FLANDRES HT ALLE>[AGNE
jardin en croix ; des piliers ou des termes les supportent; certaines se reflètent dans un canal, où des barques sont à l'amarre. On remarque aussi des labyrinthes, formés de haies circulaires à hauteur d'appui, coupées, par endroits, de berceaux dirigés vers le Dédains. Des paons se pavanent sur le sable, et des singes leur font la grimace
(fig- 55, 56, 57)-
Quelques lignes de Montaigne, écrites lors de son passage à Augsbourg, montrent que les Allemands du temps s'amusaient des mêmes frivolités que les Italiens : « Nous vismes d'autres maisons de ces Foulcres en autres endrets de la ville, qui leur est tenue de tant de despances qu'ils amploient à l'embellir : ce sont maisons de plaisir pour l'esté. En l'une nous visme une horloge qui se remue au mouvement de l'eaûe qui lui sert de contre-pois. Là même deux grands gardoirs (viviers) de poisson, couverts, de veint pas en carré, pleins de poissons par tous les quatre costés de chaque gardoir. 11 y a plusieurs petits tuiaus, les uns droits, les autres courbés contremont ; par tous ces tuiaus, l'eau se verse très plesamment dans ces gardoirs, les uns envoïant l'eau de droit fil, les autres s'élançant contre-mont à la hauteur d'une picque. Entre ces gardoirs, il y a place de dix pas de large planchée d'ais ; au travers de ces ais, il y a force petites pointes d'airain qui ne se voient pas. Cependant que les dames sont amusées à voir jouer ce poisson, on ne faict que lâcher quelque ressort ; soudein toutes ces pouintes élancent de l'eau même et roide jusque à la teste d'une houre, et ramplissent les cottillions des dames et leurs cuisses de cette frecheur. En un autre endroit ou il y a un tuiau de fontene, plesante, pendant que vous la regardez, qui veut, vous ouvre le pas-
sage à des petits tuieaus imperceptibles qui vous jettent de cent lieus leau au visage à petits filets, et là il y a ce mot latin : Quaesisti nugas, nugis gaiideto repertis. 11 y a aussi une volière de vint pas en carré, de douze ou quinze pieds de haut, fermée par tout d'areschal bien noué et
IIG. 5). LABYRINTHE.
Par Jean, de Vries 115S5).
entrelassé; au dedans dix ou douze sapins, et une fontene : tout cela est plein d'oiseaus. Nous y vismes des pigeons de Polongne, quïls appellent d'Inde, que j'ai veu ailleurs ; ils sont gros et ont un bec comme une perdris. »
11 paraît aussi avoir été très frappé d'une serre qu'il visita au même lieu : « Nous vismes aussi le mesnage d'un jardinier, qui. prévoiant l'orage des froidures, avoit