‹ L'art des jardinsChapitre 25 sur 341 · Parterre à dessins · texte numérisé non relu

Parterre à dessins

y. Salle de repos et de festins.

z. Salle de repos.

z'. Petit cabinet.

1. Meyer, Lehrbuch der scliônen Garlenkunst, pl. iv-v. Ed. André.

Cette villa, dont Pline a complaisamment énuméré les beautés', était située au pied des Apennins, dans de ravissantes campagnes arrosées par le Tibre. Devant le portique, des figures d'animaux étaient dessinées en buis et entremêlées de pieds d'acanthe flexible^ « doux au pied comme une rosée ». De grands arbres, tondus par le topiarius, formaient un cirque et des allées de promenade. Des murailles, doublées d'une haie de buis à l'intérieur, fermaient l'enclos. L'hippodrome était bordé de platanes au tronc couvert de lierre et qui alternaient avec des buis et des lauriers; l'extrémité circulaire était plantée en cyprès. Des colonnettes de marbre carystien soutenaient des festons de vignes. Partout, des tuyaux répandaient, avec l'eau, la fraîcheur et la vie, et formaient des jets d'eau au miUeu des bassins. Plusieurs pavillons, dont l'un était de marbre, servaient de heux de repos et constituaient de charmantes retraites au milieu des bosquets. Dans les parterres, le nom du maître ou même du jardinier se hsait dans les découpures des buis nains.

Ces parterres élégants étaient ornés d'un petit nombre de plantes. Il ne paraît pas que les con(|ucrants, dans leurs voyages en Orient, se soient préoccupés d'introduire, soit à Athènes, soit à Rome, les plantes d'ornement qu'ils rencontraient sous leurs pas. A peine parle-t-on des pêchers et des cerisiers que LucuUus avait rapportés d'Asie. C'était aux roses, aux narcisses, aux lis, jacinthes, amarantes, bluets, cyclamens, au lierre, à la vigne, au mûrier, au laurier, au myrte, à l'acanthe, au buis, qu'on revenait sans cesse à défaut d'une plus grande variété.

Par contre, l'architecture et la sculpture jouaient un grand rôle dans la décoration des jardins. Les allées et les péristyles étaient pavés de mosaïques couvertes de dessins mythologiques. Le marbre, le porphyre, la nacre, la pierre ponce, l'ivoire, les bois précieux, formaient les revêtements des pavillons de repos et des constructions légères dans lesquels des esclaves venaient servir aux hôtes du logis les gâteaux et les fruits sur des plats d'une riche orfèvrerie, et le falerne dans des coupes d'or. Des orgues hydrauliques faisaient entendre de douces mélodies. Les volières, pleines d'oiseaux rares, comme celles de Lucullus et de Varron, les vases et les statues étaient répandus à profusion, et les produits les plus raffinés des arts suffisaient à peine pour orner ces somptueuses résidences.

Cet apogée du luxe appliqué aux jardins comme à toutes choses devait être promptement suivi de décadence. L'Italie fut bientôt trop petite pour contenir les vainqueurs des nations et les nourrir, eux et leurs esclaves. Les grandes cultures, reléguées dans les régions conquises, firent place

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