer audessous de son fond un pessaire de gomme élastique fort épais, de l'invention du sieur Bernard, qui servit après la réduction à fixer ce viscère. Cette dame ne porta le pessaire en tout que trois ou quatre jours, et n'accoucha qu’au terme ordinaire, . malgré les efforts qu’il avoit fallu faire pour restituer la matrice dans sa position naturelle au troisième mois de la grossesse,

mens peuvent pénétrer et détremper convenablement celles qui sont desséchées et amoncelées dans le haut du rectum et PS romaine du colon. On aura recours à la saignée, et on la réitérera , lorsque l'état inflammatoire des parties l'exigera ; on emploiera les fomentations et les bains, et l'on ne procédera à la réduction de la matrice qu'après l'avoir préparée de cette mraniere. Paroissant impossible en quelques cas avant l'emploi de ces moyens, elle s’est faite ensuite aisément, et même comme spontanément(1).

268. La position qu'il convient de donner à la femme, et qui semblela plus avantageuse dans le moment où l’on procède à la réduction de la matrice, est celle dans laquelle les viscères du bas-ventre font le moins d'efforts sur celle-ci. C'est pourquoi on a prescrit de la faire mettre sur les coudes et sur les genoux, de manière que le bassin soit plus élevé que le ventre et la poitrine. Si cette position est bonne en quelques cas, on ne doit pâs la regarder comme essentiellement nécessaire dans tous. Mais quelle que soit la position de la femme, il est utile qu’elle ne fasse aucun effort pendant qu’on s’occupe à replacer la matrice.

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