‹ L'art des jardinsChapitre 191 sur 341 · Nomina si desint, péril cognilio rerum · texte numérisé non relu

Nomina si desint, péril cognilio rerum

PLANTATIO?^S.

régions bien caractérisées. C'est par la lecture de ces ouvrages que doivent commencer les investigations ; la connaissance de la flore exotique horticole en sera la conséquence.

La géographie botanique vient aussi apporter un puissant secours, en divulguant la distribution des végétaux sur le globe et en donnant ainsi le secret de leur emploi dans les jardins. Par une simple comparaison entre les climats ou entre l'altitude à laquelle la plante croît spontanément et sa ligne isotliermique correspondante, nous apprendrons si elle est rustique ou s'il lui faut un abri. Que de déceptions on s'épargnerait, si l'on possédait des notions précises sur la station naturelle delà plupart des espèces cultivées !

L'histoire des plantes ne sert pas seulement à meubler le cerveau d'une vainc érudition. Elle permet à l'architecte-paysagiste de prévoir les usages auxquels certains végétaux peuvent être employés et de les planter en plus ou moins grand nombre, suivant la nature du terrain, l'effet paysager et la possibilité de tirer un parti utile de leurs produits.

Entin la culture des plantes doit être l'objet de la plus vive sollicitude. Une longue étude, une expérience approfondie sur les moyens de cultiver et de multiplier les végétaux employés à la plantation des parcs et des jardins, est absolument nécessaire. Chaque essence doit trouver, pour prospérer et produire tout son effet, le climat, l'exposition, la nature du sol qui lui conviennent. On a bien essayé, par des traités spéciaux, de combler ces lacunes, sans songer que rien ne tient lieu d'une instruction pratique solidement acquise. Aussi est-il rare de rencontrer des dessinateurs de jardins possédant bien les noms des plantes et les notions de leur culture et de leur emploi.

Je n'ai pas à m'étendre longuement sur cette partie de mon sujet. Uart des jardins fait l'objet de cet ouvrage, et non \di science des jardins, détaillée dans de nombreux volumes parmi lesquels les amateurs auront à choisir ^ J'ai voulu simplement signaler l'importance et l'étendue des études nécessaires pour bien connaître les éléments de la formation des jardins.

Études artistiques. — Les lois de la beauté, que nous avons étudiées dans les chapitres IV et VI, en traitant de l'esthétique et des principes généraux de la composition des jardins, vont trouver ici leurs principales appli-

'1. La littérature horticole est loin d'être aussi avancée en France qu'en Angleterre. Cependant on peut signaler, pour les végétaux de pleine terre, les ouvrages suivants : Manuel de Vamaleur des jardins, par Decaisne et Naudin. Manuel général des plantes, par Jacques, Hérincq, Carrière et Ducliarlre. Traité général des conifères, par E.-A. Carrière. Les fleurs de pleine terre, par Vilmorin-Andrieux. Taille el conduite des arbres fruitiers, par Hardy. Cours d'arboriculture, par Du Breuil.

Le potager, par P. Joigneaux.

Conseils aux habitants des campagnes, par le C^ de Lambert} e. Les plantes de terre de bruyère, par Ed. André, lîtc, etc.

cations. C'est dans les plantations que la forme, la couleur, l'unité, l'harmonie dans les proportions, le contraste dans les effets, sont par excellence les éléments productifs du beau au sein de la nature.

Formes des arures et arbustes. — Nous conimencorons donc par l'étude des principaux types de végétation. Ce sont eux qui caractérisent la pliysionomie d'une contrée, par leurs formes primordiales dominantes. Humboldl avait bien saisi cette propriété des végétaux, dans la comparaison des zones du globe entre elles ; on peut dire qu'il a personnifié les plantes dans ses Tableaux de la nature. Toutefois, les divisions qu'il a établies ne sont pas assez nombreuses, en présence des types nouveaux que les explorations lointaines ont dévoilés aux regards de la science. M. Grisebach, dans un ouvrage plus récent sur la géographie botanique a porté à 54 le nombre des types qu'il distingue dans la série des plantes actuellement vivantes. Seuls, les végétaux ligneux comprennent 30 de ces formes générales, ainsi distribuées :

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