X. Plate-bande de plantes de serre variées
Y. Bassin entouré de plantes aquatiques, d'espèces délicates des tourbières, etc.
Z. Plate-bande de plantes variées, mur garni entièrement de rosiers Gloire de Dijon.
a. Rocailles au midi pour les plantes
feuilles charnues, Sedum, Sempervi-\\ viinij Opunlia vtilgaris, etc.
b. Vases de fleurs.
c. Banc couvert de plantes grimpantes.
d. Escalier de rocailles.
e. Talus de plantes alpines, au nord.
Le plan des trois serres, la situation de ce jardin entouré de murs et de talus de rocailles et caché de l'extérieur du parc par d'épais massifs d'arbres et d'arbustes, son appropriation à la culture d'un très-grand nombre de plantes, constituent un ensemble recommandable pour la concentration des cultures dans un petit espace.
Les parterres en terrasses, si fréquents en Angleterre, sont agréables par les grandes allées droites qu'ils offrent aux promeneurs, les vues sur le paysage d'alentour et la richesse de leur ornementation. Leur effet est complet lorsque l'on peut jouir des détails de leur dessin, en se promenant dans une allée plus élevée qu'eux, adossée à quelque mur couvert de lierre, et bordée d'un mur d'appui relevé par des vases remplis de fleurs. Le parterre italien de IloUand Ilouse (fig. â20), dont j'ai donné le plan p. 02, est un dessin dans ce genre. Dans l'intérieur des carrés, dont les contours sont d'une grande simplicité, on peut introduire, ad libitum, dans la distribution des plantes, le système symétrique ou le système })aysager; j'ai vu plusieurs fois les mélanges pittoresques s'accorder heureusement avec les lignes régulières d'un parterre.
Un pareil dessin rappelle les anciens parterres dont l'Itahe a conservé de beaux spécimens. La grande terrasse-jardin de la villa Pampliili, à Rome,
Fig. 419. —
Plan du jardin fleuriste et des serres du parc de Montertreau (Sartho). Ed. André, architecte.
reste un modèle du genre, encore surpassé par les anciens jardins de Versailles et le parterre creux de Fontainebleau.
Les dessins anciens conservés ou simplement restaurés peuvent satisfaire la vue ; mais créer de nouvelles compositions de ce genre sur do vastes dimensions, comme je l'ai vu appli(|uer en Allemagne, est une erreur et un anachronisme qu'il n'est pas permis de commettre.
Fig. i'IO. — Paiteiie italien de Holland House (Londres).
Ainsi, dans le parc de Glienicke, près Potsdam, on a cherché à reproduire un de ces anciens jardins romains d'après les traditions conservées |iar Pline et autres auteurs. Auprès d'un pavillon décoré de statues, colonnes , peintures et mosaïques de l'antiquité , un jardin circulaire (fig. 421) a été exhaussé et surmonté d'une statue de Diane. Des dessins en huis nain, sur un fond de gazon, forment des compartiments sur lesquels sont dessinés des renards, sangliers, cerfs, chiens, lièvres, etc., également en buis taillé court. Cette fantaisie est heureusement restreinte à un coin du parc, qui montre sur d'autres points de jolies perspectives.
Un bon exemple de parterre situé au pied de terrasses et d'escaliers <Ians le style itahen est celui de Woodland (Angleterre), ou le célèbre architecte Ch. Barry a dirigé les travaux.
Le château domine une colline accidentée, où l'on parvient par de vastes escaliers. Du sommet des terrasses, la vue s'étend sur un parterre (fig. 422) ontouré de balustrades et terminé par un arc de triomphe. Le dessin des
fleurs et des gazons est composé d'après les modèles de la Renaissance italienne. L'ensemble est majestueux.
Là s'arrêteront ces indications sur les parterres. On pourrait s'étendre
Fig. 421. — Reproduction d'un parterre antique, à Glienicke (Prusse).
a, statue de Diane ; b, b, b, bordures de buis: c, sentier sal)lé ; d. bordure plane en gazon ; e, talus de gazon avec animaux sauvages brodés en buis nain : f, allée sablée. Le profil au-dessus du plan donne les hauteurs proportionnelles du sol relevé en monticule.
longuement sur leurs combinaisons innombrables; j'ai dit les raisons qui me portaient à les réduire, et à leur conserver le caractère d'accessoire décoratif des jardins paysagers et des parcs. On trouvera d'ailleurs, dans les plans qui vont suivre, divers modèles de parterres et de jardins-fleuristes enclavés dans les parcs, et l'on pourra se rendre compte de la proportion que ces ornements doivent conserver dans l'ensemble d'une propriété.
Rosnrium. — Une partie spéciale du jardin-fleuriste peut être consacrée à la culture du rosier. Les véritables amateurs de ce bel arbuste diront qu'un espace réservé lui est indispensable, et que les roses ne produisent tout leur effet ornemental que détachées sur un fond de verdure habilement préparé. On cite plusieurs modèles de rosariums, en Angleterre et dans diverses parties de l'Allemagne. Celui de la villa de M. S. Oppenheim, à Thurmchen, près Cologne, quand je le visitai en 1865, présentait un grand carré long coupé
de sentiers et de bandes de gazon, et enfoncé en boulingrin, avec des talus et des plates-bandes sur lesquels la collection de rosiers se développait
avec grâce. La forme semi-circulaire, que j'ai introduite dans le dessin des rosariums de MM. Mac Gregor et de Saumarez, à Guernesey, et du comte <le Frise, à Friesenborg (Danemark), s'accorde généralement bien avec les lignes de la façade d'une construction d'ornement dans le jardin ou dans le parc.
On peut aussi adopter la forme entièrement circulaire , sur butte à gradins, comme l'indique la figure A23, dont j'ai trouvé le modèle dans le jardin botanique de Pesth (Hon-
garnis au pied de platesbandes couvertes de rosiers nains. Si l'on prend soin de coucher au printemps les pousses de l'année précédente, on obtient ces gazons de roses, dont on a vu des exemples très-jolis dans les jardins publics deParis, notamment au parc Monceau. Des variétés à
végétation
vigoureuse,
[•ne
Les
Général Jarquoninoi, [m Heine j Souvenir de la Malmaison, servaient à cet usage. Chaque année au premier printemps, on coupait, au ras du sol, les tiges qui avaient porté fleur l'année précédente, et que remplaçaient les nouvelles pousses d'un an.
haute tige étaient éta
gés en amphithéâtre, et
rosiers à Fig. 423.— Rosarium du jardin botanique de Pesth (Hongrie). Plan et coupe.