LA GRÈCE
Par un jeu fréquent dans l'histoire des civilisations, la Grèce, en instruisant les Egyptiens, ne faisait que leur rendre une partie des enseignements qu'elle en avait reçus. Les plus anciens documents que l'on possède sur les jardins de l'Hellade se trouvent dans l'Odyssée. Le jardin d'Alcinoos, roi des F'héaciens, contient « des arbres d'une riche sève, qui croissent chargés des plus beaux fruits : poires, grenades, magnifiques pommes, douces figues et olives verdoyantes. Jamais ils ne chôment; ni l'hiver, ni les longues chaleurs de l'été ne leur nuisent. Toujours le souffle de Zéphire fait mûrir les uns, tandis que les autres se forment. A la poire flétrie succède la poire nouvelle. la pomme remplace la pomme, la figue une autre figue, et la grappe une autre grappe. Sur les rameaux de la vigne féconde que l'on a plantée, les raisins sont à la fois desséchés au soleil, en un lieu aplani, dégagé de feuillage, ou cueillis ou pressurés ; à côté du raisin à peine hors de fleurs, se colore le raisin déjà mûr. Enfin, à l'extrémité de l'enclos, un potager abonde toute l'année en légum^^s divers. Deux fontaines répandent leurs ondes ; l'une, dispersant ses eaux, arrosait tout le jardin ; l'autre coulait en des canaux jusque
vers la cour, et remplissait, devant le palais, un large bassin à l'usage des citoyens ».
Sous le luxe poétique de la description, on reconnaît aisément le plan de ces jardins de l'épopée; et d'ailleurs, plusieurs représentations de ces vergers, tout imparfaites qu'elles soient, sur les monnaies de Corcyre et d'Illyrie, facilitent l'intelligence du texte (fig. 5)'. Ils occupaient un