Quand on ne connoïtroit aucun exemple
de femmes qui ont'conçu , malgré quelques uns des vices de conformation dont nous venons de faire l’'énumération, ou quoique atteintes de l’une ou de plusieurs des maladies indiquées , l'on ne devroit pas encore regarder ces vices et ces maladies comme autant de causes de stérilité absolue, puisque la plupart peuvent être détruites ou corrigées par les secours de la chirurgie et de la médecine, 334. Non seulement on a vu plusieurs femmes devenir grosses , malgré l’étroitesse naturelle ou accidentelle du vagin, mais encore d'autres, dont l'orifice de ce canal s’ouvroit dans le rectum (1), les parties extérieures manquant entiérement. Combien de fois aussi n’a-t-on pas incisé lhymen trop dense, les duretés et les callosités du vagin, élargi ce canal, et enlevé les tameurs qui s 0pposoient au vœu de la nature? Les exemples en sont trop multipliés et trop connus, pour en rapporter un seul à lappui de ces assertions.
335. Il n’y a de causes apparentes et réelles de stérilité chez la femme saine d’ailleurs, que l'obturation totale du vagin , celle de lorifice de la matrice , et la privation de quelques unes des parties essentiellement nécessaires à la génération (2).
(1) Voyez les observations citées par M. Barbaut, pag. 59, d’après MM. Devigne et Vermond père, MM. Dupuis, Puzos et Grégoire,
(2) Nous avons eu occasion de voir, er 1785, une femme,
336. Quand on considère le grand nombre de femmesà qui la nature semble refuser le titre de mére, quoiqu'elle ait ajouté en elles au désir d'avoir des enfans les dispositions les plus favorables, on est contraint d'admettre des causes cachées qui s’y opposent, et qui‘paroissent im-
énétrables aux lumières de la raison.
337. Ces causes peuvent dépendre du marrou de la femme, ou tout au moins provenir d’un certain défaut de convenance dans le tempérament de l’un et de l’autre. Tel homme, en effet, qui a passé pour inhabile à la génération avec une femme, a eu des enfans avec une autre, et vice versd.
âgée de vingt-huit ans, grande et bien constituée, chez qui on ne découvroit aucun indice de la matrice, quelque profondément qu’on introduisit le doigt dans le rectum, et qu’on déprimât de l’autre main la région hypogastrique. Une membrane tres épaisse, que les efforts répétés de l’acte du mariage avoient
allongée, sembloit voiler l'entrée du vagin, et former en cet
-endroit, quand on l'enfoncoit avec le doigt, une espèce de cul-de-sac de la profondeur d’un pouce. Cette femme avoit la plupart des inclinations de notre sexe; elle aimoit la chasse, cultivoit les belles-lettres, etc., et n’avoit jamais rien ressenti qui annonçât la rétention du sang menstruel, ni même le besoin d’éproûver cette évacuation. Elle étoit mariée, et ne remplissoit ses devoirs de femme que très imparfaitement et sans en goûter les douceurs.
+ . SECTION III
Des signes du viol et de ceux qui indiquent que l'accouchement a eu
lieu,
338. Les crimes de viol , d’infanticide et desup- ” Des signes
pression de part (1) ont paru si abominables, que . ne la sévérité des lois a toujours puni de mort les EE F7 personnesquienontété convaincues; mais comme violée. le plus souvent ces sortes de forfaits manquent de témoins , les juges , avant de prononcer, ordonnent la visite de celle qui dit avoir été violée, et de la femme accusée d’avoir détruit son enfant au moment de sa naissance ou avant, soit de dessein prémédité, en l’exposant à la rigueur du temps, en l’étranglant, ou de toute autre maniere.
339. L’accoucheur, dans ces sortes de cas, a besoin de beaucoup de connoissance et de discernement, de prudence et de sagesse, pour ne pas exposer la vie de l’innocent, et ne pas faire absoudre le coupable. Si la fonction dont ilest chargé élève l’homme instruit et probe , l’associe en quelque sorte à celle de juge , elle peut dégrader l'ignorant et le couvrir d’opprobre,