‹ L'art des jardinsChapitre 265 sur 341 · Illusiratio)} horticole, 1872, p. "iZl · texte numérisé non relu

Illusiratio)} horticole, 1872, p. "iZl

gazon. La meilleure plante, très répandue à Paris, est la variété de lierre à grandes feuilles nommée lierre d'Irlande {Hedera Hélix Idbernica). On en forme des bordures en plantant les sujets, élevés en jjots, à 0'",60 les uns des autres, en quinconce. On couche les tiges, qui sont maintenues par de petits crochets d'osier et recouvertes d'une mince couche de terre. Un simple enlèvement annuel des vieilles feuilles et des rameaux qui dépassent suffit pour entretenir longtemps ces bordures en bon état.

Nous avons indiqué le procédé du placage pour les prairies; à plus forte raison il doit être employé pour gazonner les talus, les rocailles, les pelouses en pente dans les jardins moyens et petits, pour les bordures, les jardins improvisés dans les expositions, les fêtes, etc. On prend, pour cela, sur le bord des chemins, ou dans les pelouses serrées, des plaques de gazon levées à la bêche, ordinairement longues de 0'",30 à 0'",40 et larges de 0",25, peu épaisses, ou de longues bandes que l'on déroule sur le pré pour les appliquer côte à côte sur le sol bien uni, et les fixer à la batte. Sur les talus fortement inclinés, on les cherille par un petit piquet enfoncé au milieu de chaque plaque. La figure 380 indique, en plan, le point bas d'un fossé par la ligne a b, et la situation des bandes de gazon qui sont découpées et déroulées perpendiculairement à cet axe. Le profil montre en e les bandes roulées, et fixées sur le talus du fossé suivant e d.

Souvent ces plaques de gazon manquent, ou l'herbe en est grossière et inégale. On peut alors créer une gazonnière, excellent approvisionnement

Fig. 380. — Placage par bandes de gazon roulées (soddinu). Plan et profil.

pour les placages. Les administrations auraient intérêt à établir ces pépinières de gazon, pour l'entretien des parcs et jardins publics. On choisit un terrain de niveau; on le foule, on le roule fortement et on le recouvre de quelques centimètres de balles d'avoine ou de blé, ou substances analogues,

feuilles, herbes fines, etc. Une couche de terre de 0"',7 à 0"',8 est répandue sur ce fond ; on y sème de la grahie de f^azon d'un mélange convenable pour le terrain, on couvre de terreau, on roule et l'on arrose. Quelques mois après, on peut employer le gazon, que l'on a eu le soin de faucher souvent et de battre pour le faire tallcr; il sera découpé en longues bandes ou enlevé par plaques, si l'on ne préfère le rouler comme le ruban d'un décamètre. Ainsi font les Anglais, qui vont vendre ces sods au marché de Covent-Garden, à Londres. Cette pelouse se détache facilement, la couche de balle ou de paille formant une solution de continuité entre le sol naturel et la couche artificielle.

Les principales opérations d'entretien des pelouses sont le fauchage, le roulage et l'arrosage. Le fauchage des prairies et des grandes pelouses des parcs n'entraîne aucun travail qui le distingue de l'exploitation ordinaire des prairies. Cependant on doit conseiller de réserver autour des pelouses peu éloignées de l'habitation une bande assez large, de 10 ou 15 mètres au moins, qui sera fauchée plus souvent que le reste et fournira une herbe plus fine et plus agréable à voir.

Dans les jardins petits et moyens, où les gazons doivent être irréprochables, on était réduit, jusqu'à ces dernières années, à l'emploi de la faux

Fig. 381. — La berrirhunne, tondeuse mécanique des g;izoii*.

ordinaire, et comme l'opération du fauchage est difficile sur des] pelouses vallonnées et divisées par les fleurs et les massifs, l'entretien des gazons dépendait de l'habileté des ouvriers. Cet inconvénient disparait depuis l'adoption de la faucheuse ou tondeuse mécanique. Cet instrument consiste en un cylindre à lames hélicoïdales se croisant en ciseaux sur une lame fixe, pendant qu'on le fait rouler sur le gazon. Différents modèles, anglais ou américains, sont répandus dans le commerce; je n'en connais pas de meilleur, pour la légèreté et la facilité de réparation, que la tondeuse berrichonne de MM. Louet (fig. 381). En faisant des coupes au moins hebdomadaires, suivies d'un roulage et d'un arrosage à la lance ou au chariot-arroseur (fig. 270, p. [iS!i), on obtiendra des gazons fins, unis, de la plus belle verdure.

On peut augmenter la vigueur des gazons épuisés en ressemant au printemps les places claires et en les terreautant avec du fumier court ou paillis, ou des curages de fossés bien mûris, des terreaux de jardins, des raclages de routes, et même de bonne terre de potager. L'emploi des engrais liquides étendus de beaucoup d'eau est également recommandable, surtout à l'automne ; en ajoutant du sel ou du guano, on détruit aisément la mousse qui envahit les gazons.

Quand les pelouses sont très anciennes et dépouillées, le plus simple est de les refaire. On laboure le terrain, on le couvre pendant un an ou deux d'une culture sarclée, pommes de terre, betteraves, etc., et la pelouse peut être ressemée et reconstituée avec succès.

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