V. Massifs extérieurs
Y. Arbustes toujours verts.
Fig. 458. — Jardin paysager de M. Scluilz, près Cologne. — M. J. Mepraschk, architecte.
Jardins du Midi. — Les rivages de la MéditeiTanée, souvent accidentés de la manière la plus pittoresque, ont reçu, dans leur partie nord-est, ce nom de Corniche, qui éveille l'idée, pour les touristes, d'une suite d'admirables paysages sous un ciel enchanteur. La même disposition se retrouve sur les côtes des golfes de Naples, de Salerne, de la Spezzia, les lacs de la haute Italie, etc. Les jardins de ces régions, si riches en végétaux divers, sont l'objet d'un tracé qui diflëre absolument de celui des terrains plans ou des pentes régulières. En présence de cette nature à profils heurtés, il a fallu adopter résolument le système en escaliers, superposer les terrasses et imprimer aux jardins un aspect de constructions. Tantôt les terrasses sont assez larges pour être traitées en parterres réguliers, comme aux villas Meuricoffre et Delahante, à
Ed. Anork. ,M
Naples ; tantôt on les voit escalader les pentes abruptes, comme aux cultures de citronniers d'Atrani ; tantôt ce sont des lacets sur les pentes, entremêlés de points d'arrêt en terrasses, comme dans quelques résidences de Marseille, de Cannes, de Menton, ou à la villa Pallavicini, près de Gênes.
Fig. 459. — Jardin pot-igfr de M. Mestdagh, à Gand. — M. \ an Ilulle. architecte.
Ces jardins revêtent souvent un aspect oriental. Je prendrai pour exemple le coin de terre où un grand artiste, 31. Charles Garnicr, archilecte de l'Opéra, a bâti sa maison, comme l'aire d'un aigle, sur un rocher couvert de palmiers. C'est à Bordighera, au pied des Alpes-Marilinies , dominant la -Méditerranée, que se dressent la tour carrée et les cl jgantes colonnes des dattiers de cette résidence (fig. 461). En exami lant le pLm de la villa
EXEMPLES DE PARCS ET JARDINS
Garnier (fig. Zi60), où les cotes de niveau ont été indiquées, on verra qu'entre la route départementale qui longe le chemin de fer et le sommet de la propriété, on compte une différence de 43'", 40. Le rez-de-chaussée de la maison se trouve à 30'", 88 au-dessus du niveau de la mer. Il a donc fallu, pour donner accès aux diverses parties de ce terrain escarpé, diviser la hauteur totale en rampes, escaliers, terrasses, qui donnent un ensemble pittoresque des plus bizarres.
L'entrée principale est située près de la cote 30"^, 88, sur le terre-plein où s'élève la maison. De la cour on descend dans la première partie du jardin, où commence une série de pentes, de contre-pentes, de terrasses, de
Fig. IGO. — Jardin en terrasse au bord de la mer, à Bordighera (Italie). — M. Ch. Garnier, architecte.
murailles ornées de plantes, de pergolati couverts de vignes. Les arbres qui impriment à Bordighera et à San Remo un caractère oriental, les oliviers et les palmiers-dattiers, sont représentés par de forts exemplaires, et le tout est entremêlé d'opuntias, de figuiers et d'agaves qui complètent l'aspect méridional de cette plantation. Les feuilles des dattiers, liées pour être blanchies, sont cueillies chaque année pour être envoyées et vendues à Rome, où elles forment les palmes cardinalices du dimanche des Rameaux.
Jardins de ville. — Les petits jardins de ville, quand leur superficie ne dépasse pas quelques centaines de mètres, doivent être traités avec simplicité. Multiplier les allées et les ornements sans raison serait faire preuve de mau-
vais goût. Leur variété est iniînie. Si l'on dispose d'an terrain légèrement accidenté dont le périmètre, entouré de murs, peut être masqué par d'épais massifs de grands arbres et par des arbustes à feuilles persistantes, on laissera le milieu en pelouses vallonnées, ornées et fleuries, et même on y introduira des eaux, comme dans le plan représenté par la figure fiô2. En A est la maison, séparée de la rue par une cour, et autour de laquelle on peut passer par les couloirs BB. Sur la façade du jardin, un trottoir C garantit les murs de rimmidité. En D est un grand banc circulaire ombragé. E est le bassin.
Fig. 461. — Vue de la villa de M. Ch. Garnier. à Bnrdighera (Italie).
alimenté par une source sortant d'un groupe de rocailles surmontées, en F, d'une place de repos avec table et chaises. On descend au bassin par l'escalier de rocailles J. Le kiosque I sert de cabane aux outils et abrite le réservoir des eaux. En H on a ménagé un gymnase pour les enfants, et en G est une corbeille de fleurs, semblable à celles qui ornent le devant de la maison. Les pelouses sont vallonnées avec modération, et des arbustes toujours verts se mélangent aux espèces à feuilles caduques.
La figure /i63 montre un autre jardin urbain, également de petites
EXEMPLES DE PARCS Eï JARDINS.
dimensions, et dont j'ai déjà indiqué le mode de plantation (pag. 6-2"2). Les arbustes à feuilles persistantes y dominent et accompagnent toute l'année, de leur verdure, les diverses parties du jardin, dont la légende suivante indique la composition :
A. niil)itation.
B. Serre.