Dans ce cas, si les membranes se rompent
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de bonne heure, si l'action des puissances auxiliaires de la matrice est assez forte et le bassin assez grand, la téte de l'enfant vient se présenter à la vulve, étant recouverte de la paroiï antérieure etinférieure de la matrice,qu’elle a forcéedes’éténdre et dé descendre au-devant d’elle ; pendant que l'orifice se porte de plus en plus en arrière et se retire vers la base du sacrum ; ce qui peut avoir des suites extrêmement fâcheuses, si l’accoucheur né $ait pas les prévenir, en réprimant les efforts qui dépendent de la volonté de la femme, en repoussant un peu la tête de l'enfant dans l’intervalle des doùleurs, en ramenant et en maintenant au-déssous d’elle et vers le centre du bassin l’orifice de la matrice. Lesdeux observationssuivantes nous paroissent très propres à faire connoitre ces suites fâcheuses de l'obliquité dela matrice, et les bons effets de la conduite qué nous venons de prescrire : l’une de ces observations est extraite d'un Mémoire sur l’obliquité de la matrice, qui a été communiqué à l’Académie de chirurgie par M. Bavaï, alors chirurgien-accoucheur dans les états de Brabant (1); l’autre nous est particulière.
Observ. 1°. Une femme du village de Grimberg, près Bruxelles, grosse deson premierenfant, ne pouvant avoir M. Bavaï des le commencement de son travail, eut recours à une sage-femme qui la tint debout et lui fit pousser ses douleurs pen-
(1) Ce Mémoire n'est en quelque sorte qu’une critiqué ina jurieuse de ce.que contenoit la première édition de notre ouÿ 1: = 7? »
vrage sur l’obliquité de la matrice,
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DES ACCOUCHEMENS,. AR dant trois jours et deux nuits, de sorte que la tête de l'enfant paroissoit au passage, enveloppéede la paroi antérieure de la matrice, lorsque le chirursien fut appelé de nouveau. Cette Portion de la matrice, qui servoit comme de coiffe à l'enfant, étoit, dit-il, enflammée, et l’orifice, qu'il ne put découvrir qu'avec beaucoup dé peine, tépôhoit à la partie supérieure du sacrum , n'étant otivert que dé la largéur d’uné pièce de douze sous de France; les eaux étoient écoulées dépuis quelques jours. M. Pavaiï eut recours d’abord à la saignée, aux lavemens et aux fomientations émollientes. Pouvant à péine soutenir la tête de l'enfant et einpécher qu'éllé ne franchit la vulve, eriveloppée dela portion de là mätrice qui la recouvroit, ilimagina de fairé coucher là femme de manière qüe les fesses fussent plus élevées qüe les épaules, et malgré cela, continue:t:il, là gangrénesurvitit, et la malade éxpira. À l'ouverture du cadavre, ils obsérvérent, M. Le Botté{1) et M. Bävaï, que le placenta étoit attaché à la partié moyenne et inférietiré de la paroi antérieure dé là matrice; qué le bässin étoit bien conformé et très spacieux; que l'orifice de la matrice répondoit à la nuque de l'enfant, la tête étänt sortieenveloppée d'une portion de ce viscère, qui étoit gangrenée el séparée du reste, Cette observation, dans läquéllé noûs avons en quelque sorte conservé Jes expressions de l’auteur, présente d’une maniéré alarmante ét claire les tristes effets dé l’obliquité de la matrice
(1) Chirurgien juré de l’abbaye de Grimberg.
lorsqu'on abandonne la femme à elle-même, ou qu'elle se livre aux soins de l’aveugle et téméraire ignorance. La suivante démontre au contraire ce qu'on doit attendre des lumieres de l’art, lorsqu'elles sont bien dirigées. Nous la choisissons parmi pulsieurs qui nous sont particulières, parce qu'il est impossible qu'aucune autre ait plus de rapport avec celle de M. Bavaï.
Observ. If. Une femme aussi robuste que bien conformée, et qui avoit eu déjà plusieurs enfans, se présenta, vers la fin de 1773, pouraccoucheren présence de mes élèves, et leur procura par son . indocilité, l’occasion de bien observer tout ceque nous venonsd’annoncersurles effetsde l’obliquité de la matrice, et de l'application des préceptes de l’art. La matrice, chez cette femme, étoit manifestement inclinée du côté droit et en devant, au point que son orifice tourné en arrière, se découvroit difficilement au toucher. Les eaux s'évacuoient et les douleurs se répétoient avec autant de force que de fréquence : l'enfant se présentoit bien. Rien ne pouvant convaincre cette femme de la nécessité de rester couchée horizontalement et de supporter la présence du doigt, elle demeura tantôt assise et tantôt debout, se livrant inconsidérément aux efforts qu’elle pouvoit faire, toutes les fois qu’elle ressentoit des douleurs. La tête de lenfant,après un travail de douze à quinzeheures, vint occuper le fond du bassin, et y parut recouverte de la partie antérieure et inférieure de la matrice, au point qu'on l'entrevoyoit ainsi en écartantles grandes lèvres et en élargissant un peu l'entrée du vagin. Le doigt parcouroit toute la
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portion de sphère qui se présentoit de cette manière , sans trouver l'orifice, alors plus déjeté en arrière , et tellement élevé qu'il falloit insinuer le doigt presque à la hauteur de la base du sacrum pour en toucher Île bord antérieur. La portion de la matrice, poussée en avant et formant au-dessous de la tête de l'enfant une espèce de coiffe qui la recouvroit, devint encore plus apparente à la vue, dans la suite du travail; elle étoit lisse, luisante , tendue, merveilleusement injectée, couverte d’un lacis admirable de vaisseaux, et d’une si grande sensibilité, que la femme ne pouvoit plussupporter le plus iéger attouchement; tout le bas-ventre parut bientôt menacé de la même inflammation, et tellement douloureux #que les vétemens devenoient incommodes. La fièvre s’allumoit, et les idées commençoient à s’aliéner, malgré quelques saignées, lorsqu'un incident heureux rendit la femme assez docile pour écouter les sages conseils qu’elle rejetoitdepuis environ quarante-huit heures, et permettre qu'on fit ce qu'on vouloit tenter dès le commencement. Intimidée par la présence inopinée de deux hommes de loi, revêtus de leur robe, elle se mit au lit; Je relevai le ventre, d’une main, pour diminuer l’obliquité de la matrice, tandis que de deux doigts de l'autre, après avoir refoulé Ja tête de l'enfant un tant soit peu, je fus accrocher le bord antérieur de l’orifice, pour le ramener vers le centre du bassin, où je le tins pendant quelques douleurs ; et permettant alors à la femme de faire valoir le peu de forces qu'elle conservoit, elle se délivra dans l’espace d'un quart
170 L'ART ; d'heure. Son enfant étoit bien portant, et les suites des couches fürent des plus simples. Si cette observation ne suffisait pas pour confirmer ce que nous avons avancé plus haut, nous pourons l'étayer de plusieurs autres. es 299. La‘tête du fœtus, ainsi recouverte d’une portion du col de la matrice, s'engage beaucoup moins chez les femines dont le bassin est un peu resserré que chez celles qui l'ont très grand; mais dans toutes, cotûme les efforts qui tendent à pousser cétté tête en avant agissent pérpendi-. culairement sur la portion de Matrice qui la recouvre , cette portion se distend , s’enflamme et se déchire, si l’on ne prévient ces effets en corrigeant l’obliquité, en ramenant l’orifice au centre du bassin , ét en l’y maintenant , jusqu’à ce qué la tête y soit engagée : comme nous l'avons fait dans le eas de l'observation précédente.
200. Pour prévenir les effets de l’obliquité de la matrice, on fera donc coucher la femme sur le côté opposé à la déviation, afin que ce viscère, chargé du poids de l'enfant, puisse s’y porter: quelquefois il faut encore aider en appuyant d'uné main convenablement sur le ventre. Dans les grändes obliquités antérieures, il faut recommander à la feinme de né pas pousser fortement en en bas, parce qüe ces efforts deviendroient contraires à la fin qu'on se propose, etne feroient qu'augmentér l’obliquité. Si l'orifice , au moyen de ces précautions, ne se rapproche pas du centre du bassin, après un délai convenable, il faut le ramener avec le doigt, pendant l'intervalle des douleurs, et le rétenir ainsi jusqu’à ce qu'il soit
assez ouvert pour permettre à la poche des eaux de s’y engager en maniere de coin. En bien des cas, comme Ja longueur du travail de Paccouchement ne provient que de cette déviation de l'orifice de la matrice, et de ce qu'ilne se trouve pas dans le rapport favorable avec le bassin, le moyen le plus sûr d'accélérer l'accouchement, et d’épargner à la femme une foule de douleurs inutiles et fatigantes, consiste à établir ce rapport de la manière que nous venons de recommander. Il ne peut résulter de ce procédé ni déchirure, ni ilaimmation au col de la matrice, ni perte de sang , etc., comme quelques personnes peu instruites ont voulu le faire croire.
3or. Les effets dont nous venons de parler ne sont pas les seuls qui puissent résulter de l’obliquité de la matrice. L’axelongitudinal de l'enfant, toujours parallèle au plus grand de ce viscère, ne peut l’être en même temps avec celui du bassin, dans le cas des grandes obliquités; ce qui offre un autre genre d'obstacles à l'accouchement, Dans l'extrême obliquité en devant, par exemple, assez souvent c’est un des côtés de la tête qui se présente au détroit supérieur; l'oreille étant appuyée audessus du pubis, et la suture sagittale dirigée selon la longueur de la base du sacrum. Dans les grandes obliquités latérales , tantôt c’est le front, et tantôt la face ou la nuque qui se présente, comme on le verra dans la partie de cet ouvrage qui traite spécialement des accouchemens contre nature. L’on y fera mention aussi, de même que dans la quatrième partie, de plusieurs autres accidens qui proviennent encore de l’obliquité de la
matrice, et qu'on n’a pu faire connoître dans cet article : mais partout on verra que ces effets sont faciles à corriger, et que l’homme instruit n’y trouve de difficultés que lorsqu'on a perdu beaucoup de temps avant de l’appeler..