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Pour l’exciter et le distinguer, on avance

l'extrémité du doigt dans le fond du vagin, près |

la base du museau de tanche, ou le plus haut possible sur le corps de la matrice, soit en devant, soit en arriere, selon l'attitude où est la femme, qui peut être debout ou couchée, et on applique l’autre main au-dessus du pubis, afin de fixer le fond de ce même viscère ; alors on lagite alternativement de l'une et de l’autre part, c'est-àdire du doigt et de la main, jusqu’à ce qu'on ‘distingue le mouvement dont 1l s’agit ; en obseryant toutefois de ne pas prendre celui de la matrice agitée par ces secousses, pour celui de l’enfant qu’elle renferme.

396. Dans un temps plus avancé dela grossesse, la secousse communiquée par la main appliquée sur le ventre n’est plus nécessaire pour découvrir ce mouyement de ballottement; parce que l'enfant étant plus pesant , retombe plus vite sur le point de la matrice, d’où le doigt introduit dans le vagin Vavoit éloigné.

397. Il vaut mieux que la femme soit debout que couchée pendant toutes ces recherches, car la situation horizontaleen augmenteroitlesdifficaltés, le corps de l’enfant s’éloignant alors du col de la matrice, en raison de ce que la poitrine de la femme devient plus basse relativement au bassin. Tout le monde comprendra facilement ce mouvement de ballottement, et l’avantage de tenir la femme debout pendant qu'on cherche à l’exciter

et à le reconnaitre, si l’on fait attention que le fcœæ-

De la fluctuation des eaux de l’ampnios.

tus, après les premiers mois, a spécifiquement plus de pesanteurqu’un pareil volumedela masse d’eau, alors très grande, qui l'entoure; qu'il doit en conséquence occuper la partie la plus basse de la cavité de la matrice, et y retomber si l’on vient à l’en éloigner par une secousse quelconque.

398. Le ballottement dont il s’agit ne caractérise pas moins bien la vraie grossesse, que les mouvemens qui proviennent de la force musculaire de l'enfant; car celui-ci est le seul corps solide qui puisse être entouré de fluide dans la matrice et y être mü de cette manière : mais ce ballottement dans lequel l'enfant est absolument passif, ne fait pas connoitre, comme ces derniers mouvemens, s’il est vivant ou mort.

399. La fluctuation devroit être recherchéeégalement et passer pour un signe positif de grossesse, puisquel'enfantesttouJoursentouréd’unecertaine quantité d’eau : elle existe; mais, comme il s’en faut de beaucoup qu'elle soit aussi apparente au toucher que plusieurs l'ont avancé , qui osera se flatter de la reconnoitre dans les premiers mois ?

N'a-t-elle pas lieu d’ailleurs dans quelques espèces de fausses grossesses , comme dans la grossesse ordinaire? et est-il un seul cas où elle doive être plus manifeste que dans l’hydropisie de la matrice ? |

400. Nous n’avons donc, avant les mouvemens de l’énfant, que des conjectures plus où moins fondées en faveur de la bonne grossesse ; con- Jectures dont la force augmente en raison de ce que nous pouvons réunir un plus grand nombre de ces symptômes rationnels qui ont fait naître des doutes sur l'état de la femme.

4o1. Les signes que le toucher nous découvre Signes et qui donnent lieu à ces conjectures , doivent ds deux pre-

k ; ; : iniers mois de toujours se déduire de l’état de la matrice. Dans 1, He les deux premiers mois, le corps de ce viscère s'arrondit et paroît s’enfoncer un peu dans le bassin ; ce qui donne lieu à son orifice de se porter en avant et en bas, quelquefois aussi en arrière et vers le coccix. Le ventre de la femme change alors si peu, que le vulgaire pense même qu'il s'aplatit, loin de prendre plus de volume, S'il se tuméfie, cette tuméfaction ne sauroit dépendre intrinsèquement de l’augmentation de la matrice, etnest due qu'au météorisme des entrailles. Ce météorisme cesse par la suite, et le ventre, souvent, ne paroît pas plus gros à six mois de grossesse qu'il ne l'étoit accidentellement à deux.

402. Au troisième mois, le fond dela matrice, signes plus volumineuse, commence à refouler les in- 4 troisième testins vers l'abdomen, et à soulever la région hy- à pogastrique, parce qu'il se trouve manifestement au-dessus du rebord des os pubis. C’est alors que la

210 L'ART main commence à le découvrir aisément, lorsqu'on palpe la région dont il s’agit.

403. À cette époque, etavant,le développement dela matrice'est encore si petit, qu’on est obligé de porter le doigt dans le vagin, si on veut bien l’apprécier, [ne surpasse point assez celui qu’elle prend dans quelques cas de maladie, pour que l’accoucheur peu expérimenté dans l’art du toucher n'ait point à craindre de se tromper, en l’attribuant à une cause plutôt*qu’à une autre,

4o4.Quandcedéveloppement dépend dela grossesse, il ne se remarque que dans le corps de la matrice, et le col n’y participe en rien ; l'espèce de globe que parcourt le doigt introduit dans le vagin, et que distinguent d’ailleurs les doigts de l'autre main appliquée extérieurement au-dessus du pubis, est égal dans sa surface, et présente une sorte desouplesse. Ce corps développé par l'engorgement de son tissu, et dans un état de maladie chronique, est moins régulier, souvent inégal, et ilest même un peu dur en certains endroits. Le col, pourl'ordinaire, est plus ou moinsaffecté du même engorgement,et plusou moinsaltérédanssa forme. US. … 4o5.Sile toucherlaisse encore dans le doute,sur quatrième et l'état de la femme qui se soupçonne enceinte de du cinquième trois mois, l’'accoucheur qu'une expérience conhaie venable n’a pas mis dans le cas de saisir toutes les nuances dont nous venons de parler, il ne doit

rien lui laisser à désirer, après cette époque, etsur-

tout celle de quatre mois. À ce terme, le fond de

la matricedébordeledétroit supérieurdeplusieurs traversdedoigt. Il montejusqu’à un pouceou deux

de l’ombilic, dans le cours du cinquième ; et le

col, en s’éloignant de plus én plus de la vulve, se porte en arriere et en haut. Ta région hypogastrique est alors saillante; arrondie et tendue.

406. Au sixième mois, la matrice s'élève au- Signes du dessus de l'ombilic, et celui-ci paroït moins en- sixième mois, foncé ; son col commence à s’élargir du côté de sa base, et semble un peu plus souple qu'avant ce temps. |

407. Dans le septième, ce col se riccourcit Signes davantage , et il devient moins accessible au tact, du septième parce qu'il s'éloigne de la vulve à mesure qu'il se "° développe ; ombilic est plus saillant, et le fond de la matrice, très élevé au-dessus de cette cicatrice, occupe une partie de la région épigastrique. C'est à cé terme que le vulgaire croit que l'enfant se retourne : si cela arrive une fois par hasard, on ne peut disconvenir qu'il ne se soit déjäretourné bien des fois avant ce moment. Cette erreur populaire ést une suite de ce que la plupart des accoucheurs ont publié sur la position primitive de l’enfant et sur la culbuté.

408. Quand on consulté ces auteurs, on distingue à peine sur quoi est fondée leur assertion ; à quelqües uns s'étant contentés d'admettre le mouvément de culbute, sans examiner s'ils avoient raison où non, tandis que les autres en donnent des preuves si foibles, qu’elles ne sauroient convaincre que les esprits déjà prévenus. Ce quinous paroît avoir contribué le plus à accréditer cette erreur concernant la culbute, est la difficulté de reconnoitre la tête de l’enfantau détroit supérieur dans le sixième mois de la grossesse, tandis qu'on la distingue si aisément au septième et plus tard,

Signes du huitieme mois,

Mais combien de fois ne l’'avons-nous pas rencontréeavant ! et que d'observations ne portentelles pas à croire que la tête de l'enfant occupe véritablement la partie inférieure de la matrice, dans tous les temps de la grossesse (1)!

409. À la fin du huitième mois, le fond de la matrice se rapproche tellement du creux del'estomac, chez la plupart desfemmes, qu'ilest difficile de juger exactement jusqu’à quel point il s'étend. Son col est presque toujours effacé, et son orifice si loin qu'on peut à peine le toucher, et qu'on est obligéle plus souvent, pour y atteindre, de porter le doigt presque à la hauteur de la symphyse sacro-iliaque droite ou gauche.

410. Pour pénétrer aussi loin, on doit procéder au toucher de la manière suivante. La femmeétant debout, le corps un peu renversé et le dos appuyé contre quelque chose de solide, on place la main de champentreles cuisses, et l'on introduit l'index dans le vagin, de sorte que le bord radial du doigt du milieu soit couché le long du périnée et du coccix, le pouce contre lepubis, et que ces trois doigts soient à la fin très écartés. En se conduisant ainsi, on se procure des avantages qu'on ne pourroit obtenir d’ailleurs; parce que ledoigt du milieu étant appuyé sur l'extérieur du périnée et du coccix, les déprime du côté du bassin et diminue d’autantla profondeurdece dernier ; cequipermet à l'extrémité de l'index de s’approcher beaucoup

(1) Voyez ce que nous pensons de la culbute, aux $ 438 et suivans. |

DES ACCOUCHEMENS. 213 plus près du détroit supérieur, que si l’on eût placé la main de toute autre manière,

41 1. Quelques accoucheurs recommandent de faire coucher la femme, pour la toucher dans ces derniers temps, afin, disent-ils , de ramener le col de la matrice au centre du bassin ,en diminuant l’obliquité de son fond. Mais on ne doit rien espérer de cette précaution, et il est presque toujours impossible alors de parvenir à l’orifice s il est très élevé : il faut donc la toucher debout comme nous venons de le prescrire. Souvent on est obligé de se comporter de même dans le neuvieme mois, si l’on veut observer ce qui se passe du côté de l’orifice de la matrice.

412. Dans ce dernier mois de la grossesse, le Signes col de la matrice achève de se développer; et le bord de l’orifice, dans quelques femmes , ne conserve que très peu d'épaisseur, tandis qu’il paroît en acquérir chez d’autres. Cette espèce d’accroissement vient alors de l'engorgement œdémateux qui se remarque dans toute l'étendue du pudendum,etquis’étend au loin dans le tissu cellulaire du vagin et du col même de la matrice. |

413. Il est rare que l'accouchement tarde plu sieurs Jours à se faire, quand le bord de l’orificese trouve aussi mince, et souple d’ailleurs; au lieu qu'ilest encore éloigné souvent d’un moisetmême de six semaines, chez les femmes en qui ce cercle est dur et épais, quel qu’en soit le diamètre, ou le degré d'ouverture. Combien de fois, en effet, l’accoucheur n'a-t-il pas trouvé l’orifice interne de la matrice assez large pour lui permettre de porter le doigt sur les membranes, dès

214. dé MOST le septième mois et demi de la grossesse, et même plus tôt, quoique la femme ne soit acconchée qu’au terme ordinaire? Mais il n’est pas d’exemple que l'accouchement ait tardé si longtemps dans les autres cas. | | | | Signes 414. L'état des membranes, sur l’orifice de la qui annon- matrice, nous instruit bien plus sûrement.encore “et D du terme de l'accouchement. On doit toujours le couchement regarder comme très prochain, lorsque les memn’est pas éloi- branes se tendent et se relàchent alternativement ei sur cet orifice; quand le corps de la matrice se durcit momentanément, et se détend ensuite, et surtout quand cette alternative de tension et de relâchement se remarque dansle bord de lorifice méme cle ÈS :

415. Ces changemens doivent passer, rigoureu- ‘sement parlant, pour les symptômes du premier temps du travail, puisqu'ils-proviennent des efforts que la matrice fait pour se délivrerdu corps qui la gêne : mais ce trayail est alors si léger, que la matrice ne semble agir que pour essayer ses forces, dissiper l'engourdissement de ses fibres, et les préparer à une plus grande action. s 4 416: Sitous cessymptômes annoncent constamment les approches de l'accouchement, ils nindiquent pas aussisürement l'époque du neuvième mois ; et pour juger decelle-ci, il faut de plus faire attention au temps de la suppression des règles , à celui des premiers mouvemens de l'enfant, au volume de la matrice, à la grosseur et à la dureté de la tête qu’on distingue au toucher, etc.

417. Les douleurs que la plupart des femmes éprouvent du côté des reins, vers le fondement,

DES ACCOUCHEMENS. 215 etdansla matrice même; la pesanteur incom mode que les unes ressentent sur le siége, l’affaissement du ventre, les envies fréquentes d'uriner, ’écous lement d'humeur glaireuse, aqueuse, sanguin6* lente où non, caractérisent moins la fin de la grossesse que les symptômes énoncés ci-dessus.

A18. L'élévation du fond de la matrice audessus de l'entrée du bassin, telle que nous l’avons assignée aux $$ 405, 406, 4o7 et 409 , ne peut servir à déterminer les termes de la grossesse énoncés aux mêmes paragraphes, que chez la femme qui porte son premier enfant. Nous observerons que cette partie est en sénéral un peu moins élevée à chacun de ces termes chezcelle qui a déjà eu plusieurs grossesses , et nous ajouterons quela situation de l'enfant peut y faire naître également quelque différence, le fond de la matrice s’élevant moins quand il est placé en travers, que lorsqu'il est bien situé. On observe pareillement que le col de la matrice, en se développant dans une premiere grossesse, change peu de forme dans sa partieinférieure, tandis que sa base s'élargit,et que l’orificenes’entr'ouvre quequand le développement est parfait; mais qu'il s'ouvre beaucoup plus tôt dans les grossesses subséquentes, et que le museau de tanche reste plus gros dans les derniers mois : de sorte qu'il faut avoir de l’expérience pour ne pas se tromper, d’après de semblables signes.

419. Nous ne dirons rien ici des signes qui appartiennent exclusivement aux autres espèces de grossesses que nous avons annoncées aux S$ 365 et suiv.; non plus que de l'utilité du tou-

cher dans un grand nombre d’autres circonstances, nous réservant d'exposer toutes ces choses ailleurs, pour ne pas interrompre la suite de vérités qui tiennent au même sujet.

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