Cours d'arboriculture, 1861, p
rapproclie de celui que j'ai indiqué pour le terrassement des pelouses. Pour ouvrir une tranchée AB, on enlève d'abord un cube de terre de C en D, sur une longueur de 1"",50, une largeur de 2 mètres, et O-^SO de profondeur, et on le porte en E. Si le sol du dessus H est de mauvaise qualité, on l'enlève par petites portions; on dépose la première en L, et les autres en suivant. Le terrassement se fait par bandes successives, transportées de F en C, l'ouvrier maniant toute la terre et la mélangeant avec soin. Il travaillera à l'aise dans l'espace libre qu'il laisse toujours derrière lui, et qu'il comblera avec la terre déposée en E lorsqu'il arrivera à l'extrémité de la tranchée.
Dans certains terrains infertiles, comme le gypse ou le calcaire grossier des boulevards de Paris, on a dû enlever tout le sol et en rapporter un nouveau dans des tranchées continues de 3 mètres de largeur. C'est une opération coûteuse, mais nécessaire. Les trottoirs de ces boulevards étant généralement bitumés, on a laissé autour du pied de chaque arbre un espace libre de 1"',50 de diamètre, recouvert d'une grille. Mais ce moyen ne suffit pas pour arroser l'arbre; les eaux du ciel manquent, et le système consistant à apporter de l'eau avec des tonneaux est long et dispendieux. On a donc imaginé de placer dans ces tranchées un système général de drains enveloppant la motte des arbres, et reUés entre eux par un tuyau conducteur qui communique avec les branchements d'égout. Un clapet ferme la communication des drains avec l'égout pendant l'arrosage ; quand on l'ouvre, pendant l'hiver, les tuyaux deviennent un système ingénieux de drainage.
La distance entre les arbres doit être proportionnée à la largeur de l'allée. Elle ne ^ peut être fixée par des chiffres exacts ; ce- W^' pendant elle doit être telle que la surface du sol puisse être facilement séchée par les
Fig. 370. — Tutcurage d'un arbre ' , -, r. ' - i ^ iw ,
d'alignement. rayous du soieil. Généralement, 1 ecartement
entre les arbres, soit en carré, soit en quinconce, ne doit pas être inférieur à 8 mètres, si l'on veut éviter les inconvénients reprochés aux plantations des boulevards de Paris. Cette distance peut être moindre pour des arbres en colonne, comme le Peuplier d'Italie.
L'écartement des arbres, de la bordure du trottoir, doit être au moins de 75 centimètres , et cette distance peut être portée à un mètre pour les terre-pleins d'une grande largeur.
Les arbres étant plantés, on remplace le tuteur ordinaire, dans les grandes villes où l'on peut faire cette dépense, par un corset-tuteur en bois ou en fer, formé de neuf branches hautes de 2 mètres, recourbées et évasées à la base, enfoncées dans le sol et réunies par des liens circulaires. Le prix de ce corset-tuteur, compris la pose et la peinture, étant de 8 à 9 francs, on peut le remplacer, dans les plantations d'alignement non destinées à une grande ville, par le modèle usité dans plusieurs provinces. Il se compose de quatre pieux, simplement reliés par des traverses clouées, ainsi que le montre la figure 370.
Pour préserver les racines des émanations délétères du gaz d'éclairage, les conduites, dans le voisinage des lignes d'arbres, sont enfermées dans de doubles tuyaux, avec des ouvertures extérieures, ce qui permet de trouver rapidement les fuites.
Avec ces moyens compliqués, on est arrivé, à Paris, à des dépenses élevées pour la plantation des arbres d'alignement, mais les résultats sont très satisfaisants, et les services rendus par les plantations à cette capitale sont considérables au point de vue de la santé publique, de l'agrément et de la beauté. Il peut être intéressant défaire connaître, d'après des documents officiels \ le prix de revient d'un arbre d'alignement, planté à Paris dans les conditions ci-dessus indiquées.
DÉSIGNATION DES ARTICLES
QU.^NTITÉS
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de l'unité.