TRAVAUX D'EXÉCUTION. — P^ORMATION DES CHEMINS
traction par chevaux dépassant un poids de 5,000 kilogrammes ne sont pas d'un bon usage. On peut employer les rouleaux à vapeur du système Gellerat pour obtenir une très-forte compression.
La forme bombée du fond de l'encaissement n'est pas toujours la plus satisfaisante. Elle peut être remplacée par une dépression centrale destinée à drainer fortement le chemin. Cette disposition est usitée en Angleterre et dans plusieurs parties de l'Europe et des États-Unis.
Dans les pays humides, où la surface des routes est difficile à maintenir ferme et unie, ce procédé rend de grands services. Au lieu de placer l'empierrement de cailloux fins sur la surface même de l'encaissement, méthode de M. Mac x\dam (fîg. 175), que les ingénieurs français trouvent suffisante pour créer des routes résistant aux plus lourds véhicules, le système imaginé par M. Telford, usité aujourd'hui sur les routes de la Grande- Bretagne, est recommandable. Le procédé est coûteux, mais les voies ainsi formées sont excellentes, très-saines et nécessitent peu d'entretien. Sur le fond de l'encaissement L (fig. 177) on place une couche de pierres J gros-
Fig. 177. — Profil d'une route, d'après le système Telford.
sièrement débitées en forme pyramidale, longues de 15 à 25 centimètres, larges et épaisses de 8 à 10, suivant la largeur des routes, et rangées debout, côte à côte, à la main. Les intervalles sont garnis de pierres plus petites formant coin et enfoncées avec une masse, lui second lit de cailloux cassés, pouvant passer dans un anneau de 0'",06, est alors étendu sur une épaisseur de 0'",10 au-dessus de J. Le tout est couvert d'une couche de sable mouillé abondamment pour faciliter la cohésion de toutes les parties et roulé à plusieurs reprises avec un fort rouleau compresseur. Les plus longues pierres de la couciie J ont été disposées de telle sorte, que leur partie supérieure donne une ligne parallèle au profil définitif A de la chaussée. Une tranchée centrale I amène les eaux dans le drain H. Les eaux pluviales coulant le long des raniveaux B descendent par des grilles G, tous les 50 ou 100 mètres, dans de petits puisards E maçonnés en F, y déposent leurs parties terreuses dans le fond, et se dirigent par le drain G dans le collecteur H.
Allées et senlicrs des parcs et des jardins. — L'établissement des chemins, comme il vient d'être décrit, reçoit des applications fréquentes dans les parcs publics, où les allées doivent présenter une sohdité égale à
m L'ART DES JARDINS.
celle des meilleures grandes routes. Il est rare qu'on entreprenne de tels travaux dans une propriété privée où la circulation des lourdes voitures est peu fréquente, où l'entretien de la chaussée est facile. Le plus souvent, même, le relief inférieur de l'encaissement aura un tout autre profil que le précédent. C'est sur les bas-côtés qu'il sera le plus profond. L'usure de la chaussée étant jjcu considérable, son sommet se maintiendra en bon état si les bords sont fortement drainés. Dans la figure 178, la surface B sera plus
bombée que le sommet de l'allée A et les eaux se dirigeant dans le drain C, le sol restera parfaitement sain. Ces côtés seront rem- P 2 ^ * s 6^ plis de matériaux plus grossiers, plâtras, Fig. 178. — Profil d'une allée picrrcs calcaircs, escarbilles, etc., dont la avec diains latéraux. résistaucc scra toujours Suffisante pour les
rares passages de voitures sur l'accotement. Le dessus de la chaussée, au contraire, sera formé de cailloux très-durs et bien cvlindrés.
Sur un sol ferme , il est souvent inutile de préparer aucun empierrement, à l'exception de l'allée d'arrivée. Il suffit de bien dessiner le relief du sol, de bomber le sommet, sans excès, pour assurer l'écoulement latéral des eaux, et de battre ou de rouler la surface avant de sabler. Une couche de sable est indispensable pour former une promenade agréable. Son épaisseur ne devra pas être inférieure à 3 centimètres ; au-dessous de cette quantité, le sable s'enfouit et se mélange peu à peu au sol, et l'opération est à recommencer perpétuellement. Le meilleur sable connu et fréquemment employé en Angleterre est un gravier rugueux jaunâtre, formé par la désagrégation des rochers dans les lies de la Manche, et nommé Jersey gravcl. Il donne un sol ferme, d'une nuance agréable, mais son prix est élevé. Le sable de rivière, un peu gros, régulier, ou le petit gravier de mer, sont encore de bons matériaux, généralement employés à Paris, mais qui roulent sous le pied. Le sable de carrière et surtout le sable calcaire sont mauvais; on ne doit les employer qu'à défaut d'autres sortes. La meilleure nuance de sable est un ton jaune roux ; le sable blanc est trop brillant ; les escarbilles, saines et sèches, sont d'une couleur triste. Il sera bon d'attendre la fin de l'hiver avant de couvrir les allées de sable.
On commence à employer l'asphalte dans les allées et sentiers des parcs publics. Jusqu'ici, on avait réservé cette substance pour les trottoirs des villes et le miheu des contre-allées sur les boulevards. Dans l'Amérique du Nord, sur plusieurs points, notamment dans le ramble du Central Park, à New-York, et dans les sentiers du parc public de Brooklyn, on l'a déjà utilisé sur de larges proportions, et les résultats sont excellents. On l'em- |)loic aussi en Angleterre dans les petits jardins et dans quelques parcs. Au jardin botanique de Shcffield, les allées sont ainsi bitumées. Des essais de béton ou mortier de ciment ont été tentés également, mais les gelées d'hiver ont détruit jusqu'à présent, dans les climats rigoureux, les diverses com-