‹ L'art des jardinsChapitre 6 sur 341 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

notes, ne comprenant guère que les éléments de mes propres opérations, limitaient mon expérience et réduisaient mes vues artistiques à un champ restreint.

Il était nécessaire de combler ces lacunes par des voyages. D'abord, je parcourus l'Europe sur tous les points renommés pour leurs jardins. Pins récemment, une exploration dans l'Amérique du Sud, notamment dans la Nouvelle-Grenade, l'Équateur et le Pérou, me fournit l'occasion d'étudier sur place la végétation des régions intertropicales. Enfin les États-Unis m'offrirent le spectacle d'un développement rapide dans l'art des jardins, et j'ai puisé des renseignements nombreux, nouveaux et intéressants dans les grands parcs publics des cités nord-américaines.

Mes matériaux pouvaient alors être mis en œuvre. En 1866, j'avais fait connaître, par un exposé sommaire, mes principes sur Tart des jardins, dans un article publié par le Correspondant^ , où j'avais essayé, après une étude historique résumée, de démontrer que cet art ne repose pas sur la fantaisie ou les caprices de la mode, mais sur l'union féconde de la raison et du goût. M. A. Mangin, dans son beau livre sur l'histoire des jardins, voulut bien citer ce travail à plusieurs reprises et il en fît la base des préceptes qu'il formula comme règles de composition pour les jardins modernes ^ .

Le livre que je présente au public contient le développement de ces théories. Elles ne me sont pas toutes personnelles, et j'en ai adopté plusieurs qui sont du domaine public; mais elles sont toutes l'expression, sous la forme que je leur ai donnée, de mes sentiments actuels sur l'art des jardins. Si l'on s'étonnait de me voir développer longuement des considérations esthétiques sur la théorie de la composition des jardins, je répondrais que mon but constant a été d'élever le sujet que je traite. Ce n'est pas en suivant des réalités vulgaires que l'art progresse, mais en se consacrant, avec résolution et persévérance, ;\ la recherche de la beauté idéale.

Sans chercher à me dégager entièrement de l'influence du temps

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