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étendue, où l'élément exotique entre pour une part notable, on ne plante plus de même. Il faut éviter toute espèce de régularité dans ^les distances et ne jamais placer d'arbres en lignes. On prépare ainsi la plantation (fig. 365) : les grands arbres (n. 1) sont distants de U ii Q mètres; les arbres de deuxième grandeur (n. 2) remplissent les intervalles des premiers et se projettent davantage sur les bords ; les arbustes de bordure (n. 3) sont placés à l'",20 ou à 1"',50 de distance, suivant la grandeur des jardins, dans le sens de la longueur des lignes, et les arbustes d'intérieur et de remplissage (n. U) garnissent tous les vides, afin de laisser entre les divers sujets de la plantation l'",50 au moins de distance.

Le bord de l'allée est occupé d'abord par une bande de gazon, dont la largeur varie entre 50 centimètres pour les petits jardins et 80 centimètres pour les parcs. A cette largeur, on ajoute 25 centimètres pour le premier rang d'arbustes, qui se trouve ainsi placé à 75 centimètres ou 1"',05 du bord sablé, suivant les dimensions de la propriété.

Fig. 3Go. — Distribution des arbres et des arbustes dans les massifs.

Toutes les essences doivent être mélangées ; autant que possible deux sujets de la môme espèce ne seront pas voisins immédiats. Après quelques années de végétation, la variété ainsi obtenue offrira d'excellents aspects ; les sortes les plus vigoureuses s'uniront aux plus faibles et formeront un tout compacte et gracieux à la fois. Quelques planteurs ont l'habitude de distribuer les massifs par petits groupes de même espèce, ce qui produit un déplorable effet. La végétation, la forme et la couleur de ces groupes étant nécessairement inégales, on obtient, au bout de quelques années, une suite de tons hétéroclites, de hauteurs variées, qui excluent toute harmonie de l'ensemble. J'ai été plusieurs fois surpris de voir cette méthode, funeste aux plantations, adoptée par des artistes de talent.

Je dois également m'élevei' contre la mauvaise habitude, assez répandue, de planter les grands arbres en amphithéâtre dans les massifs. Sans doute les arbustes doivent être étagés par grandeur, depuis la bordure jusqu'au centre de la masse plantée, afm que chacun puisse être vu à son avantage. Mais les arbres sont faits pour donner de l'ombrage et non pour présenter des gradins de feuillage. Us sont surtout précieux au-dessus des allées, où leur ombre est indispensable aux promeneurs. Je conseille donc de planter sur le bord même du massif, sans régularité, un certain nombre des arbres d'ornement qui le composent.

Massifs sous bois. — A cette question se rattache étroitement celle des plantations sous bois. On s'est préoccupé souvent de la distance à donner aux arbustes à l'intérieur des massifs. Les uns plantent clair, disant qu'il faut savoir attendre et laisser aux arbustes le temps de se développer; les autres plantent serré, voulant jouir sans retard et préférant cclaircir quand la végétation devient confuse.

Après de longs essais dans les circonstances les plus variées, je suis arrivé à la conclusion que voici : Je plante assez serré, à la condition d'employer un sous-bois sans valeur, servant à garnir pendant les premières années et disparaissant ensuite graduellement quand les rangs des bords ont grandi et empêchent de voir les vides. Quelques-uns de ces arbustes peuvent servir à regarnir, après quelques années, les parties trop claires d'autres massifs. On emploie à cet effet des espèces vulgaires, achetées au cent ou au mille, à bas prix, et produisant un effet immédiat : viorne mansienne {Viburnum Lantaiia), bourdaine (niuaiinns Fraiigida), irocno {Ligustrum vulgare), etc., etc.

Groupes d'tirbusfes sur pelouses. — Un mode de plantation usité en Allemagne et qui commence à se répandre dans les jardins pul)hcs de Paris, notamment aux Champs-Elysées, consiste à disposer les arbustes en groupes clair-semés sur les gazons. On évite ainsi la couleur désagréable du sol nu et les feuillages se détachent à merveille sur l'herbe vert tendre, mais cette herbe est difficile à entretenir sous l'ombre; elle épuise le terrain au détriment des arbustes, et l'on ne peut recommander ce procédé que si l'entretien des plantations est très-soigné.

Mise en place. — La mise en place des arbres et des arbustes en massif s'opère en marquant d'abord par un piquet la place de chaque arbre, et en ouvrant des trous à la bêche dans le terrain bien défoncé. On apporte alors les arbres et arbustes par petites quantités, et on les met en place, par un temps sombre pour éviter le hâle sur les racines, en étalant les racines dans le trou à la même profondeur qu'elles occupaient dans la pépinière, et en tenant compte du tassement futur du sol. On laisse les arbustes avec tous leurs rameaux après la plantation; au départ de la végétation, ils subiront une légère taille. On peut conseiller de répandre un p/iillis de feuilles des bois sur toute la surface du sol du massif après la planlation,

TRAVAUX D"EXKCUTION.

— PLANTATIONS

pour éviter les effets désastreux des printemps arides ou des gelées rigoureuses.

Plantation des arbres isolés. — Les arbres isolés exigent des soins particuliers pour bien réussir. Les trous recevront la forme circulaire, favorable à un développement égal des racines dans toutes les directions. On les fera profonds pour les espèces à racines pivotantes, comme les poiriers, le bonduc {Gymnocladiis amadcmîs), le sophora {Slyphnolobiinn japoniaim), etc.; et plus larges que hauts pour la plupart des autres espèces à racines traçantes. Dans les terrains très-fertiles, I mètre de diamètre sur 1 mètre de profondeur suffira. Dans les sols maigres et pierreux, 2 mètres de largeur sur 1 mètre de profondeur seront nécessaires. Il est très-bon d'ouvrir les trous plusieurs mois avant la plantation, afin que les terres extraites reçoivent l'action bienfaisante de l'air.

Si le terrain est homogène, on peut jeter en tas, du même côté, toutes les terres de l'excavation ; elles se trouveront suffisamment mêlées quand on comblera le trou en plantant. Mais si les couches sont de qualités trèsdiverses, il est utile de séparer ces couches au moment de l'extraction. Ou

Fig. 3GG. — Ouvei tiire des trous de plantation, d'après Du Breiiil.

dépose en A (fig. 366) le gazon du dessus. En B sera placée la seconde couche fertile. La dernière, de mauvaise qualité, sera mise au point C. On placera alors au bord du trou, en D et en F, des terres de gazons décomposés, de l'argile pour les terrains sableux, des plâtras, gravois, etc., pour les terrains argileux, et le tout sera laissé en place jusqu'au moment de la plantation.

La mise en terre de l'arbre s'effectue ainsi : on coupe à la serpette les racines mutilées, en conservant toutes celles qui sont saines, et l'on enlève une partie des rameaux proportionnelle à la quantité de racines supprimées. Un homme tient alors l'arbre debout au milieu du trou, en l'agitant légèrement de bas en haut pendant qu'un autre répand de la terre fine sur les racines et mélange les tas placés sur le bord du trou, jusqu'au comblement total. Les racines seront placées à la même profondeurq ue dans la pépinière, en tenant compte du tassement, de sorte qu'une butte légère sera formée au-dessus du trou comblé.

On aura eu le soin, avant de mettre l'arbre en place, de planter un fort tuteur au milieu du trou pour résister au vent et faciliter la reprise ; en glissant ce tuteur après la plantation, on risquerait de blesser les racines. On ferait mieux encore, dans les parcs livrés au bétail, de protéger l'arbre à la fois contre le vent et contre les animaux, par trois tuteurs hérissés de clous et reliés ensemble par des fils de fer (fig. 367).

Plantation en terre de bruyère. — Un sol spécial, appelé terre de bruyère parce qu'il résulte de la décomposition des plantes, notamment des bruyères, dans les terrains sablonneux, est employé avec succès à la culture d'un certain nombre de végétaux ligneux. Des composts artificiels analogues ont permis de remplacer cette terre dans les pays où elle manque. C'est ainsi que le célèbre terreau de Gand, où croissent les azalées et autres plantes, dans cette ville, est formé de sable et de feuilles décomposées. En Angleterre, nombre de végétaux de cette tribu se contentent du sol ordinaire, d'une sorte de loa7)i léger et sablonneux, où ils croissent admirablement, témoin les bois de rhododendrons des nombreux parcs de la Grande- Bretagne. La terre de bruyère y est aussi employée, sous le nom de peai soil ; mais elle est moins répandue qu'en France, où les horticulteurs la considèrent comme une panacée pour toutes les plantes délicates.

Le sable sihceux, qui forme la base de la terre de bruyère, peut-être plus ou moins mêlé de détritus de bruyères et autres plantes indigènes ; la quantité d'humus apportée par ces débris décomposés varie en qualité. Tourbeuse et noire, elle est froide et infertile ; grise et trop sableuse, elle est inerte. On choisit généralement, à Angers surtout, où elle est excellente, une terre rousse, poreuse, onctueuse, pleine d'humus. La terre de bruyère de première qualité présente les éléments suivants :

Sable siliceux 53 parties.

Racines et détritus non encore consommés 20 »

Végétaux convertis en terreau 16 »

Carbonate de chaux 8 «

Matières solubles dans Teau 1 «

Fig. 367. — Tuteurage des arbres.

100 parties.

On recueille la terre de bruyère dans les bois ou dans les grandes plaines (brandcs) couvertes de bruyères, carex, ajoncs, genêts, etc. Sur ce terrain, on découpe et l'on enlève des mottes couvertes de leur chevelure

de gazon et de bruyères. On les prend plus ou moins épaisses, suivant la puissance de la couche fertile.

Dans les pays calcaires, où cette, terre est rare ou absente, on peut la remplacer par un composé de : un tiers de sable de rivière, deux tiers de terreau consommé pris dans les arbres creux, saules, châtaigniers, chênes, etc.;

Ou par le mélange suivant : feuilles de chêne ou de châtaignier, mouillées, puis exposées à une gelée intense, pulvérisées ensuite en les battant au fléau et mélangées avec un tiers de sable fin siliceux, auquel on peut ajouter de fines escarbilles de houille comme drainage. Quelques horticulteurs du midi de la France ont l'habitude de mêler un peu de sable de mer à la terre de bruyère naturelle, qu'ils prétendent bonifier ainsi.

Les rhododendrons sont, de toutes les plantes de terre de bruyère, les plus répandues. Certaines espèces peuvent atteindre d'assez grandes dimensions et nécessitent une préparation particuUère du sol, dans les régions où domine l'élément calcaire. Cette préparation peut s'effectuer ainsi :

L'emplacement où seront placés les rhododendrons étant choisi, généralement au nord et près de l'habitation, où leur feuillage simple et foncé forme un vigoureux premier plan, on creuse, dans le sol naturel, un encaissement de 0"',25 de profondeur. Le fond de cette excavation, soigneusement pilonné, recevra un lit de 0"',06 à 0™,08 d'épaisseur de sable, de plâtras ou même de feuilles. Cette couverture isole la terre de bruyère du sol naturel et l'empêche de se dénaturer par l'envahissement des lombrics ou vers de terre. On étend sur ce Ut une couche de terre de bruyère composée de mottes neuves, cassées sur place, en ayant soin de placer au fond de l'encaissement les détritus grossiers, racines, tiges, etc. Plus la terre de bruyère sera grossièrement concassée, pourvu qu'elle ne reste pas en grosses plaques entières, mieux les plantes prospéreront. L'épaisseur totale du massif, de forme bombée pour assurer le drainage superficiel, sera de AO à 45 centimètres, dont 20 à 25 au-dessus du sol. Les eaux, chargées de sels calcaires, ne devront pas pénétrer dans la terre de bruyère, mais passer au-dessous de l'encaissement. Pour des plantes plus petites, on diminuera cette épaisseur.

On plante les rhododendrons en motte, au mois de mars, en les disposant en amphithéâtre, afin de jouir de l'ensemble de leur floraison. Placés dans le voisinage des habitations, on peut en composer des massifs homogènes, ou mélanger leurs couleurs. Une bonne disposition consiste à planter le milieu en variétés rouges diverses, par exemple les Chelsoni, John Broughtoii, et à les border uniformément d'une variété à fleurs roses ponctuées, comme Prince Camille de Rohan, ou blanches, comme caucasicuni album ou Boule déneige. Les variétés issues des/?. Catawbiense et R. caucasicum, plus petites que celles obtenues de croisements entre les R. ponticum et arboreum, peuvent former des massifs à part, que l'on entoure avec succès d'Azalea amœna ou d'A. liliiflora et lateritia. Le Kabnia latifolia peut former de

L'ART DES JyVRDINS.

Ircs-jolics bordures autour des variétés et hybrides de H. maximum et B. arboreum, à plus grand développement.

Sur les côtes occidentales de l'Europe, dans la Bretagne, les îles de la Manche, etc., les rhododendrons de l'Himalaya et du Bootan deviennent des végétaux magniiîques, ornés de fleurs énormes et admirablement colorées, notamment les R. Aitckhindi, arycnlcum^ Dtilhoiisiœ, Wighfii, Iloclgsoni, Mnddcni, formosum^ etc. Le jardin Fothergill, près de Rozel Bay, ù Jersey, offre un exemple de la magnifique floraison de ces espèces en Europe dans des circonstances favorables.

Les petites espèces, B. fcrnigincam et B. hirmlum^ de nos Alpes, sont destinées à orner les rocailles.

Les massifs d'Azalées à feuilles caduques, auxquels on reproche leur nudité hivernale, forment de superbes groupes de fleurs jaunes, rouges et orangées, au printemps. On doit conseiller de planter le miheu en variétés

vigoureuses, dites azalées de Mortier, et la bordure en A. sinensis, plus naines, dont on a obtenu, dans ces dernières années, de très-belles variétés sous le nom iVAzalea mollis. Les intervalles peuvent recevoir une collection des espèces de lis qui prospèrent dans ces conditions, notamment le superbe Liliinn aiiratiim, Lindl.

Les variétés de rhododendrons et d'azalées se modifiant et se perfectionnant sans cesse, je ne puis donner même l'énumération des plus belles. On devra consulter, à cet effet, les catalogues des horticulteurs et les ouvrages spéciaux '.

La plupart des autres espèces déplantes de terre de bruyère dont j'ai donné la liste (p. 585) seront mieux disposées dans des encaissements spé-

1. Voy. Éd. André, les Piaules de lerre de bruyère, I vol. 388 pages, 31 gravures. I\iris, Librairie agricole, 1864.

Fig. 308. — Plantation des talus en i-igolcs.

TllAVAUX D'EXÉCUTION.

— PLANTATIONS

ciaux, entre les rochers et rocailles; leur végétation se développera plus naturellement que si elles sont groupées en masse.

Plantations des talus. — Les plantations se font, sur les pentes rapides des chemins de fer ou des canaux, soit dans des trous disposés en quinconce, soit dans des tranchées placées perpendiculairement à la ligne de pente. Dans l'un et l'autre cas, on devra, en ouvrant les tranchées A A (fig. 368), rejeter la terre au-dessous dans la forme d'un bourrelet qui retiendra les eaux de pluie. Il est bon cVmnorccr les, racines des jeunes plants dans les terrains maigres en les mettant en place avec un peu de bonne terre végétale apportée artificiellement; la réussite de la plantation récomr pensera de ce soin.

On peut employer également le système dit en rigoles, adopté en plusieurs endroits, pour semer la luzerne; on en voit des exemples sur plusieurs points de la ligne de Paris-Granville.

l'ig. aO'J. — Ouverture des tranchées, d'après Du Breuil.

Eu Russie, sur plusieurs lignes de chemins de fer, j'ai vu plaquer des mottes de gazon pour tenir les talus ; on les cheville avec des piquets de saule qui prennent racine. En Hongrie, en Autriche, on applique ce gazon par lignes obliques, formant des losanges, et l'on sème les intervalles.

Plantations d'alignement. — Sur les routes publiques, les canaux et même les avenues d'arrivée des parcs, dans les terrains fertiles, la plantation des arbres est une opération fort simple : elle consiste à ouvrir des trous carrés, d'un mètre de côté, dans lesquels on place l'arbre sans beaucoup de travail. Ce système n'est recommandable que dans les sols poreux et fertiles, et lorsque les arbres sont plantés à de grandes distances. Il est bon de porter à 1"',50 le diamètre des trous, et de pratiquer l'opération comme pour les arbres isolés (p. 667). On doit conseiller l'adoption générale des tranchées pour les plantations d'alignement, principalement dans les avenues urbaines. Pour cette opération, ou prend une bande de terrain de 2 mètres de largeur, soit 1 mètre de chaque côté de la ligne d'arbres. La défonce se fait à tranchée ouverte. Le moyen employé par M. Du Breuil * (fig. 369) se

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