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Époques de la nalure

3. Éludes de la nalure, 1784; Paul el Virginie, 1788. h. Œuvres diverses, 1801-1811.

sentiments intérieurs, et ceux-là se sont le plus approchés de la perfection, dont les descriptions se sont montrées les plus vraies dans ce double sens.

La peinture de paysage peut également remplir ce but et atteindre cette dualité idéale : la représentation de la matière et de l'esprit, sommet le plus élevé de l'art. Les anciens ne la connaissaient pas plus que la poésie descriptive proprement dite, ou lui faisaient jouer un rôle très-effacé. Dans leurs tableaux ou leurs peintures murales, on voit, par le peu qui reste des compositions de l'antiquité grecque et romaine, que le paysage n'était qu'un ornement accidentel accompagnant les scènes animées que les artistes voulaient reproduire. Mais peu à peu cet accessoire devint le principal, <à mesure que le sentiment de la nature se répandait dans les esprits. Comme on avait vu autrefois le paysage servir de fond ou de cadre muet aux représentai ions humaines, on vit l'homme, à son tour, devenir l'accessoire dans la peinture des beautés naturelles, qui portent en elles-mêmes le charme et la poésie.

Platon* a parlé de la représentation les scènes de la nature; Aristote^ dit que les décorations du théâtre rehaussaient l'éclat des tragédies d'Eschyle et de Sophocle ; Philostrate cite des tableaux figurant des paysages, des volcans. Comme dans l'architecture et la sculpture, les Romains imitèrent les Grecs dans cet art nouveau, et l'appliquèrent, nonseulement à leurs monuments publics, mais à leurs habitations privées.

Pline attribue à un certain Ludius l'invention des peintures murales, où le paysage avait une part assez importante. Mais les artistes s'appliquèrent plutôt à représenter quelques lieux, villes, jardins, ports, villas, et à en donner la topographie fidèle, qu'à exprimer le charme pittoresque de scènes absolument sauvages.

Pendant le moyen âge, on voit encore cette coutume prévaloir. Si parfois, dans quelques missels enluminés, un paysage est traité avec soin, bien qu'en dehors de toutes les lois de la perspective, et peint avec cette netteté dans les détails qui caractérisait les miniaturistes du xv'' siècle, nulle part on ne sent dans ces compositions un effort pour rendre exclusivement le sentiment de la nature.

Mais aussitôt cjue la peinture à l'huile est inventée, qu'Antonello de Messine répand à Venise le goût de l'imitation de la nature, cet art nouveau se fait rapidement et largement place. A Florence, Chirlandajo donne une perspective profonde à ses tableaux en distinguant les plans et graduant les teintes ; le Pinturicchio peint de véritables scènes de paysage dans le belvédère du Vatican et exerce sur Raphaël une influence qui sera salutaire au prince de la peinture. Titien, d'un seul bond de son génie,

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