Le toucherestun point de pratique des plus
(1) Deventer cite l'exemple d’une femme qui n’a jamais été régléé que pendant ses grossesses. Nous èn avons rencontré plu- Biéurs qui nous ont assuré qu’elles ne l'avoient été périodiquement que pendant leurs grossesses également; et leur témoignagé nous a paru d'autant plus vrai, qu'elles ne nous demandoient que l’explication de ce phénomèneextraordinaire, que nous n'avons pas été à même d'observer chez elles, comme lé fit Devénter chez cellé dont il a fait mention. ( Voyez Deventer, chap. XV.)
DES ACCOUCHEMENS. 109 difficiles et des plus essentiels dans l’art des accouchemens. Si Deventer et Puzos, qui ont donné des préceptes importans sur cet objet, paroissent avoir laissé beaucoup de choses à désirer, c’est qu'ils ont reconnu sans doute, comme bien d’autres, que rien ne pouvoit dans ce cas suppléer à l'exercice.
373. L'accoucheur n’a presque jamais d'autre guide que l'organe du tact; il doit suppléer à la vue, qui ne pourroit servir d’ailleurs que dans tres peu de cas, ou la pudeur des femmes sembleroit encore eri interdire l'usage : mais ce n’est qu'après une longue expérience qu'on a le droit d'en attendre cet avantage.
374. L'occasion de le pratiquer se présente fréquemment, surtout dans les grandes villes, où les femmes sont réunies en plus grand nombre, et où des personnes de l’un et l’autre sexe se con- sacrent uniquement à la profession dé l’art dés aceouchemens. Souvent de simples doutes que la femme veut dissiper la déterminent à se soumettre au touçher; tandis que d’autres fois ces recherchées intéressent l'honneur, la santé et la vie méme de plusieurs individus. C’est une femime qui craint d’être devenue grosse dans un commerce illicite, qui veut se soustraire de borne heure aux regards du public et mettre sa réputation à couvert, qui implore les lumières de notre art des l'instant de ses premiers soupçons; c'en est une autre dont la grossesse encore très douteuse est compliquée d’accidens, ou accompagnée d’une maladie qui lui est étrangére, qui, n’osant émployer les remèdes queson état semble exiger, demande qu'on dissipe ses incértitudess ou bien une femme convaiñeue
De l'utilité du toucher.
Des connoissances nécessaires pour exercer le toucher avec fruit.
d'un crime qui mérite le dernier supplice, qui se déclare grosse à l instant où elle entend prononcer sa sentence de mort; c'en estune, accusée de suppression de part et d’infanticide, sur l’état de laquelle les juges attendent une décision formelle de la part des gens de l’art, etc.
379. C’est aussi par le Eee qu’on découvre certaines affections des parties de la génération qui sont cachées profondément dans le bassin ; qu'on juge de la grandeur de celui-ci et de ses vices de conformation; qu’on reconnoit la grossesse, ses différens termes et les approches de l'accouchement; qu'on distingue les vraies douleurs, des brussess la partie que l'enfant présente, son volume, et la marche qu'il suit en s'engageant, etc.
376. Pour pratiquer le toucher avec fruit dans la plupart de ces cas, et surtout lorsqu'on se propose de découvrir une grossesse douteuse, dansses premierstemps,ilfauts’habituerau paravantàbien juger, par ce moyen, de l’état naturel de la matrice: car ce sont les signes négatifs de cet état qui nous conduisent à la connoissance des autres.
377. Il faudroit, pour acquérig cette habitude, commencer à BI surle cadavre, où l’on peut rectifier ses connoissanceset corriger ses erreurs ; ensuite des femmes quine soient pas grosses, toucher un grandnombre decelles-ci,et dans différentes attitudes, afin de juger plus exactement du volume de la matrice, de la figure etde la situation de son col, de sa pesanteur ef de sa mobilité. Mais ce n’est que dans les villes du premier ordre, où les écoles en tous genres sont multipliées, et dans les
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hôpitaux surtout où l’on reçoit beaucoup de femmes, qu’on trouve ces ressources : tous les élèves ne pouvant en prôfiter également, nous y suppléerons autant qu'il est possible, en développant la théorie de cette importante partie de Vart, au-delà de ce que l'ont fait les auteurs qui nous ont précédé.
-378. Soit qu'on pratique le toucher sur le cadavre ou sur la femme vivante, il faut mettre les muscles abdominaux daus le relâchement, afin qu’on puisse découvrir la matrice plus facilement, et mieux juger de son état. Cette précaution devient nécessaire surtout quand on vent s'assurer d'une grossesse commençante, ou faire la recherche de quelques maladies de la matrice et des ovaires : il faut également auparavant évacuer la vessie et le rectum. 1 :
379. Il n’est pas moins essentiel de bien graisser le doigt qui doit servir dans cette occasion. Cette précaution enfacilite l'introduction, la rend moins douloureuse pour la femme, et peut mettre l’'accoucheurà l'abri de certains virus dontla subtilité est assez grande pour s’introduire par les pores de la peau, ou du moins par la plus petite ulcération du doigt. æ
380. C’est du doigt indicateur dont onseserten pareil cas; mais il faut savoir toucher indifféremment de celui de la main droite et de la main gauche. De son extrémité, on écarte doucement les grandes lèvres, on cherche l'entrée du vagin, et on le plonge dans ce canal dont on suit la direction naturelle, jusqu’à ce qu’on rencontre le museau de tanche.
Précautions relatives au toucher.
Ou doit toucher du doigt index.
Recherches nécessaires pour juger de la grossesse.
381. Après avoir parcouru la surface de celui-ci, pour prendre une idée de sa forme, de sa longueur, de son épaisseur, de sa densité, et de
état de son crifice, on agite un peu la matrice, afin de juger desa pesanteur et desa mobilité; ; puis on tâche de la fixer entre le doigt dont il s’agit et l’autre main appuyée sur le bas-ventre, pour en connoitre à peu près la longueur et le volume.