Lehrbtich der sch'ôiien Garlenhunsl, \A
Fig. 437. — Idéal d'un grand parc paysager, d'après M. G. Meyer.
Le château A, situé au bord même du lac, présente les inconvénients inhérents à ce voisinage, que j'ai signalés précédemment. De la terrasse M, la vue serait belle, mais les îles tr.op proches diminueraient l'effet des eaux. En B, sont les bureaux et dépendances, l'orangerie et le jardin d'hiver; en DE F, les serres à vignes, les châssis de couche et un jardin fleuriste. G est la maison du jardinier, placée près de la pépinière de réserve H, du potager K, des écuries et remises G, des bûchers J et des étendoirs à lessive I. Un petit parterre circulaire L, placé au sommet d'un monticule, me paraît déplacé dans cette partie paysagère, de même que les autres ornements de ce genre, épars sur d'autres points du parc. Le ruisseau N, qui fait mouvoir un moulin avant de pénétrer dans le parc, est traversé par plusieurs ponts X, divisé en deux branches pittoresques, et s'épanouit en un grand lac à contours élégamment dessinés. Il passe près de la porte d'entrée et de la loge S, et se dirige, à travers des prés plantés, vers le village dont l'auberge 0 indique la première maison. Des champs cultivés P, le pavillon Q, les bancs ou kiosques R, T, U, les prairies V, complètent cette composition, digne à plusieurs titres d'attirer l'attention des hommes compétents.
Le plan {fig. /i38) de la propriété de M. le comte Orloff-Davidoff, à Otrada (Russie), représente une superficie de 300 hectares environ. Ce parc est situé sur les bords d'une rivière, la Lapasna, affluent de l'Oka, qui se jette elle-même dans le Volga. C'est un spécimen de parc forestier et de parc de chasse où le gros gibier abonde. Les loups y pullulent à ce point que les habitants se gardent difficilement de leurs attaques et que l'on doit placer des défenses pour les empêcher de franchir la Lapasna pendant les nuits d'hiver. Les complications assez bizarres des allées du milieu se rapportent à d'anciennes voies conservées dans une partie très accidentée de la propriété. La légende se détaille ainsi : En A s'élèvent le palais et ses annexes, constructions imposantes dont la plupart datent du règne de l'impératrice Catherine. Les dépendances, communs, écuries BB, entourent l'édifice principal, et en G l'orangerie abrite des plantes, frileuses sous ce climat, qui résisteraient facilement aux froids de nos contrées. L'église d'Otrada (on prononce Atrada) est située sur la colline, auprès du village. Les serres à fruits F, les serres chaudes et le jardin fleuriste G, le potager H et le verger couvert I sont groupés sur les bords de la rivière. Au-dessus, la chapelle servant de sépulture à la famille est bâtie en E. Des deux ponts N et J le premier est public et dessert le village, le second est mobile; on l'enlève avant l'hiver pour empêcher sa rupture par les glaces. En T, au bas d'un sentier escarpé, est installé un bac. L est une annexe du parc, M l'entrée par le village et la route d'Otrada, 0 un bassin-pêcherie, en communication avec le lac Q et le ruisseau qui en découle. Un bassin s])écial P est destiné aux célèbres carpes de Pologne, et en V un ruisseau et de belles cascades, complètent la distribution des eaux dans la propriété. La ferme R, le rucher S, la salle verte U, les remises X et Y, la grotte, la chaumière e( la
Fig. 438. — Pai-c forestier d'Otrada, près SerpukhofT (Russie). Ed. Andru, architecte.
cascade Z s'ajoutent aux indications qui précèdent pour orner le parc. Mais ce qui ne saurait se décrire, ce sont les magnifiques futaies, les chênes et les hêtres séculairesqui font de cette forêt un lieu de promenade et de chasse de la plus grande beauté. On trouvera des détails complémentaires sur cette propriété dans le livre que j'ai publié sur mon voyage en Russie'.
Parcs agricoles. — J'ai parlé (p. llib) des parcs agricoles et de ces prétendues fermes ornées, mélange hétéroclite de jardins et de champs où l'art ni l'agriculture ne peuvent s'accorder. Il faut renoncer à ces fictions, mais il est possible d'introduire la culture dans les parcs. Le tracé général du plan est moins harmonieux, mais l'ensemble peut à la fois satisfaire le goût et assurer le produit réguher du sol. Le parc de Chesnaye (Indre-et- Loire) donne un de ces exemples (fig. /i39). On y trouvera des parties défectueuses; le bois, sur un coteau rapide, est trop morcelé, les abords du château laissent beaucoup à désirer, les champs pourraient être mieux encadrés, mais il faudrait peu de travail pour ramener un tel plan à un meilleur tracé, et il constituerait alors une forme de parc agricole très admissible. La légende suivante se rapporte à ce plan :
A. Château.
B. Communs.