VENI SANCTE-SPIR1TUS
Air de la romance’ de Gulnare, Rien, tendre amour.
Dï | vin Es | prit, viens lë | gnër en nés | âmes,
Descends sur nous, daigne entendre nos vœux !
Que notre amour, épuré par tes flammes ,
Nous ouvre un jour le royaume des deux!
Cette invocation, devaut être brève, n’a qu’une seule strophe.
La psalmodie, ce chant grégorien, objet de tant de vœux non sincères, de tant de vaines recherches, de graves dithyrambes dont le public ne prend aucun souci, plain-chant que vous prétendez ressusciter bien qu’il ne soit pas mort, si j’étais assez érudit , assez heureux , assez malin pour vous le rendre frais et gaillard, dans sa vigueur et pureté natives, qu’en feriezvous ? Car, en toutes choses, il faut considérer la cadence finale.
Où trouverait-on . les fonds nécessaires pour rémunérer soixante mille professeurs capables d’endoctriner quelques millions de routiniers indociles, munis, à vos frais, de livres nouveaux, qu’ils ne liraient point; vous en savez la raison. Et lorsque, dans une paroisse opulente, vous auriez réuni vingt psalmodistes réglés sur votre nouvelle gamme, ne vous faudraitil pas disséminer autant d’huissiers dans les nefs pour imposer silence aux fidèles, prêts à mêler indiscrètement leurs voix dissidentes à celles des chantres savants? En supposant que vous puissiez réunir un chœur complet, toute une assemblée de chrétiens exécutant vos psalmodies réformées , croyez-vous qu’elles produiraient un effet assez remarquable, assez incisif pour être senti par un nombreux auditoire, au point de lui faire distinguer l’église où l’on chante vrai de celles où l’on chante faux?
Laissez aller, comme disaient les hérauts en ouvrant la carrière dans les tournois; laissez aller, ne tentez pas une réforme à peu près impraticable, et dont le résultat heureux serait nul ou du moins resterait inaperçu.