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CANALISATION

Grâce aux perfectionnements récents de la science hydrauhque, on a popularisé les moyens d'établir un arrosage facile et abondant pour les propriétés d'agrément. Un grand nombre de parcs et de jardins possèdent un système de canalisation souterraine qui permet de pouvoir compter toujours sur la provision d'eau nécessaire à l'arrosage des légumes, des fleurs et des pelouses, et à l'entretien des pièces d'eau. Cet approvisionnement est aujourd'hui un point capital. Dans l'étude du projet d'ensemble et par conséquent du devis, il tiendra une place considérable, digne de toute notre attention.

Les prises d'eau peuvent se faire de plusieurs manières :

1^ Par une emprise libre sur le cours d'une rivière ou d'un ruisseau ou le trop-plein d'un étang, et conduisant la dérivation à un réservoir général. Dans ce cas, le devis doit prévoir la construction de la prise et les tuyaux de conduite, en maçonnerie, en terre cuite ou en fonte, et l'établissement du réservoir avec chambre isolante pour les dépôts alluviaux, etc.;

2° Par des captations de sources, dont je parlerai plus tard avec détail. Cette opération comprend les canaux de recherche des sources, des murs étanches et des conduits à faible pente réunissant les eaux dans une citerne d'autant plus vaste que l'afflux habituel des sources est moins considérable ;

3° Par un béher hydraulique, si l'on possède une chute d'eau régulière d'au moins 80 centimètres de hauteur. L'effet utile d'un bélier est peu consi-

LES DEVIS

dérable, son prix d'établissement est relativement élevé; mais comme il fonctionne ensuite sans dépense et presque sans entretien, on doit en recommander l'usage comme moteur économique. Le devis devra considérer, pour établir un bélier, la maçonnerie de la chute et de la batterie, la petite construction qui protégera l'appareil des accidents du dehors, la colonne d'ascension en fonte, le réservoir et la distribution de l'eau, etc. ;

li° Par moulins à vent. Ces appareils, peu recommandables jusqu'à ces derniers temps à cause des fréquentes dislocations qu'ils recevaient, étaient rarement employés ; mais une invention nouvelle, celle de la turbine éolienne de M. B...., du Mans, est aujourd'hui jugée excellente. Ce mouhn à vent, entièrement construit en métal, se règle automatiquement, fonctionne à merveille et son inventeur le place à forfait en garantissant la réussite, pourvu qu'il soit placé dans un endroit découvert. Son seul inconvénient est le prix, qui reste encore élevé ;

5» La roue hydraulique, s'il existe une chute d'eau assez régulière, est un excellent moteur. Elle se compose de quelque ancien moulin dont la machinerie est encore en état de service, et alors des réparations seulement sont nécessaires ; ou bien elle nécessite une construction spéciale et des études qui sont du domaine de l'ingénieur. Ce moteur emploie l'eau même de la rivière pour la monter au point voulu, ou il fait mouvoir des corps de pompe situés dans un puits voisin, si le cours d'eau ne peut être entraîné. Dans ce cas, la colonne d'ascension, le réservoir et la distribution suivent les règles que j'ai indiquées plus haut ;

6° Le manège et ses diverses variétés viennent ensuite. Il se compose de plusieurs corps de pompe en rapport avec une roue horizontale engrenée sur les pignons nécessaires et mue par un cheval ou un âne, etc. C'est le procédé employé par les maraîchers de Paris. Le devis comprend l'étabUssement du manège, la construction du puits, la canahsation, le réservoir, etc.

Dans le Midi, ce manège est remplacé par la noria, chaîne à godets qui monte l'eau par un mouvement analogue au précédent et qui rend aussi de signalés services ;

7» Enfin une méthode qu'il ne faut indiquer que pour mémoire est celle des pompes à main, de modèles très-divers, employées à remplir les tonneaux d'arrosage communiquant entre eux des petits jardins. Ce procédé est le moins coûteux par ses frais d'étabUssement, mais il est onéreux par la main-d'œuvre incessante.

L'eau étant aspirée, il faut l'emmagasiner et la distribuer.

Le devis doit comporter la construction d'une tour qui supportera le réservoir si l'on ne possède pas de quoi le placer à la hauteur nécessaire. Le minimum de hauteur oii il doit reposer sera de 5 mètres environ, afin que la pression soit suffisante pour un bon arrosage.

Le réservoir est généralement fait en tôle, d'une épaisseur de 2 à 4 millimètres, suivant la quantité d'eau à contenir. On ne doit pas faire ces réser-

voirs d'une contenance moindre de 10 mètres cubes, si l'on veut se garer contre l'éventualité d'une sécheresse prolongée. Le réservoir sera muni d'un tuyau de trop-plein et d'un autre de vidange.

Les conduites de distribution des eaux forcées doivent être en fonte, à emboîtements et brides. Il en existe plusieurs modèles recommandables. On doit conseiller généralement de ne pas choisir des tuyaux trop petits, sous le prétexte d'une économie mal entendue, de peur qu'ils ne soient insuffisants si l'on voulait augmenter ultérieurement la surface cà arroser. La conduite de distribution principale ne doit jamais avoir moins de 0'" 060 de diamètre, et les plus petites moins de 0'"021. Des raccords en tuyaux de plomb mettent ces derniers tuyaux en communication avec les robinets et bouches d'arrosage.

Le devis doit comprendre encore : les coudes, manchons, robinets, bouches d'arrosage, tuyaux en cuir montés sur chariot, cols de cygne, chariots à pluie, clés, etc., qui se trouvent chez les entrepreneurs de travaux de canalisation.

La construction des bassins d'arrosage, depuis le tonneau goudronné des potagers, ou la cuvelle en brique et en ciment cerclé de fer, jusqu'aux vastes récipients en pierre taillée ou en marbre, avec gerbes et jets d'eau, ornements des jardins symétriques de grand style, rentre dans l'industrie du bâtiment et sera traitée en son lieu et place.

Le creusement des tranchées à 50 centimètres de profondeur minimum, pour éviter l'action des gelées, les regards pour visiter les robinets, les installations intérieures des conduits, sont autant de points que le devis doit prévoir avec soin.

5" LES PLANTATIONS

Le devis des plantations demande des connaissances spéciales auxquelles rien ne peut suppléer, si le rédacteur n'a pas été de longue date versé dans la pratique de la culture des arbres de pépinière. Un grand nombre de parcs et jardins , abandonnés à la fantaisie d'un fournisseur ignorant, sont déplorablement plantés.

Lorsque les essences ont été choisies suivant le style, le genre et les scènes, la nature du terrain, l'étendue de la propriété, le climat, etc., la rédaction du devis doit s'établir ainsi :

1° Relever sur le plan, ou plutôt sur le terrain même, la surface des massifs à planter. Comme les périmètres de ces figures sont très-irréguliers, il faut une certaine habitude pour arriver à des évaluations exactes ;

2° La surface étant connue, évaluer la quantité d'arbres et d'arbustes nécessaires, suivant qu'il s'agit de massifs forestiers, de parcs d'ornement, de jardins plus ou moins étendus. La table ci-jointe, indiquant les quantités à planter par hectare suivant certaines distances, facilitera ce travail.

LES DEVIS, 265

Il donnera le moyen de faire les réductions proportionnelles pour les petites surfaces.

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