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otes du Directeur des travaux de Paris

Eu. Andr::.

Les opérations matérielles de la plantation des routes publiques dépendant des administrations de l'État ou des municipalités diffèrent essentiellement de celles des grandes villes, où la main-d'œuvre et les matières premières atteignent des prix excessifs. Ce n'est plus 174 francs que coûtera un arbre sur l'accotement d'une route départementale, mais le plus souvent 2 fr. 50 environ, ainsi détaillés :

fr. c.

Creusement du trou 0.30

Achat de l'aibre 1 .50

Plantation 0.20

Tuteur et épines 0.50

Total 2.50

Ces prix varient suivant l'espèce de l'arbre et sa force, le prix de la main-d'œuvre et des transports, etc.

On plante généralement sur le milieu de l'accotement des routes, comme nos profils l'ont montré à plusieurs reprises. Sur les voies publiques dans l'intérieur des villes, l'arbre doit être placé à un minimum de 0"',75 de la bordure, pour éviter les heurts des voitures.

On reproche aux arbres plantés sur la bordure des champs d'appauvrir le sol et de manger les récoltes. Ce reproche est rarement fondé, quand les

arbres sont convenablement espacés. On conçoit cependant que, dans les pays à sol riche, les cultivateurs se préoccupent de cette question. En Hollande, par exemple, on a imaginé de creuser de larges fossés, AB (fig. 371), avec deux banquettes enfoncées BB, un peu plus élevées que le fond C, et de planter sur ces banquettes les arbres dont les racines restent ainsi plus profondes que la couche arable et n'appau-

Fig. 371. — Plantation sur banquettes VrisSCUt paS le Sol Culllvé.

enfoncées. Plantation des haies. — Nous avons

vu à la page 588 la nomenclature des espèces pouvant former des haies défensives ou d'ornement. La manière de les planter a été traitée par divers auteurs, mais d'une manière, à mon avis, trop compliquée. Entre les moyens défectueux employés dans plusieurs provinces pour former les haies et des procédés de fantaisie trop préconisés, il convient de conserver une juste mesure.

On doit proscrire la haie à double rangée, qui se dégarnit rapidement et laisse passer les animaux. Le modèle le plus usité (fig. 372) consiste à planter un rang de jeunes plants à 0"',50 du bord d'un fossé ou de la hmite de la propriété. La haie plantée au fond d'un fossé (fig. 373) est également bonne; on n'aperçoit à distance que son extrémité; elle donne

une clôture très défensive. Celle que représente la figure 374 est cependant préférable ; elle est plantée en plusieurs lignes au fond du fossé et sur les talus; on la voit à peine et elle forme cependant un obstacle infranchissable.

Fig. 372. — Haie sur le bord d'un fossé. Fig. 373. — Haie au fond d'un fossé.

Dans quelques parties de la Normandie, de la Bretagne et dans les îles de la Manche, où le sol est fertile et le climat humide, on plante des haies d'ajonc (C//<'.r europœus) au sommet de cordons de terre élevés au-dessus du niveau des champs (fig. 375), et l'on plaque des mottes d'herbe A A sur les côtés pour retenir les terres. L'ajonc est coupé annuellement pour servir de combustible.

Parmi les haies constituant à la fois une clôture et un ornement, on

Fig. 374. — Haie multiple au fond d'un fossé.

peut citer celles des îles de la Manche. La disposition donnée par la figure 37(5 est fréquenmient usitée à Guernesey. Un mur, sur le bord du chemin C, soutient les terres, relevées en dedans de la propriété. En A est plantée la haie de lauriers-amande, de fusains du Japon ou de lauriers-tins, et une bordure de fougères B en orne le pied.

A Malvern (Angleterre), j'ai remarqué une haie plus agréable encore (fig. 377). Le mur était haut d'un mètre ; les terres, relevées à l'intérieur, avaient reçu une plantation de lauriers-amande A, assez éloignée du bord

pour se développer en liberté, presque sans taille. Sur le devant, des lierres B retombaient en liberté et cachaient entièrement la muraille jusqu'au sol C. L'effet de l'ensemble était charmant.

Fig. 375. — Haies d'ajonc Fig. 376. — Haie et mur Fig. 377. — Haie et mur

(Bretagne). (Guernesey). (Malvern).

On pourrait multiplier ces exemples, qui reposent tous sur le même principe : un mur d'appui bas, surmonté d'une haie de verdure.

Une très jolie haie d'ornement peut être formée par le cognassier ombihqué {Chœnomeles japonica umbilicata); on en voit en Belgique des plantations fréquentes, qui sont très séduisantes au premier printemps, avec leurs fleurs roses innombrables.

On peut encore ajouter l'effet défensif et ornemental des haies à celui des sauts~de-loup. Autour du parc public de Milan (ItaUe), une plantation de ce genre fait l'admiration des visiteurs. Le talus du saut-de-loup (fig. 378), depuis le fond B jusqu'à C, est planté sur toute sa hauteur de massifs homogènes de lilas, de ketmies de Syrie, de spirées, charmants lors qu'on les voit en fleur de l'avenue intérieure A. On aurait pu obtenir une plus grande harmonie avec des mélanges judicieux, mais, tel qu'il est, ce saut-de-loup présente une des plus jolies clôtures que l'on puisse imaginer.

Fig. 378. — Un saut-de-loup fleuri, à Milan.

Pour planter une clôture simple, on défonce une bande de terrain de O'",50 à 1 mètre de large, sur 0'",60 à 0"',75 de ; profondeur, plusieurs

TRAVAUX D'EXI'CUTION. —

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