‹ L'art des jardinsChapitre 256 sur 341 · RÉPARTITION DES ARBRES ET ARBUSTES POUR LES PLANTATIONS · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DES ARBRES ET ARBUSTES POUR LES PLANTATIONS

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Distribution. — Cette pièce est établie pour rappeler à l'architectepaysagiste les totaux des plantations; on en dressera, pour le chef d'atelier, une seconde qui servira de base aux commandes. Le mode de libeller que j'ai choisi pour l'expédition de ces ordres de livraison aux pépiniéristes porte le numéro ou la lettre des massifs correspondant au plan, la surface de ces massifs, la désignation des espèces et de leur nombre, en commençant par les grands arbres, et en poursuivant par les baliveaux, les arbustes de milieu et les arbustes de bordure. Des indications spéciales peuvent y être ajoutées. Quelques extraits de l'une de ces listes de plantations, dressée pour le parc de Clairefontaine (Calvados), montreront le mode de rédaction adopté.

MASSIF A. — Superficie, o9o mètres.

2o Bourdaines [Rluonmis Fraiignla], ph^is de 2 ans. Sous bois.

25 Charmes [Carpinus Belitlus), baliveaux.

50 Chênes [Quercns pedimculata] —

oO Faux ébéniers (Cylisiis Laburnum), baliveaux.

50 Sainte-Lucie [Cerasus MaJudeb], planl.s

de 2 ans. — Sous bois.

SO Saules blancs [Salix alba) déjà existants. 50 Troènes [Ligustrum vulgare], plants de

2 ans. Sous bois.

SIASSIF B. — Superficie, 360 mètres.

5 Acacias monophylles [Robinia pseudo- Acacia )noiioplnjlla], tiges.

2 — deDecaisne ' R. p.-A . Decaisncana ; tiges. 13 Amorpha du Levant [Amorplta cnienla], touffes (milieu].

5 Aulnes à feuilles en cœur [Alniis corclifolùt], tige.>.

4 Azéroliers ponctués [Cralœgus piinclala), baliveaux

10 Buddk'LS do Lindley (ii«(/£//eia Lindleya-

nu), touffes [milieu).

10 Deutzies crénelées (Oe«?c*a cre«rt/rt flore

pleno roseo), touffes (milieu).

4 Érables-planes [Acer platanoides) tiges.

6 Forsjdiics voiles {Forsylhin vi)udissi-

vni], en Ijordiire.

G Indigotiers dosua {hidiijdfrra Dostia],

en bordure, lo Liias de Jhirly [Sjji'itiga vulgnris rubra)^

touffes (milieu).

5 Marronniers rouges [^sciilus rubicuncla),

tiges.

6 Oliviers de Bohême [Ehcdgnvs avi/iisli-

folia], Ijaliveaux.

4 Tommiers à fleurs doubles [Malus speclahilis flore pleno), baliveaux.

2 — Ijaccifères [M. baccala), baliveaux.

2 — floribonds [lU. /loribunda), baliveaux.

15 Seringats odorants {Philudclphtis coro)ia-

rius), toufTes (milieu).

2 Sorbiers hybrides [Sorbiis liybrida).

lo ?pirées de Lindley [Spirœa LliidlcDana' ,

touffes (milieu).

5 — à feuilles d'obier (S. opidifolia \

toufTes (milieu).

10 — lancéolées (S. /«nceo?Mto), en bordure. 5 — à feuilles de saule (S. salicifidia' .

en bordure, o — il feuilles de j)ruiiier 'S. pniuifo-

lia), en bordure, lo Sumacs fustct [Rhus Colinus), touffes (milieu).

10 Sureaux laciiiiés [Sambiicus nUjfa laci-

niala), touffes (milieu).

10 Rymphorines rouges 'Si/iiijdioriroi'pKs

racemosus), en bordure. 25 Troènes dits de Californie [Ligitslrum ova-

lifoliiun), touffes (milieu).

10 Weigélies roses [Weigela rosea)^ en bordurg.

MASSIF C. — En partie i)lanté. — Bordure seule à i)lan(er h neuf. — Longueur, 75 mètres. 24 Aucubas du Japon lAiictdia juponica). \ 26 Fusains du .Ia|)on ' Eroinpiiiix ja/jouicus).

MASSIF D. — Superficie, 8,965 mètres à boiser ii neuf, à raison de 10,000 ii l'hectare.

500 Acacias (Robiina jiseudo-Acacia] ,

jeunes plants d'un an.

1000 Charmes communs [Carpinus Bcliilus),

plants repiqués de 2 ans.

3500 Chênes communs [Quercus pcdinicnlala], plants repiqués de 2 ans.

250 Epicéas [Abics crcelsa) d°,d(i Sans forts. 1500 Hêtres communs [Fcujns sylvaiica), plants repiqués de 2 ans.

50 Merisiers [Cerasus avimi), baliveaux.

50 Peupliers' trembles [Populus Tro/iida],

baliveaux.

250 Pins laricio [Piiiiis Larlciu), plants de

3 ans, forts.

500 Sainte-Lucie (Cc'r«s«s .)/«/(«/<'/>), plants

d'un an.

250 Sapins ai'gentés (Abics pp(:iiiin/(i\\)h\nt:i

de 3 ans forts.

800 Troënes commun)^! Ligiistnii/i i'tdgfirr\

planti de 2 ans.

300 A'iornes mansiennes [Vibiiiiiuin Luii-

luna]. plants de 2 ans.

Lirraison. — Deux copies de cette liste seront préparées ; la première restera entre les mains du chef d'atelier, la seconde sera envoyée au pépiniériste. Il faut exiger, malgré le surcroît de travail donné aux horticulteurs marchands et pour le bon ordre de la plantation, la livraison par paquets correspondant aux numéros des massifs, au lieu de rassembler en ballots tous les sujets d'une même espèce destinés aux divers massifs d'un |)arc. Par exemple, s'il y a des mahonias dans dix massifs différents, on évitera de les réunir et on les fera distribuer dans les pa(|uets correspondant à leurs emplacements respectifs. On peut ainsi varier les forces des sujets par des observations adressées aux pépiniéristes, et surtout on empêche le chef planteur, trop souvent ignorant de la nomenclature des plantes, de commettre des erreurs.

Parmi les autres instructions à donner aux marchands, on doit compter le soin dans l'étiquetage et l'emballage. Les étiquettes en bois peint en jaune, écrites au crayon, fixées par un fil de fer léger, sont les plus usitées ; elles se maintiennent longtemps lisibles. La déplantation des arbres (et non Varracluigc, terme barbare trop souvent usité ) doit se faire avec soin, en ménageant les racines, qui devront être repliées et couvertes de foin menu dans les paquets, puis entourées de paille fixée par des liens d'osier fortement serrés. Les arbustes à feuilles persistantes seront enveloppés dans des soleils de paille recouvrant la motte de terre. On mettra en bacs, suivant la méthode précédemment indiquée (p. <ohh, fig. 355), les végétaux à feuilles persistantes et les conifères de grand développement. Les pépiniéristes recommandent, dans leurs catalogues, de ne pas déballer les plantes si elles arrivent par la gelée, mais de déposer les ballots à la cave jusqu'au dégel, après quoi le contenu peut être délié et mis en place. Il arrive cependant que le mal est fait et que les arbres sont perdus ; on le reconnaît en grattant les racines, qui sont alors noires sous l'écorce. Les arbres arrivés dans de bonnes conditions seront immédiatement mis en jauge, autant que possible au nord ; on déUera les paquets et l'on enterrera tous les sujets un à un, dans des tranchées peu profondes, où leurs racines seront couvertes de terre fine. On les emploiera successivement, sans avoir à craindre le dessèchement des radicelles.

Je n'examine pas ce qu'il y aurait à faire pour créer des pépinières destinées à de grandes plantations futures. Cette culture rentre dans la pratique horticole industrielle, dont je n'ai pas à m'occuper ici.

Les plantations faites au moyen d'arbres ou d'arbustes provenant directement des bois ne doivent pas davantage attirer notre attention; le moindre inconvénient d'employer ces arbres est l'inégalité dans leur reprise et leur végétation ; ils ont grandi à l'ombre et leur écorce se fend bientôt au soleil. On doit tirer les sujets d'une pépinière bien aérée, située dans un bon terrain ; ils résisteront mieux dans les mauvais sols.

Époques de plantation. — La meilleure époque pour la plantation est la fin de l'automne, depuis la chute des feuilles jusqu'aux grands froids. On excepte de cette règle les terrains argileux et humides, où les plantations réussissent mieux au premier printemps, en mars-avril. Les arbres conifères peuvent être plantés depuis août jusqu'à octobre ; plusieurs arbustes à feuilles persistantes, et certains arbres à racines charnues, tulipiers, magnohers, etc., reprendront beaucoup plus sûrement s'ils sont replantés au départ de la végétation, en avril.

Plantation des massifs. — Les végétaux étant bien préparés , leur mise en place commence. Le terrain des massifs aura été préalablement défoncé à une profondeur générale de 75 centimètres environ, et le mélange des terres aura été fait avec intelligence. On a dû ajouter, si cela est possible, de l'argile aux terrains maigres et sablonneux, du sable et un

Fig. 363. — Plantation forestière à espacements réguliers.

peu de chaux aux sols glaiseux, compactes; on aura drainé les sous-sols inondés, épierré ceux où domine la roche. De ces soins préalables, bien entendus, dépend surtout la réussite.

Le choix de la position des sujets dans les massifs est une opération délicate ; on doit repousser la coutume, si répandue, de planter au hasard :

Massifs forestiers. — Dans les massifs boisés des grands parcs, les opérations sont très-simples. Elles ressemblent aux méthodes usitées par les forestiers, si l'on plante en très-jeunes plants. Le semis en grand, qui peut être profitable pour la bonne réussite des bois nouveaux, est une opération du ressort de la silviculture proprement dite, qui dépasse les limites d'un traité des jardins.

Pour une plantation en jeunes plants repiqués, espacés d'un mètre, on y " / / / trace sur le sol des lignes au cordeau et

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/ / / ■' : l'on met en place un plant à toutes les / / /' / / ■ intersections (fig. 363).

Si quelques propriétaires trouvent ces plantations trop rapprochées, on doit leur faire observer qu'elles seront éclaircies, au bout de quelques années, soit par des abatis, soit par des enlèvements d'arbres destinés aux transplantations dans les endroits clairs à regarnir.

Les jeunes plants étant mélangés, on les distribue dans une variété aussi complète que possible, jamais en files ou en groupes de même espèce. La Kgne de bordure doit être irrégularisée, et les plants, interrompant leurs hgnes en cet endroit, seront placés à des distances variant de 80 centimètres à l'",50.

On plante au plantoir ou à la bêche. Le premier procédé peut être employé, en évitant de serrer les racines dans un trou étroit et lisse, et en prenant soin d'ameublir le sol autour du jeune plant et de le comprimer doucement, sans blesser ses organes.

On recommande, avec raison, la plantation sur butte, préconisée par Duhamel et perfectionnée en Allemagne pour les plantations forestières. Elle consiste à former un compost de terre couverte du gazon naturel des bois , ameubli et divisé plusieurs fois, à l'additionner des cendres de branchages, racines, bruyères, etc., recueillis et brûlés dans le voisinage, et à laisser miîrir le tout en monceau. On distribue ensuite ce mélange en petits tas sur l'emplacement de chaque plant, que l'on insère avec soin dans cette butte minuscule, en l'assujettissant par des mottes de gazon renversées (fig. 36/i). Cette méthode est excellente, surtout dans les terrains difficiles à assainir. Massifs de Jardins. — Dans les massifs de parcs et jardins de moyenne

Fig. 364. — Plantation sur butte artificielle.

PLANTATIONS

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