‹ L'art des jardinsChapitre 303 sur 341 · X. Plantes aquatiques · texte numérisé non relu

X. Plantes aquatiques

ij. Restaurant du jardin botanique.

z. Rfuséum et herbier.

En vertu du traité de Londres, en 1866, la ville de Luxembourg, capitale du Grand-Duché de ce nom, reçut l'obligation de démanteler sa forteresse, l'une des plus considérables de l'Europe, afin de devenir ville libre. En conséquence, la garnison prussienne, qui s'y était installée depuis

1 . Traduction extraite du compte rendu in extenso publié par le Gardeners' Chronicle, 27 juillet 1872, page 1004.

Ville de Luxembourg (Giaud-Duché). — Partie de la forteresse avant la création du parc public. D'après le plan d'Erasmy.

cinquante ans, dut évacuer la place et la démolition commença, au moyen des ressources annuellement inscrites à cet effet au budget de l'État.

Les travaux ont été poursuivis sans interruption depuis douze ans, sous la direction d'un habile ingénieur, M. Worré. L'admmistration m'avant confié la transformation des terrains destinés au parc public à créer sur l'emplacement de la forteresse, cette partie des travaux a commencé en 1871, sous l'inspiration de M. de Scherff, par l'appropriation de l'espace destiné à la fondation hospitalière faite par feu M. J.-P. Pescatore en faveur de sa ville natale. Ces jardins ont été mis en rapport avec le reste du parc public, dont l'exécution a été continuée depuis cette époque, sous la protection éclairée de M. le baron de Blockhausen, ministre d'État du Grand-Duché.

La figure lili2 donne une partie de l'ancien plan de la forteresse, réduit d'après le plan d'Érasmy. La vieille ville manquait d'air et d'espace dans ces étroites murailles situées à 100 mètres à pic au-dessus des vallées de l'Alzette et de la Pétrusse, dans une des situations les plus pittoresques qui se puissent voir. La première enceinte se composait des casernes, remparts, bastions F' K S X, avec ses magasins bh, et ses réservoirs g. De l'autre côté du fossé, les contre-gardes G J R T, a, avec les magasins r, f, a, les poternes M 0 Q étaient situés entre la place d'armes et les réduits intérieurs G D H L P U et Z. Enfin le fort Charles, la poudrière d, les fossés B et les magasins e complétaient ce côté de la défense jusqu'aux glacis extérieurs sur la partie dite « front de la plaine » .

Cette portion des fortifications fut la première attaquée pour la transformation en parc public. Elle est à peu près terminée aujourd'hui, ainsi qu'on le verra par le plan hli^. La ligne extérieure des glacis est devenue la limite du parc, au delà de laquelle se trouvent des terrains à vendre pour bâtir. Une autre zone, indiquée sous le titre de nouveau quartier, se trouve placée entre la vieille ville et le parc, et divisée par un grand boulevard planté et bordé de constructions élégantes. Quelques parties des anciennes constructions ont été conservées, ainsi que plusieurs lots de terrain, malheureusement vendus à des particuliers avant le décret de transformation du parc. En A, l'ancien bastion Berlaymont a été maintenu ; il est planté d'arbres et la vue y est superbe. Au-dessous est le jardin creuxB, avec son entrée J à l'extrémité du boulevard. La fondation Pescatore, dont le centre est destiné à l'hôpital C, a conservé le fort Charles D, au- ({uel on a annexé un potager E, l'emplacement du musée G, et le mail H planté en frênes. Ce parc est séparé de la promenade publique par l'avenue de la Porte-Neuve I, dontj'ai donné le profil (p. 352, fig. 106), et qui se termine, au sommet, par un vaste rond-point.

En avançant dans le parc, dont la forme est motivée par l'étroite bande de terre qui lui est consacrée et par les anciennes plantations qu'il a fallu conserver, on trouve d'abord de vastes pelouses terminées par la place de musique K, le monument L de la princesse Amélie des Pays-Bas

EXEMPLES DE PARCS ET JARDINS

(voir fig. 515-16, p. 862 ), la villa Wolff M, aliénée avant les travaux du parc, le restaurant N, la villa de M. de Gargan 0, le jardin du Louvigny P. Une avenue curviligne, plantée de grands arbres conservés avec soin RR, est devenu le lieu favori des promenades du public.

Le jardin botanique est exclusivement consacré à la culture des plantes indigènes du Grand-Duché de Luxembourg. Son centre X est occupé par l'emplacement d'un musée d'histoire naturelle. En T est l'école de

Fig. 444. — Parc public de Montsouris. Service des Promenades et Plantations de Paris. M. A. Alphand, directeur.

botanique, en U la cascade servant de départ aux eaux qui forment plusieurs chutes en V auprès de rocailles nombreuses et qui s'épanouissent en Y en un bassin consacré aux plantes aquatiques indigènes. Z est la partie du jardin terminée par un kiosque. Des allées larges sont en partie couvertes par les ombrages épais qui existaient avantla formation du jardin botanique.

Une autre section du parc public, limitée d'une part par la percée du Rheinsheim et de l'autre par la petite rivière de la Pétrusse, s'étend sur les pentes rapides depuis la villa Schœffer jus([u'aux talus b que domine l'emplacement du tir des Arbalétriers en c. La promenade se continue ainsi en corniche sur les rochers et fait le tour de la ville par des chemins escarpés.

Parmi les promenades de Paris, dont le résumé statistique a été donné (p. 768 et suiv.), un bon nombre sont connues du public par le magnifique ouvrage de M. Alphand, (jui a publié les plans de la plupart d'entre elles. Le plan du parc de Montsouris, créé postérieurement, est encore inédit, et la figure hhli le représente tel qu'il a été dessiné dès le commencement des travaux.

Le parc de Montsouris est la quatrième des quatre grandes promenades publiques arrêtées en principe dans les pro jets de transformation de la ville de Paris. Il a été terminé seulement cette année. Sa situation, au sud de Paris, domine la vallée de la Bièvre ; on y jouit d'une vue étendue sur la ville. Le chemin de fer de Sceaux et le chemin de fer de ceinture se croisent dans le parc, dont la superficie atteint près de 16 hectares. On y a installé le palais tuuisien du Bardo, exposé en 1867, et qui sert aujourd'hui d'observatoire météorologicjue A. Une loge de concierge et des kiosques B sont placés auprès des entrées G G. C est la pièce d'eau, en forme de poire un peu trop régulière, prenant sa source en D. Deux ponts E F traversent le chemin de fer de Sceaux. Les talus rapides H constituent le côté pittoresque au-dessus du lac. Les corbeilles de fleurs I sont peu nombreuses dans ce parc, situé dans un quartier excentrique et pauvre de Paris, où elles seraient peu appréciées.

Quel que soit l'intérêt qui s'attache à l'histoire des promenades et jardins publics de Paris et aux circonstances qui ont accompagné leur création, il s'efface, à notre point de vue spécial, devant l'examen artistique des procédés qui OQt prévalu dans leur formation et que nous avons, à diverses reprises, examinés dans leurs détails. A les reprendre dans leur ensemble, on peut caractériser en quelques mots les points qui les différencient des parcs et jardins publics de l'étranger :

Le tracé des voies de promenade, dans cette période des embellissements de Paris, a reçu de grands perfectionnements. Les allées des bois de Boulogne et de Vincennes sont devenues très-vastes, et leurs courbes sont harmonieuses. La formation des contre-allées, des trottoirs, les courbes de raccordement surtout, dénotent des progrès considérables sur le passé. Les soins d'entretien ne laissent rien à désirer.

L'art des vallonnements, dont nous avons examiné précédemment la théorie et les moyens prati(|ucs d'exécution, a imprimé aux parcs et aux jardins pubUcs de Paris un attrait tout particulier, que d'autres pays ont cherché à imiter. Les effets en sont excellents sur de grandes surfaces ; mais on a porté cette mode à l'excès, et, s'il est permis de formuler une critique, c'est sur l'application des vallonnements exagérés aux petits jardins.

Les plantations, bien entendues au point de vue de la position des massifs, l'ont été généralement moins bien sous le rapport de la distribution des espèces. On a trop multiplié les essences exotiques, au détriment des effets d'ensemble. Nous avons signalé la difficulté d'utiliser l'excès de richesses que possèdent les cultures actuelles, non pour les jardins d'amateurs, de

EXEMPLES DE PARCS ET JARDINS

moyenne ou de petite surface, mais pour les parcs et les jardins un peu vastes. C'est ainsi que l'on a employé à profusion, dans les jardins de Paris tracés sur le modèle paysager, le thuia boule {Diota orientalis aiirea), qui devrait être réservé aux jardins symétriques, avec lesquels sa forme régulière, sphérique, peut seule s'accorder. La nature corrige parfois ces fautes. Par exemple, autour de la cascade des Buttes-Chaumont , où l'on avait planté un grand nombre d'espèces d'arbustes grimpants sur les roches, le lierre a tout envahi, en détruisant les autres plantes moins robustes, et il en est résulté une scène d'une beauté, d'une unité, d'une harmonie de ton trèssupérieures à l'effet cherché.

Les arbres isolés ont été l'objet, dans les jardins de Paris, d'un mode de groupement rationnel, très-intelligent, servant à la fois à faire vakir leurs proportions et à aider à l'effet des vallonnements. On a eu seulement le tort d'adopter trop fréquemment le nombre trois pour les groupes ; j'en ai fait précédemment ressortir l'inconvénient (p. 536).

La décoration florale et surtout l'introduction des plantes à feuillage ornemental ont reçu, dans les promenades de Paris, un tel perfectionnement, qu'il en est résulté une transformation générale dans l'horticulture décorative contemporaine.

Les ornements divers, constructions d'utilité et d'ornement, kiosques, ponts, rochers, bancs, lampadaires, etc., dénotent un bon goût auquel chacun a rendu justice en s'efiforçant de l'imiter au loin. On pourrait seulement combattre l'usage d'introduire des statues dans les parties non symétriques des jardins. Ces ornements, d'un excellent aspect dans les jardins géométriques des Tuileries ou du Louvre, sont beaucoup moins satisfaisants sur les pelouses vallonnées des jardins paysagers.

Il est également regrettable de voir apphquer en toute occurrence le système des petits jardins à surfaces tourmentées, sans se préoccuper du style des monuments avoisinants. Par exemple, il n'eût pas été sans intérêt de voir le jardin des Thermes, sur les boulevards Saint-Germain et Saint-Michel, dessiné comme un jardin romain antique; les ruines qui l'entourent auraient justifié cet essai. Un jardin dans le style de la Renaissance eût trouvé sa place devant l'église de la Trinité; un véritable parc funéraire, symétrique, devant la chapelle expiatoire de Louis XVI, etc., etc.

Ces observations de détail ne sauraient diminuer l'approbation que le public éclairé a depuis longtemps donnée aux jardins de Paris, et nous ne les aurions pas énoncées si elles ne se trouvaient naturellement à leur place dans un ouvrage où la critique doit s'exercer librement au fond, avec modération dans la forme.

Le parc Alexandra (fig. hh6), l'un des derniers parcs ouverts depuis dix ans au public de Londres, a été créé pour entourer un vaste palais de verre, construit avec les matériaux de l'Exposition universelle, par MM. Meeson et Johnson, architectes. Ce monument, brûlé neuf jours

après sou inauguration, en 1868, a été reconstruit peu de temps après. L'architecte des jardins a été M. A. Mac Kenzie, dont les travaux sont depuis longtemps appréciés avec distinction en Angleterre.

La surface du parc est de 87 hectares. Sur les deux façades du palais A, des terrasses E, longues de 300 mètres, dominent l'ensemble de la scène d'alentour, variée et très agréable. De chaque côté de l'avenue de marron-

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