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Fig. 477. — Jardin fruitier dessiné par M. Ch. Baltet.
EXEMPLES DE PARCS ET JARDINS
La figure hll représente un jardin-fruitier créé par M. Ch. Baltet, dont le nom est justement estimé parmi les arboriculteurs et les pomologues. En A A est le verger, complanté d'arbres à haute tige. Les serres à cultures l'orcées B et les bâches à primeurs C sont i)lacées auprès de la pépinière fruitière D et des pavillons contenant le fruitier et les hangars E F. Des poiriers en contre-espalier et des palmiers en cadre horizontal sont figurés dans les carrés G G , et les vignes en treilles en H. Des pommiers en gobelet I forment deux carrés en Normandie; en L, sont des poiriers pyramide; en M, des abricotiers à plein vent avec dessous en groseillers; en N, des pêchers à plein vent sur un sol garni de fraisiers ; en 0, des cerisiers tige et des framboisiers; en P, des pruniers tige et des groseilliers cassis. Les platesbandes des allées ont reçu des j^oiriers en pyramide, en fuseau, en palmette ou en candélabre. Les espaliers ont été ainsi distribués sur les murs : Nord, poiriers; Est, pêchers; Sud, pêchers et abricotiers; Ouest, vignes. L'allée du pourtour est bordée d'un cordon horizontal de pommiers. La rivière est entourée de cognassiers, néfliers, noisetiers. Une haie fruitière forme la clôture du verger.
Potagers-fruitiers. — Parmi les jardins polagers-fruiticrs ou jardins mixtes, on peut citer celui de Nades, que l'un des plus habiles arboriculteurs
de France, M. J.-L. Jamin, créa en 1855-50, en Auvergne, pour le duc de Morny. La planche IX en montre l'organisation. La contenance de ce jardin est de deux hectares environ. A l'une de ses extrémités une rangée de serres exposées au midi a été construite pour le forçage des vignes et arbres divers à fruits de primeur. La légende explicative placée en face de la figure don-
nera les détails se rapportant à cette remarquable création, qui peut être imitée seulement clans une propriété de luxe.
Un des modèles de jardins potagers-fruitiers les plus usités en France est représenté par la figure Zi78. II est situé en Suisse, à Sissach, entre Bâle et Lucerne, où je l'ai dessiné en 1873. Des murs l'entourent sur trois faces seulement; le côté du parc est occupé par un treillage de fils de fer sur lequel on a palissé des poiriers en contre-espalier G. Les autres murs G G ont reçu des espaliers de pêchers au sud, et de poiriers au nord. Le mur du fond forme au milieu un angle obtus dont on a racheté l'effet disgracieux en y plaçant une serre, au midi, avec pavillon central élevé G, compartiment
Fig. 479. Jardin potagci'-friiiticr de Bcrry-Hill (Angleterre). M. R. Marnock, architecte.
A. Corbeille de fleurs avec vase. — B B. Arches de verdure (hêtres pleureurs). — C. Contre-espaliers. — D. Ikx, Aquifolium argenteum. — E. /. .4. aureum. — F. Junipenis sinensis. — G. Abies Pinsapo. — H. Sciadoinjtis verliciUata. — I. Thuiopsis dolabrata. — J. Ilex Aquifolium. — K. Wel- Ungtonia gigantea. — L. Cratœgus Oxyacantha punicea. — M. Cupressus glauca. — N. Fagus sylvatica pendula. — 0. Abies nobilis. — P. Cedrus Deodara. (Tous ces arbres sont isolés sur une plate-bande de gazon du côté du parc.) — Q. Plates-bandes de fleurs. — R. Massifs d'arbres et d'arbustes d'ornement. — S. Framboisiers. — ï. Plates-bandes de fleurs. — U. Groseilliers cassis.
— V. Groseilliers à grappes. — X. Légumes. — Y. Fraisiers. — Z. Asperges. a. Pommiers en
gobelet. — b. Poiriers en cône. — c. Plate-bande nourricière pour les vignes en serre. — d. Légumes de printemps, sur ados. — e. Mur d'espalier. — f. Carré des salades de primeur. — g. Serre à fruits. — h. Serre à vignes pour quatre saisons. — /. Serre froide. — j. Bureau. — k. Outils. — l. Rempotages. — m. Champignons. — n. Hangar. — o. Pépinière d'attente. — p. Bâche à melons. — q. Bâche à vignes. — r. Bâche à concombres. — s. Bâche à ananas. — t. Serres à fougères pour appartements. — »<. Serre à pêchers.
chaud A, un autre froid B. En D est un bassin assez vaste, qui alimente les tonneaux placés aux coins des carrés de légumes. Quatre séries de châssis E servent à la culture des légumes de primeurs et aux semis de fleurs. Adossé
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à la cour des terreaux est le hangar F destiné aux outils et aux rempotages. Les bâtiments de la ferme sont voisins, et les massifs du parc sont plantés de telle sorte que la vue sur le potager fasse le moins possible disparate avec les effets paysagers de la propriété.
L'uniformité dans le dessin des jardins potagers-fruitiers révèle une pauvreté que l'on est heureux de voir relevée parfois par une composition originale. De ce nombre est la propriété de Berry-Hill, à Taplow (Angleterre), où M. R. Marnock a tracé le jardin représenté par la figure 479. Il a été placé le long des limites du parc, pour laisser les vues intérieures libres, et n'est bordé par un mur que du côté du chemin. La disposition des serres est remarquable, et dénote une entente parfaite des exigences de la culture forcée. Le tracé a été varié par des lignes courbes à l'extrémité; des fleurs ont été ajoutées près des serres et sur les plates-bandes; des arches d'arbres taillés s'arrondissent aux deux extrémités de la grande allée du milieu ; l'ensemble est d'un effet charmant. La simple lecture de la légende ci-jointe donnera la composition des diverses parties de ce jardin.
Pour ne pas multiplier outre mesure ces citations et ces exemples de vergers, potagers, jardins fruitiers, etc., je renvoie le lecteur à l'examen détaillé des divers plans de parcs et jardins pubhés dans cet ouvrage, notamment aux pages 271, 351, 601, 613, 753, 755, 761, 765, etc., etc., où les potagers et jardins fruitiers occupent, dans chaque propriété, des emplacements choisis avec soin, et montrent les tracés employés par divers architectes-paysagistes.
Jardins botaniques. — Les jardins botaniques dont nous avons indiqué, page 198, les principaux caractères, varient d'autant plus dans leur tracé, que la plupart d'entre eux datent de longtemps. Les premiers jardins botaniques ont été créés, vers le milieu du xvi* siècle, à Padoue et à Pise. Leur dessin, réduit d'abord aux lignes régulières, ne s'est modifié que pour les transformations en lieux de promenade, lorsqu'une partie fut attribuée à des plantations d'ornement. Citons parmi les modèles du genre, en Europe, les jardins botaniques de Kew et de Regent's Park à Londres, de Dublin, d'Edimbourg; du Muséum, à Paris; de Bordeaux; de Saint-Pétersbourg, etc
Dans la figure 480, on a un jardin botanique d'un modèle assez nouveau, exclusivement consacré à la flore indigène du Grand-Duché de Luxembourg. Pas un arbre, un arbuste, ni une plante herbacée d'origine exotique n'y sont entrés, et les plantations de l'école de botanique, rangées suivant le système linéaire, de même que celles du jardin, ont été empruntées aux champs, aux bois, aux prés, aux rochers de ce pays. Cette idée, que je crois nouvelle, de présenter au public le tableau complet, vivant, des plantes indigènes et d'en faire connaître les noms, la classification, les usages, l'intérêt ornemental, a été présentée par moi en 1871 au gouvernement du Grand-Duché, qui m'a chargé de la mettre à exécution dans une partie du parc public. Ce travail a été exécuté avec l'aide de la Société de botanique de Luxembourg.
A Livcrpool, le jardin botanique était, depuis de longues années, établi dans un quartier populeux où les conditions sont défavorables à la culture.
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Fig. 480. — Jardin botanique de Luxembourg (Grand-Duché). Ed. André, architecte.
A. Musée d'histoire naturelle et salle de conférences. — B. Maison de garde. — C. Volière d'oiseaux indigènes. — D. Kiosque de repos. — E. École de botanique. — F. Salles vertes. — G. Bancs d& repos. — H. Anciennes allées d'ormes. — I, J. Barrages de rocailles. — K. Butte et rocher principal.
— L. Ruisseau et bassins des plantes aquatiques. — M. École des plantes utiles et ornementales.
— N. Salle de repos avec vue sur l'eau. — P. Entrées du jardin.
Le plan d'un nouveau jardin faisait partie du programme du concours ouvert par la corporation de cette ville lorsqu'elle en décida, en 1866, la translation
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tlans le Sefton Park, en réservant la mise à exécution pour quelques années plus tard. La légende suivante donne l'explication de ce plan (fig. Z18I) :
A, Statue de Linné.
B, Grand jardin d'hiver.
Grande allée des parterres.
D, Grande allée des fonlaines.
E, Bassins et jels d'eau.
F, Allée des serres.
G, École des plantes ofTici-
nales.
H, École des plantes alimen-
taires.
I, École générale de bota-
nique.
K, École fi uitière.
L, Laboratoire des cultures.
M, Muséum d'histoire naturelle.
N, Maison du directeur.
0, Maison dujardinieren chef.
P, Ai'boretum paysager.
Q, Rocher et plantes alpines.
R. Pièce d'eau et plantes aquatiques.
S, École expérimentale.
T, Loge du concierge.
U, Kiosiiue de météorologie.
V, Urinoirs.
X, Kiosque.
V, Fontaines de bronze orné..
(t, Petits parterres mosa'iques.
b. Parterres à compartiments.
Parterres avec plantes isok'es.
il. Entrées principales.
e. Bancs ornés.
f, Entrées secondaires.
<j, Ru'sseau et rocailles.
h, Rocher et source.
i, Parterre de broderie.
j. Parterre de plantes bulbeuses.
k. Pelouses bordées de fleurs.
I, Vases et fleurs.
m, Terrasse bordée de fleurs
et plantes grimpantes.
V, Serres chaudes.
o. Serres froides.
p, Serres à fougères.
q, Serres à orchidées. r. Serres à multiplication.
s. Châssis fixes.
Parterres variés pour les
plantes vivaces.
Parterres à festons et pelouses.
Jardins d'acclimatation. — Parmi les jardins d'acclimatation les plus renommés, on peut désigner celui du bois de Boulogne, à Paris, dont la réputation est universelle. Le tracé en est dû à M. Barillet-Deschamps. Il a subi, depuis sa fondation, des modifications nombreuses, motivées surtout par l'extension du nombre des animaux qui y sont élevés. Le jardin de Ghézireh, créé par le khédive d'Egypte sur les bords du Nil, serait un remarquable exemple, s'il avait pu être complété comme il avait été projeté. Les jardins coloniaux, parmi lesquels on peut citer ceux de Saint-Pierre (à la Martinique), de Sa'igon (en Cocliinchine), de Buytenzorg (à Java), de Peyradenia (à Ceylan), de Calcutta, de Melbourne, de Sydney (en Australie), etc., sont à la fois des jardins botaniques et de véritables jardins d'acclimatation, dont le dessin varie suivant les contrées et suivant les plantes à cultiver.
Jardins d'hospices, collèges, etc. — Le dessin des jardins d'hospices, d'hôpitaux, casernes, collèges, usines, etc., doit présenter une grande simplicité. Les jardins fruitiers, potagers, vergers, doivent y être séparés, afin que chaque partie puisse donner le maximum de son produit. On tracera les portions consacrées à l'utilité en compartiments symétriques, pour faciliter la culture. Si des carrés doivent être attribués séparément aux vieillards, aux infirmes, aux enfants, qui trouveront un puissant élément d'hygiène dans un travail modéré, on peut en livrer le dessin à la fantaisie de chacun; mais tous ces jardins doivent être entourés d'un treillage, haut d'un mètre au moins, et couvert de plantes grimpantes pendant la belle saison.
Le jardin destiné à la promenade en commun, dans ces institutions
Fig. 481. — Jardin bolaiiiqiio dans le parc public do Scftnn. à Livcrpool. Projot d'ensemble.
Ed. André, architecte.
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humanitaires, doit être conçu de telle façon que la santé des pensionnaires en reçoive le plus grand bien. C'est dire que de vastes promenoirs rectilignes sont nécessaires, les uns à l'ombre pour les jours d'été, les autres en plein soleil, sortes de « petites Provences » pour les promenades hivernales. Le jardin de l'hospice de la « fondation Pescatore », à Luxembourg (fig. /i/i3, p. 779), reproduit une de ces combinaisons; des orientations diverses ont permis d'y varier les promenades découvertes ou abritées, de telle sorte que les malades y trouvent chacun l'objet de leurs préférences. Des jeux de boules, croquet, gymnases, etc., peuvent augmenter l'attrait de ces jardins et devenir en même temps des éléments de récréalions hygiéniques.
Jardins d'Expositions. — Les Expositions d'horticulture, sur lesquelles nous avons appelé raltenlion, en blâmant les compositions de mauvais goût (jui leur servent souvent de cadre, ont été l'objet depuis 186/i de grandes solennités internationales exigeant des dispositions particulières dans les locaux destinés à les recevoir. La première en date, celle de Bruxelles, en 18(54, se composait de groupes artistement dessinés avec des lignes sinueuses. Celle d'Amsterdam, en 1805, dont la figure /i82 donne le plan, avait lieu dans le nouveau palais de l'Industrie, et était disposée suivant un tracé symétrique, qui n'excluait pas des courbes assez variées.
A l'Exposition universelle de 1867, à Paris, on a beaucoup admiré le « jardin réservé ». Ce jardin, situé dans le Champ-de-Mars, auprès de l'École militaire, était remarquable par sa surface vallonnée avec goût, et l'excellente disposition des serres et constructions diverses, placées sur la périphérie, laissant la vue libre sur le paysage intérieur. La grande serre centrale formait l'élément important de cette décoration. La légende du plan (fig. 483) peut fournir un utile document pour la formation de jardins d'Expositions dans des conditions analogues.
A Hambourg, en 18()9, une Exposition internationale d'horticulture avait été installée sur l'emplacement d'une partie des anciens fossés, dont les profils abrupts avaient été utilisés avec goût pour former un jardin pittoresque (fig. /i8/i). Ce jardin a été en grande partie conservé depuis lors et fait partie des nouveaux embellissements de la ville. Le tracé peut en sembler bizarre au premier abord, mais il faut songer qu'il se rapporte à des pentes rapides et que la pièce d'eau occupe le fond des anciens fossés (jui vont se déverser dans l'Elbe, dans la direction du point G. Les principaux caractères de ce jardin d'Exposition sont détaillés dans la légende placée sous la figure àSà.
Un spécimen assez curieux de ce style allemand, dont il a été précédemment parlé, mélange parfois heureux, souvent trop compliqué, de dessins symétriques et de tracé paysager, a été exposé dans une partie du parc de l'Exposition universelle de 1867, voisine du jardin réservé. J'en ai donné
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autrefois une description détaillée'. Ce dessin (lig. Z|85) fournit un exemple intéressant des tendances allemandes en matière de jardins, et il témoigne d'une recherche dans les détails où l'art des arabesques et le rôle de la règle
et du compas tiennent la première place. Les parterres AB plantés en espèces i)ulbeuses, au premier printemps , ont reçu ensuite une décoration estivale très-soignée. La pelouse C, légèrement vallonnée, se terminait par la pièce