‹ L'art des jardinsChapitre 211 sur 341 · L)C. ]'rodroi/iiis, xvii, p. 31 I · texte numérisé non relu

L)C. ]'rodroi/iiis, xvii, p. 31 I

exotiques à tempérament délicat. D'ailleurs la culture a développé considérablement la valeur ornementale de la majeure partie de ces végétaux, et nous avions raison de dire que c'est l'excès de richesse dont il faudrait se plaindre. C'est donc en étudiant les conditions diverses, favorables à la croissance des diverses espèces, que l'on en connaîtra le meilleur emploi utile et ornemental.

On devra d'abord se préoccuper de la nature du sol et du sous-sol, des moyens de l'améliorer et d'empêcher l'envahissement de la végétation spontanée. Puis viendra l'étude du cHmat, du régime des pluies, des vents dominants, exerçant une grande influence sur la végétation des plantes. L'abri, la proximité des montagnes, qui apportent le froid ou la chaleur suivant leur orientation, sont aussi à considérer. L'altitude au-ilessus du niveau de la mer décide de la possibilité de cultiver certaines espèces montagnardes ; elle permet de se rendre compte de la rusticité des végétaux à planter. On sait, en effet, que la température diminue environ d'un degré par 168 mètres' d'altitude dans nos régions. Enfin le voisinage de la mer, favorable à certaines espèces, fatal à d'autres, propice à une magnifique végétation subtropicale lorsqu'il est sous l'influence du Giilf-stream ou grand courant chaufl du Mexique, devient une considération de premier ordre dans la plantation et dans la culture des végétaux deplein air.

Le choix dans les espèces fera ensuite l'objet des investigations de l'architecte-paysagiste. Cette tâche réclame une mémoire sûre, du jugement et de l'expérience. J'ai fait remarquer (pie ces trois conditions étaient rarement renqjhes, et que la majeure partie des plantations dans les jardins était exécutée avec la plus grande indifférence. Il n'est pas rare de trouver nn architecte-paysagiste préparant seulement les listes de plantations d'après le catalogue d'un pépiniériste voisin, et ne se préoccupant guère, par des combinaisons dans les hauteurs, les formes et les couleurs des végétaux, des effets futurs de son travail.

Les listes suivantes, où sont groupés les arbres et les arbustes suivant un certain nombre d'affinités spéciales, ont pour but de remédier en partie à cette insuffisance. Ces choix s'appliquent au climat de Paris et du centre de la France, c'est-à-dire à une moyenne annuelle de f 10° à -t- 11° centigrades. Bien que les basses températures hivernales n'y dépassent guère — 1 0 à 12°, on a vu le thermomètre descendre à Paris à — 20° et davantage encore ( — 23° le 9 décembre 1871), et des arbres considérés comme rustiques (noyers, cèdres, houx, etc.), geler jusqu'au pied. Je me suis maintenu entre ces écarts exceptionnels et les températures bénignes des trois derniers hivers. Pour donner mon critcriiim, je considère, dans ce travail, le lauriercerise (Crrasus Lai(ro-Ccrasiis) comme rustique, et j'écarte les céanothes californiens, le Biukllciti globo^a, etc., reportant amsi les espèces délicates et douteuses aux régions de l'Ouest et du Midi.

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