Réduire la matrice dans sa position na
(x) C'est ainsi qu'a dû se faire la réduction de la matrice chez la femme dont parle Smellie, puisqu'il se contenta d’évacuer les urines , et que cette femme fit une fausse couche peu d'heures après, Ce n’est pas le seul exemple de cette espèce qu’on puisse citer,
148 L'ART turelle, c’est en relever le fond et en abaisser le col. Pour y parvenir, dans le cas de rétro-version, on recommande d'introduire deux doigts dans l'anus , à dessein de repousser le fond de la matrice au-dessus de langle du sacrum, en même temps qu’on en abaisse le col, au moyen de deux doigts de l’autre main, portés dans le vagin (1); ce qui semble difficile à exécuter, et évidemment inutile dans la plupart des cas : on operg également cette réduction en repoussant le fond de la matrice au moyen de plusieurs doigts portés méthodiquement dans le vagin (92). Il est des instans plus favorables les uns que les autres pour obtenir cette réduction, mais ils sont subordonnés à des circonstances qu’on ne peut déterminer ; c’est pourquoi on nese hâtera pas de prononcer qu'elle est impossible, avant d’avoir répété suffisamment les mêmes tentatives.
270. On ne peut rien dire ici des efforts néces saires pour replacer la matrice; quelquefois ilen faut peu, s'ils sont bien dirigés ; d'autres fois il
(1) Il paroït , d’après la première observation de Hunter et de M. Wals, que ce précepte a été donné d’abord par Grégoire, chirurgien de Paris ; et beaucoup, depuis ce temps, l'ont mis en pratique ou l'ont essayé.
M. Du Saussoie, chirurgien-major du grand Hôtel-Dieu de Lyon, assure n'avoir pu réduire la matrice dans un cas de cette espèce, qu'en portant loute la main dans l’anus, où elle pénétra, dit-il, sans peine. {Voyez Journal de Médecine, tom. LXVIT, pag. 289, du mois de mai 1786.)
(2) Nous sommes parvenu constamment de cette manière à réduire la matrice; et le pessaire, dans le cas rapporté dans l’une des notes précédentes, nous a été très utile,
en faut de grands. La crainte de provoquer l'avortement dans ces derniers cas ne doit point arrêter le praticien. Indépendamment de ce qu’il nest pas toujours la suite de pareils efforts LP c'est que le danger auquel le renversement de Ja matrice expose la mère et l'enfant sera bien plus grand et plus certain si l’on ne replace pas ce viscère à temps (2).
271. La réduction de la matrice est tellement importante à la conservation de la femme, que Guillaume Hunter, instruit par l'expérience qu'on ne pouvoit l’opérer en quelques cas, sans avoir diminué préalablement le volume de ce viscère, a recommandé d’évacuer les eaux de l’'amnios, toujours abondantes dans les premiers mois de la gestation respectivement à la grosseur du fœtus, au moyen d’un ponction faite du côté du vagin. ‘Cette ponction, qui n’offre rien de dangereux en elle-même, n’a pas encore été pratiquée dans cette vue, parceque le cas pour lequel l’a recommandée laccoucheur anglois ne s’est pas présenté uneseconde fois dans le cours desa pratique. Nous n’entrevoyons pas ce qu'on pourroit faire de mieux dans une circonstance aussi déplorable(3) : peutêtre proposera-t-on un jour la section de la sym-
(1) On pourroit citer plus de vingt-cinq faits à l'appui de cette asserlion.
(2) L'observation de Smellie, celle de Hunter, déjà citées, et beaucoup d’autres, prouvent que cette assertion n’est que trop fondée.
(3) Voyez les observations du docteur Hunter, dans les Medicals observ. de Londres, tom. IV et V.
19a L'ART
physe du pubis, comme Guillaume Hunter même l'a fait sur le cadavre de l’une des femmes qu'il a vue mourir des suites de la rétro-version de la matrice (1). sui
272. La réduction de la matrice étant faite, il faut maintenir ce viscère dans sa direction naturelle, ou pr évenir le retour de son renversement. Une situation convenable de la part de la jemme, l'attention de ne faire aucun effort soiît pour uriner, soit pour aller à la selle, ont suffi quelquefois ; mais l'application d’un pessaire paroït indispensable dans la plupart des cas.
273. Les accidens qui proviennent directement ou indirectement des déplacemens dont nous venous de parler, ne cessent pas toujours à l’instant de la réduction de la matrice, et présentent souvent, après cette réduction, de nouvelles
indications qu'il ne faut pas négliger : nous ne ‘
citerons que la rétention d'urine pour exemple. Elle ne dépendoit d'abord qne de la compression du col de la vessie; mais après la réduction, elle peut être ob e par l’inflammation de cette partie , ou par l’inertie du corps de la vessie même , qui suit quelquefois son extrême dilatation, C’est au chirurgien à en rechercher la cause dans ces derniers temps, et à la traiter convena- Blement.
(1) Cette proposition a été ie en effet, dans un Mémoire présenté à la Société de l'École de NE (Voyez Bulletin de l’École dé Médecine, pag. 36 ; Journal rédigé par MM. Corvisart, Leroux et Boyer, tom. La: )
SECTION IT
De l’obliquité de la matrice.
274. S'il est extrêmement difficile que l'axe longitudinal de la matrice reste parallèle à celui du bassin pendant les premiers mois de la grossesse, . comme onle remarque au $ 241, il paraît presque impossible qu’il ne s’en détourne pas également, ainsi que de la ligne médiane du corps de la femme , lorsque ce viscère, dans un temps plus avancé de la gestation, s'élève dans la cavité abdominale, parce qu'il est alors plus arrondi et bien plus mobile que dans les premiers temps. Le plus constamment son fond s'incline vers l’un ou l'autre côté, en croisant l'axe du bassin , et celui du corps de la femme : et c'est cette déviation qu’on nomme Obliquité.
275. Les auteurs qui ont parlé de cette obliquité en ont établi quatre espèces générales : 1° l’obliquité en avant, 2% celle en arriére , 3 celle du côté droit, 4° celle du côté gauche. Un des plus célèbres d’entre-eux (1) en distingue aussi des moyennes, qu'on pourroit en quelque sorte multiplier à l'infini, si on vouloit en admettre d’intermédiaires aux quatre éspèces énoncées. L’obliquité latérale droite paroît la plus {réquente; vient ensuite celle en devant, ou l'obliquité antérieure; celle du côté gauche est assez
mr
(1) M. LEvRET, Art des accouchemens , édit. troisième, $ 283 et suiv. {dem., $ 658.
Opinions des auteurs sur la
192 L'ART rare, et on peut douter de la possibilité de la postérieure, que Zevret et ses sectateurs n’admettent qu autant que les vertebres des lombes sont arquées à contre-sens de l’état naturel (1), c’est-à-dire que leur ensemble décrit un enfoncement en devant, au lieu de cette convexité qui nous à paru jusqu'ici d'autant plus grande que la femme étoit plus contrefaite. Aucun exemple : encore ne nous a présenté la réalité d'un pareil vice de conformation; et nous ne voyons dans les signes de l’obliquité postérieure de la matrice, décrits par quelques auteurs, que les signes d’une matrice «située sertie au plan incliné de l’ouverture d’un bassin bien fait,» pour nous servir des mêmes expressions que ie (2 et surtout dans la direction où il la représente, quand la femme est couchée sur le dos.
276. La déviation de la matrice étoit connue longtemps avant Deventer, quoiïqu’on lui en attribue généralement la découverte, et qu’on regarde cette découverte, d'aprés lui, comme celle qui a opéré la plus heureuse révolution dans l’art des accouchemens. De Graaf, Bartholin, Armand.
Mauriceau et beaucoup d’autres en fournissent des exemples. Si ces anteurs se sont moins expliquéssur cet objetque Deventer,aucun d'eux également n’en a déduit d'aussi fausses conséquences.
277. L'on a cru d’abord que l’obliquité de la matrice étoit l'effet de sa mauvaise conformation,
(2) L'Art des accouchemens, $ 294, l'explication de la plauche IT, fig. 7.
du relâchement de quelques uns de ces ligamens et de la contraction des autres, de certaines tumeurs des parties voisines, et de lhabitude où
cause de l’obliquité de la matrice.
sont beaucoup de femmes de ne se coucherque.
sur un côté; mais depuis Lesret, surtout, la plupart des auteurs l’attribuent à J’'attache du placenta, dans une autre partie que le fond de la matrice. La cause la plus ordinaire de la déviation de la matrice , dit ce célèbre accoucheur, dépend de la partie de cet organe où est implanté le placenta ; car s’il n'est point fixé au fond ou sur lorifice , il éntraine toujours ce viscère vers le côté de son attache. La cause la moins rare, apres celle-ci , continue-t-il, est la mauvaise conformation primordiale ou accidentelle de la matrice, de quelques unes de ses parties, ou même de celles qui l’avoisinent (1).
278. On conçoitassez bien comment une masse telle que le placenta, attachée tout-à-coup un peu au-dessous du fond-de la matrice et du côté droit, par exemple, pourroit l’entrainer de ce côté; mais lon ne voit pas aussi clairement comment cette masse détermineroit la même espèce d’obliquité, quand elle s’est greffée sur le col de ce viscere, ou sur le côté gauche. Dans le premier cas, selon Levret, le fond de la matrice se porte du côté de l’attache du placenta, en suivant les lois de a gravité des corps; etilsy porte d'autant plus, que cette masse est plus voisine de l’orifice (2),ce
(1) L'Art des accouchemens , édit. troisième, $ 633 et 634. <
(2) L'Art des acccuchemens , édit, troisième, $ 282. Ob-
qui est assez difficile à à comprendre. Comme ce nest plus selon les mêmes lois que s'opère l’obliquité du côté opposé au placenta, proviendroitelle de ce que la région de la matrice à laquelle il est fixé, ne pouvant se développer autant que les autres, comme le prétend le même auteur, détermine ce viscère à prendre une figure et une situation contre nature (1 )? En le lisant attentivement, on voit que c est en effet ce défaut de développement qui oblige la matrice à se dévier du côté opposé au placenta ; on est frappé du contraste que présentent ses observations avec ce que nousoffre la pratique journalière, et combien Levret a été embarrassé pour faire cadrer les faits avec son système.
Cause de 279. L'obliquité de la matrice paroit une: suite lobliquité de nécessaire de sa mobilité, de la rondeur qu'elle none acquiert en se développant de la forme et de la
situation des parties qui l'entourent, de leur mobilité et des changemens que leurs fonctions % déterminent à chaque instant : mais quelle est la cause qui l’oblige à se dévier plutôt d'un côté que de l’autre, et le plus fréquemment vers ie même point : D
280. Si |’ obliquité étoit due à l'implantation du placenta ailleurs qu’au centre du fond de la matrice , elle auroit lieu constamment du côté où seroit cette masse, et souvent on la trouve du côté
Ds ——
servations sur les causes de plusieurs accouchemens laborieux, édit. quatrième , part. IÏ, pag. 110 et suiv.
(1) Observations sur la cause des accouchemens laborieux, part, Î, pag. 120.