‹ L'art des accouchemensChapitre 79 sur 136 · Aucun dés procédés indiqués ne peut être · texte numérisé non relu

Aucun dés procédés indiqués ne peut être

employé sur les femmes asthmatiques où hydropiques; parce qu’elles ne sauroiïent rester couchées dans la situation prescrite, nisupporter une aussi forte pression de la main surle bas-ventre. Comme on ne peut les toucher que debout, ou à peu près dans cette attitude, ce n’est que par la mobilité et la pesanteur de la matrice qu’on juge si elle est en vacuité ou non.

387. Les accoucheurs qui ont recommandé le toucher dans la vue de découvrir la grossesse commençante ; ont tonseillé de nele mettre en sage qu'après le troisième mois, parce qu'ils se sont persuadé qu’il étoit impossible de la reconnoitre plus tôt, S'il est vrai que le toucher ne nous fournisse que desconjecturesävant ce terme, ces COnjectures jointes aux autres choses qui font soupconner la grossesse, la caractérisent assez pour faire suspendre l'administration des remédés qui pourroient en troubler le cours, ou‘devenir nuisibles à la mère et à l'enfant. Nous n'avons pas

Remarques des auteurs sur le temps de la grossesse où l’on doit pratiquer le toucher,

hésité d’en faire la base de notre jugement, en quelques cas où la grossesse étoit au plus de quatre à

cinqsemaines, et bien rarementnous noussommes

Opinion des

auteurs sur

l'état du col de la matrice dans le commencement de la grossesse,

Des choses qui peuvent nous faire reconnoitre la grossesse.

trompé à cet égard.

388. Plusieurs accoucheurs ont pensé qu'on pouvait reconnoître la grossesse en examinant le col de la matrice seulement ; assurant qu'il est plus gros et plus ferme après la conception, qu'il

a plus de chaleur, qu’il est situé plus haut ou plus bas, et que son orifice est plus petit. Mais on sait déjà ce qu’on doit penser de la plupart de ces choses, qui ne se manifestent que dans un temps où, pour l'ordinaire, la grossesse n'est plus é équivoque, et qui supposent la connoissance acquise par le toucher, de l’état de cette partie avant la conception ; car le col de la matrice présente, comme toute l’habitude du sujet, des différences individuelles.

. 389. Puisque c’est le corps de la matrice qui subit les plus grands changemens dans les six premiers mois de la grossesse, et que le col ne se développe et n'éprouve d’altérations apparentes au toucher que dans les deux ou trois derniers, ce sont donc les changemens successifs de ces parties qui peuvent nous annoncer la grossesse el ses différens termes : d'abord ceux qui arrivent au corps de la matrice, et ensuite ceux qu'éprouvele col de ce viscère (1).Mais comme ces changemens de forme, de volume , de position, peuvent dépendre d’une cause étrangère à lagrossesse,etsurtout ceux que le toucher nous fait apercevoir

(1) Voyez $ 196 et suiv., 8 4o1 et suiv.

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dans les premiers mois, il n'y a rigoureusement de signes certains de cet état que les mouvemens de l'enfant.

390. Ces mouvemens sont de deux espèces : Les mouveles uns dépendent de l'action musculaire des mens de lenparties de l'enfant , et les autres sont des mouve- Li mens de ballottement dans lesquels il est entiere- certains de la ment passif. Dans les uns il se meut par lui-même 8r05sse: dans la matrice , et dans les autres il est mû au milieu de ce viscere. |

391. Dans les premiers, tantôt c’est la tête, et tantôt ce sont les bras ou les jambes qui se meuvent. Quoique ces mouvemens aient lieu dés que les muscles ont acquis la force nécessaire pour les produire, cependant la femme ne les ressent et ne les distingue pour l'ordinaire qu'aux environs ; du quatrième mois et demi de la grossesse; parce qu'ils sont trop foibles avant ce temps pour être remarquables, et les membres du fœtus trop peu développés pour qu'en s’allongeant ils puissent heurter avec force contre les parois de la matrice, qu'une assez grande quantité d'eau tient alors éloignées d'eux, presque de toutes parts.

392. Lesfemmes sensibles et nerveuses peuvent cependant distinguer ces mouvemens beaucoup plus tôt; comme l’on en rencontre d’une constitution différente qui ne s’en aperçoivent que beaucoup plus tard. Plusieurs nous ont assuré qu'elles avoient senti remuer leurs enfans constamment à la révolution du troisième mois de la grossesse, et même un peu plus tôt. Nousavons donné dessoins à d’autres femmes qui n’ontremarqué ces mouvemens qu'après le cinquième, le sixième et même

Du ballottement du fœtus. .

le septieme mois : quelque chose que nous ayons pu faire chez l’une de ces femmes, et malgré le ballottement très manifeste de l'enfant dans la matrice, lorsque nous l’agitions du doigt introduit dans le vagin, ses mouvemens ne sont devenus sensibles pour la mère et pour le doigt qui la touchoit, qu’à l’époque du septième mois, deux mois avant l'accouchement (1): d'où lon voit qu'il ne faut pas toujours prendre pourle terme de quatre mois et demi de grossesse, celuioù commencent à se manifester ces mouvemens,.

393. Le ballottement du fœtus dans la matrice estindépendant de son action musculaire; ilexiste aprèssa mort commeauparavant,etil paroit mème plus incommode alors à la femme , qui se plaint souventde ce qu'uneespèce de boule plusou moins pesante semble tomber sur le côté où elle se couche. Cette espèce de mouvement tient à celui de

(1) La naissance de cet enfant ne paroiïtra pas prématurée, si l’on veut bien observer avec nous qu’il étoit très fort et du poids de sept livres et demie ou environ.

Nous avons été consulté plusieurs fois par une autre fewme à qui la grossesse a paru douteuse jusqu’au dernier moment , ainsi qu'au médecin qui prenoit soin de sa santé, malgré l’assurance bien positive que nous lui donnions de son existence, parce que les mouvemens de l'enfant ne se sont fait sentir en aucune manière : quelque chose que nous ayons fait nousmême pour les exciter, même au huitième mois et demi , nous n'avons pu en reconnoitre d'autres que celui du ballottement. Cet enfant est né à terme, d’une force ordinaire, et bien portant, Zevret citoit, dans ses lecons particulières, l'exemple d'une femme qui n’avoit ressenti aucun mouvement de l'enfant dans deux grossesses consécutives.

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___ DES ACCOUCHEMENS. 207 la matrice, à celui de la femme même, et peut être excité par le doigt de Paccoucheur.

394. Ce ballottement commence, pour ainsi dire , avec la grossesse ; mais il est si foible dans les premiers temps, à cause de la grande légereté du fœtus, que l’accoucheur ne peut le découvrir; et malgré ses plus exactes perquisitions , ilny parvientau plus tôt que vers le troisième, et souvent le quatrième mois. Après ce terme, il est aisé de le reconnoître, pourvu cependant qu'on s’y soit préparé, en le recherchant sur les femmes encore plus avancées dans leur grossesse.

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