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Fagus sylvatica pendula

Dans les jardins de cette étendue, les groupes et les isolés prennent des aspects d'autant plus décoratifs que leurs contrastes sont plus accen tués. Un sapin Pinsapo {Abies Pinsapo) arrivé à la hauteur de 8 à 10 mètres est très beau dans nos jardins (fig. ?35); il forme une opposition bien accusée, par sa silhouette régulière et sa couleur glauque, sur le fond cendré des peupliers blancs de Hollande {Populus alba). Le contraste est rendu plus vif encore par la forme à rameaux pendants et le ton vert très-clair du Thuia filiforme [Biota oricntalis flliformis) quand il avoisine le groupe.

Fig. 335. — Groupes simples. — Sapin Pinsapo et Thuia filiforme.

Plantation des petits Jardins. — Ces placements d'arbres et d'arbustes pourraient revêtir une diversité sans limites. Il suffira, après avoir considéré longuement les végétaux groupés et isolés dans les parcs et jardins de grande et de moyenne étendue, d'examiner un jardin de ville, dont la plantation nécessite des soins particuliers. Enénumérant (p. 595) plusieurs espèces supportant les mauvaises conditions de l'air vicié des grandes cités, je n'ai pas eu la prétention de donner la liste complète de plantes ligneuses qui peuvent vivre dans ces conditions ; j'ai indiqué seulement quelques-unes de celles qui résistent le mieux, et je suis d'avis qu'il vaut mieux cultiver un

petit nombre d'espèces bien venantes que de chercher la variété aux dépens de la santé des sujets.

Dans le plan représenté par la figure 336, on voit un jardinet de ville, d'une contenance de l,ZiOO mètres, entouré de hautes murailles, dans des

conditions défavorables pour la culture. On y a planté, pour donner un ombrage rapide, les grands arbres suivants :

Abies excelsa.

Acer platanoides.

— pseudo-Platanus.

Ailantus glandulosa.

Platanus orientalis.

Populus alba fastigiata.

— monilifera.

Robinia pseudo-Acacia.

Styphnolobium japonicum.

Ulmus campestris.

TRAVAUX D'EXÉCUTION. — PLANTATIONS. 623 Quelques arbres de deuxième grandeur et fleurissants s'y ajoutent : Catalpa syringsefolia.

Crataegus Oxyacantha punicea.

Cvtisus Laburnutn.

Fraxinus Ornus.

Malus flo' ibunda.

Sorbus Aucuparia.

Dans les massifs, presque entièrement composés d'arbustes rustiques à feuilles persistantes, se trouvent :

Aucuba japonica.

Buplevruin fruticosum.

Buxus sempervirens.

Corasus Lauro-Cerasus.

— lusitanica.

Dcutzia scabra.

Evonymus japonicus.

— — argonlcus.

Hydrangoa jajion. Hortensia.

Ligustrum luciduni.

— ovalifolium.

Mahonia Aquifolium.

Pbihuielplius coronarius.

Photinia serrulata. Phjllirfpa média.

— angustifolia.

Rhamnus latifolius.

— Billiardi.

Spirœa salicifolia.

— lanceolata.

Syringa vulgaris.

Weigela rosea.

Sur les pelouses, les arbres et arbustes suivants ont été isolés

J Acer pseudo-Platanus purpurcus.

K Negundo fraxinifolium variegatum.

L Po[)ulus nigra fastigiata.

M Pinus austriaca.

N Ligustrum ovalifolium.

0 Ilex Aquifolium var.

P Evonymus japonicus aureus.

Q Yucca gloriosa.

R Yucca recurvifolia.

S Berberis dulcis.

T Arundinaria japonica.

U Thuia occidenlalis.

V Acer eriocarpum.

X Buxus sempervirens var. aurea.

Y Chamfccy paris squarrosa.

Z Aucuba liinialaica.

Plantation des Jardins publics. — Les plantations des jardins publics de moyenne ou de faible étendue se ressentent des circonstances défavorables qui viennent d'être indiquées. Les arbres et arbustes seront distribués de manière à plaire aux yeux en toute saison, et la majeure partie sera à feuilles persistantes. Si la superficie du jardin permet de cultiver un grand nombre d'espèces, si l'air et la lumière abondent, les listes précédentes serviront parfaitement. Dans cette catégorie peuvent rentrer les jardins publics des Champs-Elysées, du Temple, de Batignolles, à Paris, dont la plantation s'est enrichie de nombreuses espèces cultivées dans les résidences rurales les plus soignées. Toutefois, on a eu le tort d'y mêler des essences que la fumée détruit en peu de temps : wellingtonias, cyprès et genévriers exotiques, cryptoiuérias, et autres arbres conifères ne résistant pas longtemps à ces conditions, à l'exception du vigoureux et rustique pin noir d'Autriche {Pt'jiiis tiuslriara).

Les jardins publics de petite étendue, les squares de Paris, sont fréquemment dessinés sur le modèle de la figure 337, coiumode pour la promenade et agréable aux regards. Quatre entrées A A sont pratiquées dans

la grille qui entoure le jardin et dont le mur d'appui n'a que 0'",25 de hauteur. Les massifs B B sont composés de :

BerbcM'is clegans.

— dulcis.

Buxus sempervirens argentea.

— — angustifolia.

Calycanthus occidentalis.

Cerasus lusitanica.

— Lauio-Cerasus.

Coloneaster buxifolia.

Crataegus Pyracantlia.

Flapagnus reflexa.

Evonyiiuis japonicus.

Leycesteria formosa.

H[ahonia Aquifoliiim.

Viburnum Tinus.

Les arbres indiqués sur les côtés, entre les massifs, ont été transplantés, déjà adultes, au moyen d'un chariot spécial, des :

jEscuIus rubiciinda.

Platanus orientalis.

Populus nigra fastigiala.

Stypliiiolobium japonicum (Sopliora).

Tilia platyphylla.

Ulmus cainpestris.

Fig. 337. — Plantation d'un petit jardin public (square). — Écli. 1 niill. p. mètre.

En DD, sur la pelouse centrale, on a placé deux groupes isolés : Cupiessiis Lawsoniana. | Rhododendron In bridum.

Dans les parcs et les jardins publics, on peut varier beaucoup ces sortes de plantations. Je puis citer un des petits jardins de Paris comme offrant une disposition particulière. Il accompagne le puits artésien de Passy. Son tracé est élémentaire : deux plates-bandes entourant une place sablée, ombragée par des platanes. Ces plates-bandes sont exclusivement plantées d'espèces à feuilles persistantes, qui donnent à l'ensemble un aspect un peu sombre, raclieté par la vigueur des sujets et la simplicité du dessin. On a évité ainsi un entretien de fleurs dispendieux et les déprédations du pubhc.

Plantation des entrées. — L'entrée d'une propriété, parc ou jardin, doit être l'objet d"un soin particulier dans la plantation. L'effet paysager n'a rien

à faire avec l'entourage d'une grille et d'une maison de garde-portier. On doit l'accompagner de massifs d'une verdure sombre, formant un repoussoir aux bâtiments, et sur le devant, planter quelques fleurs qui égayeront le lieu et donneront au visiteur une impression favorable. Dans la figure 338, les massifs intérieurs, à côté des guichets CC, sont composés d'épicéas et de pins du Lord qui unissent leur verdure noire et glauque, et sont bordés de lauriers de Portugal, d'alaternes et de filarias. Sur le côté de la pelouse, près de H, un groupe de marronniers ; en F, une corbeille de plantes à feuillage coloré, et près de G, un massif d'arbres variés, bordés de lauriers-tins et de mahonias du Japon. Devant la maison, sur la pelouse, sont disposées des fleurs aux couleurs vives et des plantes grimpantes qui se suspendent aux corniches.

Fig. 338. — Plantation des entrées de parcs et de jardins. — Fig. 33'J.

Dans la figure 339, la disposition est différente : on a entouré la loge B, près de l'entrée A, d'arbustes toujours verts, du côté de la route seulement. Les conifères sont remplacées par des arbres à feuillage caduc, robiniers, cytises, érables. Dans la pointe entre les allées G D, les arbres sont à haute tige, sur le gazoîi, sans sous-bois, et sont composés de marronniers rouges et de robiniers glutineux. La bordure des massifs est formée d'arbustes fleurissants : spirées, weigéhes, deutzias, Ulas, indigotiers, céanothes, seringats, etc.

L'art de décorer les entrées de jardin est très développé en Angleterre. La variété dansles dispositions est considérable, surtout dans les résidences de moyenne étendue et dans les petits jardins de ville. Au lieu de s'enfermer dans des murailles tristes et nues, on se contente le plus souvent de clore la propriété par un mur d'appui surmonté d'une grille ou d'une paUssade ornée de plantes grimpantes, ou mieux encore doublée en dedans d'une haie d'arbustes d'ornement. Dans les villes d'eaux anglaises, à Malvern, ci Harrogate, aux bains de mer de Brighton, Torquay, Southport et surtout dans les îles de la Manche, Wight, Jersey, Guernesey, la variété de ces

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clôtures est inépuisable. De la mère patrie, les Anglais ont transporté ce goût aux États-Unis, et les villas de Saratoga ou de Newport ont leurs entrées conçues dans le même ordre d'idées.

Généralement l'entrée n'est pas vue de l'habitation. Dès que la grille est franchie, le chemin tourne brusquement et entre dans le jardin. Les massifs, disposés en amphithéâtre, sont composés de lauriers amande, genêts, mahonias, lauriers-tins, fusains du Japon, espèces à feuilles persistantes; à leur pied sont placées des rocailles couvertes de plantes saxatiles, comme à Barnsham House, Malvern. Parfois on préfère une seule essence, laurier amande, laurier-tin ou fusain du Japon, pour former la haie et entourer la porte d'entrée. A Guernesey, l'usage est d'encadrer cette entrée par de forts massifs de chênes verts, iVEsa/lloiiia nuurantlui ou de myrtes, qui deviennent énormes en peu d'années. Mais partout dominent les arbustes à feuilles persistantes, et les soins apportés à leur plantation et à leur entretien témoignent de l'intérêt attaché à cette partie du jardin.

Les entrées, dans de plus grandes propriétés, seront reliées de près aux

Fis. 3i0. — Plantation d'une entrée eC d'une voie d'accès curviligne.

plantations de la route d'arrivée. En citant le tracé correct d'une de ces voies d'accès (p. 366, fig. 121) j'ai signalé la composition des plantations qui l'accompagnent. Il est bon de préciser davantage, sur le même parcours (fig. 3/4O), la nomenclature de ces végétaux divers.

B, 4 Platanus orientalis.

C, Maison de garde, D massifs d'Acer plata-

noides, Negundo fraxinifolium, iEsciiliis rubicunda, avec un sous-bois de Cerasus lusitanica, Ligustrum ovalifolium, Malionia japonica et Yiburnum Tinus.

EE, Piuus austriaca.

FF, Populus angulata, Salix ponlandra, S. da-

syclados, S. daplinoides.

G, Quercus pedunculata (anciens).

II, Groupe de Cedrus Deodara.

I, Rochers couverts d'arl)usles sarmentcux,

Ampélopsis, Tecoma, Rubus.

J, Fagus sylvatica purpurea [anciens).

— PLANTATIONS

Plantation des carrefours. — Le but principal de la plantation des massifs ou des groupes, aux carrefours et intersections d'allées, est de masquer la surface irrégulière et trop étendue des espaces sablés dans les vues des parcs et des jardins. Nous en avons donné plusieurs exemples en parlant du tracé des allées. Une autre raison est d'empêcher de marcher sur les coins formés par le gazon dans ces carrefours ; cette faute est commise dans la plupart des parcs anglais.

On devra enlourer le carrefour entier de massifs compactes (fig. 122, p. 367), ou le planter en groupes de grands arbres, de manière à laisser circuler la lumière entre les tiges (fig. 3/il), en abaissant légèrement le niveau des allées ABC de manière à masquer leur passage.

Fig. — Plantation des carrefours. Groupes. — Fig. 342. — Plantation dos carrefours. Massifs.

Si le carrefour est double et l'intersection des axes située en B, avec une partie découverte A A où la vue doit passer librement, on devra planter, en dehors des lignes ab ei cd, des massifs épais (fig. 3/i2), composés d'arbres à tige et de sous-bois. La variété, dans ces plantations des carrefours, consiste surtout dans le choix des feuillages, d'un vert foncé et de form(^ simple au premier plan, cendrés et découpés dans les plans éloignés.

Plantation d'alignement : boulevards, avenues, canaux, etc. — Dans la liste des arbres d'alignement (p. 586), les essences ont été classées en deux groupes, celles qui sont généralement employées dans les administrations publiques pour la plantation des routes, canaux, avenues, boulevards, etc., et un choix d'autres espèces très recommandables, dites d'ornement, dont plusieurs pourraient être exploitées avec profit pour le produit de leur bois.

Quelques explications complémentaires sur ce sujet sont nécessaires.

Déjà, nous avons examiné les plantations des avenues, au point de vue du tracé et des terrassements. Il reste à les considérer sous le rapport tlu choix et de la plantation des arbres qui les ornent.

Tous les visiteurs de Paris ont constaté les progrès immenses que cette ville a réalisés dans ses promenades et dans ses plantations, sous la direction de l'homme de goût, de l'habile ingénieur dont le nom est indissolublement hé à la transformation du Paris moderne, M. Alphand. C'est là

que l'étranger vient chercher ses modèles et cjue les municipahtés du monde entier prennent d'utiles indications pour l'embellissement de leurs villes. Depuis les grands travaux, le nombre des arbres plantés sur les voies publiques de Paris est devenu énorme; au 1" janvier 1877, il atteignait le chiffre de 82,201, sans compter les plantations des parcs, jardins publics et maisons communales, formant un appoint de 19,188.

La figure 343 ^ représente un tronçon du boulevard Saint-Michel, qui présente un de ces aspects et donne l'idée des larges voies plantées dans une grande ville. Paris est loin de se trouver dans des conditions

excellentes pour la végétation des arbres. Son atmosphère n'est pas chargée de fumée comme celle de Londres, mais son sol de gypse ou de calcaire grossier n'est favorable qu'à un petit nombre d'espèces. Ces conditions particulières ont dû être étudiées avec soin.

A Paris, le platane {Platamis oricntalia^ L.)- se place au premier rang des arbres d'alignement. Les nouveaux boulevards, où cette espèce a été ])lantée en abondance, principalement ceux qui rayonnent autour de l'arc de triomphe de l'Étoile, témoignent, par de longues fdes d'arbres élancés, de la pros-

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