‹ L'art des jardinsChapitre 5 sur 74 · IIG. 5. — \ LE PERSPECTIVE DE LA MAISON" THÉBAINE · texte numérisé non relu

IIG. 5. — \ LE PERSPECTIVE DE LA MAISON" THÉBAINE

cence; les sémites aimaient la vie des ctiamps^ et leur plus grand plaisir était de posséder un coin de terre, qu'ils culti-. valent avec amour pour leur utilité et agrément : « J'ai fait de grands ouvrages, dit l'Ecclésiaste, je me suis bâti des maisons, je me suis planté des vignes, je me suis fait des jardins et des vergers, et j'y ai planté toutes sortes d'arbres fruitiers, je me suis fait des réservoirs d'eau pour en arroser le parc planté d'arbres, w On y trouvait aussi les

ASSYRIE. — PKRSi;. — J C D 1- K . — KGYPTE K)

arbres à aromates, dont les Juifs usaient si souvent: le « jardin clos » du Cantique des Cantiques, image de la bien-aimée, contient des grenadiers, le kopher ou arbre au henné, le cinnamone, et les arbustes d'où l'on tire Taloès. la myrrhe, l'encens et le santal.

Les poètes d'Egypte se complaisaient aussi à célébrer leurs jardins : « Elle me prit par la main, et nous entrâmes

dans son jardin Les buissons étaient verdoyants et tous

étaient en fleurs. Il y avait des fruits plus rouges que le rubis ; ceux du persea y ressemblaient au bronze, et les bosquets avaient le lustre de la pierre nashéni ; les menni entr'ouverts nous livraient leurs amandes ; leur ombre, fraîche et bien aérée, était douce pour le repos de Famour. » Les plus pauvres Égyptiens avaient des jardinets ou au moins des adonea, qui, d'après Gaston Boissier, se trouvaient être « plutôt des jardinières que des jardins véritables. C'étaient des vases de terre où Ton semait, à l'époque de la fête d'Adonis, des plantes qui germent et meurent en quelques jours. Cette végétation, hâtive et courte, était une image de la destinée du héros dont on célébrait la mort prématurée ».

Dans ses Jardins de l'ancienne Egypte. M. Joret a étudié l'évolution de l'horticulture en ce pays. Le jardin primitif n'est d'abord qu'un simple potager pour la famille : les plantes sont distribuées en longues plates-bandes ; il y a peu d'arbres, car l'ombre gêne l'industrie maraîchère.

Plus lard, avec le progrès du luxe, sous la xvni® dynastie, que signalèrent Aménophis I" et les trois Thoutmès, on rivalisa de zèle pour augmenter le nombre des arbres, qu'on faisait venir des régions les plus lointaines; et, en effet, ils encombrent les jardins figurés dans les hypogées.

Une pierre du British Muséum, le tombeau d'El-Amarna, une représentation de villa, contemporaine dWménophis II. permettent de se faire quelque idée du jardin pharaonique. Il était placé près du Nil, ou d'un canal dérivé, afin de faciliter l'arrosage, et divisé en plusieurs sections particulières, séparées par des murs, ayant chacune sa culture spéciale. Au milieu, s'allongeait un bassin en rec-

t>Ê|®®Éiiii

IIG. 4. ■ — (AKDIX IGVrTIl£N.

.D'après un bas-relief du tombeau de Rekhiniri.'

tangle. peuplé de poissons et d'oies, et encombré de touffes de lotus. Un rideau d'arbres, dattiers, sycomores, palmiers doum, marquaient la muraille d'enceinte; dans le jardin même une foule d'autres (on en a compté jusqu'à 278 dans la villa d'Aménophis),* figuiers, grenadiers, acacias, saules et tamaris distribuaient l'ombre et la fraîcheur. On entrait dans le parc par une grande porte. a;costce souvent de deux petites, et plusieurs kiosques.

ASSYRIF. PIlRSi:. JUDEK. — KGYPTK 21

près des bassins ou sous les ombrages, invitaient à la sieste reposante (fig. i, 2. 3, 4).

Avec la xix'-' dynastie, sous Ramsès II Mcïamoun, Menéphtah, les dynasties de Tanis, de Babasté, et de Sa'is milieu du vin= siècle avant J-C.)i puis sous Psammétik, Néchao (611-595), Amasis (5-'5>, et surtout avec les Lagides : Ptolémée I*^"", Philadclphe et Evergète (ni'' siècle), l'horticulture égyptienne subit une transformation radicale. C'est l'ère des jardins à fleurs. Les expéditions lointaines des Pharaons, la domination étrangère des Ethiopiens, des Assyriens avec Sennachérib et Asar HadJon, la faveur accordée aux Grecs par F'sammétik et Amasis. la dynastie grecque des Lagides favorisèrent l'exotisme ; et en même temps que de nouveaux arbres, les amandiers, pommiers, oliviers, mûriers, pêchers, cerisiers, peupliers, chênes et platanes venaient varier les bosquets, les jardiniers du delta, fatigués sans doute de ne \oir toujours que des lotus blancs, bleus ou rouges, acclimatèrent le myrte, la rose, le jasmin, les cistes et le lierre.

Page 1