TRAVAUX D'EXÉCUTION.— FORMATION DES CHEMINS
posilions de ce genre qui ont été proposées. Il faut se borner à employer le ciment pour les bordures des trottoirs, le long des caniveaux latéraux de la chaussée.
Pour établir l'asphalte des allées, on doit d'abord pilonner fortement le sol et lui donner son relief définitif, après l'avoir fortement drainé en dessous. Puis on répand à chaud une couche d'asphalte de 3 à 5 centimètres d'épaisseur, mélangée de gros gravier avant le refroidissement. On cylindre le tout et l'on répand à la surface un léger lit de sable fin qui entre dans la couche bitumée et la rend moins lisse. Si des craquements ou des soulèvements se produisent à l'user, les réparations partielles sont très-faciles.
On peut recommander un autre mélange, moins dispendieux, qui procure un sol aussi solide, et facile à entretenir. Il se compose de trois parties de gravier passé à la claie, d'une partie de chaux criblée et de la quantité de coaltar ou goudron nécessaire pour obtenir un mortier. Une épaisseur de h à 5 centimètres suffit pour les sentiers ; pour les routes carrossables, on doublerait cette épaisseur. On étend ce mortier sur un sol uni et pilonné et on polit la surface avec le dos de la pelle. Si la couleur noire déplaît, on met trois parties de sable, une de chaux un peu humide, et l'on roule fortement. L'économie d'entretien compense la dépense occasionnée par la formation de ces excellents chemins, toujours propres, toujours secs, et exempts des mauvaises herbes.
Dans le midi de la France et le nord de l'Italie , j'ai noté une autre espèce de sentiers fort recommandables. Le profil ci -joint (fig. 170) a été pris dans le jardin d'une villa de Nice, dont les allées sont en pente très-rapide. Sur le sol A, uni et pilonné, on étend une couche de cailloux roulés B, que l'on cylindre fortement. Un autre lit C des mêmes cailloux, plus petits, passés à la claie, est mélangé de sable mouillé, et le tout est fortement battu, de manière à former une surface polie. Les eaux de pluie entraînent une légère partie du sable, et l'on marche sur les petits cailloux saillants et solidement enchâssés. En DD, on établit deux caniveaux profonds, dont le fond est garni d'un lit de mortier de ciment et de chaux hydrauhque , dans lequel on enfonce à la main, avant qu'il soit durci, des cailloux arrondis, gros comme des œufs de pigeon, et dont on laisse dépasser l'extrémité. Ces saillies légères empêchent l'eau de se précipiter trop rapidement sur les pentes.
Je ne parlerai pas des sentiers en ciment orné, en carreaux de terre cuite ou faïence, ardoise, pierre, objets de luxe qui sont plutôt du ressort des constructions que des jardins et que l'on voit souvent dans les jardinets de Londres. Mais je dois citer les allées en bois usitées dajis quelques parcs et villes de l'Amérique du Nord, et qui sont bien faites pour étonner un
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Fig. 179. — Profil d'allée sur pente rapide.
Européen. J'en ai vu des exemples à Chicago et dans plusieurs villes de l'ouest des États-Unis. Dans ces localités, la pierre manque absolument, mais les forêts sont encore très-nombreuses, et ce mode de fabrication des chemins est fort rationnel. Des planches, épaisses de 25 millimètres, sont placées en travers et sciées suivant la courbure du chemin. En enduisant de coaltar la face inférieure de ces planches et leurs deux extrémités, et en drainant le sol, ces chemins, construits en bois de sapin, peuvent durer huit à dix ans sans nécessiter de réparations sérieuses. Beaucoup de sentiers et de gares de chemins de fer, jusqu'aux portes mêmes de New-York, et les trottoirs de plusieurs villes, sont ainsi construits en bois.
Ègouts et puisards. — Nous avons vu (fig. 175) un modèle de route avec bas-côtés occupés de distance en distance par des puisards de retenue des eaux, dont le trop plein s'écoule dans un drain collecteur. On peut installer des appareils de môme genre, mais de proportions plus petites, le long des allées planes ou à pentes douces. La distance entre ces puisards varie selon la pente et la quantité d'eau moyenne des orages, dont il s'agit d'empêcher les ravages. Un petit mur de briques à plat avec fond de briques sur champ (fig. 180), recouvert d'une grille de fonte A et pourvu d'une ouver- Fig. 180. — Puisard. ^^^^^ g au-dcssus dcs matières solides qui se déposent au fond, suffit pour cette construction, que l'on revêt à l'intérieur d'un enduit en ciment et à laquelle on peut donner la forme circulaire. En mettant à la grille une charnière a, on peut l'ouvrir et nettoyer facilement le puisard obstrué par le sable après un orage. On a proposé de nombreux dessins de ces puisards dits perfectionnés; à mon avis, les plus simples sont les meilleurs, et d'ailleurs l'économie dans la dépense est à considérer s'ils sont nombreux.
Sur les pentes rapides, dont la moyenne atteint ou dépasse 9 à 10 cen-
timètres pour mètre, niveaux qu'on est souvent forcé d'accepter dans les pays de montagne, les drains et récipients des eaux doivent être multipliés.
On devra se rappeler que l'effort du courant des eaux se fait sentir principalement sur la concavité des courbes et aux tournants brusques, et l'on disposera les saignées en conséquence (fig. 181). De légers relèvements du sol de la chaussée en A A formeront
des caniveaux obliques, arrêteront les , . ,
. Fig. 181. — Arrêt des cau\ sur les pentes rapides.
eaux et les rejetteront dans 1 ontice
béant des drains aa placés sous le gazon. Ces drains conduisent aux pui-